|
|||||
|
Après 12 incendies dans les prisons, 46 morts et 91 blessés Ouyahia : «Je ne suis pas un déserteur»
Par Nordine Benkhodja, Le Jeune Indépendant, 8 mai 2002 Le ministre dEtat, ministre de la Justice Ahmed Ouyahia a affirmé, hier, navoir jamais pensé à démissionner et na pas lintention de le faire après les incidents qua connus linstitution pénitentiaire faisant 46 morts et 91 blessés. «Je nai pas un caractère de déserteur. Interprétez le message comme vous le voulez», a-t-il répondu à la presse lors dune conférence quil a tenue au siège de son ministère. Depuis le 2 avril, ce sont 12 incendies, souvent suivis de mutineries qui ont ébranlé différentes prisons du pays. «Pareille situation découle sans aucun doute dun mécontentement à lintérieur des prisons. Les incidents se sont propagés sous leffet dun phénomène de contagion», expliquera le ministre en ajoutant, toutefois, que des intentions politiques en ont profité pour embraser la situation. Même si lenquête dune équipe de juges dinstruction na pas encore remis son rapport, Ouyahia se dit convaincu dun plan ourdi mené par des islamistes qui seraient «en première ligne de lembrasement et de la mutinerie». Le ministre argue sa thèse par des faits, «les cas des prisons dEl-Bouni et de Sidi Bel Abbès sont parlants. A Annaba, il sagit de détenus pour des affaires de terrorisme qui se sont révoltés alors quà Sidi Bel Abbès, il y a 50 détenus terroristes sur environ 200 mutins», soutiendra Ouyahia. Pour ce dernier, lanarchie est inacceptable et la loi sera appliquée, cest-à-dire lemploi de moyens forts. En effet, le ministre expliquera quaprès deux jours de vaines négociations à la prison dEl-Bouni, cest aux forces de lordre dentrer en action. Par ailleurs, Ouyahia dit avoir pris nombre de mesures pour régler certains problèmes, notamment le changement de tous les matelas par dautres ininflammables, linterdiction de toute introduction de produits inflammables Sur le plan fonctionnel,
le ministre a donné instruction aux procureurs et aux juges dinstruction
dinspecter le plus souvent possible les prisons mais aussi de faire
preuve de plus de lucidité face aux cas de détention préventive,
estimés à 12 000 détenus. Sur cette question, comme
dans tout fonctionnement juridique, Ouyahia dira que les juges sont la
seule référence même si parmi eux il peut y avoir
des ripoux. En fait, ni la situation dans les prisons, ni le sureffectif,
ni même les défaillances du système judiciaire ne
sont en cause dans les derniers graves incidents
«Si des
stupéfiants sintroduisent dans nos prisons, ce seraient les
parents qui les font introduire», soutient Ouyahia. En attendant
les résultats dune enquête, la seule raison quavancera
le ministre révèle des intentions
politiques. N. B. |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||