L 'EUROPE AU MIROIR DES DROITS DE L 'HOMME, DE LA COLONISATION,
L'AVENIR DU MONDE EN DEVELOPPEMENT

Contribution de Hocine Aït-Ahmed, Table Ronde organiséepar L'Institut des Etudes Politiques, Paris le 16 novembre 2000

Ayant passé l'âge des études depuis ...quelque temps, je ne sais si j'ai bien saisi le thème sur lequel je dois plancher ce soir. J'ai cru comprendre que vous attendez de moi le regard d'un "non blanc"...d'un "sauvage" sur la manière dont les "blancs" appliquent les valeurs dont ils portent - en principe - le flambeau.
J'ai accepté de jouer le jeu en voulant croire que votre demande était ...une sorte de reconnaissance de la réflexion que j'avais entamé alors que j'étais, entre 1964 et 1966, étudiant/prisonnier les géôles algériennes aprés l'avoir été... quelques années dans les prisons françaises.

Nous sortions à peine de la guerre de libération. J'étais convaincu que les Algériens avaient payé trop cher leur liberté pour que celle-ci soit sacrifiée, à peine recouvrée, aux mythes d'une époque marquée par les décolonisations : le parti unique comme incarnation de la Nation et cette idée si prégnante, soi disant " révolutionnaire " dans le tiers-monde, que la libération collective l'emporte sur l'Homme...
Aprés tout, l'un des moteurs de la guerre d'indépendance n'a-t-il pas été d'arracher les droits qui étaient réservés aux seuls citoyens français dans l'Algérie coloniale? Des droits dont nous, " indigènes ", étions exclus et dont nous voulions nous saisir. En dépit des fondements oppressifs et discriminatoires du système colonial, le prolongement en Algérie du système politique de la " métropole " avait eu des effets pédagogiques décisifs pour nous. Malgré la répression coloniale, les Algériens ont en effet appris à organiser des partis nationaux, des syndicats, une presse... pendant toute la décennie 1944-1954 qui a précédé le recours à la lutte armée.
Comment pouvions nous dés lors accepter de faire une croix sur cette culture militante et politique dans l'Algérie indépendante? Cette Algérie dont l'image de " phare de la lutte anti-impérialiste " occultait déjà la mise en place d'un ordre totalitaire.

J'ai donc choisi début 70 comme sujet de thèse : les " droits de l'Homme " et l'OUA. Je pensais alors - et je m'obstine encore à le croire - que les libertés individuelles ne sont pas un luxe réservé aux seuls Occidentaux. Car sans elles, sans droits, il n'y a ni implication durable des citoyens dans la construction de l'Etat, ni consolidation et développement économique et politique de la Nation au profit de tous. Car l'Etat/parti déresponsabilise, bloque ou élimine les meilleurs.

Je pensais aussi - pardonnez moi d'être brutal - que nous n'avions pas, nous Algériens, à payer le prix d'une certaine culpabilité de la France à notre égard. Cette culpabilité qui amenait les " amis de l'Algérie " à fermer les yeux sur des atteintes aux libertés qu'ils ne toléreraient pas chez eux ...ou ailleurs en Europe, on l'a vu avec la récente crise dans l'ex-Yougoslavie.
Plus que toute autre, cette crise nous a d'ailleurs signifié que, décidemment, Alger n'est pas Belgrade. Mais j'y reviendrais.

En attendant, poursuivons sur cette Europe " des droits de la personne humaine et de l'Etat de droit ". Cette donnée " historique " paraissait d'autant plus indiscutable que la construction européenne allait reposer sur deux exigences : une gouvernance et un pouvoir démocratiques.
Dés lors, il était normal que l'Europe exige de retrouver chez ses partenaires les valeurs qu'elle entend assurer chez elle. Et il faut reconnaître qu'en la matière, les professions de foi et les discours européens tendent à l'inflation !

Pourtant, force est de constater que le miroir renvoie des images nettement plus contrastées, des reflets moins flatteurs. Je pense aux atteintes graves aux droits des populations étrangères qui se produisent dans les Etats de l'Union Européenne. Les étrangers, et particulièrement ceux qui vivent dans la précarité, savent qu'il y a loin du discours à la réalité.
A l'aube du 3ème Millénaire, la plupart des grands pays européens refusent toujours aux étrangers le droit de participer aux élections locales. Et je ne suis même pas sûr qu'on ait réellement intégré l'idée que les Français d'origine maghrébine constituent désormais un électorat . Comme si leur nationalité française pesaient peu face à leur origine.
Cet ostracisme n'est pas le seul. Inutile d'énumèrer ici toutes les autres formes d'exclusions et d'injustices qui frappent les populations noires, maghrébines, voire même asiatiques. Elles ont pour nom les contrôles au "faciés"; le parcours du combattant pour trouver un emploi ou un logement ; les mauvais traitements dans les commissariats; les centres de rétention; les rapatriements expéditifs vers les pays d'origine...
Ajoutons à cela les impératifs sécuritaires de Schengen - c'est à dire le verrouillage des frontières et les restrictions au droit d'asile - et l'on comprendra que le miroir européen soit brouillé.
Obsédés par le syndrome des "boat-people " et des "envahisseurs", les dirigeants européens se retranchent de plus en plus derrière la forteresse Europe, sous la conduite des plus puissants d'entre eux. Ce choix est inefficace et dangereux pour une Europe qui prétend crédibiliser son discours sur l'universalisation des droits de l'homme...et qui en a les atouts. Ces atouts sont nombreux : rayonnement de sa culture libérale, traditions politiques, élites démocratiques et connaissances accumulées dans ses rapports avec les peuples colonisés.
Des rapports qui, je l'ai dit plus haut, sont irréductibles aux seuls méfaits des aventures coloniales.

Dans ces conditions, quelle perception pouvons-nous avoir, au Sud, de la forteresse Europe ? Les dirigeants européens auraient tort de se rassurer et de se satisfaire des hommages convenus que leur servent leurs homologues étrangers invités à Paris, Londres ou Madrid.
Passons sur un surprenant paradoxe. Celui qui amène des démocraties européennes à mettre en avant les satisfecit que leur décernent des dictateurs patentés pour prouver qu'elles sont bien "la patrie des droits de l'Homme", la "mère " ou je ne sais quelle grand mère des libertés !
Passons et venons à l'essentiel. Ces hommages décernés par des régimes totalitaires - qui attendent eux mêmes d'être en retour légitimés par le "grand frère blanc" - ne changent rien à ce que les opinions du Sud retiennent actuellement de l'Europe : l'entrée de l'extrême droite au gouvernement autrichien; les hésitations sophistiquées de certains hommes politiques français à l'égard des alliances électorales avec le Front National; la banalisation des tendances xénophobes et la résurgence des bandes néo-nazies en Allemagne.
Ces symptômes du "come back" des vieux démons racistes inquiètent d'autant plus les opinions du sud, ou originaires du sud, qu'elles s'en sentent aujourd'hui victimes.
Victimes, ici, avec les politiques d'exclusions évoquées plus haut.
Mais victimes aussi chez nous.

Les réactions européennes face aux crimes contre l'humanité au Cambodge et dans plusieurs pays d'Afrique, au génocide au Rwanda , à "l'épuration ethnique" en Ex-Yougoslavie ou à la guerre d'extermination en Tchétchénie, ces réactions montrent combien l'indignation de l'Europe est sélective. Autant d'ailleurs que sa complaisance - ou sa complicité - face à certains de ces crimes.

L'absence totale de réaction face à certaines violations massives des droits de la personne humaine, la pratique du "deux poids et deux mesures " ne sont pas seulement révoltantes. Elles ne sont pas seulement perçues comme la confirmation que " la vie d'un musulman ou d'un africain vaut moins que celle d'un Européen "...de l'Est par exemple. Elles sont aussi source de violences et de catastrophes.

Pourquoi? Je voudrais revenir un instant sur le syndrome de Munich sans entrer dans une problématique de culpabilisation de l'Europe. Une Europe qui, pendant la deuxième guerre, a été la scène d'horreurs et de carnages industriels prolongés par les guerres coloniales.
Munich n'est pas seulement la conséquence de la démission de chefs de gouvernements européens. C'est aussi la résultante de petites démissions, de l'indifférence, du silence, de la passivité face à la montée de l'antisémitisme...La barbarie " n'est pas un phénomène de génération spontanée ", disait Hannah Arendt...
On banalise une petite injustice, puis une grande; la violation d'un droit civique, puis de tous; un assassinat, puis un massacre et on s'étonne de se retrouver dans une guerre qu'on qualifiera de " barbare et d'incompréhensible " parcequ'on a fermé les yeux sur tout ce qui nous y a amené.

Vous avez compris que je ne peux parler de l'Europe et des Droits humains sans évoquer mon pays. L'Europe, mais aussi la France car elle a une histoire et, aujourd'hui un rôle si...particuliers en Algérie. Toutes deux ont fermé les yeux d'abord sur le processus d'installation d'un système dictatorial et corrompu; sur ses pratiques ensuite pendant prés de quatre décennies.
Je me bornerais à évoquer ici que ce qui a trait aux droits humains et politiques: les meurtres individuels et ciblés d'opposants quand il s'agissait d'empêcher l'opposition de s'organiser ; les tirs à la mitrailleuse sur la foule quand, plus tard, en octobre 1988, un collège de généraux s'est retrouvé face à une population et à une société qu'il avait toujours méprisé et qui se soulevait en revendiquant ses droits.

Qui se souvient que l'un des cris des manifestants du soulèvement de 1988 était: " Nous sommes des hommes, nous sommes des hommes "?
Qui se souvient que 5OO jeunes - 8OO selon des sources médicales - ont alors été tués et que des centaines d'adolescents rafflés au hasard ont été systématiquement torturés? Ce sont précisemment tous ces " oublis ", ce refus de voir des réalités qui gênent, qui ont donné au pouvoir algérien l'impression qu'il pouvait tout se permettre. Dans une impunité totale qui a entraîné des violences qui ont conduit, inexorablement, à la guerre.

Plus d'une décennie plus tard, les partenaires européens de l'Algérie, ont toujours tendance à ne rien voir et ne rien entendre des exactions commises pendant cette sale guerre commencée en 1992 et qui continue à endeuiller mon pays. Au mieux, on porte sur ces crimes un regard sélectif, refusant de condamner avec la même force les atrocités des islamistes et ceux des forces de sécurité.
Au mieux, on culpabilise tous ceux qui osent réclamer une commission d'enquête internationale sur des massacres à grande échelle commis aux portes d'Alger dans des périmètres parmi les plus militarisés du pays. Pourquoi " internationale "? Simplement car il n'y a chez nous aucune justice digne de ce nom et aucun recours interne.
On culpabilise donc et on " oublie " que Paris vient de soutenir, légitimement, une demande d'enquête analogue, faite tout aussi légitimement, par les Palestiniens pour déterminer l'origine des violences actuelles au Proche-Orient.

Quel regard donc porter sur cette Europe qui a multiplié les condamnations de la répression sur la placeTian Anmen ou, plus récemment de Milosevic et de ses élections? Condamnation des uns, blanchissement des autres. Exigence "d'élections propres" chez les uns, acceptation de mascarades électorales chez les autres, en Afrique ou dans le monde arabo-musulman.
On banalise la politique du double standard.
En Algérie, cela revient à réinstaurer la discrimination entre les "deux collèges" que, nous "indigènes", avons connu pendant la colonisation. Les "indigènes" d'aujourd'hui sont des pans entiers d'une population dont le seul tort est de crever de faim, de désespoir et de revendiquer leurs droits inaliénables .
Les autres, ceux qui ont droit à la compassion, au soutien, sont ceux qui vous ressemblent et vous renvoient votre propre image. Ceux qui jouent cyniquement sur vos peurs et vos fantasmes face aux "hordes musulmanes". -A l'exemple des tout-puissants lobbies de la grosse colonisation qui ont toujours pu et su saboter les moindres velléités réformatrices d'un pouvoir central pris en ôtage - , Ceux qui n'arrêtent pas , aujourdhui , de vous tenir les discours qu'ils croient que vous attendez d'eux. Et qui, ce faisant, exploitent les relents de conflits civilisationnels mal réglés, des croisades à la colonisation.

Mon pays? Comment pourrais-faire l'impasse sur sa situation ?
Presque dix ans de guerre, plus de 150 000 morts. Des exécutions sommaires, la torture, des milliers de disparitions forcées. Des mères qui bravent les menaces et les brimades des autorités pour manifester et exiger la vérité sur le sort de leurs disparus. Plusieurs générations sacrifiées. Une paupérisation galopante qui amène des familles à " sacrifier ", faute de moyens, tous leurs enfants pour en envoyer un - un seul - à l'école. Un garçon bien sûr. Les suicides - pourtant énormes interdits dans nos traditions - est devenu un vrai phénomène de société chez les jeunes et les travailleurs licenciés … à force d'être poussés à bout , toute lueur d'espoir éteinte , dans leur interminable malheur de vivre . Une société désarticulée, guettée par des explosions sociales.100.000 cadres partis à l'étranger. Une " paix " qui, aujourd'hui, fait 5O à 60 morts par semaine. Et l'impunité pour les tueurs des deux camps.
Jamais peut-être la situation politique n'a été aussi bloquée.Le maintien de l'état d'urgence justifie un réel verrouillage des libertés d'expression et de participation. Mr Bouteflika, si " moderne " et conjuguant si bien les subjonctifs à l'étranger, impute ouvertement la misère terrible de la population... au multipartisme et lui attribue tous les maux du pays.
Au passage, il n'épargne pas l'étrange coalition - allant des islamistes de bazar aux laïcistes de salon - dont il a fait un gouvernement. Il revendique le monopole des médias lourds, affirmant que si l'opposition veut y accéder, elle n'a qu'à créer les siens. L'unique ouverture sur la société civile consiste à financer et multiplier les associations en tout genre destinées à embrigader et à neutraliser les mouvements associatifs autonomes.

Face à cela, les Algériens ne sont gratifiés que d'un silence gêné. Comme si notre pays était voué à être une exception à jamais. Pour l'Europe en général, et la France en particulier, il y a une spécificité scandaleuse du traitement de l'Algérie, de la manière dont on " écoute " ce pays.
Les Occidentaux ont pendant des années monté en épingle les révélations des dissidents, du moindre transfuge soviétique pour dénoncer, à juste titre, le totalitarisme communiste. Les témoignages des survivants cambodgiens ont permis de connaître les crimes contre l'humanité commis par les Khmers rouges. Et sans les dissidents de la mafia italienne, qui aurait pu connaître les mécanismes et le fonctionnement de cosa nostra ?
Rien de cela pour l'Algérie. Un surprenant tour de passe passe intellectuel amène à admettre l'opacité du système et à délégitimer systématiquement tous ceux qui racontent ce qu'ils ont vu et vécu. Opposants, survivants des massacres qui surmontent leur peur pour témoigner, militaires dissidents : nul, s'agissant de l'Algérie, n'est digne de foi s'il refuse indignations et condamnations sélectives.

Jusqu'à quand ce traitement ...particulier... sera-t-il réservé à ce pays ?
Cette question est décisive pour son devenir. Non que nous attendions que la communauté internationale règle nos problèmes à notreplace. Car, je l'ai avec force, la solution viendra des Algériens et d'eux seuls.

Mais la volonté - légitime - de la France de normaliser ses rapports avec l'Algérie retarde toute ouverture à force de trop se confondre avec un soutien quasi -inconditionnel au régime.
Ce soutien, dans lequel Paris entraîne ses partenaires européens, encourage à l'intransigeance un pouvoir déjà assuré de l'impunité. Un pouvoir qui a réussi un triste exploit : transformer une nation riche d'élites nombreuses et politisées; riche de sa mane pétrolière en un pays où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bref, en " homme malade de la Méditerranée".

Dans cette Europe si attachée à la stabilité politique, qui se soucie qu'au cours de la dernière décennie, aucun des Présidents algériens n'ait terminé normalement un mandat?
Qui se soucie de ces exécutifs aussitôt mis en place aussitôt congédiés ?
Qui se demande pourquoi les changements succèdent aux changements à un rythme échevelé? Qui va en chercher la raison dans ce qu'exprime si bien le Comte Salinas: " il fallait bien que quelque chose bouge, pour que tout reste comme avant ".

L'avenir des deux rives de la Méditerranée ne peut-être que commun, je le dis sans démagogie et sans désir de plaire. Histoire, culture commune, proximité : inutile de s'attarder sur tout ce qui nous rapproche. Notre seule " différence " ne doit pas résider dans le sort réservé aux libertés et dans le maintien, au sud, de régimes qui mènent une guerre contre leur population.

Aucun développement durable n'est en effet possible quand l'économie fonctionne dans l'illégalité. Ou quand des réseaux ultra-restreints ont accaparé la rente et érigent le statu quo en mode de gouvernement.
Parier sur le lien quasi-automatique qui existerait entre libéralisations politique et économique est hasardeux. En effet, la volonté de maintenir des équilibres sociaux trés précaires, et qu'une ouverture économique trop brutale destabiliserait plus encore, peut conduire à un verrouillage politique plus marqué.

Les dirigeants européens doivent sortir d'un vis à vis "confortable ": celui qu'ils entretiennent, au sud, avec une classe dirigeante dont la permanence au pouvoir les rassure alors qu'elle décide en vase clos et en rupture totale avec les populations.
Sans gouvernements performants et légitimes, sans administrations efficaces et non corrompues, le Sud ne sortira pas de sa torpeur.
Il ne deviendra pas un partenaire pour demain.
Mais il continuera en revanche à être une poudrière travaillée par tous les extrémismes.

En ce moment s'achève à Marseille le sommet euroméditerranéen.
Je ne ferais pas ici le bilan de ce partenariat. Mais une chose est sûre: depuis son lancement, les objectifs liés à la sécurité et à l'économie semblent avoir enterré ce qui reste pourtant l'un des principes fondateurs du processus de Barcelone: les droits de l'Homme et la démocratisation.

Comment dés lors, ce projet pourrait-il mobiliser les femmes et les hommes de l'autre rive? Comment pourrait-il contribuer à faire de la Méditerranée une zone de paix, de stabilité et de prospérité s'il apparaît seulement comme une sorte d'ordre pan-étatique éloigné de toutes les préoccupations quotidiennes ? Voire pire: un ordre garant du statu quo, puisque jusqu'ici, Barcelone n'a eu aucune retombée réelle.

Ni en terme d'amélioration économique et sociale. Ni en terme de démocratisation. Ni en terme de paix pour des pays - comme le mien - en proie à un conflit.

La dernière partie de mon "devoir " portait, je crois m'en souvenir, sur " le monde en développement ". Je n'en dirais qu'un mot.
Dans le monde de la nouvelle économie, qui demande la maîtrise des savoirs, tout est fondé sur la liberté : liberté d'accés aux informations et aux idées; liberté de voyager; liberté d'entreprendre; liberté d'innover, de proposer des nouvelles solutions économiques, sociales et politiques...
Je ne crois pas que des hommes et des femmes puissent en être exclus sous prétexte qu'ils sont nés sous d'autres cieux que dans l'Europe prospère et démocratique.
Faute de quoi, ils ne vivront ni dans la stabilité. Ni dans la paix.
Faute de quoi, nous n'empêcherons pas que misère sociale et détresse morale anéantissent le rêve de plusieurs générations devenu obligation : un rapprochement entre les deux rives dénué de malentendus, de préjugés et de raisons d'Etat à courte vue.
C'est la seule manière d'aider à faire face à la généralisation, de par le monde, des intégrismes et des nationalismes étriqués.


 

 

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