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Le chef détat-major, le général Mohamed Lamari lors dune conférence de presse LANP est une armée républicaine Sortie de trois promotions dofficiers à lAMIA de Cherchell APS, 3 juillet 2002 Le général
de corps darmée, Mohamed Lamari, Chef détat-
major de lANP, a présidé hier, à lAcadémie
militaire inter-armes de Cherchell, la cérémonie de sortie
de trois promotions dofficiers dactive, en présence
du commandant des forces terrestres, du commandant de la 1ère Région
militaire et de généraux majors, généraux
et officiers supérieurs de lANP ainsi que de nombreux invités
militaires et civils. Après que le Chef détat-major
de lANP eu passé en revue les éléments des
promotions sortantes, le général Abdou Abdelhamid, commandant
de lAMIA, a prononcé une allocution à travers laquelle
il a rappelé les étapes et le contenu de la formation quont
eu les officiers et élèves officiers et ses impacts pour
lavenir de leur carrière. Le général
de corps darmée, chef détat-major de lArmée
nationale populaire, Mohamed Lamaria réaffirmé le caractère
républicain de larmée nationale. L'ANP et la communication Cabinet noir Lutte anti-terroriste Relations Président-Institution
militaire L'Armée
et la corruption Professionnalisation
de l'ANP Un civil à
la tête du MDN, pourquoi pas ? "Qui tue
qui?" Communication
sécuritaire L'état
d'urgence Le départ
à la retraite Accords ANP-AIS La concorde civile La presse et l'information
sécuritaire L'intégrisme Ali Belhadj et
Abassi Madani La gendarmerie
et les événements de Kabylie Lors d'une conférence de presse, hier Lamari vide son sac
Le Quotidien d'Oran, 3 juillet 2002 Jamais le chef d'état-major de l'ANP, Mohamed Lamari, n'est allé aussi loin dans la transparence. Dans un exercice de communication, depuis que l'ANP a décidé de s'ouvrir, il a abordé l'ensemble des dossiers qui agitent l'institution militaire. Sans tabous. Brûlant des cigarettes Dunhill, les unes après les autres, le général de corps d'armée de l'armée algérienne, tout en disant qu'il n'était pas habitué aux entretiens, s'est montré très à son aise à cet exercice. Le cadre ? L'académie militaire interarmes de Cherchell (AMIA), le " West point " algérien d'où sort la crème des cadres militaires de la défense mais également un Habib Souaïdia, sous-lieutenant déserteur de son Etat et dont le procès se déroule, paradoxalement, à la même date à Paris. La date ? A deux jours du quarantième anniversaire de l'indépendance nationale également propices à des nominations et des promotions de certains généraux de l'ANP. Le prétexte ? Une rencontre informelle aux allures de conférence de presse protocolaire que Lamari qualifie de " discussions autour d'un café ". Entourés des principaux officiers supérieurs qui composent l'état-major algérien dont le commandant du CFT, le GM Gaïd Salah, celui de l'aviation, de la marine nationale, le GM Benslimane, celui de la 1ère RM, le médiatique Fodhil Chérif ou encore le commandant de la Gendarmerie Nationale, le général Mohamed Boustila, le général de corps d'armée, Lamari, a donné de la voix. Une voix caverneuse qui commence par un mea-culpa : " Notre institution a été très avare en matière de communication, ce qui a laissé le champ a beaucoup de milieux pour parler de l'ANP, souvent de façon calomnieuse. Mais le moment est venu pour l'ANP d'organiser sa communication et installer des officiers de communication dans ce sens. Nous nous considérons tous comme des officiers de communication, en commençant par moi-même ". Dans ce sillage, le chef de l'EMA a noté les griefs opposés à l'ANP en considérant que : " pour certains, tout le mal qu'a rencontré notre pays est imputable à l'armée. Même sur les événements de Bab El-Oued, on a trouvé le moyen de nous associer à Dieu, comme si l'armée avait la capacité de faire tomber le déluge. Si ces critiques venaient seulement des milieux hostiles, à l'étranger, elles sont les bienvenues. Mais lorsque ça vient de nos rangs, des Algériens, soit par calcul politicien, par ignorance ou par intérêt, ça devient intenable ". Défendant les officiers supérieurs, Mohamed Lamari dira : " Si vous voulez devenir célèbre, insulter les généraux de l'armée. On nous a traités de voleurs, de tueurs et ils n'ont pas osé jusqu'à aller à dire qu'on est une armée d'importation. Ces généraux sont les enfants de ce pays, des enfants de ce peuple et ils ont défendu ce pays. Nous sommes algériens, c'est la seule réalité valable ". Il insistera sur le fait que l'ANP est une armée républicaine qui a : " appris la constitution du nouveau gouvernement comme tout citoyen. Ce n'est pas démagogique, c'est la réalité. Nous avons nos missions comme définies dans la constitution, le reste ne nous concerne pas. L'exécutif et le législatif existent pour mener la politique de ce pays ". L'ANP apolitique ? Le général Lamari modère le propos et explique davantage : il est arrivé que l'armée se soit impliquée dans les problèmes politiques du pays. Mais c'était lorsque les institutions mêmes de l'Etat étaient défaillantes et qu'on ait tenté d'y pallier. Mais cela n'est plus le cas maintenant, du moment que les institutions sont sauvegardées. L'ANP s'occupe de ses missions clairement définies, ni plus ni moins ". Concernant la récente recrudescence du terrorisme, le chef de l'EMA a souligné qu'elle n'est : " pas une surprise pour nous. Il n'y a pas plus facile de commettre un attentat contre un autobus et de se fondre dans la foule parmi les citoyens. Mais je dis que les terroristes sont dans le désarroi total. J'ai déjà cité des chiffres que personne n'a osé donner. Au début du terrorisme, il y avait 27 000 terroristes armés. Actuellement, en prenant notre estimation la plus haute, ils sont 700. Le terrorisme est un animal blessé et donc dangereux. L'ANP avec les services de sécurité n'aura de cesse de les combattre jusqu'à l'élimination. Mais il y a eu, à un moment, avec le retour au calme, une baisse de vigilance ". Abordant la question de la lutte antiterroriste structurelle, le général Lamari se fait plus explicite : " l'équation est celle-ci : le terrorisme est vaincu mais l'intégrisme est intact. Ce dernier fabrique encore des terroristes. La lutte doit être globale et concerner tout le monde (services de sécurité, population et gouvernement). J'ai toujours dit, depuis 1992, que le bâton à lui seul ne résoudra pas le problème ". Le patron de l'armée algérienne s'en prendra alors aux complices du terrorisme estimant que "beaucoup d'entrepreneurs et hommes d'affaires, dont je ne citerai pas les noms, payent chaque mois une dîme aux terroristes. Des sommes de 100, 200 ou 500 millions juste pour Akhti Rassi. Avec cet argent, les terroristes achètent des équipements et payent les tueurs. Il faut que tout le monde se mobilise pour qu'on cesse de dire Akhti Rassi". Approfondissant la question de la lutte antiterroriste, le général Lamari dira que "le grand enjeu pour l'armée, en 1991/1992, était de préserver le régime républicain pour que l'Algérie ne soit pas un régime théocratique totalitaire. Cette mission, nous l'avons accomplie et nous avons sauvé nos institutions républicaines. L'ANP l'a fait et ne demande rien. Ses cadres, ici présents (en désignant de la main les généraux de l'état-major qui ont pris place à ses côtés), ne demandent ni honneurs, ni récompenses mais seulement qu'on les respecte, qu'on ne les insulte pas et qu'on ne touche pas à leur honneur". A une question du confrère d'El Khabar qui évoquait la source autorisée du MDN qui s'était exprimée au nom de l'armée au "Soir d'Algérie", le général Lamari a répondu d'un ton amicalement agressif: "Mais c'est vous, El Khabar, qui aviez écrit que je touchais un salaire de 25 millions de centimes. Vous m'avez créé des problèmes avec ma femme qui me demande où est le reste de l'argent". L'occasion pour Mohamed Lamari de revenir sur certaines informations parues dans la presse nationale et étrangère en rapport avec les généraux de l'armée notamment sur la lancinante question de différend entre la présidence et l'armée: "On n'en parle pas seulement depuis ces trois dernières années, mais bien avant. C'était le cas avec Zeroual qui était un ami, un général et un militaire et sur lequel j'aurais même tiré mon pistolet à en croire la presse. Il est du droit du président de désigner un ministre de la Défense ou pas mais nos prérogatives et celles de la présidence sont claires. Sur les questions militaires, nous lui présentons des exposés et des dossiers comme celui des promotions de cette année, et c'est à lui que revient la décision finale". Rebondissant sur la question de qui décide en Algérie, le général Lamari ironisera: "Il n'y a pas de cabinet noir, rose ou jaune. Même si un président est élu, comme Zeroual, il est président dans tout le monde sauf en Algérie où il demeure général". Lamari conclura ce chapitre par une phrase lourde de sens: "En 1992, nous avons ouvert une brèche dans un cercle qu'on a refermé avec les élections de 1999". Avant d'ajouter qu'hormis les missions constitutionnelles de l'armée, "tout le reste n'est que mensonges". Abordant la question de l'éventualité d'une présence de cellules dormantes d'Al-Qaïda d'Oussama Ben Laden en Algérie, le général Lamari indiquera que "si c'est le cas, bienvenue à Al-Qaïda. Ecoutez, les contacts n'ont jamais cessé avec Al-Qaïda depuis le début. Nous avons averti tout le monde mais personne n'a voulu nous écouter ou nous croire. Il aura fallu le 11 septembre pour qu'on parle de Ben Laden et d'Al-Qaïda. Mais ici, ce n'est pas un pays conquis, si Al-Qaïda vient, on s'en occupera". Autre question internationale, plus maghrébine, le général Lamari redira ce qu'il avait déclaré au journal qatari "El Mouchahid Essyassi", et ce à propos du Maroc: "Je n'ai rien à reprocher au Maroc officiel quant à l'armement ou au soutien du terrorisme en Algérie. Il est vrai qu'il existe des populations frontalières et des chefs de services frontaliers qui ont aidé les groupes terroristes mais le Maroc en tant qu'Etat, et on n'a aucune information qui le contredit, n'a jamais aidé ou équipé les terroristes en Algérie. C'est l'inverse". Un discours de détente qui rejoint d'ailleurs celui de la diplomatie algérienne après l'affaire de Beni Ounif. S'agissant de la corruption, le général Lamari n'y est pas allé de main morte concernant le fait que des généraux algériens sont régulièrement cités comme étant des barons de la mafia politico-financière ou des barons de l'importation: "On est les derniers informés en matière de décisions économiques et je vous signale que l'armée ne participe pas aux Conseils du gouvernement et des ministres. Mais je vais vous dire. J'ai travaillé avec plusieurs chefs de gouvernement et des dizaines et des dizaines de ministres et si jamais quelqu'un a été forcé de prendre une décision sous l'influence du commandant de l'armée, et même tenté de forcer, je lui serais reconnaissant de le faire savoir". "(...) Moi-même on m'a accusé d'avoir détruit les bidonvilles du Ravin de la Femme sauvage à Alger sous prétexte que j'y lançais une promotion immobilière. Il est vrai que la corruption existe et qu'on y vit dedans, mais si jamais j'apprenais qu'un élément de l'armée, encore plus un officier supérieur, a fauté, c'est à la justice militaire de s'en occuper. Il sera condamné, dégradé et perdra tous ses avantages. De général je le ramènerai à soldat". Il évoquera par là même le cas de Souaïdia "qui a fauté, qu'on a dégradé, jugé, condamné, remis djoundi puis exclu des rangs de l'armée". C'est "facile de parler du pont des généraux et d'accuser des officiers supérieurs mais celui qui a une preuve, qu'il la ramène. Soit il est blanchi, soit il paie". Revenant sur l'affaire de son salaire de chef d'état-major (estimé à 250.000 dinars selon El Khabar), le général Lamari indiquera, en exhibant de manière surprenante sa fiche de paie et son solde, qu'il est "le plus haut gradé de l'armée et je touche 98.946,94 DA. Je vous invite au MDN et vous aurez les salaires du simple soldat au général. Certaines imprécisions peuvent porter atteinte à la dignité des individus. Ma femme risque de ne pas me faire confiance, croyant que les autres 16 millions vont ailleurs. Pour une autre femme peut-être ?", plaisantera-t-il. Evoquant la professionnalisation de l'armée et le service national, le chef de l'EMA dira : " Qu'on va arriver à une armée de métier, mais le service national aura toujours sa place au sein de l'ANP. L'armée de demain concernera moins de jeunes, soit en nombre ou en durée qui sera plus réduite. Nous avons même pensé supprimer le SN, mais les 10 dernières années de terrorisme nous ont dissuadés ". Défendant la conscription, le général Lamari dira que les " appelés sont nos meilleurs avocats au sein du peuple. Pour ceux des jeunes appelés qui étaient lors du massacre de Bentalha et qui ont vu " Qui tue Qui ? ", ont pu témoigner. C'est le service national qui l'a rendue possible ". Evoquant la question de la livraison d'armes et de la coopération militaire internationale, le général Lamari a eu un constat sévère: " Aujourd'hui, le rapprochement se fait, mais avant, nous étions comme des pestiférés, des lépreux. Les choses ont changé depuis 1997 et l'arrivée du premier amiral américain de la 6e flotte en Algérie (l'amiral Lopez, commandant au sein de l'OTAN. NDLR). Nous sommes en contact avec plusieurs armées du monde, nous apprenons, nous approfondissons nos connaissances, mais je peux vous dire qu'on n'a aucun complexe vis-à-vis des autres armées ". Revenant sur la question de la désignation du ministre de la Défense, le général Lamari dira que la seule condition que l'état-major formulera est qu'il " soit Algérien et c'est le président qui décidera ". A la question de savoir quelle est sa réaction par rapport aux livres tels que " La sale guerre " de Habib Souaïdia et d'autres transfuges de l'armée et du DRS, le général Lamari aura cette réponse hautement élaborée : " Dazou Mâahoum. La presse étrangère a même écrit que je suis descendu avec le général Fodhil à Erais pour égorger des enfants. Leur but est de casser ce qui restait de solide dans ce pays, donc je ne m'étalerai pas ". Mais le général Lamari se montra plus précis lorsqu'il s'agit du procès Khaled Nezzar contre Habib Souaïdia, qui se tient actuellement à Paris : " Si Khaled a contre-attaqué et a présenté un contre-argumentaire intéressant. Ce procès, je le dis à titre personnel, j'étais d'accord. Khaled Nezzar a intenté un procès pour aller au-delà de la seule diffamation. Il faut crever l'abcès une fois pour toutes. Et s'il gagne son procès, c'est l'Algérie qui en sortira gagnante ". Concernant les cellules de communication installées par l'ANP, le général de corps d'armée indiquera que : " la communication sécuritaire incombe, comme toujours, au ministère de l'Intérieur. Pour preuve, c'est ce ministère qui gère l'état d'urgence et non pas l'armée. Je suis sidéré qu'on dise, tout de suite, que c'est l'armée qui le gère. Nous avons créé ces cellules pour faire connaître l'ANP de l'intérieur ". Evoquant son départ éventuel de la tête de l'institution militaire, le général Lamari dira : " Je n'ai pas de prétention. Je peux partir dans une semaine, six mois ou trois ans. Ma décision n'est pas prise même si j'avoue : Barakat. Même le fer s'use et j'ai bien envie de profiter de mes enfants et mes petits-enfants. Mes collègues qui sont là peuvent en témoigner du fait d'être sur la brèche 365 jours de l'année depuis 92. Je n'ai aucune planification sur ce sujet ". Diluant, une nouvelle fois, la question de la source autorisée du MDN, Lamari confirmera néanmoins qu'il était en accord avec l'information rapportée sur le fait qu'il n'y a pas eu d'accord ANP/AIS. "Aucun membre du commandement militaire n'a pris contact avec cette formation affiliée, à une seule exception: lorsque l'AIS hésitait à s'engager avant le 13 janvier, j'ai chargé le général Fodhil Chérif, ici présent (ce dernier acquiesça de la tête), d'aller à Jijel afin de signifier à ces gens-là de rendre les armes s'ils ne voulaient pas être détruits". Il précisera que ce fut "un ultimatum et non une négociation". Glissant sur le thème de l'amnistie, le général Lamari évoquera la concorde civile en précisant qu'elle était antérieure à la venue de Bouteflika qui lui a donné une "configuration politique". (_) "J'ai appuyé la concorde civile car cela permettait à des jeunes coincés et menacés par leurs chefs de rentrer. C'est un Algérien qu'on a gagné. Qui est ce terroriste ? Je récupère un Algérien, même si quelques brebis galeuses ont repris le maquis ou ont commis des vols. Ce sont des Algériens qui sont redescendus et ça a été positif rien que pour cela". Il emboîtera le pas sur la politique de la Rahma en comparaison, en disant: "La Rahma a été prise à l'initiative du MDN pour que des jeunes qui avaient mis le doigt dans l'engrenage, qui avaient peur de l'Etat et de leurs chefs terroristes, puissent revenir. C'était également positif. Quant aux contacts avec l'AIS, j'avais autorisé les services spéciaux à faire le travail". L'occasion est toute trouvée pour souligner le rôle "néfaste d'une certaine presse", dira-t-il. "Certaines allusions font mal au coeur. Car, au lieu de condamner le terrorisme, ils titrent +Hattab a frappé+. Il faut arrêtez, car cela glorifie des criminels et fait baisser la vigilance", dira-t-il à l'adresse des journalistes présents à Cherchell. Revenant sur la question de l'intégrisme, le général Lamari se montrera extrêmement critique. "Le terrorisme ne réalisera pas son rêve utopique d'une théocratie totalitaire. C'est terminé. On lui a brisé les reins. Mais l'intégrisme est là. Toujours là. Regardez la télé, écoutez les prêches, reprenez les textes de l'administration, regardez ce qui s'enseigne dans les écoles et vous verrez qu'on en est au même point. Le résultat est là. La lutte contre l'intégrisme n'est pas terminée. Il y a des efforts à faire sur le politique et l'économique; et sur ce plan, nous n'avons pas atteint notre objectif". Parlant des islamistes, Mohamed Lamari dira: "C'est l'intégrisme dans la vie quotidienne dont je parle, pas celui qui parle ouvertement dans un micro (en citant le MSP). C'est celui qui travaille en sous-marin qui me fait peur". Il enchaînera sur le cas de Ali Benhadj et de Abassi Madani, anciens leaders du FIS emprisonnés et en résidence surveillée, dont la peine se terminerait, théoriquement, en 2004. "C'est un Etat de droit. S'il n'y a pas du nouveau, pas question qu'ils fassent plus que les douze ans de réclusion prononcés par la justice. Mais il y a un problème pour eux. Comme on avait averti Hachani qu'il courait un danger, en lui proposant une protection, le même cas peut se reproduire pour ces deux cas car ils sont condamnés par les terroristes, selon les renseignements dont nous disposons". Evoquant enfin la Kabylie, le patron du MDN dira que "la Gendarmerie nationale fait partie intégrante de l'ANP, comme elle peut obéir au ministère de l'Intérieur ou de la Justice. Pour chaque faute commise en Kabylie, il y a eu enquête du commandement. Nous n'avons pas attendu 6 à 8 mois pour traduire en justice ceux qui ont fauté. Le commandement de la GN a tenu des conférences de presse qui furent boycottées. L'information n'est pas sortie. La GN a traduit 23 de ses membres pour ces fautes et je regrette ce qui est arrivé à Massinissa Guermah, mais des zones d'ombre entourent sa mort et seront élucidées par la justice. Je signale que le procès du gendarme sera public. Ce n'est un secret pour personne que les événements de Kabylie n'ont pas débuté avec sa mort mais c'est bien plus profond que cela. Mais en Kabylie, l'armée n'a rien à voir, n'en déplaise à un certain parti politique qui croit qu'on gère l'état d'urgence. Il y a eu des élucubrations, comme la présence de bérets rouges qui auraient envahi la Kabylie comme s'ils envahissaient la planète Mars. Notre hantise actuelle, ce sont les faux barrages menés par des voyous, cagoulés, qui détroussent les citoyens. Ma seule crainte est qu'ils croisent une patrouille militaire, la nuit, et je peux vous dire que c'est à la mitrailleuse d'abord". Concernant la commission Issad, le général Lamari confiera que "l'armée se tenait à la disposition de la commission d'enquête et j'ai mis toutes les dispositions pour Me Issad. Il n'a pas dit non, mais il n'est pas venu dans les casernes". Après près de deux heures d'un déballage inhabituel, le général Lamari s'est retiré en promettant d'autres "rencontres autour d'un café". Celui qui a été servi par l'armée fut corsé et d'une rare intensité pour une première. Jamais le patron du MDN n'a eu à s'exprimer devant un parterre aussi nombreux de journalistes algériens. Ces derniers ont adoré, tant ils sentaient que Lamari pouvait oser dire, tout haut, ce que l'armée ruminait, tout bas, depuis des années. Le général éclipsa sa silhouette massive sous les regards approbateurs des autres généraux qui sentaient qu'il pouvait répondre encore des heures sur le même registre offensif. Heureusement qu'il avait fini son paquet de Dunhill... Mounir B. ------------------------ LE GENERAL DE CORPS D'ARMEE MOHAMED LAMARI "L'intégrisme est toujours intact" El Watan, 3 juillet 2002 Hier à l'issue de la cérémonie de sortie de promotions baptisée du nom du chahid Messaoud Boudjeriou de l'Académie interarmes de Cherchell, le général de corps d'armée Mohamed Lamari a tenu un point de presse avec l'ensemble des journalistes de la presse nationale qui ont couvert l'événement. Pour Mohamed Lamari, cette première sortie face à la presse nationale n'est qu'un premier contact et relève de la volonté de l'institution militaire à communiquer avec les médias, et l'opinion publique d'une manière générale. Un besoin ressenti par l'Armée nationale populaire, d'autant qu'elle est aujourd'hui, selon le chef de l'état-major, la cible d'attaques aussi bien à l'étranger qu'à l'intérieur du pays. L'ANP est une institution au service de la République, a-t-il souligné, et elle assure sa mission selon la Constitution. Tout le reste n'est que fabulation, a dit en substance Mohamed Lamari. "Il n'y a ni cabinet noir ni autre centre de décision occulte. A telle enseigne que nous avons appris la composition du gouvernement comme tout le monde, à la télévision." Et de rappeler que si l'armée a eu par le passé, en 1992, à s'immiscer dans les affaires, c'est parce que les institutions de l'Etat étaient défaillantes et que le système républicain était menacé dans ses fondements. C'est pour ces raisons qu'elle s'est engagée corps et âme dans la lutte contre le terrorisme. Et tant qu'il existera, l'armée le combattra, a tenu à préciser le chef d'état-major. Alors faut-il s'étonner qu'aujourd'hui il y ait un regain d'attentats jusqu'au cur de la capitale. Pour Mohamed Lamari, une telle situation ne constitue en rien une surprise. Elle prouve que les terroristes sont en plein désarroi. Militairement, le terrorisme est défait, affirme Mohamed Lamari. Si on estimait en 1992 le nombre de terroristes à 27 000, aujourd'hui ils ne seraient plus, dans les plus fortes estimations, que 700 à peine. Ce qui ne signifie nullement qu'ils ne peuvent pas faire plus de mal à la population et à la société. "D'autant plus que nous assistons à une baisse de la vigilance. Si le terrorisme est militairement battu, l'intégrisme est encore intact", a tenu à souligner le général de corps d'armée. "Vous n'avez qu'à entendre les prêches dans les mosquées, le contenu de la télévision, l'école", a dit Mohamed Lamari. Il existe encore des hommes d'affaires qui paient leur dîme aux terroristes ne pensant qu'à sauver leur tête : "Khti rassi"...La lutte contre l'intégrisme est l'affaire de tous, il faut une mobilisation de tout le monde. Le général ne manquera pas de rappeler à ce propos comment l'opinion américaine s'est mobilisée contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre. Une mobilisation unanime, certes derrière le président Bush, mais cela le général Mohamed Lamari semble le suggérer à peine. Toujours est-il qu'il a tenu à préciser qu'entre l'armée et le chef de l'Etat, il n'y a aucun problème et que tout le reste ne serait qu'invention de la presse, pas toute mais une bonne partie quand même. Même du temps du président Zeroual on a voulu voir un différend entre l'ANP et le chef de l'Etat qui était un général sorti du rang... On serait alors tenté de se poser la question de savoir si toutes ces informations à propos d'un changement à la tête de certains commandements suggéré par le président Bouteflika, au grand dam de l'état-major, ne seraient que beaucoup de bruit pour rien. Le vieil adage populaire qui dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu ne ferait que renforcer les doutes en dépit des assurances de Mohamed Lamari qui semble avoir mis de côté les appréciations apportées par la fameuse source autorisée du ministère de la Défense nationale quant à la qualité des rapports entre l'armée et le président Bouteflika. Le général de corps d'armée Mohamed Lamari ira, comme pour confirmer cette mise en phase entre l'institution militaire et le président de la République, jusqu'à affirmer qu'il a soutenu la politique de la concorde civile, parce qu'une telle démarche contribue à ôter au terrorisme les moyens de sa régénération. En bénéficiant des dispositions de cette loi, les jeunes ont abandonné les maquis et sont rentrés chez eux. C'est là un point positif, a-t-il tenu à souligner. Décidée
à se défendre Par R. Bekkat Une première dans l'histoire de l'ANP Le général Lamari anime une conférence de presse Par Redouane Noussaïr, Le Jeune Indépendant , 3 juillet 2002 Première
dans l'histoire de l'ANP, le général Mohamed Lamari a animé
hier, contre toute attente, une conférence de presse, à
l'issue de la traditionnelle sortie de promotion à l'Académie
interarmes de Cherchell. Cette sortie médiatique rompt avec le
mutisme et consacre la nouvelle politique de communication de l'armée.
"L'armée ne s'occupe plus que de sa mission telle que prévue
par la Constitution, ni plus ni moins", a souligné le chef
d'état-major de l'ANP devant la presse nationale. Le général-major Lamari à propos de la levée de l'état d'urgence : "L'ANP ne dit pas non !" La nouvelle republique, 3 juillet 2002 Une sortie médiatique inédite de l'armée, hier, au cours d'une conférence de presse du général-major Mohamed Lamari organisée pour la première fois au cours de laquelle le conférencier a répondu sans ambages aux questions des journalistes. A propos de l'état d'urgence, le général dira qu'il n'est plus utile maintenant. Abordant son salaire, Lamari dira qu'il n'est pas de 25 millions comme avancé par la presse mais de 9,8 millions. Autre point évoqué, la relation de l'armée avec le chef de l'Etat : "Il n'y a aucun problème entre l'Anp et le président de la République". Lire le compte-rendu détaillé de Nadjia B. en page événement Auteur : Nadjia B. Lamari lors d'une conférence de presse, hier : "L'état d'urgence n'a plus sa raison d'être" "Je suis sidéré d'entendre des hauts responsables lier l'état d'urgence à l'armée. L'ANP n'est concernée que par un seul article concernant l'état d'urgence, à savoir que le ministre de l'Intérieur peut charger l'autorité militaire de la conduite des opérations de lutte antiterroriste qui est une mission de maintien de l'ordre qui relève du ministère de l'Intérieur... Il faut dire que l'état d'urgence n'a pas été appliqué dans sa totalité, et l'application n'a concerné que l'article relatif au rôle de l'armée. Alors, il faut ou l'appliquer totalement ou le lever. D'ailleurs, j'estime que nous n'en n'avons pas besoin." C'est ainsi que le général Lamari a répondu à une question relative au maintien ou non de l'état d'urgence et noté par la même que pour ce qui est de la lutte antiterroriste, la levée de l'état d'urgence ne posera pas problème puisque le président de la République peut utiliser le droit de faire appel à l'armée comme cela a été le cas en 1992 par le chef du gouvernement de l'époque, Ahmed Ghozali. Cette sortie médiatique inédite du plus haut gradé de l'ANP affirme que la grande muette veut apprendre à communiquer, et hier elle a eu l'occasion de le faire lors de la cérémonie de sortie de promotions d'officiers de l'Académie militaire inter-armées. "En matière de communication, nous sommes profanes, ce n'est que maintenant que le moment est venu de nous organiser pour que l'ANP communique." C'est en ces termes que le chef d'état-major de l'armée, le général Mohamed Lamari, s'est adressé aux représentants de la presse nationale qui ont assisté à la conférence de presse que celui-ci tient pour la première fois. A propos des accusations contre l'armée Le chef d'état-major de l'ANP a déclaré qu'"il est vrai que notre institution a été très avare en communication, ce qui a laissé le champ libre à beaucoup de milieux pour parler de l'ANP comme principale responsable des maux de ce pays, même la catastrophe de novembre a été imputée à l'Armée". Pour ce qui est de l'origine de ces accusations, Lamari dira qu'il s'agit pour certains de milieux étrangers hostiles à l'Algérie, et pour d'autres, ce sont des Algériens qui agissent par intérêt et calculs politiciens. "Celui qui veut devenir célèbre insulte l'armée et les généraux en les traitant de voleurs et de tueurs; c'est à peine si on ne les accuse pas d'être importés de l'étranger. On oublie souvent que l'ANP est composée des enfants de l'Algérie, on a parlé de cabinet noir ou rose ou je ne sais quoi encore, je vous renvoie à ce qu'à dit le président Bouteflika en affirmant que le chef d'état-major a appris la Constitution du nouveau gouvernement comme tout le peuple...". Le chef d'état-major a réfuté par là, toute implication de l'institution militaire dans les affaires politiques de l'État. "S'il est arrivé par le passé que l'ANP se soit immiscée dans les problèmes politiques du pays et précisément en 1992, c'était parce que les institutions de l'Etat étaient défaillantes ; il s'agissait de sauver la république, car on nous réservait un Etat théocratique. Aujourd'hui, les institutions de l'Etat qu'elles soient bonnes ou mauvaises, sont là, et l'armée ne s'occupe plus que de sa mission telle que prévue par la loi. Nous avons ouvert une brèche en 1992, que nous avons refermée aux présidentielles de 1999". Autre point traité par le conférencier, la situation financière des généraux, il dénoncera à cet effet l'image colportée sur les hauts officiers de l'armée qui gêneraient les réformes économiques : "Concernant ces réformes, la dernière informée dans ce domaine, c'est bien l'institution militaire pour la simple raison qu'elle ne participe pas au conseil du gouvernement concernant la lutte contre la corruption. Je peux dire que l'institution est la seule qui lutte véritablement contre la corruption. Quand un officier supérieur a fauté, il passe devant la justice et pour exemple l'ex-lieutenant Souaïdia qui a été jugé au même titre que ses complices". Lamari ira jusqu'à brandir son relevé de salaire pour dénoncer l'information parue dans un quotidien affirmant que ses émoluments étaient de 250 000 DA : "Mon salaire est de 98 946,96 DA". "Nous avons vaincu le terrorisme, mais il reste l'intégrisme" Répondant à une question sur la recrudescence des actes terroristes dans la capitale, le conférencier indiquera que "ceci n'est pas une surprise, il n'y a rien de plus facile que deux terroristes habillés normalement parmi la population puissent tirer à bout portant... Ceci prouve que ces gens sont dans le désarroi total. Il m'est arrivé de citer des chiffres que personne n'a osé dire. En 1992, nous avions affaire à pas moins de 27 000 terroristes armés. Aujourd'hui, il en reste 700 ; c'est vrai qu'un animal blessé est dangereux, mais l'institution n'aura de cesse jusqu'à les éliminer tous". Lamari fustigera une certaine "baisse de la garde" et ajoutera que "nous avons vaincu le terrorisme, même s'il continue de tuer. En revanche, l'intégrisme est intact, vous n'avez qu'à regarder la télévision. La lutte antiterroriste, ce n'est pas uniquement le travail de l'ANP, mais aussi de l'école, de l'Administration et de la télévision... la lutte contre l'intégrisme est une lutte politique et économique mais cette lutte n'est pas encore menée". Le général Lamari dénoncera en outre la dîme payée par certains hommes d'affaires aux terroristes sous le slogan "khati rassi" (pourvu que je sois épargné). Concernant la présence des éléments d'Al Qaïda en Algérie, l'orateur affirmera que "ce sont des élucubrations, l'Algérie n'est pas un pays conquis par les terroristes". "Pas de problème ANP-président" Le général Lamari notera que "même du temps de Zeroual qui était un ami, on a sorti ce problème. En vérité, le président de la République est lui-même ministre de la Défense, a des prérogatives claires, et moi en tant que chef d'état-major, je ne me mêle pas des prérogatives du président. Il peut désigner le ministre de la Défense qu'il veut à condition qu'il soit algérien". Le Maroc officiel est étranger au terrorisme Réitérant sa dernière déclaration parue dans le journal El Mouchahid Essiassi le général Lamari indiquera que le Maroc officiel (monarchie et gouvernement), "nous n'avons rien à lui reprocher concernant l'armement ou le soutien aux terroristes. Je l'affirme ; mais qu'il y ait des populations frontalières et chefs de service soutenant les terroristes, c'est vrai". Le général citera l'exemple de la frontière de Béchar où des terroristes sont hébergés. Professionnalisation
de l'Armée : L'institution militaire se prépare pour une professionnalisation de ses corps mais il ne s'agit aucunement de faire une armée de métier, dira le chef d'état-major qui précisera que pour ce qui est du Service nationale, il y aura une révision dans la durée du service. "Le Service national aura toujours sa place au sein de l'ANP mais il concernera moins de jeunes et sa durée sera réduite... si un jour nous aurions pensé à supprimer le Service national, les événement de ces dernières années nous en auraient dissuadés, notamment durant la période où nous étions sauvagement attaqués ; rappelez-vous "qui-tue-qui?". Lamari, et en avouant que l'institution militaire ne sait pas communiquer, précise que les meilleurs avocats de l'armée restent les appelés : "Ce sont eux qui connaissent la réalité. A Bentalha, quand l'armée a intervenu, il y avait des appelés". "La Sale guerre" et Khaled Nezzar Le général Lamari a affirmé hier qu'il était d'accord pour que le général Khaled Nezzar intente un procès à Souaïdia à propos de son livre La Sale guerre : "Ce procès va aller au-delà du simple différend ; qu'on crève l'abcès une fois pour toutes, et ce procès prouvera que Nezzar avait raison". "il n'y a jamais eu négociation avec l'AIS" À propos de la déclaration de la fameuse source de l'ANP sur le rôle de l'institution militaire dans les négociations avec l'AIS, Lamari affirmera qu'"il n'y a jamais eu de négociation avec l'AIS, encore plus, aucun membre du commandement de l'ANP n'a pris contact avec cette formation, à une seule exception, lorsque les membres de cette formation se sont rendus, j'ai chargé le général Fodhil Cherif d'aller à Jijel pour leur signifier qu'ils ont le 13 janvier comme dernier ultimatum pour déposer les armes". Quant à la loi sur la concorde civile, elle est antérieure, rappelle Lamari, à Bouteflika : "Elle a commencé avec Zeroual, et Bouteflika a lui donné une essence politique. J'ai appuyé la concorde civile dans la mesure où des jeunes Algériens avec leurs bons et mauvais côtés, ont été récupérés des mains des terroristes. Concernant la libération de Ali Belhadj, il est dit : "Il n'est pas question de le maintenir en prison au-delà de sa peine qui est de 12 ans, il y aura problème à sa libération, s'il veut une protection, il l'aura mais s'il refuse, tant pis pour lui". Evénements de Kabylie : 23 membres de la gendarmerie ont été sanctionnés Abordant les événements
de Kabylie, le chef d'état-major notera que la gendarmerie fait
partie de l'ANP mais en matière de maintien de l'ordre elle dépend
du ministère de l'Intérieur. "A chaque action sur le
terrain, il y a toujours une enquête du commandement, nous n'avons
pas attendu 8 mois pour que ceux qui ont commis des fautes passent devant
la justice. Il y a eu 23 gendarmes qui ont fauté, qui ont été
traduits immédiatement devant la justice". Lamari notera que
les événements de Kabylie, ce n'est pas seulement l'assassinat
de Guermah Massinissa, mais le problème est plus profond que cela
: "En ce qui concerne l'ANP, elle n'a pas eu à s'immiscer
dans ces événements ; on a dit que des bérets rouges
ont débarqué en Kabylie, pourquoi cela ? La Kabylie ne fait-elle
pas partie de l'Algérie ? Ces événements ont été
gérés par les autorités locales et politiques".
Lamari terminera en disant : "Ma seule hantise est qu'une de nos
patrouilles tombe sur un des barrages de ces bandes de voyous qui profitent
de la situation". Le général Lamari répond aux critiques contre l'ANP L'Armée ne se substitue à aucun organe de l'Etat Le général major déclare qu'il n'y a aucun différend entre le Président et l'ANP Par Rabah Iguer, La Tribune, 3 juillet 2002 Le général
de corps d'armée, chef d'état-major de l'Armée nationale
populaire, Mohamed Lamari, a réaffirmé, hier à Cherchell,
le caractère républicain de l'Armée nationale. Dans
une introduction à sa rencontre informelle avec la presse nationale
à l'Académie militaire interarmes à l'occasion de
la clôture de l'année de formation de l'ANP, le chef d'état-major
s'est appesanti sur les critiques dont est l'objet l'institution militaire.
Dans ce contexte, il soulignera que pour des milieux déterminés,
"le mal que notre pays a rencontré, c'est l'ANP". "Même
la catastrophe de Bab El Oued, c'est l'ANP", a-t-il ajouté.
Alors dira-t-il, si "ces accusations viennent de l'étranger,
de milieux hostiles, qu'elles soient les bienvenues". "Mais,
affirmera le général de corps d'armée, cela vient
des Algériens eux-mêmes, qui, par méconnaissance,
par intérêt ou par calcul politicien, mettent tout sur le
dos de l'armée." "Pour être connu, ajoutera-t-il,
il faut insulter les généraux et l'armée. Nous avons
été traités de voleurs, de tueurs et il ne manquait
plus que de dire que l'ANP a été importée."
"Cette armée, a martelé le chef d'état-major
de l'ANP, est l'armée de notre pays, composée des enfants
de notre pays, qui aiment leur peuple, leur pays et le défendent".
Le général a également indiqué que beaucoup
"ont parlé aussi de cabinet noir". "Je vous renvoie,
a-t-il dit, aux propos du président de la République, qui
disait que le chef d'état-major de l'ANP a appris la constitution
du gouvernement comme n'importe quel citoyen." "Ce ne sont pas
des propos démagogiques, c'est la réalité",
a-t-il ajouté. "Nous sommes une armée républicaine.
Notre mission est claire et le reste ne nous concerne pas", a précisé
le général avant d'indiquer qu'il y a "un Exécutif
et des institutions et c'est à eux seuls de décider".
Par ailleurs, le chef d'état-major a relevé que "s'il
est arrivé, par le passé, que l'ANP se soit immiscée
dans les problèmes politiques de notre pays, c'est qu'à
ce moment-là, les institutions mêmes de l'Etat étaient
défaillantes". "Nous avons essayé de pallier cela,
a-t-il dit, et, grâce à Dieu, la République a été
sauvegardée et les institutions ont été sauvegardées."
Aujourd'hui, a-t-il ajouté, "l'armée ne s'occupe plus
que de sa mission telle que prévu par la Constitution, ni plus
ni moins". "Il est vrai que nous participons à la lutte
contre le terrorisme. Nous le ferons jusqu'au bout", a encore affirmé
le général avant de conclure que "pour le reste, ce
n'est pas à nous de nous substituer à d'autres organes de
l'Etat". LE GÉNÉRAL LAMARI NET, CLAIR ET PRÉCIS: "C'est Bouteflika qui décide!" L'Expression, 3 juillet 2002 - Je ne vois pas
l'utilité du maintien de l'état d'urgence - Nous ne sommes
ni des voleurs ni des tueurs - Des hommes d'affaires payent une dîme
aux terroristes - Ceux qui parlent dans les microphones ne m'effraient
pas. Le point de vue de l'ANP sur les grandes questions de l'heure Lamari parle Par Hafida Ameyar, Liberté, 3 juillet 2002 L'Académie
militaire interarmes de Cherchell (wilaya de Tipasa) a organisé,
hier matin, une cérémonie de sortie de promotions 2002,
qui porte le nom du martyr Messaoud Boudjeriou, connu sous le nom de Si
Messaoud le Constantinois. Il s'agit des 29e et 30e promotions d'officiers
du corps d'état-major, de la 33e promotion des élèves
officiers de la formation fondamentale et de la 7e promotion des élèves
officiers de la formation spéciale, qui a enregistré, pour
la première fois, la sortie d'une dizaine de femmes officiers,
dont une major de promotion, Souâd Meshoub. L'après-midi
a été consacrée à une rencontre informelle
entre le général major Mohamed Lamari et les journalistes
de certains quotidiens nationaux, une première dans les annales
du ministère de la Défense nationale, qui a porté
sur plusieurs points de l'actualité et qui sera certainement renouvelée
à l'avenir. "Nous sommes des profanes en matière de
communication, mais le moment est venu de nous organiser", a souligné
le chef d'état-major de l'armée, en promettant à
la presse un meilleur contact avec les "différents niveaux
de la chaîne de commandement". |
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