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ALGERIE
- UNION EUROPENNE
Les dessous dun accord Ghania Oukazi, Le Quotidien d'Oran, 9 décembre 2001 La visite du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, à Bruxelles, a permis de lever les ambiguïtés et les hésitations qui ont poussé les négociateurs européens à donner des réponses jugées en deçà des attentes algériennes et a réussi ainsi à inscrire dans laccord classique, un nouveau chapitre consignant des mesures relatives au dossier Justice et Affaires Intérieures (JAI). Cest ce qui nous a été confirmé par un haut responsable de lEtat bien au fait des négociations avec lUnion européenne. «Les négociations ont été clôturées le 5 décembre dernier, date de la rencontre de Belkhadem avec la troïka européenne», est-il noté. Pour notre interlocuteur, les représentants de la troïka ont été favorables à toutes les doléances algériennes «quils ont acceptées intégralement». Pour ce haut responsable, «lAlgérie na pas été piégée par ses déclarations», comme nous lavions annoncé dans nos précédentes éditions. «Bien au contraire, la contrainte temps a joué en notre faveur», nous dit-il. «En annonçant officiellement et publiquement la date du paraphe de laccord et en poussant la commission européenne à le faire, nous pouvions ainsi mettre la pression et arracher le maximum de choses en un temps assez court», précise-t-on. Alger a donc, selon notre source, déclaré «ou cest comme ça ou cest rien du tout». Il semble que «la formule ait marché». Il est fait référence pour ce «coup de pot» au contexte politique qui est jugé très favorable. Le traitement du dossier Justice et Affaires Intérieures (JAI), a permis, selon notre interlocuteur, à lAlgérie dobtenir et dinclure dans laccord des articles totalement nouveaux. «Nous avons obtenu dans ce domaine plus que tous les autres pays qui ont déjà signé laccord dassociation avec lUnion européenne». Il est dabord reconnu et signalé que le dossier JAI na jamais figuré dans la négociation avec les autres pays. «Cest tout à fait une nouveauté par rapport à laccord classique qui est habituellement négocié». Sagissant des propos affirmant que «les réponses des Européens ont été en deçà des attentes algériennes», et exprimés par lambassadeur dAlgérie à Bruxelles, négociateur de laccord, à sa sortie des travaux de lavant-dernier round, il est déclaré aujourdhui que «les Européens sont revenus à de meilleurs sentiments». Pour ce qui est de la réadmission, «on les a amenés à accepter la pratique que nous avons défendue tout au long des négociations, cest-à-dire la nôtre en la matière». Ce qui veut dire que lAlgérie nacceptera que les réadmis sur la base de papiers prouvant leur véritable identité. Les négociateurs algériens ont réussi, selon nos sources, à inclure dans laccord une disposition «tout à fait nouvelle à cet effet» par rapport à ce qui se fait habituellement avec les autres pays. Cest aussi le cas pour la libre circulation des personnes «qui nétait quun concept générique pouvant inclure aussi bien la réadmission que toutes les questions liées au dossier JAI». Une annexe à ce sujet avec une disposition «explicite sur lobtention des visas, a été introduite dans laccord». Chaque pays membre de lUnion devra se conformer «à lavenir à cette disposition qui réglemente la délivrance des visas aux ressortissants algériens». Reste que cette option «est à titre théorique: on sattendra à tout quant à la pratique de la part des Européens», fait-on remarquer. Acceptation de démantèlement des bases arrières, déchanges dinformations entre les services concernés et dune collaboration entre eux, dextradition des personnes incriminées et autres mesures, ont été acceptées par lUnion après négociation de la question du terrorisme avec la partie algérienne. «Pour tout cela et aussi pour la lutte contre la corruption dans les transactions commerciales, le secret bancaire, la xénophobie, on a réussi à inclure des dispositions claires dans le texte consignant laccord dassociation», explique notre source. «Comme le dossier JAI nexistait pas dans les autres accords déjà conclus, il fallait lui donner une consistance, ce qui nous a permis dinscrire, dans laccord que nous allons parapher, tout un nouveau chapitre», nous affirme ce haut responsable. Ce sont lambassadeur dAlgérie à Bruxelles, Halim Benattallah, Chef de la délégation des négociateurs algériens, et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, qui apposeront leurs signatures sur le document dûment négocié par les deux parties. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, assistera à la cérémonie de ce paraphe puisquil entreprendra à la même date - le 19 décembre - une visite officielle au Royaume de Belgique. «Ce paraphe est lannonce de la fin de la négociation», nous explique-t-on. Une deuxième phase pour la reconnaissance de ce document sera inaugurée par «sa traduction en 12 langues par lUnion, alors que lAlgérie se chargera de sa traduction en arabe». Cette phase prendra trois mois et impliquera la signature de laccord «dans toutes les langues». Au premier trimestre de lannée 2002, le texte paraphé sera entériné par le Conseil des Affaires générales de lUnion européenne, «léquivalent du Conseil des ministres», sous la présidence espagnole qui, pour rappel, prendra les rênes de lUnion en janvier prochain, en remplacement de la présidence belge. La phase de ratification interviendra elle en deux temps. La première sera marquée par la signature de laccord par le parlement européen. «Après, ce sera au tour des parlements de lensemble des pays membres de lUnion de le faire». Lon note à cet effet «quon aurait eu des difficultés à le faire il y a une année, parce quil y aurait eu des parlements qui auraient eu des choses à dire sur lAlgérie, ce qui nous aurait obligés à mener une grosse campagne dexplications». Mais le 11 septembre semble avoir bousculé lordre établi des choses. «Le contexte international est en notre faveur, nos demandes, notamment en matière de lutte antiterroriste, sont aujourdhui admises et comprises», affirme ce haut responsable. Le Président Bouteflika aura, durant sa visite en Belgique, des rencontres bilatérales et européennes avec des responsables dinstitutions importantes, quelles soient belges ou affiliées à lUnion européenne. Le président de la République rencontrera durant son séjour le roi de Belgique.
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