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L'armée algérienne veut rassurer Paris Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, vient redorer l'image du régime José Garçon, Libération , 25 avril 2001 La publication du livre «la Sale Guerre» de Habib Souaïdia, qui dénonce les exactions de l'armée, oblige les chefs militaires à monter en première ligne. Le général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et ex-homme fort du régime algérien, est aujourd'hui à Paris. Sa présence pourrait être banale vu la fréquence des déplacements des «décideurs» algériens en France. Elle constitue pourtant un événement s'agissant de généraux qui assument la réalité du pouvoir, mais répugnent à apparaître et plus encore à s'expliquer. Mais l'onde de choc créée par le livre la Sale Guerre les a contraints à monter en première ligne pour répondre aux accusations d'un jeune officier algérien, Habib Souaïdia, qui dénonce la responsabilité de l'armée dans les tueries. Déjà, l'intervention - quasiment sans précédent en dix ans de guerre! - de Mohamed Lamari, le tout-puissant chef d'état-major, avait confirmé qu'il s'agissait d'une affaire d'Etat. Trois éléments auront obligé les chefs militaires à s'impliquer davantage par peur de devoir un jour rendre des comptes sur les exactions reprochées: l'impact de ce livre (70 000 exemplaires en trois mois); l'impossibilité pour Alger de mobiliser en sa faveur, comme ce fut souvent le cas, des intellectuels étrangers de renom; enfin, la caution apportée à cet ouvrage par un préfacier irréprochable, le juge antiterroriste italien Ferdinando Imposimato. Considéré encore très récemment comme l'un des deux «parrains» du système, Nezzar a donc décidé de monter au créneau en venant en France présenter ses «mémoires» (Echec à une régression programmée, Publisud). Mais il signifiait, dès samedi dans un entretien au Figaro-Magazine, que la Sale Guerre le préoccupait davantage. Dénonçant «tous les mensonges» qui ont «pu semer le doute dans la communauté algérienne et peut-être chez des Français de bonne foi», il tente de décrédibiliser «l'imposteur» Souaïdia. Non sans maladresse, notamment quand il évalue le salaire mensuel des généraux algériens... à 5400 F, quand leurs meilleurs défenseurs mettent en avant leur «corruption» pour mieux nier leurs violations des droits de l'homme. Signe du malaise des «partenaires» de l'Algérie: les autorités françaises ont autorisé, ce soir à 18 h 30 à Paris, un «défilé» organisé par les familles de «disparus» et soutenu par la Ligue des droits de l'homme devant le Centre culturel algérien où Khaled Nezzar intervient à 19 heures.
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www.algeria-watch.org
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