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Les Amis De La Fondation
Lounès Matoub
Siège : 25 Rue François Arago. 93100 Montreuil
Tel : 01 42 58 12 66 Fax 01 42 58 12 67
Déclaration
La justice algérienne vient de condamner Malika Matoub pour diffamation,
suite à une plainte déposée par le député
du RCD, Nourreddine Aït-Hamouda (NAH). Ce verdict prononcé contre
la sur de Lounès Matoub vient confirmer une fois de plus une habitude
ancienne du régime algérien : la justice doit tout soumette aux
intérêts du pouvoir et ses alliés et s'y soumettre elle-même.
Il nous faut revenir un peu en arrière pour voir sur quels faits reposent
ce verdict arbitraire et ridicule.
En décembre 1997, les responsables du RCD proposent à Lounès
Matoub de l'aider à obtenir rapidement un visa pour sa femme qu'il souhaitait
emmener en France. Confiant, il leur remet les pièces administratives.
Après plusieurs mois d'attente, Lounès Matoub réalisa que
la promesse ne serait pas tenue et réclama les documents confiés
(dont le passeport de sa femme). En vain. Ses appels téléphoniques
restèrent sans réponse.
Le 13 juin 1998, Lounès s'envole pour l'Algérie avec l'espoir
de régler définitivement la question du visa et revenir en France
en compagnie de sa femme. Le 25 juin, il est lâchement assassiné
dans de mystérieuses conditions.
Tous ces faits connus par la famille et les proches de Lounès, ont été
rendus publics par Nadia, l'épouse de Lounès, dans son livre "pour
l'amour d'un rebelle" publié en avril 2000, notamment dans les pages
114, 117, 120, 123, 132, 133 et 134. Nadia Matoub a d'ailleurs ajouté
de nouveaux détails, lors de l'émission de Canal Plus "Algérie
: la grande manip" diffusée le 31 octobre 2000.
Dès lors une question s'impose : pourquoi intenter un procès contre
Malika pour avoir relater, dans une conférence publique animée
le 10 mai 2000, des faits avérés et déjà connus
grâce au témoignage de la personne la plus concernée : l'épouse
de Lounès ?
Il est inutile de préciser que lors du procès entre Malika Matoub
et NAH, la liaison entre l'accusation pour diffamation et les propos tenus par
la sur de Lounès n'a pas été établie. Les
avocats de NAH sont partis dans un réquisitoire schizophrénique
et violent en s'en prenant au combat de Malika pour la vérité
au lieu d'avancer des faits précis liés à une prétendue
diffamation. Ils s'étayaient, pêle-mêle, sur des ragots touchant
à la vie privée de Malika et sur sa participation à "un
complot international visant à déstabiliser l'Algérie ".
Sans doute n'y a-t-il aucune surprise à ce que Malika soit condamnée
par une justice "aux ordres" ; Mais c'est avec une tristesse sans
nom que l'on constate le délabrement profond d'un régime qui s'acharne
sur une mère et une sur parcequ'elles osent demander la vérité.
Ce procès est un chef-d'uvre de ridicule et de perfidie, à
travers lequel on semble découvrir une nouvelle manuvre du pouvoir
et ses affidés visant à détourner l'opinion de la quête
de vérité et à nous pousser à nous murer dans un
silence résigné.
La population, qui reste mobilisée autour de La Fondation Matoub, a accueilli
ce verdict avec un profond sentiment d'injustice et observe avec écurement
tous ces petits despotes et courtisans acclamant leur joie dans un tintamarre
médiatique qui ne s'est jamais encore autant approché de l'absurde.
Leurs jubilations sont d'une affligeante insignifiance.
Les fleurs de la dictature ne durent qu'une saison et tous les tyrans grands
et petits finiront par répondre à la justice de l'Histoire. Mais
pour comprendre cela, il faut de l'intelligence dans le cur et dans l'esprit.
Pour la vérité sur l'assassinat de Lounès Matoub !
Non à l'arbitraire !
Le Bureau exécutif
Montreuil, le 04-03-2001
algeria-watch
en francais
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