Nord-Sud Export - n°427 - 21 septembre 2001

MAGHREB & MOYEN-ORIENT

ALGERIE : LES RÉVÉLATIONS D'UN DÉSERTEUR DE LA S.M.

C'est au nom proclamé d'une lutte à outrance contre le " terrorisme islamique " que les services algériens ont entrepris, à partir de 1993, de terroriser une population qui avait eu, pour tort principal, de voter majoritairement en faveur du Front Islamiste du Salut (FIS), Un nouveau témoignage directement issu de la DRS, plus connue sous son sigle S.M. (" Sécurité militaire "), décrit la chronique de ces crimes ordinaires, commis sous le couvert d'une légalité dévoyée, au service de quelques généraux.

" Je persiste et signe ", Derrière les grilles de sa cellule à la prison de l'immigration de Bangkok, Abdelkader Tigha, 33 ans, déserteur du " Département du Renseignement et de la Sécurité " (DRS), " l'ex-Sécurité militaire algérienne " (ou S.M.), n'en finit pas de raconter son passé, celui d'un chef de Brigade chargé de recueillir, à Blida, première région militaire de l'Algérie, des renseignements sur les " Groupes islamiques armés " (GIA) et de les faire infiltrer par ses agents. Un témoignage précis, où fourmillent les noms de lieux, les dates, les noms des exécutés ou des exécuteurs, consignés avec application sur les pages d'un cahier d'écolier. Une mine de renseignements douloureux mais ô combien précieux pour tous ceux qui cherchent la trace de leurs disparus, en Algérie, et pour ceux, aussi, qui veulent vérifier leurs informations sur la structure interne des services algériens en les croisant avec une nouvelle source.

" Mon service avait reçu l'ordre
directement du Général Lamari Smaïn,
de limiter les traductions devant les tribunaux "

Tigha est un professionnel, entré à 18 ans dans l'armée algérienne et formé à l'école militaire du DRS (spécialité " recherche et investigations ") : difficile, donc, a priori, de savoir où se termine la confession et où commence une éventuelle manipulation, de faire la part, aussi, de ses omissions volontaires. Mais selon ceux qui l'ont rencontré, dans sa prison de Bangkok, l'impression qu'il donne est celle d'un " insider " au témoignage crédible. Il n'était pas non plus un " gros poisson " à la DRS; son grade d'adjudant le maintenait bien loin des conflits de clans qui agitent les généraux-major. D'ailleurs il ne parle que de ce qu'il a vu, c'est à dire beaucoup, mais au simple niveau du CTRI (" Centre régional territorial de recherche et d'investigation ") de Blida qui couvre les wilayas de Bouira, Tizi Ouzou, M'sila, Chlef, Tipiza, Aïn Defla et Boumerdès.

" ça veut dire commencer à exécuter
les personnes interpellées… "

Les raisons qui l'ont poussé à fuir l'Algérie, l'itinéraire qu'il a suivi et la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui, dans l'attente de l'octroi, par le HCR, d'un statut de réfugié politique concourent aussi à donner du poids à son témoignage. Celui-ci éclaire plusieurs points essentiels pour comprendre la situation algérienne actuelle et les changements successifs d'attitude des généraux: les exécutions sommaires et, donc les disparitions; la création et le rôle des milices de " patriotes "; la corruption macabre des forces de sécurité; les engrenages provocation/vengeance qui entretiennent la violence; les relations troublantes entretenues par le pouvoir algérien avec des éléments connus (au sein des services) pour être des " financiers " des GIA.

Des exécutions systématiques à la crainte des réactions internationales

L'année 1993 marque le début des exécutions sommaires sur grande échelle: "Devant la détérioration de la situation sécuritaire à Blida (attentats journaliers, attaque des casernes), mon service avait reçu l'ordre. directement du Général Lamari Smain, de limiter les traductions devant les tribunaux, ça veut dire commencer à exécuter les personnes interpellées pour diminuer le recrutement du GIA et faire peur à la population civile... Les exécutions ont ciblé en premier les personnes domiciliées dans des villages et cités considérés comme fiefs du GIA et zone à haut risque parce que le GIA avait acquis la confiance de toute la population de cette zone. "

1993 est effectivement l'année où Smaïn Lamari (chef du contre-espionnage au sein de la DRS qui est elle-même commandée par le général Mohamed Médiène, dit " Toufik ", cf. l'étude " Algérie " publiée par NSE en 1995) commence à concentrer dans ses mains toutes les responsabilités de la lutte anti-terroriste : la direction générale de la Sûreté nationale (c'est à dire la police) passe sous son contrôle, en particulier la direction de la police judiciaire et le SCRB (Service central de la répression contre le banditisme). De la même façon, chaque centre territorial de la DRS, dont le CTRI de Blida où travaille Tigha, prend la police de sa zone de compétence sous ses ordres, Tigha explique l'une des raisons de cette réorganisation: " Ils ont fermé des commissariats car ils avaient peur des bombes, Mais nous, nous étions des hommes de l'ombre, nous ne sommes pas un service officiel. On évolue sur le terrain avec des voitures et des véhicules banalisés. Rien n'a changé depuis 1993 jusqu'en 1997, c'était le même travail, c'étaient les mêmes objectifs et c'étaient les mêmes exécutions, La méthode a toujours été la même: on identifie, on arrête les gens et on les exécute, Encore maintenant, si on arrête quelqu'un, il est assassiné, mais sous scénario ".

" Rien n'a changé depuis 1993 jusqu'en 1997 c'était le même travail,
c'étalent, les mêmes objectifs c'étaient les mêmes exécutions… "

Que s'est-il donc passé en 1997, année charnière où, on le sait (voir en particulier NSE n°365 et 391), l'accord secret de trêve entre l'AIS (branche armée du FIS) et l'armée algérienne a été conclu ? Selon Tigha, dès 1996, " les officiers du DRS commencent à avoir peur des tribunaux internationaux ". " Le chef du DRS n'est pas idiot, Lorsque les. médias ont commencé à s'acharner sur l'Algérie, notamment sur les disparitions, le DRS a établi le dossier ; c'est lui qui est l'initiateur de la col!corde civile, C'est le chef du DRS, pas Bouteflika, (…) Surtout, ils ont peur d'Amnesty International… " Tigha affirme que cette question a été citée dans le bilan de l'activité du DRS de l'année 1999 : " Ils voulaient trouver un système de défense contre Amnesty International. S'ils ont établi la concorde civile, c'est pour échapper au sort de l'extradé (référence aux événements de l'ex-Yougoslavie), Et pour fermer les portes aux activistes de l'opposition à l'étranger. " Le déserteur cite à cet égard des opérations de camouflage destinées à tromper la Commission des droits de l'Homme de l'ONU, notamment les mutations qui avaient été décidées dans les services au moment de la visite de Simone Veil et de Suarès à Alger.

" La méthode a toujours été la même :
on identifie, on arrête les gens et on les exécute… "

Tigha est d'autant mieux placé pour parler de cette préoccupation croissante, au sein de la DRS, que celle-la s'est trouvée à l'origine de ses propres déboires. A la t'in de 1996, il reçoit, de ses supérieurs, une demande d'enquête sur la disparition de deux professeurs d'université G, Boularas et Rosli, demande qui a transité à travers les services algériens à la suite d'une requête de la Commission des droits de l'homme de Genève (portant d'ailleurs sur bien d'autres cas encore), Il découvre que les deux professeurs avaient été arrêtés à leur travail, conduits dans les locaux de la police judiciaire où ils avaient été " exploités " (c'est à dire torturés), convaincus d'intelligence avec le GIA, exécutés, puis leurs cadavres brûlés pour ne pas laisser de trace, Il rédige un rapport en ce sens qu'il remet à son supérieur en 1997. Il est convoqué peu après par le chef de l'unité d'investigation qui lui demande pourquoi il a rédigé un rapport " négatif ". Il lui est reproché d'avoir divulgué des secrets professionnels, Il a beau répondre qu'il n'était pas informé du fait qu'il devait rédiger un " faux rapport " (" vu qu'il n'avait pas reçu d'instruction dans ce sens ") rien n'y fait. Il découvre, un peu tard , que " la DRS n'avait aucun intérêt à diligenter cette enquête, mais qu'elle désirait simplement apparaître comme travaillant sur ce cas ". Peu après, il se trouve confiné dans des tâches de routine, puis muté à Alger en août 98. Son arme de service lui est ensuite retirée, ce qui le confirme dans la conviction qu'il est en danger.

"Encore maintenant, si on arrête quelqu'un,
il est assassiné, mais sous scénario. "

Il décrit la situation proprement kafkaïenne qu'il a vécue: " Moi, j'ai été induit en erreur. Parce que l'on ne m'a pas dit officiellement que c'est la Commission qui devait recevoir ce rapport. S'ils me l'avaient dit officiellement, j'aurais su que c'était destiné à Genève et je ne veux pas jouer sur ma vie avec eux. Mais même si tu savais, tu peux pas. Chez nous, c'est un champ de mine, si tu fais une erreur, tu mets le pied dessus, tu es mort, tu comprends… "

C'est ainsi que Tigha songe à s'enfuir: il se procure des certificats médicaux pour prolonger ses absences hors de son nouveau service, met un peu d'argent de côté, et saute le pas Ie 8 décembre 1999: il traverse la Tunisie et la Libye avant de se rendre en Syrie (autant de pays qui ne réclament pas de visas aux Algériens), Il découvre, là, que la Thaïlande est le seul pays qui délivre assez facilement des visas d'entrée aux Algériens, Arrivé à Bangkok, il cherche assistance à l'ambassade de France. Celle-ci l'envoie au bureau local du HCR, où il commence de longues démarches pour l'obtention d'un statut de réfugié politique (cf. la fin de cet article),

Escadrons de la mort, disparus et corruption macabre

Revenons à Blida en 1993 et à la façon dont s'opèrent les arrestations de suspects identifiés par le service de recherche et investigation où travaille Tigha, avec l'aide des agents infiltrés, par ce service, dans les milieux considérés comme proches du GIA. 3Avec l'appui du GIS (" Groupement d'intervention spécial " de la gendarmerie) les équipes du service de la police judiciaire sortaient en opération durant le couvre-feu instauré par l'armée, pour procéder aux différentes arrestations des personnes présumées impliquées dans la subversion. Dans les zones rurales, le service de police judiciaire est appuyé par les détachements militaires pour permettre à ce service de procéder aux arrestations normalement, car les militaires avaient comme tâche principale le bouclage des villages. " Tigha décrit ensuite, dans les pages de son cahier, comment ces personnes sont ensuite transférées dans les geôles du service et comment se déroulent les séances de torture. " La nuit suivante, les détenus sont exécutés à l'intérieur des geôles par strangulation avec des sacs de plastique. " Tigha indique que, dans une phase précédente, les détenus étaient exécutés par halles (HK silencieux) devant leur domicile, mais que craignant d'être vus, le GIS et la police judiciaire ont préféré, par la suite, jeter, de nuit, Ies cadavres devant chez eux.

" La justice, sur instruction du ministre,
signait des permis d'inhumer
sans ordonner des enquêtes judiciaires "

Pour mieux camoufler leur propre rôle dans ces exécutions, tout en suscitant la peur d'une menace aussi diffuse qu'implacable, les services officiels ont alors pris l'habitude de faire figurer la " signature " " OJAL " (Organisation des Jeune algériens Libres) sur ces cadavres. " En vérité, cette dénomination OJAL a été inventée par le capitaine XXX (ndlr : gommé par nos soins) tête pensante du CTRI/première région militaire. " Des tracts de cette pseudo-organisation ont même été placardé sur Ies murs des villes.
Et c'est à partir de cette expérience, née à Blida, que " les autres centres du DRS répartis sur le territoire national ont suivi le même procédé pour tuer et se couvrir. La gendarmerie et la police, étant bien au courant des faits, se chargeaient du ramassage des cadavres chaque matin et allaient les enterrer… La justice, La justice, sur instruction du ministre, signait des permis d'inhumer sans ordonner des enquêtes judiciaires prouvant comment les gens sont morts. "

Ce sont les personnes arrêtées à leur domicile qui subissent ce traitement. Les autres, ceux qui sont enlevés dans la rue ou à leur travail, sont enterrés sous Ie nom X (inconnu), brûlés ou jetés dans des vergers (ndlr : en 1994, de nombreux cadavres défigurés ont ainsi été retrouvés dans la nature, suscitant une très vive indignation dans la société civile). Tigha poursuit: " les familles à la recherche de leurs enfants ou parents sont orientées au siège de la police ou à la gendarmerie, lesquels établissent un avis de recherche "… Il précise que ce sont souvent les tueurs eux-mêmes qui établissent des procès verbaux de disparition.

Il cite des cas très précis d'arrestations dans Ie but d'obtenir des rançons (la libération est alors marchandée avec la famille) ou dans l'objectif de s'approprier l'un des biens du détenu (par exemple : une voiture Golf qui fut transférée par la suite à la base centrale de logistique de Blida ou elle fut repeinte à neuf et dotée de nouveaux papiers).

" Une instruction a été diffusée par le chef d'état-major de l'armée,
Mohamed Lamari, ordonnant aux services de changer la dénomination
" Patriotes " en " GLD " (Groupe de Légitime Défense)
car le pouvoir avait peur de l'opinion mondiale "

Création des milices de "patriotes" et armement des civils

Si le gouvernement n'était guère favorable à l'armement des civils (du temps de Zeroual notamment, ce que nous savions déjà à l'époque et ce qui est confirmé par le témoignage du déserteur), cette décision a finalement été prise, selon Tigha, par le chef de la DRS, Mohamed Médiène et par Smaïn Lamari. " lIs ont choisi le CTRf de Blida pour commencer l'opération " . Une première famille (qui a d'ailleurs eu, par la suite, les honneurs de la chaîne ARTE) a été " recrutée par le service, armée jusqu'aux dents et dénommée " groupe de patriote ", chargée des embuscades dans les vergers et zones forestières ", puis de parrainer de nouvelles recrues… " Au bout d'une année, le service disposait d'une autre armée considérée comme la main de frappe du service sur le plan Renseignement et sur le plan Opérations de neutralisation "... " Les patriotes ont la tâche de surveiller les biens et villas des riches ou encore les usines… " Dans Ie même temps, les citoyens ordinaires, même les plus exposés, ne reçoivent guère que des fusils de chasse.

Là encore, 1997 apparaît comme une année charnière, C'est alors qu'une " instruction a été diffusée par le chef d'état-major de l'armée, Mohamed Lamari, (ndlr : sans lien de parenté avec Smaïn Lamari) ordonnant aux services de changer la dénomination " Patriotes " en " GLD " (Groupe de Légitime Défense) car le pouvoir avait peur de l'opinion mondiale et aussi du commencement l'acharnement des médias sur cette situation. En vérité, GLD n'a jamais existé, les patriotes ont été utilisé jour et nuit comme une armée secondaire "…

Tigha souligne plus loin que les armes " distribuées " étaient, en fait, " vendues ", ce qui permettait aux responsables du service de s'enrichir, mais ce qui a aussi un effet pervers: personne ne sait combien d'armes ont été réellement distribuées… Et il est probable que nombre d'entre elles ont été utilisées pour des vengeances personnelles.

Les groupes de patriotes ont aussi joué un rôle majeur dans l'escalade de la violence en Algérie, en éliminant les familles (dont les enfants) de terroristes recherchés (ce serait le cas, selon Tigha, de la famille de Antar Zouabri, émir du GIA), ce qui contribuerait à expliquer le cycle infernal des vengeances impliquant des familles entières. Notons que Ies exactions des patriotes sont toujours selon Tigha, couvertes par les services; ceux-ci n'ont pas hésiter à cacher, deux mois durant, dans leurs propres locaux, le responsable du massacre de la famille de Zouabri.

Anomalies troublantes

Le déserteur cite le nom de deux industriels bien connus à Blida, riches et " disposant de relations à haut niveau ", qui ont reçu, parmi d'autres, des armes de poing dispensées par son service, Pour lui, et il semble en être convaincu, ces deux hommes sont " les principaux financiers " d'un groupe du GIA (celui de Mohamed Bensidhoum, originaire de Blida), Ils auraient été cités à plusieurs reprises lors des " interrogatoires " de terroristes dont il cite également le nom, Les deux industriels, qui n'ont jamais été inquiétés, naviguent désormais dans les hautes sphères de l'Étal, dans la mouvance du RND, le parti du pouvoir, et dans l'entourage du président Bouteflika.

" Alors, conclut Tigha, la question est posée : qui va comprendre l'Algérie ? ". A moins que la réponse ne soit très simple, reconnaît-il, en fin de compte, avant d'évoquer, à son tour, le rôle de ce qu'il nomme la " mafia politico-financière " en Algérie.

" La question est posée : qui va comprendre l'Algérie ? "

Aujourd'hui, l'unique stratégie de Tigha est de sauver sa peau. Il est emprisonné depuis cinq mois pour dépassement de visa et craint d'être refoulé vers l'Algérie. Ce qui, assure-t-il serait sa mort certaine. Il a demandé le statut de réfugié politique au HCR de I'ONU, qui a refusé dans un premier temps, le soupçonnant d'implication dans des crimes contre l'humanité (il aurait pu torturer, ou tuer lui-même, suppose le HCR ce que nie évidemment l'intéressé). Son dossier est actuellement en cours d'appel a Genève ; la décision finale devrait prendre plusieurs mois.

Dès lors, Abdelkader Tigha pense que sa meilleure carte est celle du témoignage: parler à la presse pour se protéger. II dit se sentir menacé jusque dans sa cellule de Bangkok où il a été visité par des diplomates algériens. Son cas pose un problème au HCR : s'il paraît difficile de lui accorder Ie statut de réfugié, comment Ie laisser être refoulé dans son pays d'origine où il risque d'être torturé et exécuté! Il existe un vide juridique sur cette question qui se pose de plus en plus fréquemment ; une solution serait que la Commission des droits de l'Homme des Nations unies émette un avis interdisant à tout gouvernement de le renvoyer en Algérie.

En attendant, Tigha dit supporter de plus en plus mal sa détention : il partage une cellule avec 70 immigrants illégaux pour la plupart d'origine chinoise ou vietnamienne dont aucun ne parle français. Il craint surtout de devenir la victime des pratiques de corruption qui sévissent dans les prisons thaïlandaises: une livraison nocturne du prisonnier à ceux qui le recherchent n'est pas un scénario inconcevable…

N. S. E :
Au moment où le pouvoir algérien tente avec une indécence ahurissante, d'exploiter le drame des attentats de New York et Washington pour se rappeler au bon souvenir des capitales occidentales et apparaÎtre une fois de plus comme le rempart de la lutte contre"le terrorisme islamique", la complexité de la situation algérienne devrait nous vacciner contre tous les amalgames faciles. Voilà des généraux qui craignent, non sans raisons, de subir le sort de Milosevic et qui tentent de se refaire une virginité à la faveur d'une tragédie. Que les révélations de Tigha, après celles de Habib Souaidia (l'auteur de l'ouvrage " La sale guerre ") viennent de l'intérieur même de l'armée (et cette fois du sein des services) fait réfléchir sur le moral de celle-ci. Elles mettent aussi en perspective le peu d'intérêt des généraux pour un véritable processus de paix civile en Algérie. Ceux-ci contribuent à maintenir l'Algérie dans une impasse où l'Europe a tout à perdre, surtout si elle tombe dans le piége de croire à leurs mises en scène, aux justifications avancées pour couvrir leurs crimes et masquer l'essentiel: une volonté implacable de conserver le pouvoir.

 

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