|
|||||
|
REFORME DE LETAT La démocratie «participative» oui, mais... Par Fayçal Metaoui, El Watan, 2 décembre 2001 Le Conseil du gouvernement examine depuis quelques semaines le rapport sur la réforme de lEtat établi par le comité Missoum Sbih, conseiller du président de la République aux questions constitutionnelles. Jeudi, le volet relatif aux collectivités territoriales et à ladministration locale a été passé en revue. Il sagit là
dun des volets les plus importants du rapport puisque sa finalité
est la «décentralisation» de lEtat. Comme la
teneur intégrale du rapport Sbih nest toujours pas connue
du grand public, les réunions du Conseil du gouvernement permettent
davoir au moins une idée sur ce que les autorités
envisagent dentreprendre à lavenir. Lentreprise,
nous a-t-on indiqué de sources autorisées, risque de durer
puisquil faut réviser la Constitution. Le Conseil du gouvernement
ne fait, à lheure actuelle, que préparer le terrain
à un travail plus long. Le rapport Sbih doit être «traduit»
en décisions et textes de lois. Et rien nest dit que ce qua
proposé ce comité sera retenu entièrement. Le président
Bouteflika a confié la tâche au gouvernement, déplucher
le rapport avant que le travail effectué revienne à son
niveau pour décider en dernier ressort de ce qui doit être
entrepris. Le Conseil du gouvernement a analysé, à la faveur
de sa dernière réunion, lidée d«autonomisation»
de ladministration locale et «la nouvelle vision du couple
décentralisation-déconcentration», selon les termes
du communiqué officiel. Le comité Sbih, en planchant sur
cette question, a démarré du constat que lidée
de décentralisation de lEtat «a été retenue
depuis lindépendance du pays». Cette option est considérée
comme «incontournable» dans un Etat moderne. Lune des
recommandations du comité est de créer des «circonscriptions
administratives de lEtat» qui regroupent plusieurs wilayas.
Ces organes auront pouvoir de consultation. Le gouvernement a évoqué,
de son côté, la reconfiguration des rapports entre lEtat
et ses échelons territoriaux. «Cette dynamique implique nécessairement
la rénovation et la modernisation du mode de gouvernance locale
et la participation active du citoyen de sorte à promouvoir et
à consolider la démocratie locale», a relevé
lExécutif. Il sagit là dun des axes principaux
que le gouvernement Benflis entend suivre : concrétiser la démocratie
«participative». Autrement dit, impliquer la société
civile dans la gestion des communes et des wilayas. Ce projet ambitieux,
prévu dans le programme du gouvernement, appelle inévitablement
un renforcement des libertés publiques, un mouvement associatif
fort et autonome, des lois moins répressives et plus ouvertes,
la levée de létat durgence et la transparence
dans la gestion des finances locales. Dans cette optique, la révision
des codes de la commune et de wilaya paraît comme un passage obligé.
Lagrément des associations et des organisations non gouvernementales
(ONG) doit être soumis à des règles moins contraignantes.
La réforme éventuelle de la loi sur les associations doit
se faire selon les normes universelles en vigueur et non selon une vision
policière en cours dans le pays depuis au moins dix ans. Il est
évident que le nombre des associations en Algérie, 66 000,
est encore faible par rapport aux besoins croissants de la société
en matière culturelle, sociale, humanitaire, économique
et sportive. Lire aussi: Un point fort de la Réforme de lEtat (Le Quotidien d'Oran, 25.10.01)
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||