M. Védrine à Alger pour évoquer des "problèmes concret"

ALGER, 13 fév (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine est arrivé mardi matin à Alger pour une visite de travail de quelques heures afin d'évoquer des "problèmes concrets" avec les autorités algériennes.

M. Védrine a été accueilli à l'aéroport Houari Boumédiène par son homologue algérien Abdelaziz Belkhadem avec lequel il doit avoir un entretien.

Le chef de la diplomatie française rencontrera ensuite le président Abdelaziz Bouteflika.

M. Védrine, qui s'était déjà rendu dans la capitale algérienne en juillet 1999, avait affirmé lundi à l'agence Algérie Presse Service (APS, officielle) qu'il y revenait pour parler des "problèmes concrets" entre les deux pays.

Ces problèmes concrets concernent en particulier la circulation des personnes entre les deux pays et notamment l'épineuse question des visas.

M. Védrine est le troisième ministre français à se rendre en Algérie en trois semaines après la secrétaire d'Etat Michelle Demessine et le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant.

Alger reproche en effet à Paris d'accorder avec parcimonie des visas pour la France, où une forte communauté d'un million d'Algériens est implantée.

L'an dernier, 175.000 visas ont été délivrés aux Algériens, en hausse par rapport aux années précédentes, mais largement inférieurs aux quelque 800.000 visas de la fin des années quatre-vingts, avant que l'Algérie ne s'enfonce dans la crise qui a fait plus de 100.000 morts depuis 1992.

L'Algérie souhaiterait également que la "refondation" des relations franco-algériennes annoncée lors de la visite du président Abdelaziz Bouteflika en France en juin 2000 ne se limite plus à des professions de foi ou à des louables intentions.

Elle voudrait qu'elle se traduise enfin par des investissement directs d'entreprises françaises en Algérie.

La France est le premier fournisseur de ce pays avec des exportations de plus de 16 milliards de francs (mds) alors que l'Algérie a exporté pour 14 mds de francs en France essentiellement du gaz et pétrole.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par une polémique sur les massacres en Algérie.

Cette polémique, suscitée après la sortie d'un livre controversé d'un ancien officier algérien mettant en cause les forces de sécurité algériennes dans les tueries, laisse penser à Alger que les autorités françaises la voient se développer avec une certaine bienveillance.

La presse algérienne dans son ensemble estime que la gauche française, sensible aux thèses de partis d'opposition comme le Front des Forces Socialites (FFS) d'Hocine Aït Ahmed ou le Parti des Travailleurs (trotskiste) alimente cette thèse en usant de son influence dans les médias français.

 

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