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Le procès Nezzar-Souaïdia s'ouvre demain à Paris Audition des témoins jusqu'au 5 juillet Le Matin 30 juin 2002 C'est demain que
s'ouvrira à Paris devant la 17e chambre du tribunal correctionnel,
le procès en diffamation intenté par le général-major
à la retraite Khaled Nezzar contre Habib Souaïdia, ancien
sous-lieutenant de l'armée et auteur de La Sale Guerre, paru en
février 2001 aux éditions La Découverte de François
Gèze. Le livre en question, rappelons-le, accuse l'Armée
d'être derrière des massacres de civils dont essentiellement
celui de Bentalha et Raïs, dans la banlieue de la capitale. L'ex-général-major
avait déjà indiqué lors d'une conférence de
presse qu'" à travers sa personne, c'est l'Armée algérienne
qui est visée, mais que sa démarche n'engage que lui-même
si l'enjeu concerne l'Algérie entière ". De leur côté,
les éditions La Découverte ont estimé, dans un communiqué
de presse diffusé via Internet, qu'il s'agit là " du
premier grand procès du régime militaire algérien
". Ces mêmes éditions organisent toute une campagne
de soutien à Habib Souaïdia toujours via Internet. Le procès
en question est en même temps intenté contre la chaîne
de télévision française La Cinquième. En effet,
le 24 août dernier Khaled Nezzar assigne également celle-ci
pour " diffamation " en raison des propos tenus par Habib Souaïdia
lors de l'émission " Droits d'auteur " diffusée
le 27 mai 2001. Yasmine Ferroukhi
Le procès s'ouvre aujourd'hui à Paris El Watan 2002-07-01 Aujourd'hui, Khaled Nezzar, général à la retraite et ex-ministre de la Défense nationale, sera en procès, à Paris, face à Habib Souaïdia, ex-sous-lieutenant et auteur du livre-accusation La sale guerre. L'ancien haut officier est également poursuivi pour "actes de tortures" devant les tribunaux français en vertu de la Convention de New York de 1984. Pour sa défense, Khaled Nezzar semble avoir suggéré la confection d'un ouvrage collectif intitulé Algérie, arrêt du processus électoral, enjeux et démocratie, paru aux éditions Marinoor, propriété de Noureddine Benferhat, ancien militaire, et préfacé par Rédha Malek, ancien chef de gouvernement et ancien membre du Haut Comité d'Etat (autorité de fait créée après l'arrêt du processus électoral en 1992). Leïla Aslaoui, ancien ministre, Kamel-Rezzag Bara, président du défunt Observatoire des droits de l'homme (ONDH, organisme officiel), Khaled Bourayou, Abderrahmane Boutamine et Zoubir Soudani, avocats, ont contribué à cet ouvrage. "J'ai cru de mon devoir de ne rien voiler des épisodes successifs dont la finalité était de mettre définitivement un peuple, un pays, sous la botte d'un régime qui n'avait jamais dissimulé ses intentions de restaurer un ordre médiéval", écrit Khaled Nezzar à propos de l'arrêt des législatives de 1991 dont le premier tour avait été emporté par le FIS. Pour Rédha Malek, "l'offensive" contre Nezzar est l'uvre des islamistes qui "veulent reprendre l'initiative sur le plan politique". Les défenseurs de Nezzar tentent de "démonter" les accusations de Abdelwahab Boukezouha (qui a retiré sa plainte après l'arrestation de son fils à Alger), de Lyès Laribi et de Mohamed Yacine Simozrag. Ce dernier aurait été, selon sa famille, victime d'une exécution sommaire. L'ouvrage est accompagné d'une annexe riche en documents. On y trouve, notamment, une note de l'avocat-conseil de Nezzar, Jean-Réné Farthouat, dans laquelle il relève que les plaignants n'accusent pas le général pour "une intervention directe" dans les actes de torture. Jean-René Farthouat observe également que "l'immunité diplomatique" accordée à Nezzar et qui lui a permis de quitter le territoire français lors du dépôt de plainte en avril 2001, est illusoire. "Il est exclu, compte tenu des circonstances, que les autorités françaises accordent au général Nezzar un statut diplomatique. Quant à la notion "mission officielle", qui dépend des seules autorités algériennes, la protection qu'elle est susceptible de procurer apparaît très précaire pour ne pas dire pratiquement nulle", relève l'avocat qui conseille à Nezzar de prouver "publiquement" son innocence pour que sa situation redevienne normale (la possibilité de circuler librement en Europe). Lyès Laribi, un des accusateurs de Nezzar, ancien étudiant à l'université de Bab Ezzouar, vient de publier, en France, un livre-témoignage, Dans les geôles de Nezzar, aux éditions Paris-Méditerranée, préfacé par le sociologue Lahouari Addi. Qualifiant le récit de Lyès Laribi d'insoutenable, Lahouari Addi écrit : "Il est à se demander comment est-ce possible que des hommes soient capables de tels actes inhumains, de telles bestialités sans que leurs consciences se réveillent." Lyès Laribi décrit les conditions de détention et de torture dans les commissariats et dans le centre d'internement d'In M'Guel (700 km au nord de Tamanrasset). Ouverts en 1992, ces centres ont été fermés suite à des pressions internationales, en 1996. Des milliers de personnes, activistes islamistes ou non, y ont séjourné sans jugement. Lyès Laribi avait été accusé de militer au sein d'une association d'étudiants proche du FIS. Il s'agit du premier témoignage sur les conditions de détention dans les camps du Sud. "Je ne connais pas M. Khaled Nezzar, mais au moment des faits, il était ministre de la Défense et vice-président du HCE. Il était donc le premier responsable politique et militaire. J'estime être en droit aujourd'hui de lui demander des explications : j'ai été arrêté, torturé et détenu arbitrairement. M. Nezzar n'a jamais désavoué ces pratiques. Tout cela s'est passé au sein d'institutions qu'il dirigeait, notamment l'armée, et il en est donc entièrement responsable", déclare Lyès Laribi, dans une interview au journal virtuel Algeria-interface. Par Fayçal Métaoui ---------------- LE PROCES DEBUTERA CE LUNDI Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia Le Quotidien d'Oran, 1 juillet 2002 Le général
Khaled Nezzar et le sous-lieutenant Habib Souaïdia, auteur de "
La sale guerre ", vont s'affronter durant une semaine devant les
juges parisiens. Arezki Benmokhtar
Notre procès L'éditorial de Mohamed Benchicou, Le Matin (Alger) 1 juillet 2002 Il y
a un temps pour la politique et un autre pour les généraux
: depuis une semaine, masqués ou à découvert, actifs
ou à la retraite, ils choisissent de faire l'actualité avec,
il faut le dire, un brin de succès et ce qu'il faut d'ironie providentielle.
Il y a quelque paradoxe en effet, pour Khaled Nezzar, à vouloir
" laver l'honneur de l'armée algérienne " dans
la capitale de l'ancien pays colonisateur et, de surcroît, à
quelques jours du quarantième anniversaire de l'indépendance
algérienne, mais le calendrier judiciaire français est ainsi
fait qui échappe aux nostalgies. On s'en remettra donc à
l'infinie inspiration patriotique du général Nezzar pour
éviter que cette inédite célébration du 5
Juillet 1962 en terre parisienne ne s'accompagne d'une déconfiture.
Car le procès qui l'oppose dès aujourd'hui à Habib
Souaïdia auteur de La Sale Guerre est un saut dans l'inconnu : qui
va juger qui ? En théorie, l'ancien ministre de la Défense
est le plaignant et Souaïdia l'accusé, mais l'affaire est
trop passionnée, trop complexe pour se satisfaire de la théorie.
Le procès va déborder très vite sur les rades de
la polémique historique, pour devenir p; rançon de
l'impréparation - un réquisitoire contre l'armée
algérienne et, à ce jeu-là, pourquoi se le cacher,
il n'y a guère de place pour la neutralité : cette cause
est la nôtre. Ce débat-là est le nôtre. Aucun
Algérien ne peut accepter que s'ouvre un nouveau Nuremberg qui
jugerait les généraux algériens et qui disculperait
les terroristes islamistes à l'heure où le GIA en est encore
à tuer aux portes d'Alger. S'il est vrai qu'aucune fin ne justifie
la torture comme moyen, s'il est du droit absolu des intellectuels qui
soutiennent Habib Souaïdia de dénoncer les atteintes aux droits
de l'Homme p; et il y en a eu p;, il est tout aussi vrai que
le procès de Paris ne saurait réinventer l'histoire, plonger
la douleur algérienne dans l'eau bénite de l'amnésie
pour la ressortir conforme aux calculs des chefs islamistes. Un procès
des " janviéristes " arrangerait sans doute certains
cercles présidentiels et leurs nouveaux repentis, mais affaiblir
aujourd'hui l'armée au moyen d'une entorse fatidique à l'histoire
est le plus sûr moyen d'accélérer l'agonie nationale.
C'est tout l'enjeu du procès de Paris. Le procès Nezzar-Souaïdia s'ouvre aujourd'hui à Paris Le Matin (Alger) 1 juillet 2002 Le procès
Nezzar contre Souaïdia qui s'ouvre aujourd'hui au tribunal correctionnel
de Paris s'annonce d'ores et déjà politique. Démonter La Sale Guerre L'affaire s'ouvre
aujourd'hui au tribunal de grande instance de Paris : le général
major Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, contre Habib
Souaïdia, ex-sous-lieutenant de l'ANP, auteur de La Sale guerre,
un livre dans lequel il tente de démonter l'implication des militaires
algériens dans des massacres perpétrés en Algérie.
L'événement est de taille, historique, pour beaucoup, car
la défense de Khaled Nezzar doit assurer la lourde tâche
de démonter une à une les allégations de Habib Souaïdia
même si la plainte ne porte pas sur le livre en lui-même mais
sur les propos tenus par son auteur au cours d'une émission diffusée
par la chaîne de télévision française, la Cinquième.
" Ce sont eux qui ont décidé d'arrêter le processus
électoral, ils sont les vrais responsables ", avait-il alors
déclaré, tout en faisant un parallèle avec les tortures
commises par l'armée française durant la guerre d'Algérie.
" Je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu'ils ont commis comme je ne peux pas pardonner
au général Nezzar () Les généraux ont tué
des milliers de gens. " Les pressions se multiplient Le Matin (Alger) 1 juillet 2002 Au moment où le procès Nezzar-Souaïdia s'ouvre, un autre livre accusant le général à la retraite de torture est publié en France. Une agitation particulière
entoure le procès Nezzar-Souaïdia qui s'ouvre aujourd'hui,
en France, devant le tribunal de grande instance de Paris. En effet, au
moment même où l'auteur du livre La Sale Guerre, Habib Souaïdia,
qui pointe du doigt l'Armée algérienne dans le massacre
de civils, devra répondre devant le juge des accusations de diffamation
portées contre lui par le général à la retraite
Khaled Nezzar, dans les librairies françaises sortira un autre
brûlot intitulé Dans les geôles de Nezzar qui implique,
une fois de plus, M. Nezzar dans la torture et l'internement de plusieurs
personnes dans les fameux " camps du Sud " ouverts par le gouvernement
en 1992. L'auteur, Lyès Laribi, dont la biographie est rapportée
par le journal on-line Algeria Interface, est un ancien étudiant
et syndicaliste à l'université de Bab Ezzouar. Son livre
publié par les éditions Paris-Méditerranée
est un témoignage sur les sévices corporels et les conditions
de détention endurés par les prisonniers dans les camps
d'internement du Sahara algérien. L'étudiant est arrêté
et inculpé en 1992 pour appartenance à un groupe estudiantin
proche de l'ex-Front islamique du salut, le Mouvement universitaire pour
la défense du choix du peuple opposé à l'annulation
du processus électoral. Torturé, il sera mis en détention
préventive durant 44 mois à In M'guel, dans le Sud, et à
Blida avant d'être relâché. En avril 2001, alors qu'il
vient d'arriver en France, il décide de porter plainte pour "
crimes de torture " contre l'ancien ministre de la Défense.
A la même période, d'autres poursuites sont engagées
contre ce dernier par des proches de disparus l'accusant d'" usage
massif et systématique de la torture " et d'" exécutions
extrajudiciaires ". Le général se trouvant à
l'époque en France pour la promotion de son dernier livre avait
dû rentrer précipitamment au pays. Il renouera contact, toutefois,
de son propre chef avec la justice française qui l'entendra et
décidera de ne donner aucune suite à ces différentes
plaintes. Le procès de l'ex-lieutenant Habib Souaïdia sera
également accompagné d'un rassemblement de soutien devant
le tribunal à l'initiative d'un collectif dénommé
le Collectif permanent de solidarité avec le peuple algérien.
Mais ce n'est pas le seul soutien dont bénéficiera l'auteur
de La Sale Guerre dans cette affaire. C'est également l'occasion
qu'a choisie Amnesty International pour relancer ses accusations contre
le Pouvoir algérien. Vendredi dernier, l'organisation de défense
des droits de l'Homme appelait de nouveau le gouvernement algérien
à " cesser de faire obstruction aux enquêtes concernant
les graves atteintes aux droits humains " et remettait sur le tapis
son exigence d'" une commission d'enquête indépendante
et impartiale pour faire la lumière sur les graves dérives
commises par les forces de sécurité, les milices armées
par l'Etat et les groupes armés " dans notre pays. --------------------
L'un des avocats de Khaled Nezzar l'affirme " La partie adverse veut un procès médiatique contre Nezzar " Le Matin (Alger) 1 juillet 2002 Contacté hier
à Paris, l'un des avocats de Khaled Nezzar confirme qu'" en
effet, la partie adverse va tenter de transformer le procès d'aujourd'hui
en procès médiatique contre Nezzar et contre l'Armée
algérienne. Mais pour amener le procès sur le terrain de
la torture, il faut des preuves irréfutables, et ce n'est d'ailleurs
pas le propos dans cette affaire ". Notre interlocuteur rappelle
que Nezzar est la " victime " de " propos diffamatoires
" tenus par le sous-lieutenant Souaïdia dans une émission
télévisée d'une chaîne française. Concernant
les très nombreux témoins de celui-ci, l'avocat dira ne
pas s'en inquiéter car ils sont " des témoins d'opinion,
de conviction appartenant à un même courant de pensée
politique, et dont certains sont d'ailleurs signataires du fameux appel
des 100 qui demandait à l'Algérie d'appliquer le contrat
de Rome ", contrat qui exigeait entre autres redditions l'application
de la charia. Les témoins de Nezzar sont, eux, des témoins
" factuels ", soit des victimes des islamistes armés,
soit des personnalités algériennes qui ont eu à occuper
de hautes fonctions dans l'Etat telles que Sid-Ahmed Ghozali ou Ali Haroun.
Souaïdia n'aura pour se défendre que des communiqués
d'organisations humanitaires ou des opinions politiques d'intellectuels
et de journalistes. En tout état de cause, affirme l'avocat, il
faut être confiant, les magistrats français appliqueront
la loi dans un procès où l'accusé n'est pas Khaled
Nezzar, mais bien Habib Souaïdia. Procès Nezzar-Souaïdia Un procès médiatique Liberte, 1 juillet 2002 Le procès opposant l'ancien ministre de la Défense, le général Khaled Nezzar à l'ancien officier de l'ANP, Habib Souaïdia, l'auteur du livre La Sale guerre s'ouvre, aujourd'hui, au tribunal de Paris. Khaled Nezzar intente un procès pour "diffamation" suite aux propos tenus par l'auteur en mai 2000 sur la chaîne française la Cinquième. Au cours d'un débat, l'ancien sous-lieutenant Souaïdia avait accusé Khaled Nezzar d'être le responsable de l'interruption du processus électoral en janvier 1992. Il a également accusé les généraux algériens d'avoir "tué des milliers de gens". Plusieurs personnalités politiques algériennes, notamment Sid Ahmed Ghozali, Ali Haroun, Leïla Aslaoui, devront témoigner en faveur de Khaled Nezzar. Pierre Vidal Naquet, Mohammed Harbi, José Garçon, Salima Ghozali et Malika Matoub feront partie du collectif de témoins cités par Habib Souaïdia. Il est à noter que ce procès, qui promet d'être très médiatique, intervient au moment où sort en France, Dans les geôles de Nezzar", un témoignage d'un ancien militant islamiste, Lyès Laribi, sur les actes de tortures et exactions qu'auraient commis les services algériens à son encontre. Voilà qui ajoutera du piment à un procès algéro-algérien tenu dans la capitale française. ------------------------- LE PROCÈS NEZZAR-SOUAÏDIA AUJOURD'HUI À PARIS L'heure de vérité L'expression, 01-07-2002 Une brochette impressionnante
de témoins donnera du poids aux thèses en confrontation. Aziz YEMLOUL -------------------
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www.algeria-watch.org
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