Les moines de Tibéhirine

Henri Teissier archevêque d'Alger, Le Monde 27 février 2001

J'ai pris connaissance d'un texte collectif, publié dans Le Monde du 9 février, selon lequel, entre autres choses, les " services spéciaux " algériens seraient responsables de la mort des sept moines de Tibéhirine et de celle de Mgr Pierre Claverie, évêque d'Oran.
En ce qui concerne le Père Claverie, j'ai immédiatement informé l'évêque actuel d'Oran de la publication de cette position.Mais en tant qu'archevêque d'Alger, et puisque a été mentionné l'assassinat des moines de Tibéhirine, monastère situé dans le diocèse d'Alger, je me dois de faire part de mon désaccord avec ce texte quant à l'identité des auteurs de ce crime. L'accusation que portent les auteurs suppose qu'ils ont rassemblé des preuves qui nous échapperaient. Or depuis l'assassinat des moines, un ou plusieurs membres de notre communauté, parlant l'arabe et en lien très étroit avec la population, ont été continuellement présents à Tibéhirine même ou dans un village voisin. Personne sur place n'a pu leur donner des éléments qui permettraient de dire avec certitude que l'on doit dégager la responsabilité d'un groupe du GIA dans ce crime. C'est ce groupe qui a affirmé les tenir en sa possession, qui les a condamnés à mort et qui a fait annoncer leur mort par un communiqué envoyé à Médi 1, le jeudi 21 mai 1996. J'ai moi-même reconnu les sept voix des moines sur la bande sonore du communiqué enregistré le 18 avril et dans lequel le Père Christian de Cherge, supérieur du monatère, affirmait que leur vie était entre les mains de ceux qui avaient rédigé l'ultimatum les condamnant à mort au nom du GIA.Ne pas réagir aux affirmations publiées dans Le Monde laisse penser que, sur place ici, nous aurions pu aboutir aux mêmes conclusions. Ce n'est pas le cas. Dont acte.

 

 

algeria-watch en francais 

 

 

   
www.algeria-watch.org