|
|||||
|
Manifestation à Alger en solidarité avec la Kabylie Le Monde, 1 juin 2001 Au moins 200 000 personnes ont manifesté, jeudi après-midi 31 mai, à Alger, à l'appel du Front des forces socialistes, le principal parti d'opposition, pour "dénoncer la répression en Kabylie". A l'issue de ce rassemblement, des affrontements entre jeunes Kabyles et jeunes Algérois ont éclaté. Ils étaient au moins 200 000 manifestants, un million selon les organisateurs, à défiler dans les principales artères d'Alger, jeudi après-midi 31 mai, contre la répression en Kabylie. "Pouvoir assassin !" Ulac Smah !" ("pas de pardon", en kabyle), "A bas la répression !", "Algérois, soulevez-vous !" ou encore "Si vous voulez la guerre, on a pas peur" et "Bouteflika dehors !", scandaient les protestataires. Les manifestants, réunis à l'appel du Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed, parti d'opposition bien implanté en Kabylie, avaient déployé des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "On en a marre des généraux", "Liberté de la presse", "pour une commission d'enquête internationale" ou encore "Aït Ahmed ONG sauvez-nous des Pinochets". Défilant sous une forte chaleur, ils sont partis de la place du 1er-mai, à l'est de la capitale, et se sont dirigés vers la place des Martyrs, à l'ouest, au pied de la Casbah, près du port. LA MANIFESTATION TOURNE À L'AFFRONTEMENT A l'issue du défilé, qui s'est déroulé dans le calme, des jeunes venus de la Casbah, la vieille ville d'Alger, et du proche quartier populaire de Bab El-Oued, se sont affrontés à des jeunes participant au cortège, à l'aide de projectiles divers ramassés sur la place des Martyrs. Après plus d'une heure de bagarres devant un dispositif de sécurité débordé, la police est parvenue à disperser la foule en utilisant des canons à eau. Des vitres d'une banque, de magasins, des enseignes lumineuses, ainsi que des lampadaires ont été brisés.Une partie du pavage de la place a été arraché et utilisé comme projectile. Un jeune manifestant aurait par ailleurs été grièvement blessé par balle lors de ces échauffourées. En Kabylie, le retour au calme semble se confirmer. Selon des habitants contactés dans les wilayas de Béjaïa, en Petite Kabylie, et de Tizi Ouzou, en Grande Kabylie, peu d'incidents auraient été enregistrés jeudi. Cette agitation qui secoue la Kabylie depuis près d'un mois et demi pose la question de la capacité du président Abdelaziz Bouteflika à rétablir l'ordre dans un pays déjà ravagé depuis près de dix ans par la violence des islamistes armés et de la contre-guérilla menée par les forces de sécurité. LE PRÉSIDENT BOUTEFLIKA DANS UNE IMPASSE Selon le journal arabophone international (à capitaux saoudiens) Asharq Al-Awsat, le président algérien, se plaignant de ne pas avoir les moyens de rétablir le calme, aurait fait part à l'armée, au cours d'une récente réunion de travail consacrée à la violence en Kabylie, de son intention de démissionner. Il aurait ainsi déclaré : "Je veux rentrer chez moi", estimant, écrit le quotidien, qu'"il n'est désormais plus capable de prendre les décisions adéquates pour ramener le calme en Kabylie et empêcher le sang de couler". Les raisons qui auraient poussé le chef de l'Etat algérien à soulever la question de sa démission viennent, selon Asharq Al-Awsat, "de ses positions divergentes avec l'armée sur la façon de traiter les événements de Kabylie". Parmi les points de désaccord, le journal cite "le déploiement des forces de l'armée dans la région pour mettre fin rapidement au mouvement de révolte kabyle qui s'est déclenché il y a six semaines et qui menace de s'étendre à tout le pays". Le puissant chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, lui aurait alors répliqué que "la situation ne se prête pas à la discussion d'une telle hypothèse". "Il doit rester et assumer ses responsabilités. Son départ ne ferait qu'aggraver la situation", aurait, de son côté, estimé un autre militaire influent, l'ancien général Larbi Belkheir, aujourd'hui secrétaire général de la présidence, mais considéré comme l'il de l'armée auprès d'Abdelaziz Bouteflika. Asharq Al-Awsat, citant une source autorisée, conclut que "ceux qui ont porté Bouteflika au pouvoir n'en veulent plus, mais n'ont pas de solution de remplacement". Avec AFP et Reuters
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||