Benflis succède à Benhamouda

Le Quotidien d'Oran, 22 septembre 2001

Le FLN a, comme annoncé dans les médias, un nouveau secrétaire général en la personne de Ali Benflis, le chef du gouvernement en titre.

L’opération de succession s’est passée sans heurts, signe qu’elle a été préparée suffisamment à l’avance. Boualem Benhamouda, sans doute poussé à la sortie par un fort désir de changement exprimé par la base du parti, a fait comme si son mandat est arrivé à expiration. Sauf qu’il doit, en l’espèce, pour préserver les formes légales, annoncer sa démission. C’est ce qu’il a fait jeudi devant le comité central, réuni en session ordinaire à l’hôtel Mouflon d’Or, dès l’ouverture des travaux. Plus encore, il propose à l’assistance le nom de son successeur dont il loue, au passage, les qualités humaines. La salle répond par des acclamations nourries. Ali Benflis, sans concurrent, est plébiscité. Un remplacement qui semble avoir obéi à une fatalité que l’ex-SG reconnaît de fait: il faut un souffle nouveau pour le parti à la veille des échéances électorales. Et pour lesquelles le FLN s’apprête d’ailleurs à élaborer une stratégie, tâche qui sera confiée à une commission ad hoc, dont la désignation sera effective le 11 octobre prochain, date à laquelle le nouveau bureau politique sera également connu. Deux actions qui clôtureront les travaux de la 7e session du comité central maintenus encore ouverts.

Par ce changement, le FLN s’amarre directement au navire Bouteflika, et Benflis, dans sa première allocution en tant que nouveau patron, n’a pas marqué de l’insinuer, en continuant l’ensemble des options lourdes du président dont il est du reste le fidèle exécutant. Concrétiser le programme d’action du chef de l’Etat, tel est le credo du nouveau SG, réaffirmé en tant que leader du FLN, appelé à faire siens les chantiers des réformes engagées: la justice, les institutions de l’Etat, le système bancaire et l’école.

Cela ne va pas sans intégrer, politiquement, la concorde civile qui ne signifie pas «abandon de la lutte antiterroriste». La précision est importante en ces temps de mobilisation internationale contre le terrorisme et à laquelle le FLN souscrit, partageant par là même l’approche et la démarche des autorités. Selon Benflis, il ne s’agit pas seulement de combattre le phénomène, mais encore de rejeter aussi toute compromission avec ses commanditaires. Les termes sont nets et tranchants. Ce qui laisse à penser qu’avec Benflis, le FLN négocie le virage du recentrage de sa ligne politique.

D’ailleurs, la résolution politique du comité central adoptée à l’issue de la séance se singularise par un ton offensif. L’ex-parti unique appelle tous les pays à prendre des «mesures juridiques et sécuritaires nécessaires au démantèlement des réseaux terroristes activant sur leurs territoires et à oeuvrer au tarissement de ses sources de financement, d’organisation et de soutien divers, et en premier le non-accès aux médias». Le document met à l’index les parties qui ont garanti protection et asile à des réseaux terroristes qui ont acheminé des armes et des fonds vers les maquis algériens et offert leurs médias en guise de tribune de propagande, d’allégation et de désinformation à ces mêmes réseaux.

Le langage a sensiblement évolué sur cette thématique, l’espace d’une intronisation. Cette nouvelle sémantique traduit-elle une réorientation dans le champ des alliances conjoncturelles contractées par le plus vieux parti, sous la férule de Benflis ?

Omar S.

 

 

 

 

   
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