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Poursuivi
pour diffamation par le général Nezzar
Lauteur de «La sale guerre» devant le juge en février à Paris Mohamed Mehdi, Le Quotidien d'Oran, 6 octobre 2001 Dans un communiqué de presse, les éditions La Découverte informent que le procès en diffamation du général Khaled Nezzar contre M. Habib Souaïdia souvrira le 12 février 2002 à Paris. «Le mardi 2 octobre, la 17ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris a fixé aux 12, 13 et 19 février 2002 les audiences du procès en diffamation intenté par le général Khaled Nezzar contre La Cinquième et M. Habib Souaïdia, ancien officier de larmée algérienne (de 1989 à 1999) et auteur de louvrage «La sale guerre», paru en février 2001 aux éditions La Découverte», indique le communiqué. Le 22 août dernier, le général Khaled Nezzar avait annoncé quil avait chargé ses avocats «du barreau de Paris et du barreau dAlger de déposer plainte devant la juridiction française compétente, pour défendre mes droits et intérêts dans cette procédure judiciaire» contre ce quil appelle une «orchestration médiatique» menée par «quelques officiers totalement obscurs ou radiés des cadres de larmée», dont le but serait de «déshonorer larmée à travers ses anciens serviteurs et redorer le blason ensanglanté de leur idéologie dun autre âge». «Par-delà ma personne, la cabale entend également jeter le discrédit sur les hautes fonctions qui furent les miennes durant une époque cruciale de lhistoire du pays. Cest pourquoi, je décide de poursuivre lun des pions de cette campagne, le dénommé Habib Souaïdia, qui, lors de lémission «Droit dauteurs, spéciale Algérie», diffusée par la chaîne française «la 5» le 27 mai 2001, a porté atteinte à mon honneur et à ma considération par des allégations et imputations à caractère diffamatoire», déclarait Khaled Nezzar. «M. Nezzar, poursuit le communiqué de La Découverte, reproche notamment à M. Souaïdia davoir déclaré: «Cela fait dix années quil ny a pas de président (en Algérie), plus même. Il y avait des généraux, ce sont eux les politiciens, cest eux les décideurs, cest eux qui ont fait cette guerre. Cest eux qui ont tué des milliers de gens pour rien du tout. Cest eux qui ont décidé darrêter le processus électoral, cest eux les vrais responsables (...). Je ne peux pas pardonner au général Massu et au général Aussaresses les crimes quils ont commis, comme je ne peux pas pardonner au général Nezzar, ex-ministre de la Défense. Il faut quon juge les coupables (...). Ce sont les ex-déserteurs de larmée française qui ont mené le pays vers lanarchie, vers la faillite». M. Nezzar a tenu à préciser dans son assignation que ce sont bien ces propos quil incrimine, et non louvrage «La sale guerre», qui ne le critique pas personnellement et ne porte aucunement atteinte à son honneur et à sa considération». Lors de laudience de fixation du 2 octobre, les avocats constitués par M. Souaïdia, Mes William Bourdon et Antoine Comte, ont souhaité faire citer en défense pas moins trente-sept témoins lors du procès. «Tous ces témoins ont donné leur accord pour attester de la pertinence et de la véracité de lanalyse de M. Souaïdia sur la nature du pouvoir réel en Algérie: la place prééminente quy occupe la haute hiérarchie de larmée, la responsabilité de cette hiérarchie dans les très graves violations des droits de lhomme survenues en Algérie depuis 1988 et dans les circuits de corruption, et le rôle particulier du général Khaled Nezzar». Figurent parmi les témoins: Me Patrick Baudouin, Mme Nassera Dutour et M. Kamel Daoud (membres et responsables dorganisations de défense des droits de lhomme), Mmes Anna Bozzo, Véronique Nahoum-Grappe, Fatiha Talahite et Tassadit Yacine, MM. Lahouari Addi, François Burgat, Bruno Étienne, Mohamed Harbi, Werner Ruf et Pierre Vidal-Naquet (universitaires), Mmes Florence Aubenas, Nicole Chevillard, José Garçon, Salima Ghezali, MM. Jean-Baptiste Rivoire et Jean-Pierre Tuquoi (journalistes), MM. Ghazi Hidouci et Omar Benderra (anciens responsables), MM. Ali Baali, Ahmed Chouchen, Hacine Ouguenoune, Mohamed Samraoui (anciens officiers de lANP). «M. Souaïdia, ajoute le communiqué, entend bien que ce procès naura pas pour objet de juger les crimes commis ces dernières années en Algérie, quels quen soient les auteurs (adeptes de lislamisme extrémiste ou de l»éradication» de celui-ci et de ses partisans supposés): ces crimes relèvent dautres instances et sans doute dun tribunal pénal international ad hoc».
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www.algeria-watch.org
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