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Les étudiants de charia saisiront le président de la République Le ministère de l’Enseignement supérieur «coincé» par la décision d’Ouyahiapar Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 30 mai 2005 Alors que le ministère de l’Enseignement supérieur se dit non concerné par la décision de la suppression de la spécialité charia au bac, il affirme qu’il est en train de subir les conséquences d’une telle mesure. Aucune session spéciale des examens ne sera organisée en faveur des étudiants grévistes. Il se considère même coincé par la décision du ministère de l’Education nationale. Au sein des facultés de charia à travers le territoire national, il existe une véritable agitation. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ne peut intervenir dans la mesure où les seuls interlocuteurs sont MM. Benbouzid et Ouyahia. Le département de Harraoubia, même s’il ne veut pas sortir totalement de sa réserve, a indiqué, via l’un des conseillers du ministre contacté hier, que la décision du gouvernement l’a mis dans la gêne. «Nous sommes coincés par la décision du ministère de l’Education nationale, avec toutes les perturbations enregistrées dans les universités d’Alger, de Constantine, d’Adrar, d’Oran et de Batna. Même si nous n’avons rien à voir avec le bras de fer actuel, les étudiants demeurent intransigeants», a déclaré M. Benhamouda, responsable au ministère de l’Enseignement supérieur. «C’est au président de la République et au chef du gouvernement de régler ce litige», a-t-il indiqué en ajoutant que le ministère de l’Enseignement supérieur n’y est pour rien. «Le dialogue est pour le moment ouvert avec les étudiants», a-t-il tenu à rassurer toutefois. Il a expliqué que le ministère de l’Enseignement supérieur ne peut en aucun cas apaiser la tension. Au contraire, au rythme où vont les choses, la situation se compliquera davantage, puisqu’»il n’est pas question d’organiser une session spéciale pour les étudiants ayant boycotté les examens du deuxième trimestre». Tout en reconnaissant que la grève est un droit, notre interlocuteur met en garde : «Si la menace des étudiants de fermer les facultés vient à être appliquée, nous n’hésiterons pas à saisir la justice», a annoncé M. Benhamouda, en application de la loi dans toute sa rigueur. Par ailleurs, les étudiants des sciences de la charia ne semblent pas prêts à laisser tomber leur «cause» puisqu’ils entament aujourd’hui leur huitième journée consécutive de grève à travers le territoire national. Ils accélèrent même la cadence en essayant de rassembler d’ici à la fin de la semaine un million de signatures contre la décision d’Ouyahia. Actuellement, le nombre de signatures a atteint 700 000, a indiqué hier le président de la section d’Alger de l’Union générale des étudiants libres (UGEL), M. Ahmed Sagani, dans une déclaration au Jeune indépendant. A Alger, par exemple, en dépit des menaces du recteur de l’université du Caroubier, les grévistes maintiennent leur position et exigent du gouvernement de renoncer à la décision de suppression de la filière lettres et sciences de charia dans l’enseignement secondaire. Au plus tard, jeudi prochain, les organisations estudiantines transmettront une plate-forme de revendications au président Bouteflika. Avant cette démarche, les partis politiques seront également saisis, selon notre interlocuteur, qui a affirmé que la classe politique doit se positionner. D’ailleurs, durant cette semaine, les formations de Djaballah, d’Aboudjerra Soltani et de Belkhadem, en première étape, seront interpellées. Très prochainement, des rencontres auront lieu entre les deux parties, a espéré le syndicaliste. Rien n’est laissé au hasard par les étudiants puisque les groupes parlementaires seront également saisis, toujours selon notre interlocuteur. N. O. Trois organisations estudiantines entament une grève d’une semaine à Oranpar Ziad Salah, Le Jeune Indépendant, 30 mai 2005 Trois organisations estudiantines ont entamé hier une grève d’une semaine au niveau de tous les campus universitaires de la ville d’Oran. Il s’agit de l’UGEL, de l’UNEA et de la LNEA. Dans un point de presse organisé hier, ces organisations ont avancé les raisons de leur action. Ainsi, elles comptent faire pression sur Ouyahia afin d’amener le gouvernement qu’il dirige à revenir sur sa décision d’annuler la branche des sciences islamiques. Dans leurs interventions, les représentants de ces organisations ont estimé que le chef du gouvernement n’avait pas à défendre son ministre de l’Education nationale en se montrant intransigeant à propos d’une question qu’elles jugent cruciale. Par ailleurs, elles mettent en garde contre toute violation de l’enceinte universitaire par les forces de l’ordre. Dans ce sens, les intervenants affirment que l’expérience de Constantine ne sera en aucun cas rééditée ici à Oran. D’autre part, on nous informe qu’une pétition a été lancée pour récolter les signatures des étudiants opposés à la décision prise par le ministre de l’Education nationale et évoquée récemment par Ouyahia devant les députés. On affirme que d’ores et déjà dix mille étudiants ont signé cette pétition dès le premier jour de son lancement. Enfin, les organisations estudiantines affirment que la grève durera une semaine et qu’elle sera reconduite au cas où le gouvernement ne ferait aucune concession. Z. S. Qu’en pense le FLN ?par Mekioussa Chekir, Le Jeune Indépendant, 30 mai 2005 Si le Rassemblement national démocratique (RND) et le Mouvement de la société pour la paix (MSP) ont fait connaître leur position quant à la décision du gouvernement de suspendre la charia des examens du baccalauréat, celle du Front de libération nationale (FLN) demeure à ce jour méconnue. C’est, en effet, le seul parti de l’alliance présidentielle à ne s’être pas encore prononcé sur cette question qui n’a pas manqué de soulever une polémique chez la classe politique nationale. En l’absence d’une déclaration officielle du parti majoritaire à l’Assemblée populaire nationale, il y a lieu de s’interroger sur la position de la première formation politique du pays sur une question aussi délicate et qui tend à prendre des proportions importantes par le fait qu’elle est liée à la religiosité, un domaine qui ne cesse de susciter les réactions les plus controversées des uns et des autres. Lors des débats sur la politique générale du gouvernement présentée par Ahmed Ouyahia la semaine dernière, les députés du RND et ceux du MSP n’ont pas manqué de saisir cette opportunité pour se prononcer sur la décision de l’exécutif, les premiers pour la soutenir et les seconds pour la décrier. Le porte-parole du RND, Miloud Chorfi, nous a redit hier l’appui de sa formation « à toutes les décisions du gouvernement, quelles qu’elles soient «. Le MSP, quant à lui, n’a pas manqué de manifester, plus d’une fois, son mécontentement quant à l’intention du gouvernement de supprimer les sciences islamniques des examens sanctionnant la fin du secondaire. Les députés FLN n’ont pas évoqué cette question alors qu’ils n’avaient pas hésité à «torpiller» le bilan présenté par le chef du gouvernement sur toutes les autres questions. Il s’agit donc de savoir si le FLN s’alliera au RND pour appuyer la décision du gouvernement, compte tenu des «intérêts» partagés et défendus avec lui dans le cadre de l’alliance, ou bien s’il choisira de renforcer le camp des hostiles au choix gouvernemental. Ce serait, dans ce cas, le conservatisme propre au parti qui prendrait le dessus sur les velléités de modernisme que celui-ci tente d’insuffler et de défendre, du moins à travers ses slogans. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les formations islamiques qui se sont farouchement opposées à la suppression de la charia des examens du bac n’entendent pas baisser les bras et comptent maintenir leur pression. En atteste le projet de dépôt d’une proposition de résolution à l’APN lancée par les députés du MRN soutenus par ceux du FNA, une résolution qui porte sur neuf points, dont celui qui nous intéresse. En cas de non-aboutissement de cette initiative, il n’est pas exclu que ses initiateurs en viennent à saisir directement le chef de l’Etat pour mettre fin à la polémique, assure le député Benkhellaf. M. C. |
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