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Menacé
dextradition en Thaïlande
Un déserteur de lANP lance un appel à lONU M.L. Zouaïmia, Le Quotidien d'Oran, 4 août 2001 Un autre déserteur de larmée algérienne, se réclamant cette fois-ci des services du renseignement et de la sécurité (DRS), est incarcéré depuis 5 mois dans un centre de détention pour immigrants au niveau de la capitale thaïlandaise, Bangkok. Abdelkader Tigha, 32 ans, vient de lancer un appel à la protection internationale auprès du Haut Commissariat pour les réfugiés de Bangkok (HCR, Thaïlande). Il estime quune menace de mort pèse sérieusement sur lui si les autorités thaïlandaises décident de le rapatrier en Algérie. «Je veux la protection de lONU, sinon je rentre mourir devant ma femme et mes enfants», aurait-il déclaré au correspondant de lAFP. Le déserteur algérien avoue avoir dirigé une brigade de recherche dépendant de la DRS afin de mener des identifications et des investigations, mais déclare navoir jamais pratiqué de torture ou de crimes. Il dit avoir être au courant de limplication du pouvoir algérien dans des exécutions sommaires de civils et il accuse sans rémission le département de la DRS dêtre responsable de plusieurs actions anti-humanitaires. Lagent secret algérien confirme la détention de plusieurs informations concernant la liquidation du commissaire Fissa Noureddine de Bougara et un certain lieutenant Amine de Tlemcen, soupçonnés daprès lui de collaboration avec le GIA. La dernière investigation quavait accomplie Tigha serait celle de la disparition de Rosli Mohamed et Boularas Mohamed, deux professeurs affiliés au GIA et exécutés, selon lui, par le service de police judiciaire en 1994. Le rapport quil a soumis en 97 à ses supérieurs fut lévènement majeur qui activa sa fuite vers la Thaïlande. «On ma demandé après mon transfert vers Alger de rendre mon arme de service», a déclaré le fugitif. Le HCR de Bangkok a estimé irrecevable la demande de statut de réfugié au sens de la Convention de Genève formulée par Tigha. Cet agent de recherche de la sécurité militaire algérienne est soupçonné davoir commis des crimes. Il serait ainsi concerné par la clause dexclusion stipulée par les conventions. Néanmoins, une demande fut formulée, en recours, par son avocat auprès de lUNHCR de Genève. Linstance onusienne se penchera sur lévaluation des risques que comporterait sa déportation vers Alger et décidera vraisemblablement son octroi de statut de réfugié. Reste à trouver un pays daccueil pour Tigha, vu que la Thaïlande nest ni concernée par la Convention de Genève ni par la convention bannissant la torture. Ces nouvelles informations provenant dun agent qui déclare avoir appartenu aux services secrets algériens devraient, à notre sens, rester dans le volet de lhypothèse. Bien que les témoignages et les informations concourent à affirmer lexistence de graves exactions et dépassements commis en Algérie à lencontre des droits de lhomme, cette nouvelle mode de «révélations» rapportées par médias interposés est devenue le moyen efficace et privilégié pour dobtenir de simples régularisations dillégaux algériens souffrant de statut à létranger. A titre dexemple, un militaire de Skikda a déclaré en 1995 devant la Commission canadienne de limmigration quil a fui le pays, car on lui a donné (ainsi quà ses collègues) lordre de bombarder et de raser toute la ville dEl-Milia ! Des cas de ce genre se comptent par centaines. Le but est de régler sa situation administrative, quitte à puiser dans les mensonges et les scénarios les plus invraisemblables produits à satiété par les candidats à limmigration via le statut de réfugié. Pour le volet de Bangkok, il demeure aussi judicieux de confirmer, selon des sources sûres, que bon nombre dAlgériens incarcérés dans cette ville ont été reconnus coupables de vol et dusage de faux. Il y a environ quelques semaines, un ressortissant dorigine algérienne na eu sa liberté que lorsque ses cousins et amis du Canada et des Etats-Unis ont payé la caution de 20.000 dollars américains pour le faire sortir de prison. Il fut capturé par la police thaïlandaise alors quil payait ses achats avec une carte de crédit volée. Ce même individu a un frère connu dans les milieux des faux passeports de Montréal et qui fut proche (le frère) de Ressam Ahmed, arrêté aux Etats-Unis. Le cas de Abdelkader Tigha reste pour le moins entaché dinexactitudes. On ne peut pas résider pendant une longue durée en Thaïlande, puis passer 5 mois en prison pour ensuite déclarer à lAFP avoir des révélations. On a bel et bien conseillé à Tigha, avant son départ dAlgérie, la destination thaïe. Cest dans ce pays quexiste un groupe daccueil spécialisé dans les faux passeports (belges surtout). Ce groupe daccueil, créé initialement en Malaisie par des universitaires islamistes à Kuala Lumpur (fissistes inclus et pseudo-investisseurs algériens compris), a une ramification à Bangkok. Un Palestinien serait derrière lémission des faux passeports en Malaisie, tandis quun Egyptien serait le baron des faux passeports à Bangkok. Il suffit de partir vers Tunis, prendre le vol vers Sofia (Bulgarie) puis, à un prix très abordable, un 747/400 de Balkans Airlines vers Bangkok. Si le problème nest pas réglé, le départ en train vers Kuala Lumpur est exigé. Une fois le passeport belge en main, le départ par voie terrestre à Viantien (Laos), puis lavion vers Guangzhou en Chine (non loin de Hongkong). Une fois en Chine, les liaisons entre Guangzhou et Los Angeles (USA) ou Vancouver (Canada) sont fréquentes et les vols nombreux. A la porte ouest du continuent américain, on peut facilement être admis en touriste européen après ce long périple. Une fois aux Etats-Unis ou au Canada, les «frères» seront là pour un coup de pouce au niveau des commissions américaines et canadiennes des statuts de réfugié. Si le plan échoue à Bangkok, il faut avoir sa provision de justifications pour parer à la situation. Tigha Abdelkader avait bel et bien lintention de rejoindre le Canada et cétait cela le plan établi. On ne peut ni travailler ni vivre en Thaïlande. On transite seulement. Pour les révélations, seul le déserteur peut en trouver...
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www.algeria-watch.org
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