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16 foyers d’incendie déclarés simultanément hier Béjaïa cernée par les flammesCernée de toutes parts par les incendies, la ville de Béjaïa a vécu hier une journée particulièrement éprouvante en raison de la canicule et des nombreux incendies qui se sont déclarés dans sa périphérie immédiate et dans les nombreuses montagnes qui l’entourent. Béjaïa. De notre bureau, El Watan, 30 Août 2007 En effet, pas moins de 16 foyers d’incendies se sont déclarés presque simultanément hier. Au total, près d’une quarantaine d’incendies ont été enregistrés ces deux derniers jours à travers la wilaya de Béjaïa, d’est en ouest, du nord au sud. Une vingtaine de ces feux ont été jugés « importants » par les éléments de la Protection civile qui se sont retrouvés à combattre, sur plusieurs fronts, des flammes attisées par un vent particulièrement chaud et violent. Melbou, Djebel L’hit, Oued Afalou, Djebira, Iryahen, Imezzayen, Sidi Boudrahem, Boulimat, Boukhelifa, Tichy, Oued Ghir, El Kseur, Semaoun, Aït Smaïl, Ilmathen, Mahfoudha, Beni Ksila, Adekar et Bourbaâtache sont quelques-unes des localités qui ont vu leurs champs et leurs forêts partir en fumée. Des feux se sont déclarés dans la banlieue de la ville de Béjaïa, à Iryahen, non loin de l’aéroport, et à Ihaddaden Oufella. Une grande partie de la forêt des Mezaïa, qui surplombe la ville de Béjaïa côté ouest, a brûlé, à l’instar de Boukhiyam, Bouiche et Ighil Bouzelmat. Plusieurs familles réfugiées chez elles se sont retrouvées cernées par les flammes. La ville de Tichy, la commune de Boukhelifa ainsi que la montagne des Ath Bimoun ont également été sérieusement touchées par de nombreux sinistres. La célèbre station balnéaire a vu une grande partie de cette ceinture verte partir en fumée. A Taourirt Larbâa, un village situé non loin de Oued Ghir, des citoyens ont abandonné leurs foyers devant l’avancée menaçante des flammes. Les pompiers ont fourni des efforts surhumains pour venir à bout des incendies et surtout protéger gens et habitations. Fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer, selon des citoyens joints par téléphone, mais de beaucoup de maisons ont été dévorées par les flammes. Dans la commune de Kendira, l’incendie de Bourachid qui a dévoré près de 200 ha d’essences forestières et d’arbres fruitiers a nécessité plus de 35 heures d’opérations pour arriver à le circonscrire. La canicule qui sévit depuis le début de la semaine faisant monter le mercure à des pics rarement atteints et la négligence humaine ont été les facteurs déclenchants de ces départs de feu qui ont touché la plupart des 52 communes que compte la wilaya. Pour rappel, la forêt et le maquis couvrent 122 500 ha des 322 348 ha qui constituent la superficie globale de cette wilaya montagneuse. La journée d’hier a été terriblement éprouvante pour les soldats du feu dont les différentes unités, appuyées par la colonne mobile de lutte contre les incendies, se sont déployées sur le terrain. Le chef-lieu de wilaya n’a pas été épargné par cette situation infernale. Poussées par les vents dominants, les colonnes de fumée ont fini par obscurcir le ciel rougeoyant de la capitale des Hammadites, rendant l’air irrespirable. D’ailleurs, en fin d’après-midi, les rues étaient devenues désertes et la circulation s’était considérablement raréfiée, alors qu’une pluie de cendres s’abattait sur certains quartiers de la ville, rendant l’atmosphère insupportable pour les personnes âgées et les asthmatiques. Fuyant la chaleur et les incendies, les Béjaouis ont pris d’assaut les plages bondées. Cependant, malgré la situation exceptionnelle que vivait hier Béjaïa, vu l’ampleur et le nombre des incendies, les autorités locales n’ont pas jugé utile de créer une cellule de crise ni de déclencher le plan Orsec. Seul le CCO (centre de coordination des opérations) de la Protection civile coordonnait le travail des unités d’intervention sur le terrain, aidées, il est vrai, par les autorités locales, des volontaires, les éléments de la conservation des forêts et les citoyens. Selon le capitaine Soufi, de la direction de la Protection civile de Béjaïa, que nous avons joint par téléphone, il est fait état, en toute fin de journée, de 16 incendies, dont 13 n’ont toujours pas été maîtrisés, et de plus de 400 ha de forêts, de maquis et de broussailles brûlés. Djamel Alilat
Le mont Chréa dévastéTout le massif blidéen était hier encore la proie des flammes. De la ville des Roses, qui suffoque sous une chape de chaleur, l’on peut apercevoir des colonnes de fumée qui enveloppent tout le mont Chréa, ravagé par un feu qui gagne en intensité. Cette situation, que l’on s’empresse de qualifier d’exceptionnelle, met sur le qui-vive les services de la Protection civile et la population locale qui s’interrogent sur les raisons d’une telle catastrophe. « Même au plus fort des années noires, où l’armée pilonnait sans ménagement les maquis intégristes, on n’a pas vu pareil sinistre. Que l’on ne vienne pas nous dire que l’incendie n’est pas d’origine criminelle », s’emportent des résidants de Kalaâ, dans la commune de Bouarfa, aux portes de la ville. Sur les dix foyers d’incendie enregistrés seuls quatre ont pu être circonscrits, assure-t-on à la wilaya de Blida. Le plan Orsec déclenché la veille a nécessité l’assistance d’autres colonnes mobiles venues en renfort aux unités de lutte contre les feux de forêt de Blida déjà mises à rude épreuve. Les zones de Tbabla, Rabta, Sidi Yekhlef, Laâzib ou encore Kalaâ ont failli être détruites par les flammes n’était la célérité avec laquelle ont procédé les sapeurs-pompiers. « Toute a été consumé par les feux, de Tbabla jusqu’à Fernane. La région qui est la plus touchée est celle de Haï Driouèche. » L’ancien maire de Bouarfa, Bargoug Mustapha, fait remarquer que la commune n’a pas connu pareille catastrophe. « Jamais de mémoire de Blidéen une situation aussi catastrophique n’a été enregistrée. Le dernier grand incendie qui a touché la région remonte à 1994. Pas moins de 200 ha ont été consumés par le feu dans la région de Sidi Fodhil. Cette fois-ci, la catastrophe est plus grande », soutient-il en affirmant que la solidarité des habitants ne s’est pas démentie. Une unité de la Protection civile sera affectée dans la seule localité de Bouarfa, située à quelque 5 km à peine du centre de Blida. Le capitaine Mamouni Fatah de la colonne mobile de Bouira relèvera que « sept CCPLF et une citerne de 1200 l ont été mises en place. 53 sapeurs-pompiers ont été aussi redéployés. On a pu circonscrire les feux qui menaçaient les maisons de Bouarfa aux environs de 14h », relève-t-il. Les éleveurs, les grands perdants...Des rumeurs persistantes parlaient de la mort d’un pompier qui « a eu un malaise ». Motus et bouche cousue des services de la Protection civile. Le wali de Blida, Hocine Ouadah, assure que les populations de cette commune ont été évacuées, ce que l’on n’a pas remarqué sur place. Celles-ci, bien que toujours sous le choc et craignant le pire, vaquent à leurs occupations. Il s’en est trouvé ceux qui essayaient de maîtriser encore les quelques foyers d’incendie persistants. Les populations mettent à l’index le manque de moyens des pompiers, réduits à assurer, selon eux, « l’assistance » aux populations. Reste que ceux qui en pâtissent le plus sont les éleveurs. Ceux qui possèdent des écuries dans la montagne verront ainsi leurs biens entièrement ravagés par le feu. « Oubliées les années du terrorisme, c’est les feux qui viennent à bout d’une population éreintée », s’indigne un apiculteur en relevant que plus de 50 ruches d’abeilles qu’il possédait au lieudit El Maârich ont été ravagées par les flammes. « Plus grands sont les dommages de mes collègues », soutient-il amer, ajoutant que des cheptels aussi ont été décimés. Les autorités devant lesquelles se sont rapprochés ces agriculteurs se sont montrées, selon eux, « indifférentes ». « Les pompiers à qui j’ai demandé assistance n’ont pas voulu venir arguant que leur citerne est vide. J’ai été chez les services de la wilaya où l’on m’a assuré que les gendarmes vont venir ici inventorier les dégâts. Mais à cet instant, je n’ai vu pointer personne chez moi. » « Les subventions vont être parcimonieuses et ne concerneront que quelques cas », lâchera un éleveur rencontré à Haï Driouèche en indiquant qu’il vient à peine de rembourser des créances s’élevant à plus de 2 milliards de centimes. « Le désastre est venu sur la totalité de ma production. Plus de 600 arbres fruitiers ont été carbonisés. » La mesure prise par les autorités de couper l’alimentation en énergie électrique des habitations par mesure de prévention n’a pas été du goût de tout le monde. « Comment voulez-vous que les gens et surtout les malades s’en sortent ? Les foyers sont devenus de véritables fournaises et ceux qui les occupent ne peuvent s’en remettre qu’à Dieu ! » Sur l’autre versant de la montagne, à Bab Moussa, des pompiers ont été envoyés pour circonscrire l’avancée des feux. Même ici, les éleveurs n’ont que le mot « désastre » à la bouche. Trois écuries seront ravagées par les feux. Nadir Iddir
Le nord du pays ravagé par les flammes Quatre citoyens périssent carbonisésLe pays brûle. C’est le sentiment qui se dégage devant cette coulée de flammes qui embrasent nos forêts. Les incendies qui se répandent tels une traînée de poudre ont atteint le paroxysme de leur incandescence hier en début de soirée, dans la wilaya de Tizi Ouzou, où ils ont emporté quatre personnes. Il s’agit d’une femme d’une trentaine d’années et de ses deux enfants qui seront retrouvés littéralement carbonisés. Sa maison située au village de Bouassem, dans la commune de Beni Zmenzer, à une quinzaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, a été ravagée par les flammes. La quatrième victime est un homme dans les 45 ans, du village d’Ath Anane, un volontaire qui se verra pris dans un piège de feu. D’autres blessés ont été signalés, ils ont été évacués vers la polyclinique de Beni Douala, selon notre correspondant à Tizi Ouzou. Impossible de fermer l’œil ! » Cette phrase revenait hier sur toutes les lèvres des personnes non équipées d’un climatiseur. Au moins 42° à Alger, ce mercredi. Sonelgaz nous apprend, en parlant de clim, que la consommation nationale d’énergie électrique a enregistré un pic, ce 28 août au soir avec 5885 mégawatts, soit 400 MW de plus que le record 2006. Un chiffre qui s’explique par le recours massif à l’air conditionné pour atténuer un tant soit peu cette insoutenable chaleur caniculaire. Mais au-delà du malaise physique et des désagréments en tous genres causés par cette envolée du mercure, le drame, le vrai, ce sont les feux de forêt qui ravagent inexorablement une bonne partie du tissu végétal national, et qui emportent, désormais, même les hommes. Le ciel d’Alger était jaune hier, et plusieurs témoignages parlent de « pluie de cendres » observée durant la nuit de mardi à mercredi, rendant l’atmosphère irrespirable. A Blida, le tableau est plus sombre encore. La ville des Roses était noire et la montagne crachait le feu. Une équipe d’El Watan partie sur les hauteurs de l’Atlas blidéen ravagé par les flammes est revenue avec des images sentant le soufre. D’autres wilayas vivent la même fournaise : Béjaïa, Jijel, Tizi Ouzou, Aïn Defla, Boumerdès, Tipaza. En Kabylie, les incendies font rage, particulièrement depuis la « bataille de Yakouren » et son lot d’incendies « de guerre ». Quelque 28 foyers d’incendie au total ont été enregistrés dans la wilaya de Tizi Ouzou, rapportent nos correspondants. A l’est du pays, les wilayas de Annaba, Guelma et El Tarf ont enregistré 36 foyers d’incendies en 48 heures. La wilaya d’El Tarf, dont le massif forestier est très boisé, a connu un record avec 18 foyers à elle seule, rapporte l’APS. La wilaya de Batna est également au nombre des régions les plus affectées. Au total, pas moins de 74 foyers d’incendie répartis sur 19 wilayas, précise un premier bilan de la direction générale des forêts repris par l’APS. Quelque 21 000 ha de forêt ont été en proie aux flammes durant ces quatre derniers jours à travers le territoire national, affirme Mohamed Seghir Noual, responsable de la protection de la faune et de la flore à la DGF, avant d’ajouter que les services de la direction des forêts ont enregistré près de 1204 foyers d’incendie depuis le début de l’été. Et de souligner que « la canicule exceptionnelle de ces deux dernières journées a augmenté le risque de départs de feu ». « Il s’agit d’une situation exceptionnelle que nous gérons normalement », tente de rassurer le même responsable avant de lancer un appel à la vigilance à l’adresse des citoyens. Pour louable qu’il est, ce volontarisme n’en est pas moins impuissant, on le craint fort, face à l’indigence de nos moyens et l’incongruité de nos plans Orsec en cas de scénario « à la grecque », à Dieu ne plaise. A ce propos, le groupe parlementaire du parti Ennahda n’a pas eu tort d’interpeller le gouvernement, par le biais de deux ministres, en l’occurrence MM. Zerhouni et Barkat, pour agir vite et diligenter une enquête avant que le feu n’entame tout, ceci dans un pays riche et qui manque de Canadairs. Mustapha Benfodil Importants dégâts à l’ouest de TipazaLes éléments de la Protection civile et les forestiers de la wilaya de Tipaza se sont déployés hier au niveau de plusieurs massifs forestiers des daïras de Cherchell, Gouraya et Damous, à l’ouest de la wilaya, pour circonscrire les feux de forêt, notamment au sud des communes de Sidi Ghilès, Messelmoune et Damous. Ces feux criminels ont causé des dégâts importants. Les responsables de la wilaya de Tipaza nous ont confirmé l’importance des incendies de forêt dans la daïra de Gouraya, occasionnant un énorme désastre écologique sur des centaines d’hectares de forêt. Deux secteurs forestiers de la daïra de Hadjout continuent de subir les flammes qui avaient éclaté la veille, en dépit de la mobilisation des éléments de lutte contre l’incendie. Le directeur des forêts de la wilaya de Tipaza avait échappé, avant-hier, au drame grâce à l’intervention rapide d’un élément de la Protection civile qui l’avait aussitôt arrosé d’eau quand les flammes ont pris dans ses vêtements. Il n’en demeure pas moins que ces feux de forêt ont dévoilé l’insuffisance des moyens matériels et humains dont disposent ces deux institutions de la wilaya de Tipaza, quand il s’agit de lutter contre les feux de forêt. A titre d’exemple, les forestiers n’arrivent plus à communiquer entre eux, les crédits de leurs téléphones portables personnels étant consommés. Ils n’arrivaient plus à charger leurs outils stratégiques de communication, au moment où les flammes embrasaient les zones rurales habitées par les populations. M’hamed H.
25 maisons détruites à JijelLes feux de forêt qui affectent depuis plusieurs jours la wilaya de Jijel commencent à prendre des proportions inquiétantes, principalement pour les populations des zones montagneuses. Ainsi, dans la journée d’hier, vingt personnes ont été secourues dans la commune de Bordj T’har où un foyer d’incendie ravage le couvert végétal. Parmi ces personnes, on compte trois femmes qui ont été évacuées vers l’hôpital de Taher. Dans la commune de Bouraoui Belhadef, plus précisément au niveau des douars de Khlas et Terria, on dénombre la destruction de vingt-cinq maisons. Dans cette même région, un citoyen s’est blessé au cours de sa fuite. Devant la persistance des incendies, comme celui de Draâ Dissa dans les monts de Beni Khettab (Texenna) qui dévore la forêt depuis samedi dernier, un renfort de sapeurs-pompiers de la wilaya de Constantine, auxquels un appel a été lancé, est attendu à Jijel. Pour la seule journée d’hier, il a été enregistré 20 foyers de feux de forêt au niveau de plusieurs communes (Texenna, Jijel, Oudjana, Chahna, Bordj T’har, El Milia, Bouraoui Belhadef). Un bilan provisoire fait état de la destruction de plus de 350 hectares de forêts et de maquis alors que 120 sapeurs-pompiers sont depuis plusieurs jours en guerre contre les flammes. Fodil S. 28 foyers signalés à Tizi OuzouAlors que le thermomètre affichait 43°C à l’ombre, pas moins de 28 foyers d’incendie ont été recensés hier à travers la wilaya de Tizi Ouzou. Les localités les plus touchées sont Draâ El Mizan, Boukhalfa, Maâtkas, Idjeur (Aït Chafaâ), Illilten, Idjariden (près d’Iflissen), Imsounène (Tigzirt) et Aït Yahia (commune de Sidi Ali Bounab). Dans ce village, plusieurs maisons ont été encerclées par le feu qui s’est déclaré vers 13h, selon les témoignages des citoyens rencontrés sur place. Des oliveraies, une écurie ainsi qu’un poulailler vides ont été dévorés par les flammes. A notre arrivée sur les lieux, les habitants faisaient face au sinistre avec des branchages d’arbres et des seaux d’eau. Un camion de la Protection civile était sur le terrain. « Nos maisons ont frôlé la catastrophe. Les pompiers sont arrivés en retard. Même l’alimentation en eau potable est suspendue depuis une semaine », déploraient les villageois d’un ton coléreux. A Senana, dans la région de Draâ El Mizan, Tassadort, Betrouna et Akendjour, des localités mitoyennes de la forêt d’Amjoudh, les flammes ont détruit plusieurs hectares. D’autres foyers se sont déclarés à Redjaouna sur les hauteurs de la ville de Tizi Ouzou, Beni Zmenzer, Aït El Hadj et Aït El Kaïd près de Ouadhias. Pour faire face à cette série d’incendies, l’unité principale la Protection civile de Tizi Ouzou a mobilisé quinze camions. Les moyens des communes ont été également mis à la disposition des pompiers et des citoyens qui leur prêtaient main-forte. On ne déplore fort heureusement aucune perte humaine. A. T. |
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www.algeria-watch.org
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