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La bosse du dromadaire Par Mohamed Zaâf, Le Jeune Independant, 2 novembre 2002 La presse française nous annonce la prochaine diffusion sur Canal + dun documentaire consacré à limplication algérienne dans les attentats de 1995 en France. Il sera probablement instructif pour la population française et fournira peut-être une lumière supplémentaire pour la nôtre sur la période de 1995, à un moment où le pays avance laborieusement, évitant autant que possible les écueils sur le chemin de la paix et la stabilité. Les «révélations»
françaises relèvent en réalité du secret de
Polichinelle. Leur résultat relancera cependant immanquablement
le fameux «qui tue qui ?». Il ne manquera pas de confiner
cette question à larmée algérienne et aux islamistes
algériens et de les désigner implicitement comme les seuls
acteurs dans la violence en Algérie. Ce qui nest pas du tout
le cas. La presse, les politiques et les militaires français le
savent autant sinon mieux que nous. Lannée précédent
1995 en révèle un pan, avec la déclaration de Goran
Matic, le ministre yougoslave de lépoque, impliquant les
services français dans des massacres de populations en Algérie.
Dans une conférence de presse en novembre 1999, il avait désigné
nommément un Franco-Yougoslave serbe du nom de Jugoslav Petrusic
comme étant le chef dun groupe «membre des services
de renseignements français, sous le pseudonyme de Balladin».
Petrusic agissait aussi sous le pseudonyme de «Dominique»
sur instructions de Patrick Fort, un haut fonctionnaire» des services
français, selon lui. Dans son intervention, le ministre yougoslave
affirmait sans laisser place au doute que Petrusic avait commis en 1994
«un massacre en Algérie dans lequel sont morts 15 citoyens
algériens, également sur instruction de la France».
La presse française a là une piste qui, si elle était
creusée, pourrait aider à apporter des éléments
de réponse sur le «qui tue qui» et ses multiples acteurs
dans lombre. Chez nous, lancien président Liamine Zeroual
avait eu la témérité de lever en son temps un voile
sur cette lancinante question. Il avait admis que les «escadrons
noirs» existaient bel et bien, mais que cette existence ne procédait
pas dune volonté délibérée de lEtat,
rapportait Mme Louisa Hanoune du PT, lorsquelle évoquait
une rencontre avec le chef de lEtat. La semaine dernière,
Abdallah Djaballah soulignait la multiplication des phalanges dans la
violence en Algérie, sur le plateau de la chaîne qatarie
El-Djazira. Une déclaration qui résume en fait lavis
quasi général sur la question en Algérie où
lon hésite de moins en moins à impliquer la maffia
politico-financière dans le terrorisme, désigné de
plus en plus comme du pur banditisme, sans objectif politique. Il reste
que la grave accusation de lofficiel yougoslave na suscité
jusquà présent aucune réaction, tant du côté
français que du côté algérien. Les deux Etats
lont royalement ignorée, sans daigner fournir la moindre
explication à leurs opinions publiques respectives. Que les médias
en France travaillent à lémergence de la vérité,
soit ! Cependant la vérité ne peut être sélective
et lopinion publique algérienne leur saura certainement gré
de léclairer non pas sur ce quelle connaît pour
lavoir vécu, mais pour la part française du terrorisme
chez nous. Peut-être que cela raccourcira la distance vers la paix
chez nous, sils venaient à sy intéresser. M.
Z. |
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www.algeria-watch.org
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