EVENEMENTS D'ALGERIE (AVRIL - AOÛT 2001)

CHRONOLOGIE ET LISTE DES VICTIMES

algeria-watch avec la collaboration de Salah-Eddine Sidhoum de Justitia Universalis

Liste non exhaustive des victimes des émeutes en Algérie

Mercredi 18 avril 2001
Un jeune lycéen de 19 ans, est arrêté à Béni Douala et gardé à vue à la brigade de gendarmerie. Il est grièvement blessé d'une rafale de kalachnikov par un gendarme à l'intérieur de la brigade. Il succombe à ses blessures le lendemain à l'hôpital Mustapha d'Alger. La gendarmerie parle de mort accidentelle, suite à une malencontreuse manœuvre d'une Kalashnikov par un gendarme. Son père parle d'assassinat. Ses amis dénoncent son exécution sommaire. Très vive émotion dans le village où la tension est très vive.

Samedi 21 avril
Manifestations et grève générale à Béni Douala (Tizi-Ouzou) suite à la mort de Guermah Mohamed Massinissa. Des affrontements avec les brigades anti-émeutes font 14 blessés.

Dimanche 22 avril
Poursuite des manifestations et des affrontements suite à la mort du jeune lycéen à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Plusieurs blessés sont dénombrés.

Violents affrontements et scènes d'émeutes à Amizour (Béjaïa) suite à l'arrestation arbitraire de deux jeunes lycéens par des gendarmes alors qu'ils se dirigeaient avec leur professeur de sport vers le stade. La mairie et la daïra sont saccagées. Les dégâts matériels seraient très importants.

Lundi 23 avril
Pour le 3e jour consécutif, les manifestations et affrontements se poursuivent à Béni Douala (Tizi-Ouzou), après l'enterrement du jeune lycéen mortellement blessé à la brigade de gendarmerie du village. Une vingtaine de blessés est à déplorer. Le siège des ponts et chaussées est saccagé par les manifestants.

Poursuite des affrontements également à Amizour où la daïra, la kasma du FLN et le tribunal sont saccagés. Le village de Berbacha (Béjaïa) est contaminé par la contestation. Des lycéens tentent d'attaquer la daïra.

Mardi 24 avril
Sidi Aïch (Bejaïa) : Plusieurs centaines de manifestants envahissent la ville et s'attaquent à plusieurs établissements publics (daïra, banques…). Un semi-remorque bloque la route.

A Seddouk (Bejaïa) : Violentes manifestations dans la ville. Des lycéens et collégiens s'en prennent à des édifices publics qui sont saccagés.

A Béni Douala (Tizi-Ouzou) : La tension est vive dans le village. La brigade de gendarmerie est assiégée. Les jeunes manifestants accordent un ultimatum de 72 heures aux gendarmes pour quitter le village.

A Tizi-Ouzou-ville : Marche d'un millier de lycéens à travers les rues de la ville, scandant des slogans contre le pouvoir. Pas d'incidents.

A El Kseur (Bejaïa) : Scènes d'émeutes dans la ville. Des centaines de manifestants incendient la recette des impôts et la mairie. Violents accrochages avec les brigades anti-émeutes. Les éléments des brigades anti-émeutes tirent sur la foule : 4 blessés dont un policier.

A Amizour (Bejaïa) : La brigade de gendarmerie est assiégée. Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : un jeune manifestant de 15 ans est grièvement blessé par balles à la tête. Onze éléments des brigades anti-émeutes sont blessés dans les échauffourées.

Mercredi 25 avril
Poursuite et extension de la révolte de la jeunesse en Kabylie :

Scènes d'émeutes à Sidi Aïch : la mairie et une banque sont incendiées. Barricades dans les rues principales. Six policiers blessés.

A Tazmalt : la poste, les impôts et le siège de la Sonelgaz sont saccagés et brûlés. Les banques et le siège de la daïra font l'objet d'actes de destruction. La route nationale est barricadée.

El Kseur : La brigade de gendarmerie est assiégée par de jeunes manifestants. Les gendarmes tirent sur la foule : deux jeunes manifestants grièvement blessés. L'un d'eux aurait succombé à ses blessures.

Seddouk : Affrontement entre gendarmes et manifestants : un mort (Mokdaden Djamel) et un blessé par balles.

Ighzer Amokrane (Ouzellaguen) : violents affrontements entre de jeunes manifestants et les brigades anti-émeutes : 3 morts et 17 blessés dont deux dans un état comateux.

M'Cheddallah (Bouira) : manifestation pacifique de lycéens et collégiens qui tentent de rejoindre la ville de Tazmalt. Des pneus sont brûlés sur la route qui est fermée à la circulation.

Ath Abbas (Bejaïa) : de jeunes manifestants révoltés tentent de rejoindre Aftis, en saccageant tout sur leur passage.

Berbacha : 3e jour d'affrontements avec les brigades anti-émeutes : 2 blessés par balles. Les sièges de la daïra et des impôts sont saccagés.

Tichy, Aokas, Souk El Thenine : violentes manifestations. La mairie de Souk El Thenine et le siège de l'EDEMIA sont incendiés. Barricades sur la RN 9. Utilisation de semi-remorques pour bloquer les routes. A Tichy, la résidence d'Etat est totalement incendiée, tout comme les résidences du wali et du secrétaire général de la wilaya de Bejaïa.

Marche de lycéens de Draa Ben Khedda sur Tizi-Ouzou. Manifestations pacifiques de protestation contre la répression à Draa El Mizan, Aïn El Hammam et Tizi Ghenif.

Scènes d'émeutes à Boghni : de jeunes manifestants essuient des coups de feu du propriétaire de l'hôtel Thiniri : 6 blessés dont l'un d'eux aurait succombé à ses blessures. Cette grave provocation entraîne la révolte des jeunes manifestants. Intervention de la police qui arrête le propriétaire de l'hôtel et sa bande armée, ce qui calme relativement les jeunes manifestants.

Emeutes à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) : Après la marche pacifique de la matinée, de jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie où des affrontements ont lieu avec les gendarmes. Des blessés sont signalés parmi les manifestants.

Jeudi 26 avril 2001
Ouzellaguen :Reprise des affrontements à Ighzer Amokrane : 2 blessés. Le bilan des émeutes depuis deux jours est de 5 morts (Chila Farid, Haddad Nadir, Saddek Brahim, Makhmoukh Kamal et Saïdi Akli) et 42 blessés.

Derguina (Bejaïa) : le siège de l'APC, la kasma du FLN, la daïra, le centre de formation professionnelle et le bureau des forêts saccagés par les jeunes manifestants.

Ath Smaïl : la daïra est brûlée par les manifestants.

Tichy : la brigade de gendarmerie continue d'être assiégée par les manifestants.

Maghra (commune de Boukhlifa. Bejaïa) : les gendarmes tirent sur les manifestants : 1 adolescent de 15 ans tué et un blessé.

Bakaro (Bejaïa) : Manifestation de jeunes lycéens : 3 blessés.

Kherrata : violentes échauffourées entre manifestants et les brigades anti-émeutes. La salle omnisports, le siège de la Sonelgaz et la caisse de sécurité sociale sont incendiés. Nombreuses arrestations et nombreux blessés.

Tizi Rached (Tizi-Ouzou) : la population assiège la brigade de la gendarmerie. Les familles de gendarmes sont évacuées en catastrophe. Les locaux du FFS et du RCD incendiés tout comme la banque, la Casoral et la recette communale des impôts.

A Aït Yahia Moussa, près de Dra El Mizan, un milicien tue un jeune adolescent de 16 ans (Chaïbet Hocine).

Ouadhias : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 1 mort (Bouarab Samir) et 20 blessés. Arrivée de renforts.

Aïn El Hammam : le tribunal et la recette des impôts sont saccagés par les manifestants. Violents affrontements entre manifestants et gendarmes à Sidi Ali.

Les Ouacifs : Le tribunal saccagé par des manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie incendiés. Une partie de la brigade de gendarmerie saccagée.

Tizi Ghenif : Des édifices publics (mairie, daïra, parc communal) sont saccagés par les manifestants à la fin d'une marche. La brigade de gendarmerie est assiégée.

Larbaâ Nath Irathen : Un hôtel est totalement détruit. Les manifestants font mouvement vers la brigade de gendarmerie de la ville. On dénombre deux morts (Belhouane Azzeddine et Hamache Arezki) pour cette journée d'émeutes.

Manifestations dans toute la daïra de M'chedallah (Bouira), s'étendant jusqu'à Haïzer, Bechloul. Selon des témoignages, certains fils de commerçants demanderaient aux jeunes manifestants de brûler le siège des impôts. Des bombes lacrymogènes sont jetées dans les appartements. De nombreux bébés sont évacués vers les hôpitaux.

Autoroute Alger-Tizi-Ouzou bloquée à Tadmaït.

Tazmalt ressemblerait à un véritable champs de bataille suite aux affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. De nombreuses arrestations auraient été opérées.

Seddouk : Le siège des impôts, la Sonelgaz, le siège de la Sécurité sociale et la kasma du FLN sont détruits par des incendies. Trois blessés sont évacués sur l'hôpital d'Akbou. Décès d'un enfant de 11 ans (Medjane Farid) à Seddouk confirmé.

Des émeutes sont signalées à Maâtkas. A Tizi-Rached, le siège des impôts et la banque sont brûlés.

Les manifestations auraient touché Kherrata, Taskariout, Souk El Thenine, Aokas, Tichy, Oued Ghir, Oued Amizour, El Kseur, Timzrit, Akbou, Seddouk, Ighzer Amokrane et Tazmalt.

Marche à Tizi-Ouzou. Des affrontements sont signalés devant le tribunal. Un millier de manifestants marche sur la brigade de gendarmerie. Violents affrontements avec les gendarmes : 1 mort.

Retour au calme à Béni Mohli (Sétif).

Les manifestants auraient détruit la brigade de gendarmerie à Azazga. Tirs contre les manifestants. Des policiers auraient rejoint les manifestants. Arrivée de renforts de Fréha.

A Bouira, fermeture de la RN5. La circulation vers Constantine est déviée à Lakhdaria. Manifestations à Taourirt, Bechloul, Adjiba et Saharidj. Arrivée de renforts (brigades anti-émeutes) sur M'Chedellah.

La ville de Tizi-Ouzou est calme. On signale cependant un incendie près du stade.

A Azazga, des informations font état d'échauffourées avec les gendarmes. La brigade de gendarmerie est assiégée. Des établissements publics saccagés. Le tribunal d'Azazga est brûlé par les manifestants.

Deux citoyens grièvement blessés par balles à Akbou.

El Kseur, des jeunes manifestants s'attaquent aux policiers qui ouvrent le feu : 2 morts et 7 blessés. Le maire de la ville de Kseur tabassé par les manifestants.

Le calme est revenu dans la wilaya de Bouira. La route est cependant bloquée à Lakhdaria.

Affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes à Tigzirt. Des blessés par balles sont à dénombrer dont un grièvement.

Ighzer Amokrane : Poursuite des affrontements : 2 manifestants grièvement blessés. Le bilan depuis le début des émeutes dans la région s 'élève à 5 morts et 42 blessés.

Aokas : poursuite des échauffourées : 9 blessés dont 2 grièvement. Destruction de l'agence de la Sonelgaz, de la banque BADR et de bungalows.

Bouzeguène : Le siège de la milice communale saccagé par les manifestants. Imposante marche des lycéens. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants.

Vendredi 27 avril 2001
Freha : 2 morts dont le jeune Amghar Tahar 22 ans, tué à bout portant et deux grièvement blessés.

Tigzirt : 4 blessés graves.

Béni Mohli (Sétif) : 1 mort : Hamoudi Yahia. 60 ans.

Maâtkas : 2 morts : Guendoud Amar 23 ans et Ouahab Rachid 17 ans.

Ouadhias : Reprise des affrontements avec les gendarmes après une brève accalmie : morts (Mokhtari Amar, Khorsi Hamza, Sennour Boudjema, Heddad Hamza et Feddi Bélaïd).

Azazga : violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 7 morts :
§ Mihad Mustapha, 27 ans, Azazga-Centre.
§ Malki Kamel, 27 ans, Timézouine Chorfa.
§ Irchane Kamel, 27 ans, Aït Aïssa, Yakourène.
§ Aghadir Ahcène, 20 ans, Tizi Bouchène. Azazga.
§ Mouter Sofiane, 24 ans.
§ Djebbar Mourad.
§ Malek Tahar, 23 ans, Timézouine Chorfa.

Citoyens grièvement blessés:
§ Aïlem Ahcène, 21 ans, Azazga.
§ Amazouz Abdelghani, 25 ans, Tizi Bouchène.
§ Djaballah Samir, 23 ans, Tizi Bouchène.
§ Sadadou Mourad, 28 ans, Tizi Bouchène.
§ Belhadj Mustapha, 25 ans, Chorfa.
§ Sadadi Saïd, 20 ans, Chorfa.
§ Dikas Massinissa, 18 ans, Fréha.
§ Boukaïs Tarik, 28 ans, Tizi Bouchène.
§ Arab Boukhalfa, 23 ans, Tizi Aïssa Ifigha.
§ Moussaoui Hocine, 23 ans, Tizi Bouchène.

Les blessés évacués sur l'hôpital de Tizi-Ouzou :
§ Chahint Djamal, 27 ans, Azazga.
§ Mouder Kamal, 24 ans.
§ Mouder Mohamed, 40 ans.
§ Ticherfatine Samir, 21 ans, Azzefoun.

Akbou : Poursuite des manifestations. Magasins fermés et rues barricadées. Violents affrontements avec les brigades anti-émeutes : 7 blessés dont 2 grièvement. Les locaux du RCD et du FFS incendiés. La banque CPA, la Sonelgaz et la recette des impôts saccagées. On parle de 2 policiers brûlés vifs dans leur véhicule.

Tazmalt : Des centaines de manifestants envahissent la ville. De nombreux édifices publics sont incendiés.

Kherrata : poursuite des émeutes pour la 2e journée consécutive. Les Impôts, la poste et l'APC sont incendiés. La route est bloquée au niveau du tunnel de Bordj Mira.

Ighil Ali : Les sièges du FFS, du FLN et du RCD incendiés par les manifestants.

Samedi 28 avril
§ Wilaya de Sétif :
Béni Ouartilane : Manifestations pacifiques de lycéens et collégiens aux cris de "pouvoir assassin " et de "tamazight obligatoire ". La localité est paralysée par une grève générale. En fin de matinée, les citoyens des localités de Béni Mohli et Ath Chebana rejoignent Béni Ouartilane. La manifestation dégénère au bout de quelque temps : Le siège des Impôts et le tribunal sont brûlés. Un citoyen est grièvement blessé par balles.

§ Wilaya de Bejaïa :
Bejaïa-ville : Importante marche au centre de la ville. Une véritable marée humaine déferle vers le siège de la wilaya. Des militants du FFS sont agressés par des jets de pierres en tentant d'improviser un meeting pour canaliser le mouvement. Des contre-marches sont organisées par un groupuscule d'extrême gauche, armé de bâtons, tentant d'entraîner des enfants sur leur parcours. Le bâtiment de la gendarmerie est bombardé de pierres. Les agences d'Air Algérie, de la CNAN et la maison de la culture sont saccagés. Un camion de la protection civile est incendié. De nombreux blessés sont à dénombrer.

Tazmalt : Affrontements entre les brigades anti-émeutes et manifestants. Des grenades lacrymogènes sont utilisées.

Seddouk : un manifestant de 35 ans (Madjane Mehdi), originaire de Béni Djelil tué lors d'affrontements avec des gendarmes.

Addekar : Incendie de la recette des impôts et de la daïra. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants : 1 mort et 3 blessés par balles. Nombreuses arrestations.

Akbou : Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 18 blessés dont un policier. La ville est plongée dans l'obscurité suite à un sabotage de l'éclairage. L'inspection des impôts est saccagée. La brigade de gendarmerie est assiégée. Pour le 4e jour consécutif, les commerces sont fermés. La RN 26 est bloquée par les manifestants. Selon les sources hospitalières, le nombre de morts dans cette commune s'élève à 5 et le nombre de blessés à 50.

Ighil Ali : Violentes échauffourées entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes : 4 blessés dont un policier. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants. Des gendarmes tirent sur les jeunes : 2 blessés. Les manifestants prennent en otage un officier et négocient le départ des gendarmes de la ville.

Chemini (Sidi Aïch) : un mort suite à des affrontements entre manifestants et gendarmes.

§ Wilaya de Tizi-Ouzou :
Tizi Rached : Reprise des affrontements en fin de matinée entre les brigades anti-émeutes et la population : 2 morts. La Casoral, l'Eriad et la banque BADR sont saccagés. Les jeunes manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie en utilisant un camion-kamikaze : 5 blessés graves.

Tizi-Ghenif : 2 morts et 7 blessés par balles lors d'affrontements entre manifestants et gendarmes lors du siège de la brigade.

Tadmaït : manifestation de jeunes lycéens. Ils rejoignent la RN 12 qui est bloquée à la circulation.

Draa Ben Khedda : De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. La recette des impôts est saccagée et le poste de police attaqué. Affrontements avec les brigades anti-émeutes.

Tamazirt : Un jeune manifestant tué par balles devant la brigade de gendarmerie.

Makouda : Un mort et 3 blessés par balles lors d'affrontements entre manifestants et forces de sécurité.

Tizi-Ouzou : un blessé évacué d'Azazga, succombe à ses blessures à l'hôpital.
Le FFS annonce le report de la marche pacifique prévue dans la ville en raison d'informations faisant état de présence de provocateurs. Cela n'empêche pas les jeunes citoyens à se regrouper et à marcher dans la ville aux cris de "pouvoir assassin " et de "Djeich, Chaab, maâk ya Hattab ". Le siège de la gendarmerie est assiégé par les manifestants. D'autres accrochages avec les brigades anti-émeutes ont lieu près de l'hôpital.

Tigzirt : Affrontements entre manifestants et gendarmes. Le siège de la gendarmerie est attaqué par les manifestants : 9 manifestants blessés par balles, dont 2 grièvement atteints au thorax. Douze citoyens sont arrêtés. Les sièges du RCD, du FLN et du FFS sont incendiés.

Béni Douala : Reprise des affrontements après deux jours d'accalmie.

Mekla : Les manifestants prennent d'assaut la brigade de gendarmerie. Des véhicules se trouvant dans la cour sont incendiés. Les gendarmes tirent sur les jeunes : 2 morts (Alouane Hocine, Hamened Youcef) et 7 blessés.

Aïn El Hammam : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Ces derniers tirent sur la foule : Trois morts dont une femme (Aït Aba Nadia, 30 ans, enseignante).

Ouacifs : Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 1 mort et 3 blessés. 12 véhicules de la gendarmerie incendiés. Les sièges du FLN et de l'ONEC (enfants de chouhada) sont incendiés. Une partie de la ville est privée d'électricité et d'eau.

Aït Toudert : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 4 blessés.

Boudjima : Les manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie. Les gendarmes tirent sur la foule : 2 morts (Arkam Salem, 17 ans et Harfi Mokrane, 25 ans) et 3 blessés.

Aït Yahia Moussa : Les manifestants incendient un bâtiment de l'armée. Des militaires tirent : un mort et un blessé. Le siège de l'APC et le parc communal sont incendiés.

Frikat : La brigade de gendarmerie est partiellement saccagée par les manifestants : 1 blessé.

Ouadhias : Les jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : 2 manifestants tués par balles et un gendarme tué par barre de fer : 8 blessés.

Larbaâ Nath Irathen : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Des manifestants tentent d'investir la brigade de gendarmerie. Les gendarmes tirent sur les manifestants : 7 morts
Fréha : Poursuite des affrontements entre jeunes manifestants et les gendarmes : un mort et un blessé.

Tikobaïne : Un mort par balles lors d'affrontements avec les gendarmes. Le véhicule du chef de brigade incendié.

Azazga : Reprise des échauffourées entre manifestants et brigades anti-émeutes : 2 morts par balles.

Maâtkas : 4 blessés du village succombent à leurs blessures à l'hôpital de Boghni. Le nombre de blessés s'élève à 30.

Draa El Mizan : 2 morts et 10 blessés par balles suite aux manifestations de jeunes lycéens.

Boghni : Des hommes armés tirent sur le commissariat : 1 blessé. Violents affrontements entre manifestants et brigade anti-émeutes : 2 morts dont un policier écrasé par un camion lors d'une fausse manœuvre de ses collègues. La Caisse de sécurité sociale, la banque BDL et la BNA saccagées. L'hôtel Thiniri est pillé puis saccagé et incendié. Un employé de l'hôtel est mortellement blessé d'un coup de poignard. La brigade de gendarmerie et la daïra sont assiégées par les manifestants.

Bouzeguène : violents affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes : Un mort (Azouani Saïd) et 5 blessés.

Azzefoun : violents affrontements entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes. Le tribunal et la recette des Impôts sont saccagés. Le véhicule du chef de brigade de la gendarmerie est incendié. Plus de 20 blessés sont à déplorer. De nombreux jeunes manifestants arrêtés sont tabassés par les éléments des brigades anti-émeutes.

§ Wilaya de Bouira :
Bouira-ville : Imposante manifestation au centre-ville. Des milliers de citoyens envahissent les rues de la ville aux cris de : " pouvoir assassin ", Tamazight di lakul " et " Djeich, chaâb, maâk ya Hattab ". La manifestation dégénère. Des établissements publics, l'éclairage public et les panneaux de signalisation sont saccagés.

Manifestations dans les localités de Chorfa, M'Chedallah, Taourirt et Bechloul (Bouira).

Une manifestation est organisée le long de la RN 5, s'étendant sur près de dix kilomètres.

Mort accidentelle à El Asnam d'un jeune manifestant originaire d'Ahnif (Amir Aïssa, 21 ans) écrasé par un camion.

§ Wilaya de Boumerdès :
Appel à une marche de la part des étudiants de l'université de Boumerdès.

Dimanche 29 avril
Tizi-Ouzou : Reprise des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes au centre-ville. 7 blessés succombent à leurs blessures à l'hôpital de Tizi-Ouzou.

Larbaâ Nath Irathen et Aïn El Hammam : grève générale, suite à l'enterrement des victimes de la répression. Même la statue d'Abane Ramdane a été criblée de balles.

Tizi Ghenif : Poursuite des manifestations, contraignant les gendarmes à se retirer et à se cantonner dans leur brigade.

Tadmaït : les manifestants dressent des barricades sur l'autoroute, bloquant la circulation. La brigade de gendarmerie est assiégée par les jeunes manifestants. Les locaux du RCD et du FLN saccagés.

Draâ Ben Khedda : Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : quelques blessés sont à signaler. Arrivée d'importants renforts de police.

Azazga : Le bilan s'élèverait à 9 morts depuis le début des émeutes. Des gendarmes tirent sur les manifestants : 2 blessés.

Bejaïa : Emeutes au centre-ville après une marche pacifique initiée par les universitaires. Violents affrontements avec les brigades anti-émeutes : 3 blessés. Les manifestations s'étendent alors à tous les quartiers périphériques. Le siège de l'ONM (anciens combattants) et de la caisse de sécurité sociale sont incendiés. Deux blessés (l'un originaire de Chemini et l'autre d'El Kseur) succombent à leurs blessures à l'hôpital de Bejaïa.

Chorfa (Bouira) : Tentative infructueuse de prise d'assaut de la gendarmerie du village. Le siège du FFS incendié par les manifestants.

Saharidj (Bouira) : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes devant la brigade assiégée : 2 blessés dont l'un grièvement.

Bordj Ménaïel (Boumerdés) : Des centaines de manifestants scandent des slogans contre le pouvoir.

Issers (Boumerdés) : Des manifestants tentent, sans succès d'incendier l'usine Socothyd de la ville.

Amizour : un jeune manifestant arrêté par des éléments de la brigade anti-émeutes. Il déclare à la presse avoir été torturé, sodomisé puis relâché tout nu.

Lundi 30 avril
Semaoune (Bejaïa) : Violentes manifestations devant la brigade de gendarmerie qui est assiégée et bombardée de pierres. La route donnant accès au village est bloquée par les manifestants.

Bejaïa : Rassemblement de jeunes manifestants au centre-ville à la fin du discours de Bouteflika. Les brigades anti-émeutes les dispersent à coups de grenades lacrymogènes.

Tizi-Ouzou : Affrontements dans plusieurs quartiers de la ville. Deux blessés au centre-ville. Les brigades anti-émeutes procèdent à des tabassages des jeunes citoyens arrêtés.

Draa Ben Khedda : Reprise des affrontements après l'enterrement de deux vieilles femmes asphyxiées par les grenades lacrymogènes, jetées à l'intérieur de leurs maisons. La recette des contributions et la salle de cinéma Hoggar incendiées.

Mekla : Affrontements entre manifestants et gendarmes qui tirent sur la foule.

Béni Douala : Reprise des affrontements après quelques journées d'accalmie. Incendie de l'ex-souk El Fellah et de la recette des impôts.

Mechtras et Frikat : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Plusieurs blessés par balles sont à dénombrer.

Chorfa (Bouira) : De jeunes manifestants déferlent dans la rue à la fin du discours de Bouteflika et incendient la recette des contributions.

Boumerdès : Sit-in de jeunes manifestants devant la brigade de gendarmerie, scandant des slogans contre le régime.

Un peu partout dans les villages de Kabylie, des pétitions circulent, dénonçant le racket, les trafics de drogue et d'alcool, le harcèlement des filles et les provocations de certains gendarmes.

Mardi 1er mai
Akbou : Imposante marche de milliers de citoyens vers la ville Ouzellaguen, distante de 17 km, en hommage aux 5 victimes de la répression, morts dans cette dernière ville. Recueillement au cimetière.

Naciria (Boumerdés) : Reprise des manifestations en fin de matinée. Les jeunes manifestants regroupés au centre-ville scandent des slogans contre le pouvoir. Le centre culturel et une salle de soins sont partiellement saccagés. La route menant vers Tizi-Ouzou est bloquée durant plusieurs heures. On signale que plusieurs automobilistes auraient été rackettés par de jeunes manifestants.

Tizi-Ouzou : Attroupement de centaines de manifestants devant le groupement de gendarmerie de la ville, en fin de matinée aux cris de : " pouvoir assassin " et "Etat terroriste ". Ils réclament la libération de leurs camarades. Le portail d'entrée est arraché. Des projectiles de toutes natures sont lancés contre l'édifice. Les gendarmes cernés répliquent par des grenades lacrymogènes. La route au niveau de la gare routière est bloquée par d'autres manifestants. Manifestation en début d'après-midi vers le commissariat central. Des manifestants saccagent un établissement privé (Babouche) en mettant le feu au bloc administratif.

Azazga : Reprise des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Des rafales d'armes automatiques sont entendues. Pas de victimes.

Bouzeguène : Reprise des manifestations après l'enterrement de jeunes manifestants. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.

Tizi Ghenif : Reprise des manifestations. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.

Ouacifs : Reprise des affrontements durant l'après-midi : 2 blessés par balles.

Ain El Hammam : Marche pacifique de la population. Pas d'incidents.

Chorfa (Bouira) : Important rassemblement de jeunes manifestants, dispersé par les brigades anti-émeutes.
Bouira : Un rassemblement de jeunes manifestants est dispersé par les brigades anti-émeutes. Pas d'incidents à noter.

Haïzer (Bouira) : Rassemblement d'un millier de citoyens sur la place publique. Intervention des brigades anti-émeutes.

Mercredi 2 mai
Extension des émeutes vers la wilaya de Bordj Bou Arréridj. La mairie et la daïra de Djaâfria sont incendiées par les jeunes manifestants. L'école de Theniet Enasr est saccagée.

Jeudi 3 mai
Des brigades anti-émeutes tentent de disperser une marche pacifique au centre-ville de Bejaïa, provoquant de violents affrontements avec les manifestants : 15 blessés.

Un appel à une grève générale pour le lundi 7 mai est lancé dans la wilaya de Bejaïa.

Imposante marche du FFS à Alger contre la répression en Kabylie. Près de 30 000 personnes défilent dans le calme de la place du 1er mai à la place des Martyrs aux cris de : " pouvoir assassin ", "généraux assassins ".

Vendredi 4 mai
Reprise des affrontements à Boghni (Tizi-Ouzou) après l'enterrement d'une victime de la répression, entre manifestants et gendarmes au niveau de la brigade qui est attaquée à coups de cocktails Molotov et de pierres.

Une coordination provisoire des quartiers de la ville de Tizi-Ouzou appelle à une semaine de grève et de deuil dans la ville.

Samedi 5 mai
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Boghni. Pas de victimes.

Lundi 8 mai
Bejaia: marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes

Alger: dizaines d’étudiants de différents instituts ont pris part au rassemblement organisé par le CEA (Comité des étudiants autonomes) à l’intérieur de l’université de Bab Ezzouar.

Vendredi 11 mai
Alger: à l’appel du MCB (coordination nationale), plusieurs milliers de personnes ont marché jeudi dernier de la place du 1er Mai à la place des Martyrs, à Alger, pour dénoncer la répression dont ont été victimes les jeunes de la Kabylie.

Samedi 12 mai
Reprise des affrontements entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes à Bouzeguène (Tizi-Ouzou) : 5 blessés.
Accrochages entre manifestants et policiers à Azazga (Tizi-Ouzou) : 2 blessés.

Samedi 19 mai
manifestations et affrontements avec les brigades anti-émeutes à Seddouk (Bejaïa) : 10 blessés. Le siège du RCD et l'ancienne brigade de gendarmerie sont incendiés. D'autres affrontements sont signalés à Aokas et Sidi Aïch. Dans cette dernière ville, le siège de la Sonelgaz est brûlé. Le centre téléphonique Actel d'Amizour est incendié par les manifestants.

Dimanche 20 mai
20 000 citoyens manifestent pacifiquement à Tizi-Ouzou, en soutien aux victimes de la répression.

Reprise des affrontements à Seddouk. Les manifestants s'attaquent au commissariat de police. La route de Tichy est bloquée par les manifestants. Reprise des affrontements également à Sidi Aïch, Aokas et Bejaïa.

A El Kseur (Bejaïa), le commissariat de police est attaqué aux cocktails Molotov : 13 blessés dont 8 policiers.

A Tizi-Rached (Tizi-Ouzou), des hommes armés et cagoulés circulant à bord de véhicules banalisés et étrangers à la région, sillonnent les rues.

Des hommes armés, venus à bord de 4 bus et scandant des slogans pro-Bouteflika, tentent d'assiéger le local du RCD à la rue Didouche Mourad à Alger.

Lundi 21 mai
500 000 personnes manifestent pacifiquement à Tizi-Ouzou contre le régime et la répression. Des échauffourées sont signalées à la fin de la marche : 40 blessés.

A Maâtkas, de jeunes manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie. Aux Ouadhias, un gendarme échappe au lynchage.

Reprise des manifestations à El Kseur (Bejaïa). Violents affrontements entre les jeunes manifestants et les brigades anti-émeutes. Le commissariat de police de la ville est assiégé.

Reprise des affrontements à Amizour (Bejaïa) entre manifestants et brigades anti-émeutes : un blessé par balles.

A Aokas, Issad, président de la "commission d'enquête " rend visite à la brigade de gendarmerie de la ville. Il est pris à partie par les manifestants qui le bombardent de pierres.

Violentes manifestations à Tigzirt (Tizi-Ouzou).

Mardi 22 mai
De jeunes manifestants du village d'Ighram, près d'Akbou (Bejaïa) s'attaquent dans la soirée à la brigade de gendarmerie : 4 manifestants blessés par des bombes lacrymogènes.

A Bakaro, près de Tichy (Bejaïa), affrontements entre manifestants et forces de sécurité : 1 blessé. La kasma du FLN est saccagée.

Poursuite des émeutes à El Kseur (Bejaïa) suite aux violations de domiciles par les services de sécurité pour procéder à des arrestations de manifestants.

Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Aokas (Bejaïa) : 3 blessés par balles.

A Irdjen, près de Larbaâ Nath Irathen, échauffourées entre jeunes manifestants et gendarmes. Ces derniers lâchent des chiens bergers contre les manifestants.

A Tigzirt (Tizi-Ouzou), affrontements violents entre jeunes manifestants et gendarmes : 1 blessé par balles.

De jeunes manifestants attaquent à coups de pierres la brigade de gendarmerie de Tizi-Ouzou. Trois jeunes arrêtés et tabassés par les gendarmes, leur engendrant de sérieuses blessures.

Emeutes à Maâtkas (Tizi-Ouzou). La recette des Impôts ainsi que le magasin communal sont incendiés par les manifestants. Un citoyen de 50 ans, Laadlani Saïd, meurt par asphyxie suite aux jets de bombes lacrymogènes par les brigades anti-émeutes.

Mercredi 23 mai
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Aokas (Bejaïa) : 9 blessés.

Des gendarmes arrosent les façades des maisons de rafales de kalachnikovs à Souk El Thenine (Bejaïa). Ils auraient procédé au saccage de boutiques commerciales selon des témoignages rapportés par la presse. Les manifestants tentent de saccager le village de toile de la station balnéaire et le centre de "repos " des officiers de l'armée.

A El Kseur et à Tichy (Bejaïa), des agents des brigades anti-émeutes violent impunément les domiciles des citoyens en représailles aux manifestations, selon de nombreux témoignages de citoyens rapportés par la presse. Des familles désertent leurs domiciles. A El Kseur, les manifestants s'attaquent au commissariat et une cité habitée par des policiers (Cité Boudiaf). Les émeutes font 16 blessés dont 6 policiers.

A Semaoune (Bejaïa), violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. La brigade de gendarmerie est assiégée. Deux camions des brigades anti-émeutes sont incendiés par les manifestants.

A Kherrata, des manifestants incendient de nombreux édifices publics (impôts, bureau de main d'œuvre) et la station essence de la ville. Deux enseignants sont tabassés par les brigades anti-émeutes devant leur établissement scolaire. Cette provocation provoque une émeute dans la ville. La kasma du FLN est incendiée. Un immeuble appartenant au frère de Bachir Boumaza (ex-"président " du "Sénat ") est saccagé par les manifestants. Le domicile d'un ex-officier de la gendarmerie est également saccagé. Dans ce dernier, les manifestants découvrent d'importantes quantités de denrées alimentaires (équivalent de 2 remorques), plusieurs caisses de boissons alcoolisées, 600 litres d'huile d'olive, des lots de couvertures et une quantité fabuleuse d'appareils électroménagers, selon la presse. Tout ce matériel est sorti dans la rue et incendié. En représailles, des gendarmes saccagent magasins, cafés et kiosques des citoyens.

A Feraoun (Bejaïa), des gendarmes tirent sur des manifestants : 1 mort (Benaïssa Hamza, 18 ans) et une dizaine de blessés.

Emeutes au village d'Irdjen, près de Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou). De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie.

A Tikobaïne, près d'Ouaguenoun (Tizi-Ouzou), des manifestants dressent des barricades pour bloquer la route. Les sièges du RND, du FFS et du RCD sont incendiés.

Reprise des affrontements entre manifestants et gendarmes à Tigzirt (Tizi-Ouzou) au niveau de la brigade de gendarmerie : plusieurs blessés dont 3 gendarmes.

Jeudi 24 mai
Poursuite des émeutes dans les villes d'El Kseur, Semaoune, Ighram, Kherrata, Amizour, Aokas et Souk El Thenine : 119 blessés dont 57 policiers

Scènes d'émeutes à Bouzeguène (Tizi-Ouzou) suite à une manifestation de lycéens. Le siège de la brigade de gendarmerie est assiégé par les jeunes manifestants.: 2 manifestants tués (Nafaâ Slimane et Raab Slimane) et un gendarme et 10 blessés.

Reprise des émeutes à Béni Douala (Tizi-Ouzou). La brigade de gendarmerie est attaquée par les manifestants à l'aide de cocktails Molotov. Les rues du village sont barrées par des poteaux et des pneus enflammés. Des agents des brigades anti-émeutes font irruption de nuit, dans de nombreux domiciles. Plusieurs blessés sont à dénombrer.

A Boudjima (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes. La brigade de gendarmerie est assiégée.

A Tizi Ouzou, plus de 10 000 femmes manifestent dans la rue. A la fin de la manifestation, des échauffourées ont lieu entre des jeunes et les brigades anti-émeutes. Les rues sont barrées par des pierres et des poteaux électriques arrachés. Début d'incendie dans l'appartement d'un citoyen (Baïche), suite au jet de bombes lacrymogènes dans les appartements. Les habitants suffoqués par les gaz, fuient leurs domiciles. Des bombes lacrymogènes atterrissent dans l'enceinte de l'hôpital.

Les sièges du FLN et du RND sont incendiés par des manifestants à Bouira.

A Tazmalt (Bejaïa), la RN 26 est bloquée par des manifestants. Un café et un débit de boissons appartenant à un "élu " de la ville sont saccagés. Huit blessés sont à dénombrer.

A Tizi Rached (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes devant la brigade de gendarmerie. Les jeunes manifestants utilisent une bouteille de butane contre la brigade.

Vendredi 25 mai
En solidarité avec la population de Semaoune (Bejaïa), une dizaine de camions bondés de manifestants, arrivent de Timezrit (Bejaïa).

Troisième jour d'émeutes à Kherrata.

A Bejaia, un couple (Aribi Abdelkader, 81 ans et Aribi Yamina, 71 ans) meurt asphyxié par les gaz lacrymogènes.

A Boudjellil (Bejaïa), les manifestants incendient la kasma du FLN, la boulangerie appartenant au maire et la cantine communale.

A Feraoun (Bejaïa), des renforts de gendarmerie arrivent par hélicoptères.

A Tazmalt (Bejaïa), poursuite des émeutes. Les forces de sécurité tirent sur les manifestants : 2 morts et 7 blessés.

Des gendarmes tirent sur des manifestants à Takrietz (Bejaïa). Un enfant de 13 ans (Hafid Messalti) est tué d'une balle dans la tête, alors qu'il se trouvait devant la porte du domicile familial.

Reprise des affrontements à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Le siège de la milice communale est saccagé. Un milicien est blessé.

A Azazga, les manifestants assiègent et brûlent la brigade de gendarmerie.

A Naciria (Boumerdès), manifestation d'une centaine de jeunes citoyens à travers les rues de la ville aux cris de "pouvoir assassin ". Le commissariat de la localité est assiégé par les manifestants.

A Boghni (Tizi-Ouzou), des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes font 14 blessés dont 2 par balles. Quatre manifestants arrêtés, tabassés à la brigade de gendarmerie puis libérés…nus.

A Tizi-Ouzou, des éléments des brigades anti-émeutes lancent durant la nuit, des grenades lacrymogènes dans la cour de la cité universitaire de jeunes filles, provoquant une panique chez les résidentes.

Samedi 26 mai
Reprise des manifestations à Naciria (Boumerdès). Affrontements avec la police : plusieurs blessés dénombrés. La route menant vers Tizi-Ouzou et la capitale bloquée par les manifestants. Des grenades lacrymogènes tombent dans un collège de la ville. La route Alger-Tizi-Ouzou est bloquée par les manifestants. Un collège et la maison des jeunes sont saccagés.

A M'Chedallah (Bouira), la brigade de gendarmerie désertée par ses occupants est investie par les manifestants. Un âne, peint aux couleurs de la gendarmerie est installé sur l'autoroute et les manifestants obligent les automobilistes de passage à le saluer.

A Chorfa (Bouira), des manifestants attaquent la brigade de gendarmerie à coups de pierres. Les gendarmes tirent sur la foule : 1 mort (Benhamida El Hadj, 31 ans) et 7 blessés.

Poursuite des émeutes à Béni Douala. Le siège de la sécurité sociale est incendié.

A Tizi Ghenif (Tizi-Ouzou), une manifestation pacifique dégénère. Les manifestants incendient la daïra.

A Boghni, les manifestants incendient le parc communal. Des éléments des brigades anti-émeutes auraient investi l'hôpital. Les violents affrontements auraient fait 4 blessés par balles.

Aux Ouadhias (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes, devant la brigade de gendarmerie. Deux blessés sont à déplorer. Le siège de la sécurité sociale incendié.

Affrontements à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) entre manifestants et gendarmes. Pas de victimes.

Reprise des affrontements dans les différents quartiers de la ville de Bejaïa. Les rues sont barricadées avec des poteaux et des pneus enflammés.

Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Kherrata (Bejaïa)

A Tazmalt (Bejaïa), violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Deux jeunes manifestants tués près du siège de la daïra. Le siège de la Sonelgaz et le domicile du chef de la milice et maire (Smaïl Mira) sont incendiés, tout comme un café appartenant à un collaborateur du maire

A Akbou, de nombreuses provocations contre la population de la part de la gendarmerie et des brigades anti-émeutes sont signalées, à travers des témoignages publiés par la presse. Tentative d'instauration d'un couvre-feu à 16h, ce qui provoque la colère des jeunes. De nombreux véhicules transportant des blessés vers les hôpitaux sont interceptés et immobilisés par les gendarmes. Des commerçants sont rackettés.

Dimanche 27 mai
Une imposante marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu à Bejaïa à l'appel des comités de village. A la fin de manifestation, un groupe de manifestants saccage puis brûle une partie des locaux de la radio locale (radio Soummam).

A Sidi Aïch (Bejaïa), de jeunes manifestants s'attaquent au bar-restaurant Maâkel et à l'hôtel de la gare, hauts lieux de la débauche et de la prostitution qu'ils incendient.

Des provocations sont signalées de la part de certains éléments des brigades anti-émeutes à Naciria (Boumerdès). Gestes obscènes et tabassages de passants auraient eu lieu. Des magasins auraient été pillés par ces mêmes éléments. Deux jeunes manifestants auraient été déshabillés au commissariat et relâchés nus. Ces provocations vont entraîner la reprise des émeutes. Le domicile du chef de daïra incendié et le siège de la daïra saccagé.

Violents affrontements entre manifestants et policiers à Boumerdès-ville après les tirs de grenades lacrymogènes. Les manifestants tentent de saccager l'université et des édifices publics. Des véhicules des œuvres sociales universitaires sont incendiés.

Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Bouira : 2 blessés par balles.

A Tizi Rached (Tizi-Ouzou), la presse rapporte que des gendarmes auraient fait irruption dans le lycée et fait sortir de force les élèves qui étaient en pleine composition. Durant la nuit, les gendarmes investissent de nombreuses maisons. Des véhicules de citoyens auraient été saccagés. Le même scénario aurait été vécu à Draâ Ben Khedda et Tadmaït.

A Maâtkas (Tizi-Ouzou), les manifestants incendient le siège du FLN.

A Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou), les manifestants incendient le siège de la Sonelgaz.

A Aïn El Hammam, reprise des affrontements devant le siège de la brigade de gendarmerie : 4 blessés.

A Iferhounène (Tizi-Ouzou), des grenades lacrymogènes atterrissent dans la cour d'une école, provoquant une panique chez les écoliers. De jeunes manifestants essuient des tirs devant la brigade de gendarmerie. Devant cette provocation, ils incendient le nouveau siège de la gendarmerie.

A Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou), poursuite des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Le siège de la gendarmerie est assiégé et attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. On dénombrerait après 48 heures d'affrontements, une dizaine de blessés.

Emeutes à Taghzrour et Ath Laaziz (Bouira).

A Bechloul (Bouira), manifestation de jeunes citoyens : 2 blessés

A Haïzer (Bouira), les manifestants incendient pratiquement tous les édifices publics ainsi que les sièges du FLN et du RND.

A El Asnam (Bouira), la recette des impôts est incendiée par des manifestants.

Lundi 28 mai
Violents affrontements à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou). La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants. Les gendarmes tirent sur la foule : 1 mort (Boughrara Arezki, 28 ans) et plusieurs blessés. Un autre citoyen décède par asphyxie, suite à l'inhalation de gaz lacrymogènes. Après avoir assiégé la brigade de gendarmerie, les manifestants investissent le campement de la milice communale. Des armes auraient été dérobées.

Aux Issers (Boumerdès), les manifestants bloquent la route menant vers Alger.

Violents affrontements à Bouira entre manifestants et brigades anti-émeutes : 1 blessé par balles. Le bilan provisoire des dernières émeutes serait d'un mort et de 13 blessés.

Violents affrontements à Tadmaït. Des manifestants foncent sur le siège de la gendarmerie avec un poids lourd. Les routes sont bloquées à l'aide de barricades. Les gendarmes tirent sur les manifestants : 2 morts (Akkouche Abderrahmane et Hamidechi Mohamed) et 4 blessés.

A Boghni (Tizi-Ouzou), des témoignages font état d'arrestations de jeunes citoyens qui seraient tabassés au commissariat, puis relâchés nus dans la rue.

Violentes échauffourées entre étudiants et brigades anti-émeutes à l'université de Bouzaréah (Alger). De nombreux blessés sont à déplorer.

Mardi 29 mai
Poursuite des émeutes à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Barricades et échauffourées entre manifestants et brigades anti-émeutes. Des édifices publics et la salle de sport incendiés.

A Tadmaït, les échauffourées font un mort parmi les manifestants (Hamouda Mohamed).

A Mechtras, près de Boghni (Tizi-Ouzou), des manifestants assiègent la brigade de gendarmerie et incendient le restaurant d'un particulier, soupçonné de ravitailler les gendarmes : 2 blessés.

La brigade de gendarmerie de Tizi-Ouzou est attaquée par les manifestants à l'aide de cocktails Molotov.

A Boudjima (Tizi-Ouzou), le vice président de l'APC est poignardé par des manifestants.

A Alger, 2000 étudiants organisent une marche à partir de l'Université de Bouzaréah vers le Palais du "gouvernement ".

Manifestation des professionnels de la santé dans la ville de Bejaïa pour dénoncer la répression.

A Sidi Aïch (Bejaïa), poursuite des manifestations et des affrontements entre jeunes citoyens et brigades anti-émeutes : 11 blessés. Le tribunal est saccagé.

Poursuite des affrontements à Naciria (Boumerdès). La route menant vers Tizi-Ouzou est bloquée par les manifestants. Trois véhicules de police sont incendiés. Le bilan de deux jours d'émeutes s'élèverait à 20 blessés.

Mercredi 30 mai
Reprise des affrontements à Tizi-Ouzou, après une marche des professionnels de la santé.

Affrontements à Haïzer (Bouira) suite à l'arrivée de renforts de gendarmerie dans la ville. De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : un blessé parmi les manifestants.

Echauffourées au quartier Lekhmis de Bejaïa entre manifestants et les brigades anti-émeutes devant le siège de la brigade de gendarmerie.

Des manifestants d'Ighil Ali et d'Aït Rzine (Bejaïa) bloquent la RN 26 au lieudit Allaghane

A Akfadou, un sit-in de citoyens se termine par des émeutes qui dureront toute la nuit : un blessé. Le parc communal de la mairie et la recette des impôts sont incendiés.

Reprise des émeutes à Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou). Les manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie en jetant à l'intérieur, une bouteille de butane et des cocktails Molotov : 5 gendarmes grièvement blessés. Le siège de la milice communale attaquée.

A Tirmitine, près de Draa Ben Khedda, affrontement entre manifestants et gendarmes : 1 mort et plusieurs blessés.

Affrontements à Aïn El Hammam entre manifestants et gendarmes devant la brigade de ces derniers : 5 blessés.

Une marche pacifique dégénère à Dellys (Boumerdès). La recette des impôts est partiellement incendiée et le tribunal saccagé.

Les accès de la localité d'Aït Noual Mzada (Sétif) sont fermés par les manifestants qui assiègent la mairie. Le maire et ses adjoints prennent la fuite.

Jeudi 31 mai
Près de 200 000 manifestants participent à la marche organisée par le FFS à Alger. A leur arrivée à la place des Martyrs, ils sont accueillis à coups de pierres par des jeunes de la Casbah et de Bab El Oued. Les brigades anti-émeutes n'interviennent qu'une heure après. Près de l'Amirauté, un militaire blesse grièvement par balle un jeune manifestant (Hanniche) qui mourra quelques jours plus tard.

Un communiqué du commandement de la gendarmerie annonce l'arrestation de deux gendarmes à Draa Ben Khedda et d'un militaire de l'Amirauté d'Alger pour "usage abusif de leurs armes ".

Descente punitive de gendarmes dans la ville de Fréha (Tizi-Ouzou) : plusieurs véhicules en stationnement et des locaux commerciaux saccagés, des passants tabassés.

50 000 personnes participent à une marche pacifique à Amizour (Bejaïa) à l'occasion du 40e jour de la mort des jeunes manifestants de la ville sous les balles des gendarmes. A la fin de la marche, des manifestants s'attaquent au tribunal et dressent des barricades.

Vendredi 1er juin
Marches pacifiques à Seddouk et El Kseur (Bejaïa).

Samedi 2 juin
Près de 400 jeunes citoyens manifestent dans les rues de Tigzirt (Tizi-Ouzou). 3 citoyens arrêtés et tabassés par des gendarmes.

Dimanche 3 juin
Près de 10 000 personnes manifestent pacifiquement à Souk El Thenine (Bejaïa) criant des slogans contre le pouvoir.

Reprise des affrontements à Azazga, durant toute la nuit : 2 blessés.

Lundi 4 juin
Marche pacifique de plusieurs milliers de femmes dans les rues de Bejaïa.

Près de 3000 femmes manifestent pacifiquement à Azazga.

10 000 personnes manifestent pacifiquement aux Ouadhias.

Poursuite des affrontements à Azazga entre manifestants et brigades anti-émeutes.

Mardi 5 juin
Poursuite des affrontements à Azazga. Les routes sont barricadées par les jeunes manifestants. Echanges de pierres et de grenades lacrymogènes.

Mercredi 6 juin
Imposante marche de citoyens de la ville d'Akbou avec dépôt de plaintes des familles des victimes de la répression au niveau du tribunal de la ville.

Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Azazga (Tizi-Ouzou).

Emeutes aux Ouacifs (Tizi-Ouzou), suite à la mort du secrétaire général de la daïra, fonctionnaire très respecté par la population. De nombreux édifices publics sont incendiés (daïra, impôts, hydraulique, domicile du chef de daïra, relais téléphonique).

Jeudi 7 juin
Répondant à l'appel d'une dite "coordination nationale pour la défense des libertés démocratiques " quelques centaines de manifestants sont réprimés au niveau de la place du 1er mai d'Alger par les brigades anti-émeutes. Quelques blessés légers sont à déplorer.

Des milliers de citoyens organisent une marche pacifique à Sidi Aïch (Bejaïa).

Affrontements durant la soirée entre jeunes citoyens et brigades anti-émeutes, à Azazga

Samedi 9 juin
un militaire est lynché à Tizi-Ouzou par de jeunes citoyens. Il décédera le lendemain à l'hôpital militaire d'Alger.

Echauffourées à Seddouk (Bejaïa) entre jeunes manifestants et gendarmes : 4 blessés.

Dimanche 10 juin
Extension des émeutes à la ville de Khenchela (Aurès). Suite à la provocation d'un sergent-chef de l'armée contre une jeune fille d'un des quartiers de la ville, de jeunes manifestants se soulèvent, dressent des barricades et saccagent de nombreux édifices publics. Plusieurs blessés sont à déplorer suite aux échauffourées avec les brigades anti-émeutes.

Lundi 11 juin
Reprise des émeutes à Khenchela La mairie, la recette des impôts, la CRMA et deux magasins (grandes surfaces) incendiées. La ville offre un triste spectacle de désolation : barricades jonchant les rues et nombreux édifices calcinés. Une femme touchée par "une balle perdue " décède à l'hôpital (Mme Zekkar Fatiha, mère de famille). De sources hospitalières, on dénombre près de 80 blessés dont 5 dans un état jugé sérieux.

A Skikda, suite à des incidents survenus lors du match de l'équipe locale avec l'USMAlger, des supporters skikdis sortent dans la rue et sont rapidement rejoints par une partie de la population, scandant des slogans contre le pouvoir et saccageant des édifices publics.

Mardi 12 juin
Poursuite des manifestations de jeunes à Khenchela. Le siège de la wilaya où se trouvent deux "ministres " (Intérieur et travaux publics) est bombardée de pierres par les manifestants.

Emeutes à Dirah, localité située à une vingtaine de kilomètres de Sour El Ghozlane (Bouira). La RN 8 est barrée par les manifestants. La mairie est détruite. Pylônes électriques et lampadaires sont saccagés.

Une marche pacifique de solidarité avec les citoyens de Khenchela tourne à l'émeute à Aïn Kercha (Oum El Bouaghi). Violentes échauffourées avec les brigades anti-émeutes.

Une marche des étudiants en médecine est réprimée devant l'hôpital Mustapha d'Alger. Les manifestants qui devaient marcher sur le palais du "gouvernement " sont bloqués et chargés par les brigades anti-émeutes : 20 blessés.

Dans la localité de Henchir Toumghani, dans la commune de Aïn Kercha (Oum El Bouaghi), les manifestants saccagent la mairie, la poste et un dispensaire.

A Aïn Fekroun (Oum El Bouaghi), les émeutiers détruisent la poste, une pharmacie d'Etat et un dispensaire.

A Dalaâ (Oum El Bouaghi), les manifestants s'attaquent aux édifices publics : poste, agence pharmaceutique d'Etat, mairie et daïra sont détruites. Les résidences du maire et du secrétaire général de la mairie sont pillées.

Mercredi 13 juin
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes dans plusieurs quartiers de la ville de Bejaïa. Installation de plusieurs barricades dans les rues. L'hôtel des finances est attaqué à coups de pierres et incendie d'un véhicule. Pas de victimes.

Poursuite des émeutes à Aïn El Fekroun (Oum El Bouaghi) : 24 blessés dont certains par balles. Huit cas jugés graves, évacués vers l'hôpital de Constantine.

A Maâchi, près de Khenchela, les manifestants incendient une entreprise publique.

Jeudi 14 juin
Gigantesque manifestation à Alger à l'appel de la coordination des ourouch (villages et tribus) de certaines wilayas du pays. Des centaines de milliers de manifestants déferlent à partir de la foire d'Alger vers la place du 1er mai. De violents affrontements ont lieu à partir de 13 heures lorsque des manifestants décident de forcer l'impressionnant barrage policier, pour se diriger vers la présidence de la République. Echanges de grenades lacrymogènes et de coups de pierres. Au même moment, apparaissent de très nombreux casseurs en plusieurs points qui s'attaquent à des cibles bien précises (Régie des transports publics d'Alger, édifices publics, certaines zones du port, gare routière….). La marche tourne alors à l'émeute. Bilan : 4 morts et plus de 300 blessés. Près de 350 manifestants sont portés disparus.

Des contre-manifestants surgissent dans le quartier de Belouizdad, sous le regard de la police. Des scènes de lynchage sont observées en plusieurs points. De nombreux manifestants venus de Kabylie sont pourchassés. On dénombre près de 300 arrestations. Deux cadavres de manifestants tués par armes blanches sont découverts à El Harrach.

De nombreuses colonnes de fumée s'élèvent à la place du 1er mai, au Caroubier et au port d'Alger.

Des émeutes éclatent à Bejaïa, suite aux informations parvenues d'Alger (répression de la marche). Des barricades sont dressées dans plusieurs quartiers de la ville. L'agence touristique (ONAT), le bureau de l'APS et le siège de l'ENTMV (transports maritimes) sont saccagés.

A Tazmalt (Bejaïa), les manifestants incendient la cafétéria du maire-adjoint de la ville et d'un atelier de menuiserie.

Emeutes à Tizi-Ouzou, au retour des manifestants d'Alger. La brigade de gendarmerie est attaquée à coups de pierres.

A Azazga et Béni Douala (Tizi-Ouzou), les manifestants attaquent les brigades de gendarmerie.

Marche silencieuse à Boghni (Tizi-Ouzou) d'un millier de citoyens, à leur retour d'Alger. Pas d'incidents.

Emeutes à Amoucha et Tizi N'Béchar (Sétif). Des édifices publics et des véhicules de l'administration sont incendiés par des manifestants.

Vendredi 15 juin
Poursuite des émeutes à Bejaïa. Deux jeunes manifestants circulant à bord d'une moto sont percutés par un véhicule banalisé de la police : un mort (Serraye Hafnaoui, 30 ans) et un blessé grave.

La gare ferroviaire de Béni Mansour (Sétif) est saccagée par les manifestants. Une partie des bureaux est incendiée.

A Amoucha (Sétif), les manifestants tentent d'incendier la brigade de gendarmerie. Le parc auto de la mairie est saccagé.

A Ouled Adouane, près de Aïn Kebira (Sétif), un milicien tire sur un groupe de citoyens : 4 blessés, évacués sur l'hôpital de Sétif

A Azazga (Tizi-Ouzou), la brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants.

A Maâtkas (Tizi-Ouzou), l'entreprise publique des eaux (EPETO) et un magasin de la mairie sont incendiés.

Samedi 16 juin
Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Bejaïa, après l'enterrement de la victime de la veille (Serraye Hafnaoui, percuté par le véhicule d'un policier). Les manifestants se dirigent vers la cité de la police où habite le meurtrier présumé. L'immeuble est saccagé et vidé de ses meubles qui sont incendiés. Une partie du rectorat de l'université est saccagée. Les rues des différents quartiers sont barricadées. La brigade de gendarmerie est assiégée. L'hôtel des finances, le central téléphonique, la maison de la culture et de nombreuses entreprises de la zone industrielle sont détruits.

A Amizour (Bejaïa), le tribunal est incendié par les manifestants.

A Akbou (Bejaïa), le tribunal, le siège de l'organisation des anciens combattants (ONM) et de l'UGTA sont incendiés.

Reprise des émeutes à Tizi-Ouzou après l'enterrement du jeune Toufik Naamane (écrasé la veille par un véhicule banalisé au Hamiz, lors de la marche d'Alger). Les affrontements éclatent pratiquement dans tous les quartiers de la ville. De nombreuses barricades sont érigées dans les rues. De véritables batailles rangées sont engagées entre policiers et manifestants. Un camion chasse-neige des brigades anti-émeutes est incendié. Des dizaines de blessés sont à déplorer. Un élément des brigades anti-émeutes est tué, écrasé par un camion chasse-neige. Le groupement de gendarmerie est assiégé par les manifestants. 34 blessés.

A Yakouren, le siège de la brigade de gendarmerie est attaqué par de jeunes manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie sont brûlés.

Poursuite des émeutes à Azazga (Tizi-Ouzou). Les rues de la ville sont barricadées. De jeunes manifestants tendent de donner l'assaut à la brigade de gendarmerie.

A Mekla, Tigzirt et Boudjima (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes.

A Chamora (Batna), des manifestants scandant des slogans contre le pouvoir, se dirigent vers la mairie et la daïra qui sont incendiées. Pas de victimes.

A Aïn Kebira (Sétif), des manifestants, scandant des slogans contre le pouvoir, s'en prennent aux édifices publics de la ville (poste, caisse de sécurité sociale). Pas de victimes.

A Aït Braham, près de Béni Ouartilane (Sétif), une dispute entre un groupe de jeunes citoyens et un indicateur provoque l'intervention des gendarmes, entraînant un embrasement du village. La brigade de gendarmerie est assiégée par les villageois et partiellement saccagée. Riposte des gendarmes à l'aide de grenades lacrymogènes. On dénombre 20 blessés évacués vers le centre de soins de Béni Ouartilane.

A Aïn Naga (Biskra), de jeunes manifestants bloquent la route à l'aide de troncs d'arbres.

A Annaba, des émeutes éclatent au centre-ville. De jeunes manifestants scandent des slogans contre le pouvoir. De nombreux édifices publics et magasins privés sont saccagés et pillés. Deux bus de l'Université sont incendiés. On déplore un mort (un enfant) et plusieurs blessés.

A Tébessa, scènes d'émeutes dans la ville qui est mise à feu par les jeunes révoltés. Le siège de la direction générale d'ELATEX (société publique de textiles), la direction des impôts et le cinéma Le Maghreb sont incendiés. Le cabaret El Kahina et ses annexes, lieu de débauche de la ville, est totalement détruit par un incendie. On déplore plusieurs blessés.

A Haïzer (Bouira), reprise des affrontements. Des manifestants assiègent la brigade de gendarmerie, suite à la réapparition d'un chef de brigade honni par la population. Des barricades sont dressées dans les rues du village. Le campement des miliciens de la garde communale est pris d'assaut par des manifestants. Le véhicule des miliciens est incendié. Les véhicules du chef de daïra et de la mairie subissent le même sort. Arrivée dans la nuit, de renforts de la gendarmerie.

Dimanche 17 juin
Violents affrontements à Azazga (Tizi-Ouzou). On déplore, après 48 heures d'échauffourées, plus de 20 blessés.

Reprise des affrontements dans la ville de Tizi-Ouzou. Des gendarmes et des CNS provoqueraient les citoyens selon les témoignages rapportés par la presse. Des barricades sont dressées dans de nombreux quartiers. De véritables batailles rangées ont lieu entre manifestants et brigades anti-émeutes. Le siège du FFS est détruit.

A Tassaft (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre gendarmes et manifestants à coups de grenades lacrymogènes et de cocktails Molotov. Des blessés sont à dénombrer.

A Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou), affrontements sanglants entre manifestants et gendarmes. Un gendarme tué et quatre autres blessés. On note plusieurs blessés parmi les manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie sont incendiés.

Violentes échauffourées dans plusieurs quartiers de la ville de Bejaïa. Le siège de la gendarmerie est attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. Des bureaux de la wilayas sont incendiés. Des dépôts de vins et de tabac sont saccagés et pillés. Des manifestants poursuivent les pilleurs.

Violents affrontements à Akbou (Bejaïa) entre gendarmes et manifestants. On déplore 20 blessés.

A Aït Braham, près de Béni Ouartilane (Sétif), poursuite des affrontements avec la gendarmerie. Une partie de la brigade prend feu. Plusieurs blessés sont à déplorer de part et d'autre. Deux gendarmes brûlés par des cocktails Molotov.

A Tébessa, après la violente révolte de la veille, les manifestants tentent de se regrouper et de rejoindre le siège de la wilaya. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.

A Chréa et Bir El Ater (Tébessa), des dizaines de jeunes manifestants sortent dans la rue, manifester leur opposition au pouvoir. La poste et l'hôtel El Djorf de Chréa sont saccagés.

Reprise des émeutes à Annaba. Apparition de pilleurs qui sont pourchassés par les commerçants, armés de gourdins et de barres de fer.

A Chetaïba Mokhtar (Annaba), les manifestants mettent le feu à un bain maure, à la résidence du maire, à la poste et à la gare ferroviaire. La route reliant Annaba à Souk Ahras est bloquée par des barricades. Le siège du FLN est saccagé.

Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Dréan (El Tarf). Les manifestants saccagent la foire du centre-ville puis s'attaquent à la brigade de gendarmerie.

Vent de panique à Souk Ahras. Des inconnus à bord de véhicules banalisés sillonnent les rues pour annoncer des émeutes éminentes puis disparaissent. Les commerces ferment. Un groupe de jeunes émeutiers armés de barres de fer apparaissent et s'en prennent à la société publique des tabacs (SNTA) pour la saccager. Les employés de la société résistent farouchement et font fuir les émeutiers Le siège de la daïra et la mairie sont attaqués par des jets de pierre. Il semblerait, selon de nombreux témoignages, qu'il s'agirait d'une manipulation de certains cercles pour provoquer un affrontement entre citoyens. La même manoeuvre a été observée à Annaba, Constantine, Batna……

A Berrahal (Annaba), de jeunes citoyens révoltés incendient la mairie, le siège du trésor, la poste, la recette des impôts et plusieurs magasins, après avoir bloqué les toutes. Deux policiers et le chef de daïra blessés.

Des centaines de manifestants sortent dans la rue à Guelma. Pas de dégâts ni victimes.

A Tébessa, les manifestants saccagent le cinéma, la poste et l'auberge de la jeunesse. D'autres émeutiers utilisent un tracteur pour tenter de défoncer le portail de la wilaya.

A Tazmalt (Bejaïa), des citoyens occupent de force des logements non encore attribués.

Dans la wilaya de Bouira, des centaines de logements non attribués sont investis par les manifestants pour les habiter.

A Béni S'Rour, près de Bou Saâda (M'Sila), des centaines de manifestants dressent des barricades et s'attaquent à des édifices publics. L'APC, la daïra et le parc communal ont été saccagés. Le chef de daïra est blessé suite aux jets de pierres. L'hôtel de la ville, propriété du maire est saccagé par les manifestants. On déplore 10 blessés.

Des rumeurs de soulèvements sont propagées dans la ville de Constantine, de Batna et d'El Eulma, rappelant étrangement celles du 5 octobre 88. Des scènes de panique sont observées à Constantine, où des magasins sont fermés.

Le FFS publie une liste de 130 disparus lors de la marche du 14 juin à Alger.

Lundi 18 juin
Poursuite des affrontements entre manifestants et gendarmes à Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou).

A Maâtkas (Tizi-Ouzou), un gendarme grièvement blessé lors d'affrontements avec les manifestants.

Violents affrontements à Tizi-Ouzou. Plusieurs quartiers sont le siège de barricades et d'accrochages avec les brigades anti-émeutes. Ce qui reste de l'hôtel des finances est détruit par un nouvel incendie. L'hôpital de Tizi-Ouzou est submergé de blessés. Plus de 80 durant les dernières 24 heures. Ouverture d'un centre de soins au niveau du sous-sol de la mairie de la ville. De nombreux témoins font état à la presse nationale et internationale, d'expéditions punitives dans la ville, de gendarmes armés de barres de fer et de couteaux, contre les citoyens, pillant et saccageant les magasins. Un enfant de 15 ans aurait été sauvagement agressé publiquement.

A Tigzirt (Tizi-Ouzou), affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 4 manifestants grièvement blessés. Le cadavre d'un policier aurait été découvert sur la plage.

A Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Un transport de troupes (BMP) est incendié par les manifestants qui ont pu pénétrer dans la cour de la brigade. Ces derniers organisent, durant la nuit, une action punitive. Des commerces sont saccagés selon les témoins.

A Béni Yenni, un jeune manifestant blessé par balles lors des affrontements avec la gendarmerie.

A Boghni (Tizi-Ouzou), les manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. Un gendarme est grièvement blessé suite à une chute accidentelle du toit de la brigade. Plusieurs véhicules de la gendarmerie sont incendiés. Le stock d'alimentation et d'habillements est dévasté. On dénombre 20 blessés parmi les manifestants.

Poursuite des affrontements à Seddouk (Bejaïa). Dix mille manifestants se massent devant le commissariat de la ville pour réclamer le départ des CNS (brigades anti-émeutes). Plusieurs blessés sont à dénombrer après 5 jours consécutifs d'émeutes.

Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Akbou (Bejaïa) : 4 morts (Arezoug Slimane, Nekali Abderrahmane et Mesbah) et un CNS et 80 blessés. Des CNS auraient occupé l'hôpital de la ville. Les médecins, devant l'afflux des blessés, lancent un appel pour des dons de sang.

Des citoyens révoltés occupent près de 200 logements non attribués à M'Chedallah (Bouira).

A Aomar (Bouira), les manifestants barricadent la route nationale (RN5). La mairie, les sièges du FLN et du RND sont incendiés. Des magasins sont saccagés. Des racketteurs apparaissent sur la route nationale, prenant pour cibles, les automobilistes.

Des émeutes sont signalées à Ahnif, El Asnam, Haïzer et Raffour (Bouira) où les routes sont coupées.

A Haïzer (Bouira), une descente punitive nocturne est organisée par les gendarmes arrivés en renforts contre les manifestants : 5 blessés. Cette provocation entraîne l'arrivée de dizaines de jeunes citoyens des villages avoisinants pour affronter les gendarmes.

A Aïn M'lila (Oum El Bouaghi), des citoyens occupent des logements non attribués. D'autres assiègent la mairie puis s'en prennent au domicile et aux magasins du maire qui sont saccagés puis brûlés. Les fils du maire tirent sur les manifestants avant de prendre la fuite : 36 blessés dont deux atteints grièvement aux yeux ont été évacués sur l'hôpital de Constantine. La cafétéria appartenant au maire-adjoint est également détruite par un incendie. D'autres magasins appartenant aux autres "élus " de la ville sont pillés puis brûlés. Aucun édifice public n'a été touché par les manifestants qui s'en prenaient qu'aux biens des autorités corrompues.

A Ouled Attia (Skikda), des dizaines de jeunes cagoulés munis de gourdins s'attaquent aux édifices du village. Le siège des anciens combattants (ONM), le parc automobile de la mairie avec 4 camions, la coopérative de la mairie et la Sonelgaz sont détruits par les émeutiers.

A Tébessa, des de manifestants tentent de s'attaquer à certains édifices publics et commerces. Ils sont repoussés par des employés de la wilaya et des commerçants armés de gourdins et de barres de fer.

A Aïn Touta (Batna), des manifestants saccagent la mairie et incendient les véhicules des responsables locaux.

A Aïn Yagout (Batna), les manifestants bloquent la route Batna- Constantine.

Mardi 19 juin
Violents affrontements à Tizi-Ouzou devant le groupement de gendarmerie qui est attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. Arrivée d'importants renforts de CNS. Pluie de grenades lacrymogènes. Toutes les rues principales de la ville sont bloquées pour freiner la progression des brigades anti-émeutes.

Reprise des affrontements à Boghni (Tizi-Ouzou) autour de la brigade de gendarmerie. Des véhicules de la brigade incendiés. Des tirs d'armes automatiques sont entendus. On dénombre 37 blessés dont 3 grièvement atteints.

A Frikat, près de Draa El Mizan, affrontements entre manifestants et gendarmes. Le jeune Bestani Mourad, 19 ans est blessé par balles au genou.

A Makouda (Tizi-Ouzou), les jeunes manifestants attaquent un convoi de la gendarmerie venu en renfort, provoquant de violents affrontements : 13 blessés, dont 3 atteints grièvement sont évacués sur Tizi-Ouzou.

Aux Ouadhias (Tizi-Ouzou), 4e jour d'affrontements entre manifestants et gendarmes. Des blessés sont à déplorer.

Violents affrontements à Larbaâ Nath Irathen. Un jeune manifestant (Lamini Samir), 19 ans, meurt écrasé par un camion de la gendarmerie.

A Aïn El Hammam (Tizi-Ouzou), les manifestants brûlent le tribunal et la recette des contributions. La brigade de gendarmerie est assiégée. Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 60 blessés dont 3 par balles.

A Azazga (Tizi-Ouzou), les affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes font 35 blessés.

A Draâ El Mizan (Tizi-Ouzou), affrontements devant la brigade de gendarmerie : 50 blessés dont une dizaine de gendarmes.

A Tigzirt, les manifestants dressent de nombreuses barricades sur les rues principales et attaquent la brigade de gendarmerie. Une dizaine de locaux commerciaux auraient été pillés et saccagés par des gendarmes selon les témoignages de citoyens à la presse.

A Tizi Rached (Tizi-Ouzou), une expédition punitive aurait été organisée par des gendarmes. Des actes de pillages et de saccages ont été signalés par de nombreux témoins.

A Béni Yenni (Tizi-Ouzou), les manifestants tentent de détruire à l'aide d'une pelleteuse, le casernement des miliciens de la garde communale. Les miliciens seront évacués par la suite par des militaires vers un lieu plus sûr. Les affrontements auraient fait 18 blessés. Selon des témoignages de citoyens à la presse nationale et internationale, des gendarmes auraient pillé et saccagé trois locaux commerciaux au lotissement Adel.

Reprise des émeutes à Béni Douala (Tizi-Ouzou), après l'enterrement du jeune Becha Massinissa. De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. De violents affrontements s'en suivent.

A Tazmalt (Bejaïa), les manifestants incendient le siège des anciens combattants (ONM). La RN 26 est bloquée. Le siège de la gendarmerie est attaqué à l'aide de cocktails Molotov. Arrivée de renforts de la gendarmerie qui occupent la ville.

A Ouzellaguen (Bejaïa), affrontements entre manifestants et gendarmes. La brigade de gendarmerie est assiégée : un gendarme grièvement blessé.

A Akbou, le quartier du 1er novembre est l'objet, durant la nuit de scènes de pillages des locaux commerciaux et domiciles. C'est le cas des magasins de la famille Bedjou, le domicile de Belkadoum, le magasin d'alimentation générale de Tigrine Mahmoud, la boucherie de Amri Hamimi. Selon les témoignages des victimes, les auteurs de ces actes seraient des CNS.

A Aïn M'lila, les manifestants continuent à s'attaquer aux biens des corrompus de la ville. Plusieurs magasins sont pillés et incendiés. Après plusieurs jours d'émeutes, aucun édifice public n'est touché. La villa du "sénateur " RND (un certain Berkane Bouzid) fortement protégée par les CNS, est assiégée par les manifestants. La route menant vers Constantine est barricadée.

A Batna, des rumeurs d'émeutes avaient été propagées durant toute la semaine écoulée. De jeunes manifestants des quartiers populaires descendent vers le centre-ville. L'agence de la CNEP, l'agence des transports des voyageurs et le siège de la radio locale sont attaqués à coups de pierres. L'antenne de la mairie de Z'mala et la société aurassienne de distribution des équipements domestiques (SADED) sont pillés puis saccagés.

A Elma Labiod, Boukhadra et El Kouif (Tébessa), échauffourées entre manifestants et brigades anti-émeutes : 2 manifestants grièvement blessés.

A Bouira, très vive tension. La route nationale 5 est bloquée par des barricades. Deux centres d'impôts sont incendiés. 23 blessés dont 7 policiers.

A El Asnam (Bouira), le passage d'un convoi de gendarmes sur la RN 5, provoque de violents affrontements avec les citoyens. Ces derniers assiègent la brigade de gendarmerie et prennent pratiquement le contrôle du village.

A M'Chedallah (Bouira), les manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. Deux véhicules sont incendiés. Des blessés sont à dénombrer. Les sièges de deux sociétés publiques (EDIMCO et ERIAD) sont saccagés.

A Haïzer (Bouira) poursuite des émeutes, après la descente punitive des gendarmes de la veille. De nombreux manifestants sont arrêtés.

A Béni Amrane (Boumerdés), de jeunes citoyens bloquent la route nationale entre Alger et Bouira (RN5).

A Béni Mansour (Sétif), des affrontements ont eu lieu durant la soirée entre manifestants et gendarmes. La brigade est assiégée et attaquée à coups de cocktails Molotov et de pierres.

A Téleghma (Mila), de jeunes manifestants en furie détruisent la mairie, la Sonelgaz, le siège de la daïra, la recette communale ainsi que les logements du maire et de l'ex-DEC (maire désigné après le coup d'Etat de 1992). Les véhicules de certains fonctionnaires de la ville sont incendiés. Le siège des anciens combattants (ONM) et du FLN sont saccagés. Le mobilier, sorti dans la rue est incendié. Le magasin de la société nationale des textiles (Inditex) est pillé par les manifestants. Un ex-directeur de la recette communale tire sur les manifestants qui voulaient s'attaquer à son domicile : 2 blessés.

Mercredi 20 juin
A Mekla (Tizi-Ouzou), affrontements entre manifestants et gendarmes. Un jeune manifestant (Kerfoun Farid) est grièvement blessé au visage.

A Tizi-Ouzou, poursuite des affrontements. Un appartement prend feu au quartier Les Genêts, suite au lancement d'une grenade lacrymogène. De nombreux quotidiens rapportent des scènes de provocation des CNS contre la population (viols de domiciles, menaces, obscénités, lynchage de jeunes manifestants, pillage de magasins).

A Fréha (Tizi-Ouzou), affrontements entre manifestants et gendarmes, suite à une tentative de ces derniers à forcer les rideaux de certains commerces selon des témoignages de citoyens à la presse.

Poursuite des émeutes à Tigzirt. On dénombre 18 blessés.

A Akbou, des milliers de personnes participent à l'enterrement au cimetière des Martyrs, des deux jeunes victimes tuées lundi 18 juin. A la fin de l'inhumation, la foule se dirige vers le commissariat de police en scandant "Farid assassin " (nom du policier qui aurait tué le jeune Mesbah). La police réplique par des grenades lacrymogènes.

A Ouzellaguen (Bejaïa), 30 CNS blessés dont 6 dans un état grave, suite à l'attaque de la brigade de gendarmerie de la ville.

A Guenzet (Sétif), la route menant vers Bougaâ est bloquée par les manifestants. La mairie, la daïra et la brigade de gendarmerie sont incendiés.

Poursuite des émeutes à El Asnam (Bouira). On dénombre 4 blessés.

Les affrontements se poursuivent à Bouira-ville après l'interdiction d'une marche vers la wilaya : 9 blessés.

A Oumache (Biskra), des manifestants barricadent la route à l'aide de pneus brûlés et de blocs de pierres. Les sièges de l'union des paysans (UNPA), du FLN et d'un club privé appartenant à un proche du maire sont saccagés. Pas d'affrontements avec les forces de l'ordre.

A Bordj Ménaïel (Boumerdès), une marche pacifique chargée par des CNS à coups de grenades lacrymogènes, dégénère et se termine par de violents affrontements.

A El Harrouch (Skikda), des manifestants bloquent la route nationale (RN 3). Destruction d'un café.

A Salah Bouchaour (Skikda), des rumeurs d'émeutes étaient distillées par des inconnus depuis dimanche, entraînant un climat de psychose dans la région. De jeunes manifestants bloquent la route nationale puis s'attaquent au marché de gros de fruits et légumes qui est pillé et occupent la mairie.

Pour la première fois, on signale des manifestations dans certaines villes de l'Ouest algérien, jusque là épargnées par le vent de révolte :

A Méraïne (Chlef), une centaine de manifestants assiège la mairie qui est bombardée de pierres. Les jeunes contestataires réclament le départ des élus locaux. Un véhicule appartenant à la mairie est incendié.

A Hamadia (Tiaret), de jeunes citoyens tentent de marcher vers la daïra. Ils sont rapidement bloqués. La marche se transforme en un sit-in.

Jeudi 21 juin
Suite aux expéditions punitives des gendarmes et du pillage nocturne des commerces, les jeunes habitants des villes et villages de la wilaya de Tizi-Ouzou s'organisent en comités de vigilance. Ils organisent dans leurs quartiers des rondes de surveillance. De très nombreux actes de vandalisme sont signalés dans les villes et villages (Tizi-Ouzou, Draa Ben Khedda, Tadmaït, Makouda, Tizi Rached….). Certains incriminent les gendarmes et les forces spéciales, d'autres, des groupes de délinquants qui profiteraient du climat de révolte.

Des témoignages concordants signalent le départ de plusieurs familles qui auraient fui leurs domiciles, suite aux menaces et au climat de terreur instauré par les expéditions punitives nocturnes. C'est principalement le cas du village de Tizi Rached.

Emeutes aux Issers (Boumerdés). De violents affrontements se sont produits entre manifestants et brigades anti-émeutes.

A Naciria (Boumerdés), des milliers de citoyens se rassemblent au stade de la ville pour élire les membres des comités de villages. La ville est paralysée depuis 2 jours par la grève.

A Tizi-Ouzou-ville, un calme précaire règne après six jours d'émeutes.

A Draâ El Mizan (Tizi-Ouzou), de violents affrontements ont lieu au centre-ville entre manifestants et gendarmes. Des centaines de manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : 2 morts par balles (Didouche Ferhat et Khelfoun Kamal) et 20 blessés dont de nombreux dans un état très grave.

A Boghni (Tizi-Ouzou), des émeutes très violentes font 4 blessés par balles.

A Makouda, Béni Douala, Maâtkas, Azazga, et les Ouadhias, de violents affrontements ont lieu entre gendarmes et manifestants devant des brigades assiégées.

A Azzeffoun (Tizi-Ouzou), les manifestants barricadent les principales rues et assiègent la brigade de gendarmerie à coups de pierres et de cocktails Molotov. Une vingtaine de gendarmes blessés dont certains grièvement. Contre-attaque des gendarmes à coups de grenades lacrymogènes, dont certaines atterrissent dans la cour de l'hôpital. La ville est transformée en un véritable champs de bataille. Des témoignages rapportés par la presse font état d'expédition punitive des gendarmes à la cité La Montagne (vieille cité) ce qui a provoqué une réaction violente des citoyens.

A Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou), la brigade de gendarmerie est à nouveau attaquée par les manifestants, lui causant des dégâts très importants.

A Tadmaït (Tizi-Ouzou), de jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie à coups de pierres et de cocktails Molotov.

Des milliers de citoyens participent à l'inhumation des victimes de la répression (Chekal Rachid, Mesbah Abdelkrim et Haya Noureddine) respectivement à Tigrine, Guendouz et Ighzer Amokrane, dans la wilaya de Bejaïa.

A Guenzet (Sétif) et à l'annonce de la mort d'un enfant de 13 ans (Yakoub Lyés), grièvement blessé lors des émeutes de la veille, des manifestants venus des villages avoisinants, attaquent la brigade de gendarmerie. Deux bus de la mairie et des garages de cette dernière sont incendiés. La route nationale est bloquée par les émeutiers. Des milliers de citoyens accompagnent la jeune victime au cimetière de Taourirt Sidi Yacoub.

A Sétif-ville, des rumeurs de marche circulent depuis la matinée dans la ville, créant un climat de panique, plus particulièrement chez les commerçants qui craignent des pillages. La ville se vide progressivement. Les commerces et les administrations ferment rapidement. Les transports se font de plus en plus rares. De jeunes citoyens se rassemblent sur l'avenue principale. Un climat lourd règne. Pas d'actes de violence.

Dans la wilaya de Bouira, de nombreux témoins signalent de nombreuses arrestations. A Haïzer une dizaine de manifestants auraient été présentés au procureur de la République.

A M'Chedallah (Bouira), des manifestants assiègent la brigade de gendarmerie, réclamant la libération des citoyens arrêtés la veille. Apprenant que ces derniers auraient été sauvagement agressés, ils s'en prennent aux édifices publics : le siège de la sécurité sociale, les assurances (SAA), l'agence foncière, le nouveau siège de la police et le parc communal sont saccagés.

La presse rapporte des témoignages d'expéditions punitives organisées par les gendarmes à Ahnif, Chorfa et El Asnam (Bouira). Des biens privés auraient été saccagés.

A Biskra, de jeunes manifestants tentent de saccager l'hôtel des finances.
Des CNS et des policiers quadrillent la ville de Bou Ismaïl (Tipaza) durant toute la journée. Des rumeurs de soulèvement circulent depuis une semaine dans la ville.

Vendredi 22 juin
A Sétif, le luxueux restaurant Lisboa est attaqué par un groupe de jeunes manifestants qui tentent de l'incendier. Le propriétaire tire sur la foule avec son arme : 2 blessés. Les autorités décident de fermer l'établissement. Le Parquet ouvre une enquête.

Dans un communiqué publié par la gendarmerie, il est signalé que depuis le début des événements, ce corps aurait enregistré 966 blessés dont 273 graves et 22 brûlés au 3e degré. Il est également signalé la destruction de 258 véhicules et l'attaque de 35 brigades. 19 membres de familles de gendarmes auraient été blessés selon le même communiqué.

Des comités de vigilance continuent à se constituer dans les wilayas de Bouira et de Bejaïa pour défendre leurs biens suite aux expéditions punitives nocturnes et aux pillages.

Les habitants de la région de Béni Maouche (Bejaïa) dénoncent dans un communiqué remis à la presse, le climat de terreur imposé par les renforts arrivés dans le village et qui auraient saccagé et pillé le dispensaire. Selon le même communiqué ces hommes armés tenaient des propos racistes contre les kabyles et chantaient des chants des forces spéciales.

Samedi 23 juin
Imposante marche d'un millier de femmes dans les rues d'Ighzer Amokrane (Bejaïa), scandant des slogans contre le pouvoir et pour la liberté et la justice. Recueillement devant les tombes des cinq victimes de la répression.

Après quelques échauffourées durant la matinée, le calme a régné durant le reste de la journée à Tizi-Ouzou. Mais le climat reste lourd et la tension vive. La ville est cependant dévastée après les émeutes de la semaine écoulée. Des comités populaires de vigilance veillent à la sécurité des citoyens et des biens.

A Bir chouhada, près de Sidi Naâmane (Oum El Bouaghi), des manifestants incendient la mairie et saccagent une cafétéria du village appartenant au frère du maire. Des membres de la famille du maire menacent de leurs armes à feu les jeunes manifestants. L'intervention des forces de sécurité permet d'éviter le pire.

Selon la presse, la société des chemins de fer (SNTF) aurait suspendu les trains à destination de l'est du pays "jusqu'à nouvel ordre ".

La population de Haïzer (Bouira) observe un sit-in au niveau de la place publique de la ville, à l'appel de la Coordination des quartiers et villages de la région, pour réclamer la libération des détenus, arrêtés lors des émeutes et transférées sur Bouira.

Un peu partout dans les autres wilayas, un calme précaire semble prédominer aujourd'hui.

Le quotidien El Fedjr fait état de la découverte de 9 cadavres dans l'Oued d'El Harrach. Certains pensent qu'il pourrait s'agir de disparus de la marche du 14 juin à Alger. Pas de confirmation officielle.

Dimanche 24 juin
A Tolga (Biskra), des échauffourées sont signalées en début de soirée entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes. Les jeunes dénoncent les conditions socio- économiques (chômage, absence de logements, d'eau….) et attaquent à coups de pierres, le siège de la sécurité sociale, la poste, le lycée, la recette des impôts et le centre de formation professionnelle (CFPA).

Lundi 25 juin
Marche pacifique de plusieurs dizaines de milliers de citoyens à Tizi-Ouzou, à l'occasion du 3e anniversaire de l'assassinat du chanteur Matoub Lounés. Lors de la dispersion de la marche, de jeunes manifestants se dirigent vers la brigade de gendarmerie. Des affrontements ont lieu avec les brigades anti-émeutes durant la soirée.

Grève générale à Bejaïa.

Imposante marche pacifique de milliers de citoyens, scandant des slogans contre le pouvoir à M'Chedallah à l'occasion du 3e anniversaire de la mort de Matoub Lounés. Pas d'incidents.

A Makouda (Tizi-Ouzou), un convoi venu approvisionner la brigade de gendarmerie est bloqué pendant toute la nuit par des manifestants l'empêchant de repartir.

Un communiqué de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) fait état de le mort de 6 personnes au cours de la marche du 14 juin à Alger (2 journalistes renversés par un bus, deux décès suite à une chute accidentelle d'un camion, un décès suite à un traumatisme crânien et un décès dû à un accident de la circulation). Au sujet de l'information rapportée par le quotidien El Fedjr, la DGSN affirme que ses services "n'ont enregistré aucun cas se rapportant à cette affaire ".

Mardi 26 juin
Un policier en civil tue d'une balle dans la tête un jeune citoyen de 28 ans (Fouad Adara) attablé dans un café à Sidi Aïch (Bejaïa). Le meurtrier présumé est arrêté par ses collègues. Ce crime provoque un embrasement de la ville où des barricades réapparaissent dans les rues. Des manifestants se rassemblent devant le commissariat de la ville qui est attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. Des grenades lacrymogènes sont utilisées pour disperser la foule. Dans un communiqué, la DGSN (direction générale de la sûreté nationale) précise que le policier auteur du crime relevait de la sûreté de wilaya de Bouira et qu'il était en état d'ébriété avancé, annonçant également sa présentation devant le Parquet.

A Makouda (Tizi-Ouzou), affrontements entre manifestants et gendarmes devant la mairie, suite à l'arrivée de renforts pour débloquer un convoi harcelé depuis la veille. Des barricades dressées par les manifestants bloquent les principales issues de la ville. On déplore 4 blessés.

Jeudi 5 juillet
La marche des délégués de la coordinations des ourouchs prévue à Alger est empêchée par un impressionnant dispositif sécuritaire. Des barrages filtrants de gendarmerie avec automitrailleuses sont installés à Tadmaït, Naciria et Thénia. Des milliers de manifestants sont bloqués à ces barrages. Quelques deux cent marcheurs improvisent un sit-in à la place du 1er mai. Pas d'incidents. Les observateurs craignent la reprise des affrontements suite à cette interdiction de la marche d'Alger et à ce déploiement de gendarmerie sur les routes de Kabylie, interprétés comme une véritable provocation.

Reprise des manifestations à Tizi-Ouzou en début de soirée suite à l'interdiction de la marche d'Alger. De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie de la ville qui est bombardée à coups de pierre. Les gendarmes chargent à coups de matraques et de grenades lacrymogènes, ce qui aggrave la tension et augmente le nombre de manifestants. Réapparition de barricades dans les rues et incendies de pneus. Trois quartiers (Bâtiments bleus, M'douha et les Genêts) sont le siège d'affrontements. Arrivée de renforts de CNS. Une dizaine de blessés légers sont à déplorer. Le calme revient progressivement peu avant minuit.

Vendredi 6 juillet
Des citoyens de Haïzer (Bouira) entament une grève de la faim, devant le siège de la wilaya de Bouira, en protestation à la détention de 10 jeunes manifestants depuis le 14 juin dernier, suite à la marche d'Alger et des émeutes qui s'en suivirent. Des affrontements se sont poursuivis à Tizi-Ouzou, mais avec une moindre intensité. Un groupe de jeunes manifestants attaque à coups de pierres la brigade de gendarmerie. Les gendarmes répliquent à l'aide de grenades lacrymogènes. Pas de victimes.

Samedi 7 juillet
Reprise des affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes à Tizi-Ouzou. Pas de victimes.

Attroupement de jeunes manifestants à El Kseur (Bejaïa) suite à la réapparition publique de 6 policiers honnis par la population. Un début d'affrontement est signalé durant la nuit avec les brigades anti-émeutes.

Les routes du village de Dehamcha (Sétif) sont bloquées par de jeunes manifestants qui réclament la démission des «élus » locaux et dénoncent le mépris et la misère dont ils souffrent.

Des citoyens de Ben M'hidi (wilaya de Tarf) bloquent la RN 44 à l'aide de barricades pour dénoncer l'injustice et le mépris dont ils sont l'objet dans leur commune.

Dimanche 8 juillet
Violents affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes à El Kseur, plus précisément à la cité Akkal. Réapparition de barricades dans les rues. La presse parle de provocations de certains gendarmes en l'encontre des jeunes.

Reprise des affrontements entre jeunes manifestants d'une part et gendarmes et CNS d'autre part dans les quartiers chauds de Tizi-Ouzou. La presse parle de provocations de gendarmes. Deux jeunes manifestants blessés par arme blanche.

Des affrontements sont également signalés à Azazga et Draâ Ben Khedda. Pas de victimes.

Nuit d'émeutes à Seddouk (Bejaïa). Affrontements entre manifestants et CNS. Pas de victimes.

Lundi 9 juillet
Des citoyens du village d'Oued Zitoun (Khenchela) bloquent l'axe routier Khenchela-Aïn Touila, protestant contre les conditions de vie misérables.

Des citoyens de la commune de Aïn Tassera (Bordj Bou Arréridj bloquent la route Ras El Oued - Bordj Bou Arréridj, exigeant le départ du maire et la résolution de problèmes locaux (eau, désenclavement et logements).

Rassemblement de citoyens devant la mairie de Texenna (Jijel). Ils exigent la démission des «élus » locaux. De nombreux problèmes (transport, eau, logement, chômage, santé) sont soulevés par les manifestants.

Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à El Kseur (Bejaïa).. La presse rapporte le saccage de magasins par des gendarmes. Des jeunes attaquent la brigade de gendarmerie à l'aide de cocktails Molotov et tentent de prendre d'assaut le bâtiment. Des tirs de sommation et des grenades lacrymogènes répondent aux pierres et cocktails Molotov. Les affrontements auraient fait une dizaine de blessés depuis trois jours.

A Tréat (Annaba), des manifestants bloquent les routes menant vers Annaba et Skikda. Rassemblement devant la mairie. La démission des «élus » locaux (accusés de corruption et d'incompétence) est exigée par les manifestants.

A Ben M'hidi, Sidi M'barek et Zitouna (Tarf), des manifestants dressent des barricades sur les routes et dénoncent les conditions de vie. Pas d'incidents notables.
Poursuite des affrontements à Tizi-Ouzou entre manifestants et gendarmes et CNS autour de la brigade de gendarmerie. La presse et de nombreux témoignages font état de provocations de certains gendarmes et policiers (tabassages de jeunes citoyens).

Mardi 10 juillet
Calme précaire à Tizi-Ouzou. Des rassemblements de jeunes sont signalés près de la brigade de gendarmerie et du commissariat de police mais pas d'affrontements.

Violents affrontements entre manifestants et gendarmes à El Kseur (Bejaïa) : 30 blessés. La presse rapporte de nombreuses provocations de la part des gendarmes (saccage de magasins et de véhicules de citoyens).

Mercredi 11 juillet
Des manifestants dressent des barricades dans plusieurs quartiers d'El Kseur (Bejaïa). Vive tension dans la ville. On ne signale cependant pas d'affrontements.

Un meeting tenu au stade d'Amizour (Bejaïa) se termine par des affrontements avec les CNS : 2 blessés.

Samedi 14 juillet
Le propriétaire d'un bar-hôtel dit "Le Gourbi" de Aïn Taghrout, situé entre Sétif et Bordj Bou Arréridj, tire sur de jeunes citoyens qui réclamaient la fermeture de son local jugé comme lieu de débauche : 15 blessés. Des informations non confirmées font était du décès de l'un des blessés. Le bar-hôtel est ensuite pillé puis incendié par les jeunes manifestants. Le propriétaire du local est arrêté et mis sous mandat de dépôt.
Mise en liberté provisoire des 8 jeunes citoyens détenus à Bouira.

Dimanche 15 juillet
Affrontements entre gendarmes et manifestants à Aokas (Bejaïa), suite à une tentative de réparation de la ligne électrique alimentant la brigade de gendarmerie. Cette dernière est attaquée à coups de pierre. Pas de victimes.
La presse privée rapporte l'arrestation de cinq gendarmes ayant participé au pillage et au saccage de plusieurs commerces à El Kseur (Bejaïa).

Mercredi 18 juillet
Un jeune citoyen, (Hakim Merdaci) âgé de 30 ans, passeur de voitures, est tué par balle par un gendarme au poste-frontière d'Oum Teboul, près de frontière tunisienne. Ville tension dans la localité. Des rumeurs d'émeutes circulent.

Jeudi 19 juillet
Marche de près de 30 000 citoyens dans les rues de Bouira, scandant des slogans contre le pouvoir et réclamant la cessation des poursuites judiciaires contre les manifestants arrêtés au cours des affrontements du mois écoulé. Pas d'incidents.

Samedi 21 juillet
Violentes émeutes à Oum Teboul (wilaya de Tarf), près de la frontière tunisienne, suite à la mort d'un jeune citoyen, tué par balle par un gendarme le mercredi 18 juillet. La route reliant la ville d'El Kala à la frontière tunisienne bloquée. Les manifestants saccagent le parc de la mairie et incendient son annexe, ainsi que le poste-frontière et une vingtaine de véhicules. Les manifestations s'étendent à d'autres communes de Tarf. A Ben M'hidi, les jeunes manifestants bloquent la route nationale 44 à l'aide de barricades et de pneus enflammés. A Matrouha, les manifestants brûlent le véhicule du maire et un camion de la protection civile.

Tension dans la ville de Tazmalt (Bejaïa) où on annonce le retour du maire et chef de la milice des GLD, un certain Smaïl Mira, à qui on avait pillé et incendié le domicile au cours des émeutes du mois écoulé. Cet individu est accusé par la population d'avoir tué un jeune citoyen (Ouali Hamza) en juin 1998, lors des émeutes qui ont suivi la mort du chanteur Matoub Lounès et d'être responsable de la mauvaise gestion de la mairie. Des citoyens appellent à un rassemblement devant la mairie et réclament une commission d'enquête.

Dimanche 22 juillet
Une dizaine de citoyens arrêtés par la gendarmerie d'Oum Teboul suite aux émeutes qui se sont déroulées en cours de semaine.
Dans plusieurs localités de la wilaya de Annaba (Treat, El Bouni, Sidi Amar, Berrahal, Chabia), les citoyens contestent les " élus " communaux et organisent des rassemblements pour exiger leur départ et l'ouverture d'enquêtes sur leur gestion.

Important sit-in devant la mairie de Tazmalt (Bejaïa) en protestation au retour du maire et chef de la milice locale. Une grève est observée dans la ville durant 48 heures paralysant les services publics.

Des rumeurs faisant état du retour des gendarmes à Tizi Rached (Tizi Ouzou) provoquent la colère des citoyens de la ville qui se rassemblent devant la brigade de gendarmerie fermée.

Samedi 28 juillet
Des citoyens organisent une marche pacifique à Dahra (Chlef) réclamant le départ des "élus " communaux dont le maire. Ce dernier tire sur les manifestants : 1 mort (Yahiaoui Habib, 34 ans) et 2 blessés graves. Le maire et deux autres membres de sa famille auraient été arrêtés par les services de sécurité.
Persistance depuis plus d'une semaine, d'une vive tension dans la ville de Tazmalt (Béjaïa). Après les marches pacifiques et les sit-in, les citoyens bloquent la route nationale 26, protestant contre le retour du maire et réclamant la dissolution de l'exécutif communal.

Mardi 31 juillet
Rassemblement de citoyens devant le siège de la mairie de Sidi Hamou, située à 10 km de Aïn Defla suite à une pénurie d'eau en cette période de canicule. La mairie est partiellement saccagée, la route et la voie ferrée Alger-Oran bloquée.

Lundi 6 août
Installation de nombreux barrages filtrants de la gendarmerie à la sortie de Tizi-Ouzou et de Béjaïa et aux entrées d'Alger, en prévision de la marche du 8 août que doit organiser la coordination des ourouchs au niveau de la capitale.

Mercredi 8 août
Impressionnant dispositif de sécurité autour du stade du 5 juillet, suite à la décision de la coordination des ourouchs d'organiser une marche vers la présidence de la République. Une centaine de citoyens arrive à se rassembler à Chevalley, près du stade, mais est vite dispersée par les brigades anti-émeutes. De nombreuses arrestations sont effectuées parmi les manifestants.

De nombreux bus et camions de manifestants sont bloqués à Tadmaït et Naciria par des barrages de gendarmerie. Des affrontements ont lieu à Naciria, suite à une tentative des manifestants à forcer le barrage. Quelques blessés légers sont à déplorer.

Violents affrontements entre manifestants et policiers à Amizour (Bejaïa) au niveau du commissariat de police de la ville, après le retour des premiers bus de citoyens refoulés au niveau du barrage de M'Chedallah. Le commissariat est attaqué à l'aide de pierres. Des barricades sont dressées dans les rues. Pas de victimes.

Affrontements également à Tazmalt, Akbou et Féraoun. Les brigades de gendarmerie restent les cibles des manifestants.

Début d'affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes devant le siège de la gendarmerie de Tizi-Ouzou.

Des affrontements sont également signalés à Mekla et Tizi Rached (Tizi-Ouzou). Pas de victimes.

Jeudi 9 août
Reprise des affrontements à Amizour entre manifestants et CNS.

Violentes émeutes également à El Kseur (Béjaïa) au niveau de la brigade de gendarmerie. Cette dernière est assaillie par de jeunes manifestants à coups de pierres et de cocktails Molotov. Réplique des gendarmes à l'aide de grenades lacrymogènes.

Reprise des affrontements à Tizi-Ouzou.

Affrontements à Maâtkas. De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : 6 blessés, dont un adolescent de 15 ans, Achour Dahmane qui aurait été poignardé à l'épaule selon la presse. .

Vendredi 10 août
Des renforts de gendarmes, installant des barrages de contrôle sur la RN12, aux entrées de Naciria, Tadmaït et Draâ Ben Khedda sont signalés, en prévision de la visite du ministre de l'Intérieur à Tizi-Ouzou. Ces barrages provoquent une vive tension auprès des jeunes citoyens de la région.

Selon la presse, des gendarmes auraient organisé une descente punitive dans certains quartiers de Maâtkas. Le citoyen Ghemdane Amar, 25 ans, aurait eu le visage lacéré à l'aide d'un poignard.

Aux Ouadhias, la brigade de gendarmerie est assiégée et la route principale barricadée par les jeunes manifestants.

A El Kseur, violents affrontements entre manifestants et gendarmes, suite à l'arrestation de sept jeunes citoyens. Ces derniers seront libérés sous la pression des manifestants. On déplore 17 blessés.

A Guenzet (Sétif), la population bloque toutes les issues du village et organise un sit-in devant la mairie, réclamant le départ du maire RND. Des affrontements auraient eu lieu avec des gendarmes. Pas de victimes.

Samedi 11 août
Reprise des émeutes à Naciria (Boumerdès). De jeunes manifestants bloquent la route Alger-Tizi-Ouzou à l'aide de pneus enflammés et de troncs d'arbres pour empêcher le passage du ministre de l'Intérieur en visite à Tizi-Ouzou. La route nationale n° 12 est totalement barricadée sur une longueur de 3 km. Importants renforts de brigades anti-émeutes pour dégager la route. Les affrontements s'aggravent à la mi-journée. On déplore une dizaine de blessés dont deux par balles.

Vive tension à Tizi-Ouzou, suite à la venue du ministre de l'Intérieur (installation du nouveau wali). Des attroupements commencent à s'organiser devant la cité administrative. Impressionnant dispositif de sécurité autour du siège de la wilaya. Le départ à la mi-journée du ministre donne lieu à des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes qui tentent de dégager le secteur de la wilaya à coups de grenades lacrymogènes. Les manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie, à l'aide de pierres. Des barricades réapparaissent dans les rues. Fermeture des commerces. Les affrontements se poursuivent jusque dans la soirée.

. Des affrontements sont signalés à Tadmaït entre manifestants et brigades anti-émeutes. La presse signale que des gendarmes auraient violé des domiciles et saccagé des locaux commerciaux. Un jeune citoyen Talbi Kamel est poignardé à la cuisse. La ferme-pilote de la ville est le siège d'un incendie. On déplore une vingtaine de blessés depuis la matinée.

A Draâ Ben Khedda, les affrontements auraient fait une dizaine de blessés selon la presse.

Les routes principales d'El Kseur totalement bloquées par les manifestants, suite à la rumeur du passage du ministre de l'Intérieur.

Des manifestations sont signalées à Sidi Aïch (Bejaïa).

Dimanche 12 août
Poursuite des manifestations et des affrontements à Naciria (Boumerdès). La brigade de gendarmerie fait les frais de la colère des jeunes manifestants. Echange de pierres et de grenades lacrymogènes. Pas de victimes.

Retour d'un calme précaire à Tizi-Ouzou.

Des manifestants barricadent les rues de la ville de Boghni (Tizi-Ouzou) et assiègent la brigade de gendarmerie. Pas de victimes.

Affrontements entre CNS et jeunes manifestants à Sidi Aïch (Béjaïa). Barricades dans les rues et attaque à coups de pierre du commissariat de police. On déplore une dizaine de blessés.

Lundi 13 août
escarmouches entre jeunes manifestants et gendarmes près de la brigade de gendarmerie de Tizi-Rached (Tizi-Ouzou). Pas de victimes.

La presse rapporte l'arrestation de six enfants par des gendarmes à Boghni (Tizi-Ouzou), provoquant une vive tension dans la ville.

Persistance des manifestations à El Kseur (Bejaïa). Selon les propos d'un membre de la coordination intercommunale rapportés par la presse, un enfant de 12 ans, Omar Ben Abdesslam aurait été arrêté, tabassé à la brigade de gendarmerie puis libéré ensanglanté et…nu.

A Sidi Aïch (Bejaïa), les manifestants s'attaquent à nouveau au commissariat de la ville. Le parc automobile de la police est sérieusement saccagé. On déplore 8 blessés.

A Seddouk (Bejaïa), violents affrontements entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes. Les routes sont le siège de nombreuses barricades. Le commissariat de police est attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. Riposte des CNS à l'aide de grenades lacrymogènes. Pas de victimes.

Mardi 14 août
Poursuite des manifestations à Tizi Rached (Tizi-Ouzou) ; routes barricadées et brigade de gendarmerie assiégée par des centaines de jeunes manifestants. Les gendarmes ripostent aux jets de pierre par des grenades lacrymogènes. Un jeune citoyen (Hamaz Sofiane) blessé par l'explosion d'une grenade lacrymogène.

Très vive tension à Bejaïa, à la veille de la visite du ministre de l'Intérieur.

Meeting populaire à El Kseur, réunissant plusieurs milliers de citoyens pour dénoncer les provocations de la gendarmerie et la hogra du pouvoir. Pas d'incidents. On apprend que la reprise des émeutes dans cette ville depuis le 8 août aurait fait une soixantaine de blessés.

Un citoyen âgé de 32 ans, père de 4 enfants est tué par balle par un homme armé dans la forêt communale de Ghzoul, surplombant la ville de Tiaret. Cette forêt, située près du domicile de la victime, serait devenue le lieu de rendez-vous de prostituées et de jeunes de la ville. L'auteur du crime serait selon la presse un agent des services de sécurité venu se "distraire " près du domicile de la victime. La mort de ce citoyen provoquera l'émoi dans la région et un vent de révolte. Des dizaines de citoyens de la cité Bouhenni sortent dans la rue pour manifester leur colère. L'enterrement de la victime donnera lieu à des émeutes. La mairie est attaquée à coups de pierres ainsi qu'une pompe d'essence et les lampadaires du centre-ville. La police procédera à une dizaine d'arrestations. Très vive tension persistante dans la ville.

Mercredi 15 août
Affrontements entre manifestants et gendarmes devant la brigade de gendarmerie d'Iferhounène (Tizi-Ouzou) : un blessé.

Un important dispositif de sécurité est mis en place autour du siège de la wilaya de Bejaïa, en prévision de l'arrivée du ministre de l'Intérieur. De jeunes manifestants des quartiers Naciria et Daouadji s'attaquent aux véhicules des brigades anti-émeutes. Zerhouni écourte sa visite et décide de quitter la ville par avion, du fait du blocage des différentes routes de la wilaya par les manifestants. Des émeutes éclatent à son départ au niveau de la cité CNS. Pas de victimes.

 

 

   
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