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Entre
les lignes
Nasreddine Yacine, algeria-watch,
semaine du 6 au 12 avril 2001
88 morts et 25 blessés
ont été enregistrés au courant de la semaine écoulée
(décompte de presse). Ceci est une hypothèse basse, car pour des
mêmes attentats des quotidiens avancent des chiffres différents.
Mais tous se réclament d'une " source généralement
bien informée ". Ainsi, concernant un attentat contre un convoi
militaire dans la wilaya de Tizi Ouzou, le Quotidien d'Oran donne 3 morts et
3 blessés, Liberté annonce 4 morts et 10 blessés, et Le
Matin 6 morts et 14 blessés.
Par ailleurs, un autre quotidien croît savoir que 140 personnes ont été
armées à Mahroum dans la wilaya de Sidi Bel Abbès. On vous
disait que la guerre était bien finie !
Enfin, un dernier chiffre : il existerait en Algérie, selon le ministre
de la santé et de la Population, 140.000 malades mentaux.
Relance économique
en... juin 2001.
C'est fait, le gouvernement algérien a décidé de relancer
l'économie de son pays, après celle des autres par les importations
massives, et cela dès le mois de juin prochain. C'est ce que nous annonce
Ghania Oukazi du Quotidien d'Oran du 7 avril. Pourquoi juin prochain ? Rien
ne presse.
Par ailleurs, le ministre des Finances, M . Benachenhou, vient de mettre 4 milliards
de dollars dans la cagnotte pour financer des projets d'investissement des entreprises
privées et publiques. Il paraît que Rebrab, le patron du RCD et
de Liberté, est aux anges. L'homme qui valait 130 millions de dollars,
selon Bélaïd Abdesselam, va encore une fois grignoter des dizaines
de millions de dollars. Et dire qu'autre fois on expliquait aux pauvres qu'il
ne faut plus compter sur l'Etat pour leur financer le logement et autres services
vitaux.
Mais, qui a parlé de mettre fin à la rente ?
Y a-t-il un linguiste
au GIA ?
" Salem Chaker menacé de mort par le GIA " titre Le Matin du
7 avril. " Le linguiste et chercheur spécialiste du domaine berbère,
vient d'annuler un séjour en Algérie... pour organiser un colloque
sur la langue berbère ". Because, " il vient de recevoir une
lettre de menace via Internet ". La lettre, dont le Matin a publié
un fac-similé, est rédigée en français, envoyée
par e-mail par un certain Djihad Mesbahi " djihad92@caramail.com "
à l'adresse de Salem Chaker " salem.chaker@inalco.fr ". Inalco
(Institut national des langues et cultures orientales) est un organisme français.
Le texte de la " lettre de menace " est le suivant : " Bienvenue
en Algérie. Tes jours sont comptés. Tous les suppôts du
francberbérisme, toi en tête, vont être passés à
l'arme blanche un par un. L'Islam vaincra. GIA ". Le fac-similé
comporte également une signature manuscrite : " Allah Akbar "
en caractère latins et " Allah " en arabe.
Sur cette " information ", le Matin tartine deux articles deux jours
de suite. Le jour suivant la première publication, il nous sert un entretien
avec Salem Chaker qui dit " prendre ces menaces très au sérieux
", mais qu'il " n'abdique pas pour autant ".
Comment confirmer qu'il s'agit vraiment du GIA ? L'illustre professeur de berbère
répond au journaliste du Matin qui est tout aussi convaincu que son interlocuteur
de la piste du GIA: " Chacun sait l'opacité de ce sigle ".
Et de continuer quelques phrases plus loin : " Une chose est sûre
néanmoins, l'identité idéologique des auteurs de ces messages
ne fait pas de doute ; il s'agit du courant de la xénophobie et de l'anti-berbérisme,
idées malheureusement assez largement répandues en Algérie,
et pas seulement chez les islamistes ".
Voilà, globalement, la " rigueur " avec laquelle la presse
" indépendante " traite ce genre de sujets.
Alors, vous doutez toujours que c'est le GIA qui a menacé Salem Chaker
?
Les choses bougent à
Relizane.
Un mouvement de citoyens (un millier de personnes, selon le Quotidien d'Oran
du 7 avril) favorable à Hadj Smaïn, moudjahid et responsable du
bureau de la LADDH à Relizane, auxquels se sont joint des moudjahidine
de l'ONM ont exigé et obtenu la destitution de Hadj Fergane " des
affaires de l'ONM à Relizane ".
Il faut rappeler que Hadj Smaïn accuse Hadj Fergane, patriote et membre
du RND, d'avoir commis, avec plusieurs de ses complices, des assassinats et
enterré les victimes dans des charniers.
Depuis les premières révélations, Hadj Smaïn n'en
finit pas d'être harcelé et de recevoir des menaces. Il a été
arrêté à plusieurs reprises puis relâché.
L'information de la destitution de Hadj Fergane n'a pas fait le tour de toutes
les rédactions. Bizarre ? Non. Il se trouve que ce dernier a bénéficié,
dès le début, du soutien très actif de nombreux quotidiens
privés à l'image de Liberté, Le Matin, Le Soir d'Algérie,
El Watan et El Khabar. Maintenant, il est gentiment largué.
Pasqua connection !
Me Hocine Zehouane, vice-président de la LADDH, vient de lancer un pavé
dans la marre, à l'occasion de la commémoration du 14ème
anniversaire de l'assassinat de Ali Mecili, le 7 avril 1987 à Paris,
un crime jusqu'ici impuni.
Selon Me Zehouane, cité par La Tribune du 8 avril 2001, " l'assassinant
a été commandité à partir d'Alger ", "
l'assassin et connu " et " qu'il a été arrêté
puis vite expédié par Charles Pasqua ". " L'auteur du
crime, ajoute Me Zehouane, a vécu pendant un certain temps à Club
des Pins avant qu'il ouvre une société de gardiennage en Algérie
(il en existe une vingtaine actuellement, toutes créées par des
pontes du régime - ndlr) ".
Curieusement, la presse algérienne ne s'empare pas de ce genre d'information.
Et pour cause, tout ce qui touche aux tontons Pasqua, Yves Bonnet ne doit pas
être ébruité.
Diffamation à
deux vitesses.
Un journaliste et le directeur de la publication du quotidien régional
La Voix de l'Oranie ont été, rapporte La Tribune du 8 avril, condamnés
à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Es Seddikia
d'Oran " dans une affaire de diffamation les opposant à des personnalités
de la ville ".
Six mois de prison ferme pour un journaliste et le directeur de la publication
d'un journal régional. C'est l'illustration même de la justice
à deux vitesses.
On en connaît qui, à l'image de Omar Belhouchet, directeur de la
publication d'El Watan, collectionnent les condamnations avec sursis sans toutefois
être inquiétés par la " justice ". Alors que la
loi est claire là-dessus, plus de deux condamnations avec sursis : direction
la prison d'El Harrach. Mais pas lorsqu'on s'appelle El Watan.
Des services secrets
qui espionnent !
L'information est tombée tel un couperet sur des âmes sensibles
de la presse privée. " La DGSE espionne l'ANP " et " La
DGSE espionne l'Algérie " commentent respectivement El Watan et
liberté du 10 avril un dossier publié par l'hebdomadaire Le Nouvel
Observateur.
C'est une première, n'est-ce pas. Un service secret qui espionne des
pays étrangers ! On aura tout vu.
Question : Nos " services " espionnent-ils la DGSE, la DST ou l'Elysée
? Réponse : Non, ils n'ont pas le temps, ni assez de personnel pour le
faire, ils s'occupent plutôt des 30 millions de leurs concitoyens. Un
sacré boulot.
Khalida, Bouteflika
et Hizbollah
Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Al-Khabar Al-Ousbou'i
du 10 au 16 avril 2001, Mme Khalida Messaoudi déclare sa flamme ou du
moins son infinie admiration pour Bouteflika.
" Je ne refuserais rien au Président " titre, en Une, Al-Khabar
Al-Ousbou'i. Dans cet entretien, Khalida considère que Bouteflika a redonné
à l'Algérie sa place dans le concert des nations (lesquelles ?
- ndlr). Et d'ajouter : " J'insiste que ma relation avec le président
est une relation de militantisme car l'Algérie n'est pas bien. Le président
peut la refuser et annoncer que je ne suis pas sa compagne dans la lutte pour
la démocratie et l'Etat de droit. Mais moi je dis que je suis sa compagne
dans le militantisme. " Attention Mme Messaoudi, vous avez un sérieux
concurrent en la personne de Ahmed Fattani, ex-directeur de Liberté,
actuellement patron de L'Expression et de la boite de communication Oscar, qui
voue lui aussi une admiration sans bornes à Bouteflika (Le Matin du 14
avril, page 9).
Khalida explique également comment elle a été " élue
par le peuple " lors des législatives de 1997 sous la bannière
du RCD. Seulement elle omet de préciser qu'elle n'a pu, en 1991, obtenir
les 500 signatures nécessaires pour valider une candidature indépendante
(selon la loi de l'époque), même parmi les militantes de son association.
Le plus étonnant dans cet entretien, c'est que Khalida Messaoudi "
espère que les partis islamistes algériens adoptent la même
position que Hizbollah au Liban en ce qui concerne la réforme du système
éducatif ".
Déjà qu'elle admette l'idée d'existence de partis islamistes,
mais qu'en plus elle leur demande de ressembler à Hizbollah ! Enfin,
pas totalement.
Boumaaza vs Messaadia
Non, on préfère vous éviter ce feuilleton.
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