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Par Libération, 5 et 6 mai 2001 C'est un minuscule entrefilet, publié il y a deux jours dans le quotidien le Soir d'Algérie. Mais il tombe, aussi net et tranchant qu'un couperet, transformant des victimes en coupables et mettant en cause des fonctionnaires français dans l'un des rebondissements de la «sale guerre» algérienne. L'exemple Pinochet. L'affaire fait référence à trois plaintes pour «torture» (en 1992 et 1993), déposées il y a deux semaines en France par des Algériens contre l'ex-ministre de la Défense, Khaled Nezzar, qui était alors en visite à Paris. Une procédure à la manière de celle intentée contre le général Pinochet à Londres. Si Nezzar a réussi à reprendre l'avion pour Alger en catastrophe, les trois plaignants, résidant en France, devaient garder un anonymat absolu, pour des raisons de sécurité évidentes. Mais, dix jours plus tard, le Soir d'Algérie écrit: «De sources sécuritaires européennes, répercutant sans doute les propos de "gorges profondes" françaises, nous connaissons, maintenant l'identité des plaignants.» Suit une liste de trois noms. Mise en danger. «C'est une honte absolue, s'étrangle un proche du dossier. Non seulement on désigne publiquement les "coupables" de cette plainte, mais on nous dit sans ambages que ce sont les services français qui les ont livrés. Des agents de l'Etat français ne se contentent donc pas de ne pas protéger des victimes, ils les mettent en danger.» De son côté, Antoine Comte, l'un des avocats des plaignants, poursuit: «Je ne vois pas qui d'autre qu'un fonctionnaire français a pu donner ces noms. Nous envisageons une procédure.» Les conséquences ne se sont pas fait attendre. En Algérie, des pressions s'exercent sur la famille de l'un pour que la procédure soit abandonnée. A Paris, un autre est ostensiblement pris en filature par des «Algériens». «Leur regard était clair: "On t'aura."» Sans parler des coups de fil. «Tu sais comment cela se passe. On envoie trois bonshommes et puis...».
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www.algeria-watch.org
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