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Betchine nous écrit Le Matin, 5 septembre
2001 Tout d'abord, les échelons grimpés par moi rapidement, comme vous semblez l'affirmer, l'ont été de manière on ne peut plus normale, cela en dépit de mes hauts faits d'armes aussi bien durant la guerre de Libération qu'à l'ère de l'indépendance. J'ajouterai même qu'au regard de mon passé de moudjahid, j'ai fait face à pas mal d'embûches, et personne ne m'a fait de cadeaux. A simple titre d'exemple, je me permets de dire ici qu'il m'a fallu sept longues années avant de passer du grade de capitaine à celui de commandant ; la même période m'a été nécessaire pour arriver à celui de lieutenant-colonel. Contrairement à ce que vous écrivez, je n'ai jamais commandé la Ve Région militaire. Vous faites bien de préciser entre parenthèses qu'il s'agit de ma ville natale. Il ne peut échapper à personne le caractère tendancieux et attentatoire lié à cette fausse information. Par contre, j'ai commandé les IIIe et IVe Régions militaires. Sur un autre plan, vous affirmez que j'aurais été démis de mes fonction en 1990 par le Président Chadli Bendjedid. J'occupais à cette époque le poste de responsable de la DGPS, c'est faux. J'ai démissionné moi-même à cette époque pour des divergences de vue très profondes avec les responsables de cette époque. La suite des événements, du reste, a fini par me donner raison sur toute la ligne. Après la débâcle du 12 juin 1990, j'ai dressé un compte-rendu au Président Chadli sur les raisons se trouvant à l'origine de cette grave situation. Je l'ai sensibilisé sur la tenue d'une réunion, elle a eu lieu le 15 juin en présence de Abdelhamid Mehri, Mouloud Hamrouche, Larbi Belkheir (directeur de cabinet), l'ex-ministre de l'Intérieur Mohammedi, Sid-Ahmed Ghozali (ministre des Affaires étrangères), Mustapha Chelloufi (secrétaire général du ministère de la Défense), le conseiller politique Aït-Chaalal, le conseiller diplomatique Sahnoun, le général Ben-Maâllem et moi-même. J'ai donné un aperçu sur la gravité de la situation en présence donc de tous ces responsables et demandé aux détenteurs du pouvoir de prendre leurs responsabilités. Devant le refus du pouvoir de s'assumer, j'ai préféré me retirer afin de ne pas cautionner les graves dérives vers lesquelles était menée l'Algérie. Sur un autre point, vous semblez continuer à vouloir m'impliquer dans la cabale judiciaire dont a été victime l'universitaire Ali Bensaâd. Vous persistez donc à nier des évidences que même votre journal a fini par admettre sous la plume même de ce personnage. Son refus de venir m'affronter devant la justice et sa condamnation ont fini par jeter à bas les derniers vestiges de cette cabale montée de toutes pièces contre ma personne et les divers symboles de l'Algérie. Enfin, et là où vous poussez franchement le bouchon trop loin au point de démentir des faits historiques imparables, vous vous permettez d'affirmer que je n'ai démissionné de mon poste de ministre conseiller en 1998 qu'après la démission du Président Liamine Zeroual. Je vous invite à revoir vos propres archives pour vous rendre compte que j'étais parti des mois avant la démission du Président. Cette cabale me visant une nouvelle fois personnellement à un moment où le pays traverse une période des plus noires de son histoire me pousse à conclure que le but recherché est d'ajouter au trouble déjà existant et à m'impliquer dans des débats stériles sans que je n'en ai moi-même pris la décision. En militaire expérimenté, il m'a déjà été donné d'affirmer que c'est moi qui choisirai le lieu, le moment et les thèmes de mes contre-attaques, je n'en démords pas. J'ose espérer que ces précisions passeront intégralement dans vos colonnes. Salutations. Le général à la retraite Mohamed Betchine Précisions
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