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Mutineries
aux prisons de Aïn M'lila et Annaba
La
révolte se propage
Nasredine
Bakha et A. B. A., Le Matin, 7 mai 2002
Alors
que la mutinerie ne s'est pas plutôt calmée à la nouvelle
prison de Constantine, Aïn M'lila et El Bouni (Annaba) ont connu,
avant-hier, dimanche, et hier des mutineries dans leurs établissements
pénitentiaires respectifs. Les dernières informations qui
nous sont parvenues ne signalent aucun drame.
Dans la prison d'El Bouni, les détenus ont brûlé leurs
couvertures sur les toits, mais on ne déplore aucun blessé.
Jusqu'à 16 h de la journée d'hier, lundi, les éléments
de la Protection civile et de la sûreté urbaine étaient
postés à l'entrée principale de la maison d'arrêt
au centre-ville de Aïn M'lila où 151 détenus entassés
dans un espace carcéral prévu pour à peine le tiers
de ce nombre ont décidé d'une mutinerie qui a éclaté
la veille, dimanche, aux environs de 23 h. Les mutins qui ont refusé
de sortir de leur cellule pour aller dans la cour ont exigé la
venue du ministre de la Justice auquel ils comptent soumettre un certain
nombre de revendications sur leurs conditions carcérales. Refusant
de parler à la presse, pourtant présente sur les lieux,
le wali et le procureur de la République ont entrepris des pourparlers
avec les prisonniers dans l'après-midi de la journée d'hier.
Cela n'a cependant pas suffi à calmer les mutins qui, selon les
dernières informations, auraient remis aux autorités locales
une plate-forme de revendications portant principalement sur les «
raisons et la durée de leur détention ». Il faut savoir,
en effet, que la majorité des détenus de ce centre de rééducation
carcéral est en détention préventive depuis trois
ans et que parmi ces derniers il y aurait ceux incarcérés
pour soutien aux groupes terroristes. Cette dernière précision
a été cependant démentie par les forces de sécurité
contactées sur les lieux ; ce que les familles qui ont afflué
vers la prison dès la nouvelle de la « protesta » confirment.
En tout état de cause, les revendications de ces prisonniers sont
similaires à celles des détenus de la nouvelle prison de
Constantine qui a connu avant-hier une mutinerie qui a fini dans un incendie
faisant 48 blessés, entre brûlés et asphyxiés.
La contagion des mutineries a gagné également la prison
de la commune d'El Bouni, dans la wilaya de Annaba hier, aux environs
de 14 h 30. Dans cette prison nouvellement construite, les détenus,
une centaine environ, profitant du jour du parloir, sont montés
sur les toits pour crier des slogans hostiles aux réformes de Ahmed
Ouyahia : « Ouyahia assassin » et plus prosaïquement
« Ya chef hagar ». Ils ont exigé la présence
des journalistes à qui ils voulaient remettre leurs doléances.
Malgré la forte demande des parents qui ont relayé l'exigence
des mutins, les forces combinées de la police et de la gendarmerie
n'ont pas permis aux journalistes d'accéder à l'intérieur
de la prison. Quelques heures après, le procureur général
de la République a entrepris des négociations avec les mutins
et, à l'heure où nous mettons sous presse, il semblerait
que les pourparlers continuent.
Dans cet établissement pénitentiaire, les jeunes prisonniers,
tous de droit commun, reprochent à l'administration la mauvaise
gestion des infrastructures insuffisantes et les mauvaises conditions
de leur détention. Ainsi, après Serkadji, El Harrach, la
prison civile de Constantine, celles de Aïn M'lila et d'El Bouni,
hier, confirment une réalité à deux volets : le premier
concerne le sureffectif des établissements et le second, le plus
important, touche à la réforme d'Ouyahia qui, pour avoir
été tardive, a provoqué la mutinerie. Le non-respect
de la détention préventive, l'absence d'usage de la liberté
provisoire et la lenteur dans le traitement des dossiers sont les principales
revendications des détenus de ces différentes prisons dans
lesquelles le vent de la protesta souffle.
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Incendie
à la prison de Béchar
D. Smaïli,
Le Soir d'Algérie, 7 mai 2002
Hier, aux environs
de 1 h 00 du matin, un incendie, probablement volontaire, sest déclaré
à la prison de Béchar. Par une intervention rapide, nous
dit-on, les éléments de la Protection civile, dont la caserne
est située en face de cet établissement pénitentiaire,
ont vite fait de circonscrire le feu. Nous ignorons lampleur des
dégâts matériels causés par ce sinistre. Interrogé,
lun des responsables de la Protection civile sest abstenu
à tout commentaire. Selon certaines sources dignes de foi, deux
détenus de cette prison ont été évacués
à lhôpital. Vers deux heures du matin, leur état
était sans gravité.
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