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Bouteflika et la grogne populaire Le dialogue ou la fermeté de la justice ! Par Mohamed Naïli, Le Jeune Indépendant, 23 janvier 2002 Les ateliers mouvement citoyen-gouvernement ont pris fin hier, a fait savoir officiellement le porte-parole des ateliers dans une déclaration. M. Hamitouche informe que les ateliers relatifs à la mise en uvre concertée de la plate-forme dEl-Kseur viennent de prendre fin après leffervescence qui a entouré le processus. A ceux qui ont bien voulu sassocier à la table des négociations, le chef du gouvernement et le président de la République leur tendront la main lors de rencontres dont la date na pas été connue jusquà hier. Pour les extrémistes, la façon dont le chef de lEtat a traité la situation qui prévaut actuellement en Kabylie, lors de son intervention devant de hauts responsables africains, à louverture des travaux du séminaire sur le nouveau partenariat en Afrique, NEPAD, avant-hier, est très claire.Tout en faisant allusion au mouvement de protestation qui se propage de plus en plus et aux émeutes qui éclatent dans plusieurs régions du pays, le président de la République mettra ainsi en garde et avertira contre les dérapages qui mettraient lEtat dans lobligation de recourir à la force. La déclaration de Bouteflika est sans détour : "Les actes de violence seront punis par la violence." Avec ses nouvelles sorties médiatiques, le président Bouteflika met de plus en plus laccent sur de nouvelles méthodes auxquelles lEtat pourrait éventuellement faire recours pour contourner la révolte populaire et tenter de mettre fin à lexplosion sociale qui saggrave depuis un certain temps. Après avoir proposé des solutions politiques qui tardent à aboutir, lEtat osera-t-il faire usage de la "violence" pour étouffer la contestation populaire ? Pour les observateurs les plus avertis, ce sont là les prémices dune probable démonstration de force de lEtat contre le durcissement de la révolte en Kabylie ou ailleurs. Plus loin encore, le président Bouteflika ira jusquà faire lamalgame entre le mouvement protestataire et le terrorisme. "Le terrorisme est terrorisme et la démocratie ne signifie pas la violence", a-t-il déclaré dans la foulée dans ce discours improvisé. De là, lEtat ira-t-il jusquà réserver le même traitement à la contestation populaire autant que la barbarie terroriste qui a mis le pays à sang et à feu durant une décennie entière ?. Avec lapproche des élections législatives, la situation, qui reste loin de connaître un dénouement, se dirige, on ne peut mieux, droit vers limpasse, notamment depuis que le mouvement des aârchs a menacé de boycotter les élections en Kabylie. Le mouvement citoyen en Kabylie ne semble pas prêt de son côté à lâcher prise aussi facilement, et ce nest pas lentêtement du président de la République qui le ramènerait à revenir sur sa détermination de radicaliser encore davantage les actions de protestation dans la région. Hier seulement, une marche a été organisée par laile radicale du mouvement des aârchs et les familles des victimes du printemps noir à Boumerdès. M. N. Pourquoi une telle colère ? Par Nordine Benkhodja Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a affirmé hier, au cours de son discours inaugural du NEPAD, que la grogne populaire na pas lieu dêtre de la manière dont elle se manifeste. "La démocratie suppose le dialogue et le dialogue rejette la violence", dira M. Bouteflika. Quen est-il de la réalité sur le terrain ? Les
mouvements de contestation de Kabylie et dailleurs ne sont pas
nés de loisiveté ou dun quelconque plaisir
dopposition. Quel verbe utiliser contre la corruption, la hogra,
les dépassements et les abus de pouvoir ? Les Algériens,
et ils sont nombreux, survivent dans des conditions sous-humaines. Il
ny a pas une wilaya où on ne trouve pas des milliers de
gens qui manquent deau, délectricité, de gaz
et où la jeunesse crie à qui veut les entendre quils
nont pas dEtat. Le confort au club des Pins est loin de
refléter la situation de lAlgérie profonde. La colère
populaire, aux quatre coins du pays, ne trouve pas ses origines dans
ces événements qui lont fait exploser, le mal hélas
est plus loin. Ce sont quarante années de despotisme et dinjustice
qui ont fait de ce peuple une poudrière en couveuse. La dernière
décennie na fait qualimenter la colère avec
les compressions des travailleurs, le taux de chômage impressionnant
et le terrorisme avec son lourd tribut. A El-Biodh Sidi-Cheikh, à
Khenchela, à Biskra ou en Kabylie le dialogue a perdu son sens.
Les hommes veulent recouvrer leur dignité. N. B.
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www.algeria-watch.org
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