Algérie : accroître la coopération avec la France

Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a rencontré mardi à Alger le président algérien Bouteflika. Malgré la publication en France du livre d'un officier algérien mettant en cause l'armée algérienne, l'entretien fut l'occasion de réaffirmer la volonté de renforcer la coopération entre les deux pays.

Figaro, 13 février 2001

La France et l'Algérie ont réaffirmé mardi avec force leur volonté de développer leur coopération jugée par Alger encore "en deçà des potentialités" existant entre les deux pays, à l'occasion de la visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine.
Les deux parties ont constaté, après quatre heures d'entretien entre le président Abdelaziz Bouteflika et M. Védrine, qu'au plan politique les relations bilatérales étaient "excellentes", malgré le climat délicat dans lequel cette visite est intervenue. "Il est tout à fait clair que sur le plan politique les relations sont tout à fait excellentes", a souligné M. Bouteflika à l'issue de sa rencontre avec M. Védrine.

La publication en France d'un livre d'un officier algérien mettant en cause l'armée algérienne dans les massacres, qui se poursuivent, ne semble pas avoir affecté la volonté des deux parties de développer leur coopération. "Notre responsabilité est de développer cette coopération (...) C'est un choix stratégique fait par la France. Ce n'est pas quelque chose qui dépend d'analyses conjoncturelles", a affirmé le chef de la diplomatie française faisant allusion à la polémique suscitée par la publication de ce livre. "Les relations entre Etats ne peuvent pas être affectées par ce qui se dit dans la presse", a souligné pour sa part le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem.

Le président Bouteflika a souhaité vivement accroître la coopération économique avec Paris. En phase, avec le président algérien, M. Védrine a souligné que le gouvernement français "encourageait vivement" les entreprises françaises à s'installer en Algérie.

Il a toutefois observé que c'étaient les investisseurs qui jugeaient en dernier ressort en fonction du cadre juridique, de l'environnement et de la sécurité des investissements.
Il a indiqué que les deux pays étaient décidés à mettre sur la table les problèmes en suspens, sans toutefois préciser lesquels.

"Certains prendront plus de temps que d'autres et les résultats apparaîtront de manière spectaculaire progressivement", a souligné le ministre. "Cette coopération doit prendre encore plus d'ampleur. Je suis venu parce que je souhaite voir avancer ce travail. Voir où en est. Voir ce qui avance, voir ce qui bloque", a-t-il précisé. "Un travail considérable a été fait depuis l'été 1999 (ndlr, date du premier voyage de M. Védrine à Alger) qui n'apparaît pas encore pleinement car il y a encore beaucoup de problèmes à régler sur des sujets particuliers, mais notre coopération chemine intensément".

M. Bouteflika a remarqué qu'il y avait "des dossiers qui avancent plus lentement. Il n'y a rien qui bloque, il n'y a rien qui marche moins bien". A propos de la question épineuse des visas pour la France, le ministre a indiqué que le consulat d'Oran, la métropole de l'ouest, rouvrirait en 2002. Le consulat d'Annaba (est) a déjà été rouvert en décembre dernier, évitant ainsi aux Algériens de longs déplacements, parfois dangereux, pour se rendre à Alger.

Le gouvernement français a aussi décidé la réouverture du lycée français d'Alger à une date non précisée. Une convention est actuellement en préparation pour définir les modalités de cette réouverture, a indiqué M. Védrine.

(avec AFP)

 

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