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Apocalypse Now à l'algérienne Etienne Dubuis, Le Temps, 10 février 2001 On le savait. Mais il manquait
encore des mots pour le dire, pour donner vie à l'horrible réalité
des opérations menées par l'armée algérienne contre
l'islamisme armé. Or ces mots, qui avaient commencé à percer
dans les témoignages de quelques militaires, éclatent dans celui
de Habib Souaïdia, un officier des forces spéciales chargé
des années durant des pires besognes. Ce repenti, désormais réfugié
en France, offre dans un livre paru jeudi un luxe de détails jusqu'ici
inégalé. ------------------------------------------- Habib Souaïdia, témoin de l'horreur Antoine Menusier, Le Temps, 10 février 2001 Comme beaucoup d'Algériens de son âge, Habib Souaïdia, 31 ans, a eu une jeunesse bousillée par les ravages de la guerre civile.Réfugié politique en France depuis avril 2000, cet ancien lieutenant de l'armée algérienne raconte dans un livre son dégoût d'avoirporté l'uniforme d'une institution qu'il rend coupable de crimes très graves, comparables, dit-il, à ceux commis par les Français durant la guerre d'Indépendance (1954-62): tortures, exécutions sommaires, assassinats. Ce n'est pas la première fois qu'un militaire algérien profère des accusations contre la junte au pouvoir. Le Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), basé en Espagne, a, courant 2000, attiré l'attention de l'opinion occidentale sur les implications supposées de l'armée algérienne, d'une partie d'entre elle du moins, dans des massacres de civils attribués à des groupes armés islamistes. A la fin de l'année dernière, dans un ouvrage paru aux éditions La Découverte, un rescapé d'une effroyable tuerie perpétrée en 1997 à Bentalha, près d'Alger, accusait également l'armée de passivité voire de complicité. Mais jamais comme dans le livre de Habib Souaïdia l'institution militaire n'avait été mise à nu, avec autant de détails macabres. L'auteur, qui croyait, en s'engageant dans l'armée, servir sa nation dans l'honneur, a vu de près, affirme-t-il, les atrocités infligées à des civils au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Arrêté en 1995, Habib Souaïdia a passé 4 ans dans une prison militaire avant d'être remis en liberté.
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www.algeria-watch.org
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