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Entre
les lignes
Nasreddine Yacine, algeria-watch,
semaine du 04 au 10 mai 2001
Les événements
en Kabylie ont engendré 14 blessés dont 13 à Béjaïa
la veille de la marche du FFS.
Sur le plan sécuritaire, on compte 30 morts et pas de blessés.
Les accrochages entre les forces de sécurité et les groupes armés
à Tébessa ont fait, selon la presse, 17 morts par ces derniers.
Ces accrochages durent depuis environ deux semaines. Par ailleurs, à
Tigzirt (Wilaya de Tizi-Ouzou) 8 éléments d'une patrouille de
la brigade mobile de la police judiciaire ont été tués,
le mercredi 9 mai, dans un guet-apens attribué par la presse privée
au GSPC de Hassan Hattab.
Le même jour, la
loi sur les mines est passée comme une lettre à la poste à
l'APN. Cette loi est censée, selon le ministre de l'Energie et des Mines,
attirer des investissements étrangers dans le secteur minier algérien.
Encore plus d'argent pour continuer... " l'effort de guerre " !
Les aveux du général
Aussaresses à propos de la systématisation de la torture et des
exécutions sommaires par l'armée coloniale pendant la guerre d'Algérie
continuent de susciter des réactions diverses aussi bien en France qu'en
Algérie. Tout le monde s'est exprimé à ce sujet, marquant
son indignation et réclamant, pour certains, qu'Aussaresses soit jugé,
sauf... les voix autorisées du pouvoir. Silence sur toute la ligne. A
croire que les champions du nationalisme en Algérie ont peur que le déballage
sur cette partie de notre histoire ne se poursuive jusqu'à dévoiler
d'autres facettes de la guerre.
Le geste de Said Sadi
Triste fin pour un " leader " politique de finir sa carrière
par un geste qui ressemble fort à une gifle qu'il allait donner au journaliste
de l'ENTV qui l'interviewait, le jeudi 10 mai, lors de la marche du MCB-RCD.
Les images ont été montrées à la télévision
algérienne le soir même de la marche. On y voit le journaliste
interroger Sadi le démocrate (en Algérie, est démocrate
celui qui n'est pas islamiste ou qui s'oppose à eux - un bon sujet pour
les matheux afin de compléter la théorie des ensembles !), sur
les motivations de cette marche. Dans sa réponse, Sadi met en avant des
revendications identitaires. Le journaliste de l'unique lui rappelle que "
les jeunes de la Kabylie ne réclamaient pourtant pas Tamazight, mais
plus de dignité, du travail, et des conditions sociales décentes...
".
Ya latif (mon Dieu), une suprême insulte que de contredire ce chef vénéré.
Mais ne voit-on pas Sadi lever la main droite pour esquisser un geste brusque
en direction de la joue gauche du journaliste, puis de ralentir la cadence avant
l'attérissage de la main sur la joue. " Ça c'est l'avis de
Bouteflika. Va travailler chez lui ", répond Sadi au journaliste,
en joignant le geste à la parole.
Une image pas étonnante du tout pour ceux qui connaissent Sadi. Au RCD,
mieux vaut se suicider que de lui porter la contradiction.
Bouteflika, ex-ami de
Said Sadi
Sadi a donc divorcé avec Bouteflika, dont il disait être l'ami
à quelques jours de leur mariage il y a de cela plus d'une année.
Pour résumer,soyons pédagogiques. Lorsque Sadi pense du bien de
Bouteflika, tout le reste de la planète doit en faire de même.
A défaut on " met les intérêts du pays en danger ".
Maintenant que Sadi pense autre chose de Bouteflika, il ne faut surtout pas
s'entêter à raisonner autrement.
C'est qu'en termes de référence démocratique, il n'y a
pas mieux.
La presse et la marche
du FFS.
Les commentaires étaient généralement favorables au lendemain
de la marche du FFS. Tous les quotidiens, arabophones et francophones, même
ceux du secteur public en ont fait leur Une dans l'édition du samedi
5 mai. Sauf.... Liberté qui a préféré en parler
en pages intérieures. N'insultons pas l'intelligence du lecteur en expliquant
le pourquoi de cette " défaillance ".
Les chiffres de la participation à cette varient de " plusieurs
milliers " (Liberté, le Soir d'Algérie, Le Matin) à
plusieurs dizaines de milliers (La Tribune) en passant par des estimations plus
précises allant de 10 à 15.000 participants.
Miloud Brahimi se venge
de Boudiaf.
Pour ceux qui ont raté l'émission Théma du jeudi 3 mai
sur la chaîne Arte, sachez que Maître Miloud Brahimi affirme que
l'assassinat de Boudiaf est dû à un acte isolé d'un illuminé
sans aucune complicité ni aide.
Dans le quotidien L'Expression (5 mai 2001), Amine Benabderrahmane, ex-secrétaire
particulier de feu Mohamed Boudiaf nous explique les motivations des déclaration
de Me Brahimi. " Un peu de retenue, M. Miloud Brahimi ! ", écrit
Benabderrahmane. " (...) Pour lui (Brahimi - ndlr), point de commanditaire,
ni de mafia politico-financière, encore moins de complot politique. Ses
propos reflètent l'hostilité, la haine, voire la rancur
contre le vieux militant Tayeb El-Watani. (...) Mais voilà, il y a une
explication dont le très malhonnête et versatile homme de droit
a omis de nous faire part dans son brillant exposé : Boudiaf lui avait
refusé le portefeuille de ministre de la Justice que notre très
médiatique représentant des droits de l'Homme exigeait pour services
rendus. "
Depuis l'apparition de cette précision, Me Brahimi n'a pas encore réagi.
Salima Tlemçani
s'est fâchée !
Le livre mémoire de Salima Tlemçani devait être le premier
ouvrage à paraître chez les Éditions El-Watan. Ahmed Ancer,
l'actuel rédacteur en chef d'El Watan a pris les devants en publiant,
il y a quelques jours, " Encre rouge : Le défis des journalistes
algériens. "
Le livre de Salima Tlemçani sera probablement le deuxième sauf
si, à son tour, Fayçal Metaoui publie avant elle.
Nezzar victime d'une
machination islamiste ?
" Lorsque le doigt désigne le ciel, l'imbécile regarde le
doigt ". Peu importe qui a dit ça, l'essentiel est que cela s'applique
parfaitement à un article de sieur Mounir Boudjemaâ du Quotidien
d'Oran (6 mai 2001) à propos des plaignants dans l'affaire Nezzar.
Mounir B., considère que les trois familles plaignantes traînent
" un lourd passif "... elles sont islamistes. Whaou, quelle découverte
!
Les chiffres du CNES.
La république se porte bien. Statistiques à l'appui : 6,4 millions
d'Algériens sont pauvres (21% de la population totale) dont 1.611.000
vivent au-dessous du seuil de la pauvreté (soit moins d'un dollar par
jour, environ 77 dinars).
L'Algérie compte également 2.544.000 chômeurs en l'an 2000,
soit 233.000 de plus que 1999.
Mais, là où la floraison est exceptionnelle, c'est dans le registre
du mouvement associatif. Sur 57.000 associations, seules 8.550 ont un caractère
social et 3.078 à caractère caritatif. Les 45.372 restantes sont
à classer parmi les satellites du pouvoir. Ceux qui organisent des marches
spontanées et dénoncent " les tentatives de destabilisation
de l'Algérie " ou encore " les tentatives d'ingérence
" ou encore " les tentatives d'internationalisation de la crise algérienne
"... etc.
Ces associations bénéficient du soutien moral et matériel
des autorités et des laboratoires de tout genre. C'est le pare-brise
du pouvoir. Son Mekhzène !
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