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Védrine à Alger, sur fond de critiques de défenseurs des Droits de l'homme PARIS, 10 fév (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangère Hubert Védrine effectue mardi une visite d'une journée à Alger, alors que la pression s'accroît en France pour une prise de distance avec un régime de plus en plus critiqué par les mouvements de défense des droits de l'homme. M. Védrine, qui va s'entretenir avec son homologue Abdelaziz Belkhadem et le président Abdelaziz Bouteflika pour des discussions bilatérales et des entretiens sur les grandes questions internationales et régionales, a en effet été vivement interpellé à la veille de son voyage par des intellectuels français. Ces derniers accusent, dans un appel publié par le quotidien français Le Monde dans son édition de vendredi, le gouvernement français de "complicité de crimes contre l'humanité", dans sa guerre contre les islamistes armés, qui a fait une centaine de milliers de morts durant la dernière décennie. Les intellectuels, parmi lesquels le "maître à penser" français Pierre Bourdieu et l'historien Pierre Vidal-Naquet posent notamment la question: "Le gouvernement français n'a-t-il pas trop longtemps soutenu la politique algérienne, qui, sous couvert de lutte antiterroriste, n'est rien d'autre que l'éradication, tant politique que physique de toute opposition?". Parallèlement, l'organisation internationale de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé durant la semaine écoulée "la passivité" et "la mauvaise volonté" des autorités locales dans la "disparition" de cinq journalistes algériens entre 1994 et 1997. RSF affirme aussi que pour trois journalistes, Aziz Bouabdallah, Djamil Fahassi, et Salah Kitouni, "les forces de sécurité sont bien responsables de ces +disparitions+". Ces critiques du régime algérien ont été formulées alors que les média français donnaient une très large couverture au témoignage, qui vient de paraître en France d'un ancien officier des forces spéciales algériennes intitulé "La sale guerre. 1992-2000" montrant notamment le désespoir des militaires contraints à des actes barbares. Elles sont survenues dans un contexte global de désenchantement à Paris envers l'apparente absence d'évolution en Algérie. L'an passé le président Bouteflika, rompant apparemment avec les "années de plomb" du règne de son prédécesseur, le général-président Liamine Zeroual, avait reçu l'an passé à Paris un accueil des plus chaleureux. Depuis, la sympathie a fait place dans la presse française à de la suspicion sur le thème "qui tue qui?" en Algérie. Les accusations d'aide militaire française clandestine aux généraux algériens pour combattre la guérilla, qui avaient cours au début des années 90 alors que le régime avait semblé sur le point de s'effondrer sous les coups de boutoir des combattants intégristes, ont refleuri. A Paris, on conteste formellement, contrairement à ce qu'affirment les intellectuels auteurs du texte paru dans Le Monde, que des matériels de guerre ou susceptibles de servir à la répression intérieure aient été livrés récemment à l'Algérie et que l'armée française ait formé des troupes d'élite pour les interventions rapides anti-guérilla. Des officiers algériens ont participé à des stages ou des cours en France, mais uniquement dans des formations généralistes, en particulier dans le secteur de la santé, affirme-ton. Paris a également
démenti que la France ait empêché l'envoi de rapporteurs
spéciaux de l'ONU en Algérie dans le cadre d'une enquête
internationale sur les disparus.
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www.algeria-watch.org
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