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Entre
les lignes
Nasreddine Yacine,
algeria-watch, quinzaine du 13 au 26 juillet 2001
Les habitants
de Hameur El Aïn et Aïn Tagouraït (Tipaza), de Berrouaghia
(Médéa), de Boumedfaâ (Khemis Miliana - Wilaya de
Chlef) et d'autres localités de Tizi Ouzou, Sidi Bel Abbes Tamanrasset...
ont vécu une quinzaine infernale.
Au total : 50 morts et 50 blessés. Egalité. Comme ça
il n'y aura pas de jaloux !
Les bilans les plus lourds ont été enregistrés à
Tipaza où il y a eu, en l'espace de quelques jours, deux massacres
faisant 11 morts à Hameur El Aïn et 7 à Aïn Tagouraït,
mais également à Berrouaghia où 12 personnes ont
été exécutées froidement.
Tipaza, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est à moins de 80 kilomètres
de... Club des Pins, l'endroit le plus surveillé au monde après
le siège de Microsoft ! A la différence que le Club des
Pins abrite les plus honnis parmi les algériens (classe politique
à la botte du pouvoir, généraux et la nomenklatura),
alors que le second dispose du taux le plus élevé au monde
de matière grise au mètre carré.
Très loin vers Sud, à quelque 2200 kilomètres des
côtes algériennes, une vingtaine de femmes ont été
tabassées à Hassi Messaoud, la ville symbole des richesses
en hydrocarbures. Certaines de ces femmes ont été violées.
Les auteurs ? A en croire Le Matin ce sont des islamistes qui dans un
" acte de moralisation de la société " auraient
profité pour... violer ces femmes ! Comprendra qui peut.
Le spectre de la mort et de la désolation est très large
en Algérie. Ce pays enregistre, malheureusement, un autre triste
record dans la région, celui des accidents de la route. Pas moins
de 8192 accidents ont été enregistrés au cours des
six premiers mois de 2001 révèlent les statistiques de la
gendarmerie nationale. Bilan : 1145 morts et 13142 blessés. Pour
un parc automobile dix fois moins important que celui de la France, nous
enregistrons presque autant d'accidents de la route.
Un autre parti
pour Abdesselam Ali Rachedi ?
Du rififi chez El Badil, le nouveau parti de Ali Rachedi. Cet ex-premier
secrétaire du FFS risque de faire scission encore une fois. Il
n'a pas eu le temps d'apprécier le nouveau né qu'il songe
déjà à le quitter. Ses nouveaux camarades n'ont-ils
pas compris que le professeur Ali Rachedi n'a pas quitté le FFS
pour se retrouver comme un simple responsable parmi d'autres du parti
El Badil. Il veut être le chef !
Alors, ils leur faut choisir entre le professeur et Bendriham.
Larbi Belkheir
sur les traces de Khaled Nezzar
" Ya qatel errouh ouin trouh " (meurtrier où ira tu ?)
dit un proverbe algérien. Plus de quatorze ans après l'assassinat
de Ali Mecili, l'affaire remonte à la surface suite aux déclarations
de l'" ex "capitaine de la DRS, Aboud Hicham, à l'hebdomadaire
Le Nouvel Observateur paru le 14 juin dernier, dans lequel accuse Larbi
Belkheir d'être un des commanditaires de cet assassinat.
Selon le Jeune Indépendant et le Matin (du 15 juillet 2001) la
veuve de Mecili étudierait la possibilité de déposer
plainte contre le général Larbi Belkheir.
A force d'êtres persécutés, nos malheureux généraux
ne trouveront bientôt plus aucun pays où passer leurs vacances
et surtout où se faire soigner.
DGSN, les langues
se " délient "
A l'occasion d'un entretien accordé à El Khabar Hebdo, rapporté
par El Watan du 17 juillet 2001, Le directeur général de
la sûreté nationale (DGSN), le colonel Ali Tounsi, dresse
un état des lieux de la police algérienne.
" Déficit en communication, exactions, manque de formation,
insuffisance de moyens logistiques, les propos du DGSN sont d'une incontournable
vérité ", écrit El Watan.
" Il (Tounsi - ndlr) révèle ainsi, continue le journal,
le recrutement hors norme, "à une certaine époque où
les exigences sécuritaires étaient pesantes", de milliers
d'éléments. Les exactions constatées, reconnaît-il
(remerciez le de notre part !), ont donné lieu à l'expulsion
des rangs de près de 1700 éléments durant l'année
1999, et 910 autres l'année dernière - certains ont été
présentés au parquet. "
Reprenons depuis le début. Tounsi affirme que le " recrutement
hors norme " avait commencé depuis le début de la crise,
alors que les expulsions n'ont commencé qu'en 1999 puis en 2000.
En tout 2610 éléments ont eu largement le temps de commettre
les exactions de leurs choix, dans les quartiers de leurs choix, sur les
personnes de leurs choix, pour se voir, pour la plupart, simplement "
expulsés " des rangs de la police.
" Un pêché avoué est à moitié pardonné
", écrit Lyes Bendaoud. Pardonné par qui ? Par El Watan
ou par les victimes des " dépassements " des sbires de
Tounsi ?
www.ugta.dodo
Selon Le Quotidien d'Oran du 17 juillet, " l'UGTA a fait appel à
des spécialistes de la Confédération Internationale
des Syndicats Libres (CISL) pour initier les responsables syndicaux...
à l'utilisation de l'outil informatique, dans l'espoir de parvenir
à leur inculquer de nouveaux réflexes en matière
de communication ". Seulement, remarque le journal, ni Sidi Saïd,
SG de l'UGTA, ni même le secrétaire national chargé
de l'information n'ont pris part à ce séminaire.
Vous rigolez ! Sidi Saïd a d'autres préoccupations en ce moment,
comme partir en vacances (en famille ?) quelque part en Europe.
Tango à
volonté !
Le richissime Djilali Mehri annonce une baisse des prix... de la bière
" Tango " qu'il fabrique dans sa nouvelle usine de Rouiba à
quelques mètres de celle de Pepsi.
Depuis l'adoption de la loi de finances complémentaire, la société
" Tango " annonce à coup de publicité dans plusieurs
quotidiens : " Les taxes baissent, Tango baissent les prix ".
Bizarrement, depuis que le richissime Djilali Mehri s'est lancé
dans la fabrication de la bière, la presse " indépendante
" a arrêté de le taxer d'islamiste. Est-il devenu fréquentable
maintenant ?
Conférence
de presse du colonel Hallab
" La gendarmerie revient à sa mission originelle " affirment
les colonels Hallab, porte-parole du commandement de la Gendarmerie nationale,
et le colonel Mammeri, commandant régional et commandant de la
sécurité publique, lors d'une conférence de presse
animée, le 16 juillet, au siège du commandement régional
de la Gendarmerie nationale à Constantine, cité par Le Matin
du 17 juillet.
" Le colonel Mammeri, écrit Le Matin, exposera le plan Dauphin
pour l'été 2001. Un plan qui se résume au retour
de la Gendarmerie nationale à sa mission originelle, à savoir
la sécurité routière, la lutte contre la drogue et
la contrebande, en plus de ses missions de police judiciaire et administrative
"
Ils annoncent également la création, pour 2003, d'un institut
national de recherches criminelles. " "L'Etat de droit exige
des preuves scientifiques", dira le colonel Hallab qui ajoutera :
" La preuve scientifique doit supplanter l'aveu. " Cet institut
traitera de la cybercriminalité au décodage de l'ADN, conclura-t-il.
"
Cette déclaration de ces deux hauts responsables de la gendarmerie
nationale n'est pas fortuite. Il s'agit vraisemblablement d'une déclaration
d'intention des " nouvelles missions " ce corps, une déclaration
qui se veut officielle, beaucoup adressée à l'intention
de l'opinion publique.
Remarquez la précision de la déclaration du colonel Hallab
: " L'Etat de droit exige des preuves scientifiques (...). La preuve
scientifique doit supplanter l'aveu ".
Un aveu qui en dit long sur les pratiques de la décennie 1991-2001,
et qui désavoue l'institution, toute l'institution.
Tazmalt, n'existe
nulle part pour Liberté
Voilà plusieurs jours que des quotidiens, à l'image du Matin,
rapportent que des citoyens manifestent devant le siège de l'APC
de Tazmalt (wilaya de Béjaïa) et ont même fermé
à coup de cadenas le portail de celle-ci.
Le plus étonnant est que cette information ait échappé
à toute l'armada des correspondants et des envoyés spéciaux
du journal Liberté !
En fait, ce n'est pas étonnant pour un sou. Le président
de l'APC de Tazmalt n'est autre que Smaïl Mira, dont le frère
Tarek, un des seigneurs de la guerre (Patriotes !) est membre du RCD dans
la Kabylie, accusé par plusieurs témoins oculaires d'avoir
tiré sur le jeune Hamza Ouali lors des événements
qui ont suivi l'assassinat de Matoub Lounès.
Le journalisme
militant
Un même événement est rapporté différemment
selon que le journaliste (ou le journal) appartiennent ou pas à
une obédience politique ou autre secte.
Nahnah, le président du MSP (ex-HAMAS), s'est exprimé au
cours d'une journée d'étude des élus locaux de son
parti sur les " propositions " de Saïd Sadi en les réfutant.
Que lisons-nous dans les comptes-rendus de la presse. Pour Liberté
(21 juillet) : " Nahnah s'oppose à la transition démocratique
", alors que pour Le Quotidien d'Oran du même jour : "
Nahnah s'oppose à une autre transition ". C'est cette dernière
version qui revient dans les rapports des autres quotidiens, arabophones
notamment.
Remarquez qu'il y a quand même une sacrée différence
entre être " contre une autre transition " ou " contre
une transition démocratique ". Mais Allah Ghaleb, ainsi est
faite la presse algérienne.
Nous conseillons vivement à S.R. de Liberté et comparses
d'enlever leurs illères idéologiques et partisanes
au moment de l'exercice de leur métier. Par respect aux lecteurs
au moins !
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