L'envoyée spéciale du journal El Charq El Awsat l'a déclaré hier

« Les autorités m'empêchent de travailler »

Le Matin, 3 juin 2001

L'envoyée spéciale du journal arabophone El Charq El Awsat en Algérie pour la couverture des évènements de la Kabylie trouve des difficultés à assurer sa mission d'information dans de bonnes conditions.

Une semaine après son arrivée à Alger, la journaliste d'origine algérienne n'a pas encore réussi à rejoindre la wilaya de Tizi Ouzou pour suivre les évènements. Au niveau du ministère de la Communication et de la Culture où elle a demandé une accréditation, on lui a signifié que sa mission nécessite la présence des gendarmes. En termes plus clairs, elle doit être escortée. Mais à sa grande déception, les gendarmes ne se sont jamais déplacés à l'hôtel pour la conduire à Tizi Ouzou. « Je guette l'arrivée des éléments de la gendarmerie depuis quatre jours mais », avoue amèrement la journaliste avant de poursuivre : « Il y a un excès de zèle de la part des autorités dans leur comportement avec la presse étrangère. »
Trouvant que le retard accusé dans son travail est énorme, l'envoyée spéciale d'El Charq El Awsat a décidé de prendre les choses en main. En s'apprêtant à quitter l'hôtel hier matin, elle a été interceptée par les responsables de la sécurité. « Il n'est pas question que vous quittiez l'hôtel », lui a-t-on signifié. En effet, pour sortir ne serait-ce qu'à Alger, la journaliste doit avoir une escorte. Chose qu'elle rejette catégoriquement : « C'est une restriction des libertés individuelles », estime la journaliste qui n'a pas réussi à faire son travail ni en présence des gendarmes ni en leur absence. « Pourquoi nous rend-on la tâche difficile ? », s'interroge notre interlocutrice qui quittera Alger pour Londres mardi prochain.
S. I.

 

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