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LES INCENDIES SE SUCCEDENT DANS LES PRISONS Le printemps noir des cellules Par Fayçal Métaoui, El Watan, 7 mai 2002 Il y a comme un vent de «soulèvement» qui souffle sur les prisons algériennes. Les choses se déroulent à une allure telle quon se demande sérieusement si cela relève uniquement de «la contagion», pour reprendre lexpression du ministre dÉtat, ministre de la Justice, Ahmed Ouyahia, ou du «complot». Hier encore, de folles rumeurs avaient circulé à Alger sur des «incendies» et des «mutineries» dans des pénitenciers : Serkadji, Kherrata, Aïn Mlila. Les perturbations téléphoniques avec lest du pays ont empêché le journal de vérifier auprès des autorités locales de la wilaya de Mila linformation sur lincendie à la prison de Aïn Mlila. La même wilaya avait connu, au début du mois davril, une mutinerie et un incendie au centre carcéral de Chelghoum Laïd où 25 détenus avaient trouvé la mort. Dautres incidents ont éclaté à El Harrach, Constantine, El Khroub et Béchar. Selon notre correspondant à Béchar, un début dincendie, dans la soirée de lundi, a fait quelques blessés parmi les détenus dans la prison de cette ville du Sud. Un mois après, lenquête judiciaire sur lincendie, particulièrement meurtrier de Chelghoum Laïd, na encore rien révélé sur les circonstances du drame ni na situé les responsabilités. La commission nationale consultative des droits de lhomme que préside Me Farouk Mustapha Ksentini a dépêché une équipe pour y mener des investigations. De même pour laffaire de Serkadji où, dans la soirée du 30 avril, un incendie a fait, au dernier bilan, 23 morts parmi les détenus. Cela fait, en un mois, cinquante morts dans les prisons où les conditions de détention sont inhumaines, en dépit de quelques améliorations introduites avec une lenteur bureaucratique. «La prison dEl Harrach est une véritable porcherie. Les détenus y sont parqués comme des animaux», nous confiait récemment Me Mahmoud Khelili, président du Syndicat national des avocats algériens (SNAA). Le SNAA a été le seul à protester contre «la fermeture» hâtive du dossier de la répression féroce, en 1994, de la mutinerie de la prison de Berrouaghia où 200 détenus avaient été tués par balles. Aucune enquête na été menée pour déterminer les causes et les responsables de ce carnage. Il a été de même pour la triste affaire de la mort par asphyxie de 27 détenus dans un fourgon cellulaire lors de leur transfert dAlger vers Relizane en 1997. L'affaire avait été révélée par la presse en 1998 et confirmée par lex-ONDH que présidait Kamel Rezzag Bara, aujourdhui ambassadeur dans un pays arabe. Les récents incidents dramatiques dans les prisons algériennes ont mis à nu le surpeuplement des cellules. A titre dexemple, le pénitencier dEl Harrach, destiné à accueillir 2000 prisonniers, en compte actuellement 3000. Une surcharge qui affecte les autres centres carcéraux comme Tazoult, Chlef, Berrouaghia et Sétif. Les autorités promettent de construire de nouvelles prisons et de fermer celle de Serkadji. Mais il y a un fait à retenir : linterdiction des allumettes et des cigarettes, le déplacement dans la discrétion de certains détenus «meneurs» et autres mesures prises par Ouyahia nont pas arrêté «la contagion». Que se passe-t-il ? «Nous assistons à une autre réaction de mécontentement, identique aux émeutes qui se propagent dune wilaya à une autre», a déclaré dernièrement Ouyahia. Est-ce la seule explication ? Lancien chef de gouvernement et actuel secrétaire général du RND naime pas trop que lopinion focalise son attention sur lui. Lui qui se compare à «un gladiateur» et qui sattend à «des peaux de bananes» sur le chemin. Il y a trop de fumée...
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www.algeria-watch.org
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