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« L’envol du Faucon vert » de Amid Lartane
L’affaire Khalifa ou la sombre réalité algérienne en polar
La Tribune, Paris, 26 janvier 2007
Au moment où se déroule en Algérie le procès de l’affaire Khalifa, cet ouvrage lève le voile sur un des scandales financiers les plus retentissants qu’ait connus ce pays.
Un cancre et soiffard notoire qui devient milliardaire du jour au lendemain, des géné-raux tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles, des mafieux qui ne reculent devant rien pour rafler et confisquer les fruits de la libéralisation de l’économie algérienne et des islamistes sans foi ni loi qui tuent et massacrent sur commande. La toile de fond du roman policier d’Amid Lartane – pseudonyme d’un ancien haut fonctionnaire algérien installé au-jourd’hui en Amérique du Nord – est aussi sombre que la réalité algérienne, mais elle est d’autant plus impressionnante qu’elle s’inspire directement de l’affaire Khalifa.
Dans le roman, les noms des protagonistes ont été changés, mais les personnages seront aisément identifiés par ceux que l’Algérie intéresse. Il y est question du jeune Oulmène, qui veut « monter sa compagnie aérienne mais qui commence par se constituer un trésor de guerre » en fondant la Banque du Faucon vert. Certes, il existe bien une bureaucratie tatillonne et des commis de l’État qui renâclent à autoriser la création d’une banque privée qui présente si peu de garanties financières, mais Oulmène a des amis très puissants… Car par la persuasion, la menace, les mises en garde sibyllines, les obstacles seront levés les uns après les autres.
Affairisme et violence. Avec l’argent des épargnants mais aussi des entreprises publi-ques, obligées de placer une partie de leurs avoirs dans la Banque du Faucon vert, Oul-mène va se payer sa compagnie aérienne et s’acheter une renommée en Occident grâce à de grosses enveloppes généreusement distribuées à une longue brochette du show-business, ce qui le placera devant les projecteurs.
Au fil des pages, le lecteur est promené dans une Algérie de l’ombre, de la violence et du mensonge. Un pays qui sombre dans l’affairisme le plus primaire, où les puissants et leurs clientèles s’enrichissent tandis que le reste de la population s’enfonce dans la pau-vreté. Un pays où les anciens cadres de l’Avant-garde socialiste, devenus serviteurs d’un État bien chancelant, s’enivrent dans des bouges algérois pour oublier leurs renoncements tandis que dans les maquis, des groupes islamistes éradiquent les populations civiles, s’entretuent et appliquent les lois de l’offre et de la demande à leurs sanglantes activités.
L’affaire Khalifa actuellement jugée n’a pas encore livré tous ses secrets et il est possi-ble que la lecture de L’Envol du faucon vert n’en dévoile qu’une infime vérité. Mais aussi infime soit-elle, elle n’en demeure pas moins sidérante. Pire, elle est accablante pour qui n’est pas indifférent à l’Algérie.
AKRAM BELKAÏD
■ Métaillé, 213 pages, 9,5 euros.
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L'Envol du faucon vert
Interview exclusive d’Amid Lartane, l’auteur du roman à clés « L’Envol du Faucon vert » (Algeria-Watch, 25.01.07)
L'affaire Khalifa
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