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Alors que la campagne pour une enquête internationale saiguise en France Des intellectuels en Algérie organisent la riposte Par Ahmed Kaci, La Tribune, 24 mars 2001 La campagne initiée par les signataires de «Lettre ouverte au gouvernement français et le bain de sang en Algérie», qui a paru dans le Monde du 9 février dernier et signée par de nombreux intellectuels français et algériens comme Bourdieu, Vidal Naquet, Lahouari Addi et Martinez, sannonce comme une action durable qui ne semble pas procéder dune simple réaction sporadique aux événements algériens. Pour preuve, la lettre ouverte au gouvernement français, à la veille de la visite de Védrine en Algérie, na eu de cesse dêtre relayée par de nouveaux appels du même genre. En effet, quelques jours après, une «pétition pour la tenue dune enquête de lONU sur les massacres en Algérie» a été signée et endossée par le Groupe de recherche et dinitiative pour la libération de lAfrique (GRILA), un organisme basé à Montréal au Canada. Cette pétition a été suivie par des défenseurs arabes des droits de lHomme qui ont adressé une lettre au président Bouteflika dans laquelle ils font un appel «pour la vérité sur le sort des disparus en Algérie». Le 12 mars dernier, des intellectuels algériens reviennent à la charge par le biais dune lettre ouverte au président algérien sous le titre «justice», en réclamant quune «information judiciaire soit ouverte immédiatement pour permettre une enquête sur les mises en cause graves et précises de cadres de larmée». Aujourdhui à Paris et le 24 à Grenoble en France, des meetings seront organisés avec la participation de Malika Matoub qui réclame la vérité sur lassassinat de son frère, le chanteur Lounes Matoub, et de Habib Souaïdia et Nesroulah Yous qui ont défrayé la chronique depuis quelque temps par leurs témoignages, à travers deux livres, la Sale Guerre et Qui a tué à Bentalha ?, sur ce qui se passe en Algérie. Cette campagne visant linternationalisation du problème algérien coïncide avec la tenue de la session annuelle de la commission onusienne des droits de lHomme à Genève où le cas de lAlgérie pourrait être sérieusement évoqué au vu des nombreuses pétitions qui sont parvenues au niveau de linstance de lONU. La présence du leader du FFS Hocine Aït Ahmed aux travaux de cette session promet de donner plus de voix aux appels lancés pour une enquête internationale en Algérie. En Algérie, les intellectuels ne semblent pas rester les bras croisés devant la campagne qui se développe extra-muros contre lAlgérie et ses symboles et notamment contre lANP. Dans un appel intitulé «Contre la confusion et le défaitisme», signé par plusieurs intellectuels, dont lécrivain Mohamed Dib et le sociologue Abdelkader Djeghloul, les initiateurs dénoncent «limposture qui consiste à inverser les rôles et à transformer les bourreaux en victimes [ ]» et sinsurgent contre ce quils appellent un «Timisoara intellectuel» qui vise à priver la société et lEtat algérien de leur victoire contre le terrorisme, en ouvrant de nouveaux fronts qui sont autant de nouveaux leurres. De son côté, la télévision algérienne préparerait un débat sur ses plateaux pour contrer les partisans du «Qui tue qui ?» et inviterait pour la circonstance des intellectuels algériens dici et de France avec la participation du directeur de Marianne, Jean-François Kahn. A. K.
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www.algeria-watch.org
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