| |
|
Amendement
du Code pénal :
RSF déplore le durcissement des peines pour les délits de presse
Dans une lettre adressée
au président Abdelaziz Bouteflika, Reporters sans frontières (RSF)
a déploré l'adoption par l'Assemblée nationale du projet
d'amendement du Code pénal qui sanctionne désormais les délits
de presse par de lourdes amendes et des peines allant de deux mois à
un an de prison. "Ces nouvelles dispositions sont un net recul pour la
liberté de la presse dans votre pays", a souligné Robert
Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous
vous demandons d'user de toute votre influence afin que le Conseil de la nation
(le sénat) n'adopte pas ce projet d'amendement du Code pénal",
a-t-il ajouté.
RSF a rappelé que,
dans un document du 18 janvier 2000, Abid Hussain, le Rapporteur spécial
des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté
d'opinion et d'expression, a demandé "à tous les gouvernements
de veiller à ce que les délits de presse ne soient plus passibles
de peines d'emprisonnement, sauf pour des délits tels que les commentaires
racistes ou discriminatoires ou les appels à la violence (). L'emprisonnement
en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une
violation grave des droits de l'homme".
Selon les informations
recueillies par RSF, le projet d'amendement du Code pénal a été
adopté par l'Assemblée générale, le 15 mai 2001.
L'article 144 bis prévoit désormais des peines de deux à
douze mois de prison et des amendes variant de 50 000 à 250 000 dinars
(762 à 3811 euros) contre toute "atteinte au président de
la République en termes contenant l'injure, l'insulte ou la diffamation,
soit par l'écrit, le dessin ou par voie de déclaration, et ce,
quel que soit le moyen utilisé : diffusion sonore, image, support électronique,
informatique ou autre".
Les poursuites peuvent
désormais être engagées directement par le ministère
public, sans dépôt préalable d'une plainte. En cas de récidive,
les peines d'emprisonnement et les amendes sont "portées au double".
Toutes ces sanctions sont également applicables dans le cas où
les délits sont commis à l'encontre du "Parlement ou de l'une
de ses deux Chambres, de l'ANP" (l'Armée nationale populaire) mais
aussi de toute "autre institution publique ou tout autre corps constitué".
--
Virginie Locussol (moyen-orient@rsf.org / middle-east@rsf.org)
Bureau Maghreb, Moyen-orient & Turquie / North Africa, Middle-East &
Turkey desk
Reporters sans frontières
/ Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris - FRANCE
Tél. (33) 1 44 83 84 84
Fax. (33) 1 45 23 11 51
algeria-watch
en francais
|
|
|