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Déclaration
des éditeurs
La liberté de la presse, le droit à lopinion et à lexpression sont aujourdhui menacés dans notre pays. Les acquis démocratiques de la société algérienne, nés des événements tragiques dOctobre 1988 et protégés durant des années par la résistance des journalistes, des démocrates face à la barbarie du terrorisme islamiste et à lautoritarisme du pouvoir, risquent de voler en éclats. Le gouvernement a décidé,
mercredi 17 janvier 2001, damender le Code pénal au prétexte
de «préserver les institutions et les corps constitués de
lEtat des offenses, injures et diffamations». Les éditeurs
expriment à ce sujet leurs profondes inquiétudes. Des informations
font état, en réalité, de la volonté du gouvernement
dalourdir les amendes liées à la diffamation et en aggravant
très fortement les peines demprisonnement qui peuvent aller dorénavant
jusquà une année ferme pour les journalistes et trois années
pour les directeurs de publication. Les faits sont graves. Ils ont jeté
le trouble au sein des professionnels des médias. Par ces mesures, le
gouvernement cherche à instaurer de nouvelles formes dautocensure
et de censure, notamment au sein des publications les plus fragilisées
sur le plan financier. Cest là une grave atteinte à lexercice
libre et effectif du journalisme dans notre pays et une grossière tentative
dentraver la liberté de la presse. Ces mesures de persécution
et dintimidation tendent par leur caractère répressif et
exceptionnel à remettre en cause lun des fondements de la démocratie.
Elles portent également atteinte au droit inaliénable des Algériens
à être informés des réalités de leur pays,
tel que le stipule la Constitution. Les éditeurs demandent au gouvernement
dannuler ces mesures répressives. Ils prennent à témoin
lopinion publique algérienne, les partis politiques, la société
civile, les parlementaires des dérives du pouvoir dans sa relation avec
les médias à travers notamment les menaces, insultes et actes
de vexation et dintimidation du président de la République.
La mobilisation des Algériens pour la sauvegarde du droit à la
liberté dopinion et dexpression est indispensable. Elle est
en mesure de faire barrage à la volonté du pouvoir de mettre au
pas la presse dans notre pays, à le contraindre au respect de ses engagements
quant au libre exercice du métier de journaliste. Les éditeurs
informent également lopinion publique internationale des graves
menaces qui pèsent sur le droit à lexpression et à
lopinion en Algérie et demandent la solidarité des journalistes
et éditeurs du monde entier pour mettre en échec ce projet qui
sinspire des années de plomb. Les Editeurs :
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www.algeria-watch.org
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