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Nacer Boudiaf décide de l'ester en justice Le curieux silence de Belkheir Le chef de cabinet du Président est au centre de nombreuses accusations, dont celles d'être derrière les assassinats de Mecili et de Boudiaf. Abla Chérif, Le Matin, 12 janvier 2002 De graves accusations pèsent actuellement sur Larbi Belkheir. L'homme fort des régimes successifs depuis Chadli, celui qui, dit-on, tire les ficelles dans l'ombre depuis les premières années de décadence de l'Algérie, réapparu dans les cercles officiels du pouvoir sous le règne de Bouteflika qui l'investit du rôle de directeur de cabinet du Président de la République, est désigné comme étant l'un des commanditaires de l'assassinat de Mohamed Boudiaf. Nacer Boudiaf, fils du défunt Président, a même annoncé ce jeudi dans les colonnes de notre journal son intention de l'ester en justice devant les tribunaux algériens « si la justice consent à jouer son rôle », ou même « ailleurs s'il le faut ». Principal grief retenu à l'encontre du mis en cause : « Ne pas avoir réagi lorsqu'il a été accusé, il y a quelques semaines, par le secrétaire général de la CNEC (Coordination nationale des enfants de chouhada) d'avoir commandité l'assassinat de mon père. Qui ne dit mot consent. Mon devoir est de faire éclater la vérité. » Le 31 octobre 2001, M. Bensaïd affirmait en effet publiquement que Larbi Belkheir, ministre de l'Intérieur sous Boudiaf, avait participé à un complot qui a conduit à l'assassinat du défunt Président. « Nous l'avions (Boudiaf) pourtant prévenu, explique l'homme qui se présente aussi comme l'ami de la victime, qu'il ne pouvait pas réussir en laissant ce genre de personnes graviter autour de lui. » « Et il en avait conscience, déclare de son côté son fils. Il attendait le 5 janvier pour annoncer des changements, mais il n'en a pas eu le temps. » « Pour moi, c'est une brèche qui s'est ouverte, je vais m'y accrocher », poursuit Nacer Boudiaf en révélant pour la première fois que l'idée de l'ouverture des camps du Sud, où furent internés les islamistes, appartient à Belkheir. « Mon père a au contraire délégué une enquête, dit-il. Les arrestations se faisaient sans distinction. Il avait compris qu'ils voulaient lui nuire. » Les accusations du
secrétaire général de la CNAC, faut-il le rappeler,
avaient suscité des réactions d'indignation de la part de
certaines personnalités, dont Anissa Benameur, ancienne sénatrice,
qui y voient un « complot contre l'armée ». Une accusation
dont se défend d'ailleurs à l'avance Nacer Boudiaf qui dit
: « Je ne mets pas en cause l'institution, mais l'homme. Celle-ci
(l'Armée) ne peut cependant ne pas réagir. » L'homme
n'en est cependant pas à sa première affaire. Il avait occupé
le devant de l'actualité en juillet dernier avec la décision
de la famille Mecili de porter l'affaire devant les tribunaux, accusant
Belkheir d'avoir là aussi commandité la mort de l'avocat,
assassiné en 1987 à Paris, suite aux déclarations
de Aboud Hicham, ancien officier de la Sécurité militaire.
Une affaire à laquelle l'accusé réagit cependant
en décidant, lui, de déposer plainte pour diffamation. Mais
les accusations se sont accumulées. Au cours du même été,
des ONG européennes et américaines déposent-elles
aussi, plainte auprès de tribunaux européens pour torture
contre « d'anciens détenus des camps du Sud » sur la
base de témoignages des victimes. Autant de faits, d'une gravité
sans précédent, qui n'ont pas réussi à faire
sortir Larbi Belkheir de son silence. Un silence aussi incompréhensible
que celui de la Présidence de la République et de l'institution
judiciaire surtout, habilitée à s'autosaisir pour l'ouverture
d'une information judiciaire, surtout lorsque l'affaire porte sur l'assassinat
d'un président. |
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www.algeria-watch.org
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