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Larbi Belkheir-Hicham Aboud La polémique Par Samia Lokmane, Liberté, 9 mars 2002 La réaction presque instantanée de Hicham Aboud, auteur de La maffia des généraux, paru tout récemment en Hexagone, à linterview-mise au point de Larbi Belkheir publiée, mercredi dernier, par le quotidien du soir français Le Monde, relance de nouveau la polémique sur la responsabilité de certains officiers supérieurs de larmée dans la faillite des aspirations démocratiques en Algérie et linstitutionnalisation de la corruption. Vous ne faites que confirmer mes accusations, écrit lex-membre des services de renseignements à lactuel directeur de cabinet du président Bouteflika. Dans une longue lettre ouverte, dont une copie est parvenue hier à la rédaction, il reprend ainsi à son compte toutes les affirmations du général, qui accréditent ses thèses et justifient ses attaques. Il en est ainsi de la fortune controversée de Larbi Belkheir. Un patrimoine que ce dernier a reconnu dans son démenti en le mettant sur le compte dun héritage et de son seul investissement personnel. Faux, persiste lancien capitaine de la sécurité militaire qui, pour sa part, assimile une telle révélation à un aveu. Et pour cause, à ses yeux, le général ne peut faire valoir des biens considérables une minoterie à Ghardaïa et deux villas sans susciter de la suspicion. Comment avez-vous fait pour que votre solde de militaire puisse vous permettre de vous payer deux villas si vous navez pas profité de vos fonctions ?, linterpelle-t-il. Sur un autre registre, celui des affaires, Hicham Aboud nhésite pas, par exemple comme dans son livre, à prendre à nouveau à témoin un autre général, Khaled Nezzar, afin de débattre en brèche les contre-arguments développés par Larbi Belkheir sur lépisode Boudiaf. Dans ses mémoires, lex-chef détat-major avait mis en exergue la légèreté avec laquelle Belkheir, alors ministre de lIntérieur, avait préparé le déplacement du défunt président du HCE à Annaba en confiant sa sécurité à un profane. Cette tâche ne mincombait pas, répond, de son côté, lincriminé qui lattribue aux services de la présidence. Niant toute responsabilité dans lassassinat de Boudiaf, il trouve, à ce propos, le brûlot dAboud mensonger. De pures affabulations qui, selon lui, obéissent uniquement au souci de lofficier-écrivain de se faire de la pub en usant de la provocation et en se livrant à la diffamation. Je faisais partie dune équipe et non dun clan, corrige, à cet égard, celui quon soupçonne dappartenir au cabinet noir. Une énième mise au point qui conforte inexorablement Hicham Aboud dans ses assertions. Pour lui, peu importe la dénomination du groupe, son existence et la participation de Belkheir même à lépoque de sa mise à la retraite à des tractations sur le devenir de toute une nation (destitution de Zeroual, investiture de Bouteflika...) attestent de lexistence dun pouvoir militaire de lombre, omnipotent et mafieux. Sorti de sa réserve, le général Belkheir sest défendu comme il a pu. Au nom dune prétendue culture de lÉtat à laquelle il affirme souscrire, il a aussi pris fait et cause pour larmée. Les dix autres généraux cités par Hicham Aboud dans son livre briseront-ils, à leur tour, le silence ? Comptant sur louverture dun véritable débat, lauteur du pamphlet lespère. Lopinion publique aussi. S. L.
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