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HOMMAGE DE HOCINE AÏT-AHMED à HAMIDA BEN SADIAHamida, la très chère Quand je pense à toi Hamida, tout se bouscule : les discussions politiques, les souvenirs personnels, la chaleur de tant de soirées amicales…Mais dans cette profusion, une idée de toi s’impose: si il fallait incarner la difficulté d’être une femme, et une femme libre, dans nos sociétés, ce serait toi et nulle autre. Comment parler de toi, Hamida, sans t’enfermer dans l’une de tes vies ou dans l’un de tes combats, au sein de notre parti bien sûr, dans tant et tant d’associations, pour les libertés des femmes, pour que les enfants ne soient pas coupés de leur langue d’origine, pour les sans papiers, à la Ligue des Droits de l’Homme… Comment rendre hommage à une comète ? Ce n’est pas une formule. Il y a trop d’affection et trop de respect entre nous pour que les formalismes de circonstance et bien de «chez nous» aient place entre toi et moi. Cela n'a d'ailleurs jamais été le cas. Dans notre Algérie de trahisons, ta loyauté s’est en effet toujours conjuguée avec «vérité». Tu as su me dire sans détour les choses qui fâchent avec la liberté de parole, la bienveillance …et la capacité de propositions concrètes qui te caractérisent. Ton fameux "volontarisme positif" Hamida. Pourquoi occupes-tu une place toute particulière pour moi Hamida ? Je revois notre première rencontre. C’était à Alger en 1990 et tu «gérais» une assemblée générale de notre parti. Tu n’avais pas 30 ans et au milieu de cet aéropage à la composante bien masculine, ta maturité et ta lucidité politiques annonçaient la militante atypique que tu allais devenir. Je te l’ai dit : si tu représentes comme personne cette génération de femmes issues de l’immigration, c’est aussi parce que tu as su prendre le meilleur des valeurs de notre société. C’est le formidable héritage que tu laisses à Kamel et Samy, tes enfants auxquels nous pensons tous très fort aujourd’hui. Hamida, ma très chère, ta passion du dialogue et de la concertation, ta lucidité, ta révolte et ta tolérance, tes coups de gueule, ton humanité, ton rire, ta capacité à ne jamais baisser les bras, même devant la maladie qui nous prive de toi aujourd’hui…Je voulais juste te dire que tout de toi nous manque déjà atrocement. Hocine |
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www.algeria-watch.org
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