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La gendarmerie algérienne exclut de quitter la Kabylie dimanche 3 juin 2001 Des unités spéciales en renfort ALGER (Reuters) - La gendarmerie algérienne ne se retirera pas de Kabylie, a déclaré son porte-parole, contrairement aux exigences des manifestants protestant contre la mort, le 18 avril, d'un adolescent dans une caserne de gendarmerie de la région. Les 636 gendarmes retirés la semaine passée ont en fait été remplacés, a expliqué le porte-parole de la gendarmerie, le colonel Smaïl Hallab, dans un entretien avec Reuters. L'état-major avait annoncé lundi qu'il retirait 636 gendarmes, dont 22 gradés, "dans le but de rétablir la relation de confiance avec la population" de cette région berbérophone traditionnellement insoumise. "Nous sommes présents dans les wilayates (préfectures) de Kabylie, à l'instar des autres wilayates sur tout le territoire national, au nom de la loi. Nous n'avons retiré aucune brigade et nous ne retirerons aucune brigade", a déclaré le colonel Hallab. L'officier a précisé que les 636 gendarmes, soit 75% des effectifs de ce corps déployés en Kabylie, avaient été remplacés. L'état-major de la gendarmerie, traditionnellement discret, s'est efforcé de son côté de rétablir les ponts avec les Kabyles, invitant la population civile à dénoncer aux autorités les abus de pouvoir et la corruption dont elle serait témoin de la part des gendarmes. Gendarmes radiés "Depuis le 1er janvier 2001, nous avons présenté 165 gendarmes à la justice pour des dépassements allant de la corruption à la contrebande et à l'usage abusif des armes à feu. Cent-dix-huit autres gendarmes ont été radiés du corps pour divers dépassements", a précisé le colonel Hallab. Lors d'une rare conférence de presse donnée samedi en présence d'autres officiers supérieurs, l'un des commandants de la gendarmerie, Yahla Abdelkrim, a déclaré de son côté à propos de la réaction de la population kabyle: "On ne comprend plus comment nos frères de la région, qui nous transmettaient en premier leurs voeux de bonne année avant même de les transmettre à leurs familles, peuvent se retourner aujourd'hui contre nous avec une telle violence". Les médias officiels ont annoncé dimanche que le calme était revenu en Kabylie, après un mois et demi de manifestations et d'affrontements quasi-quotidiens pour obtenir le départ des gendarmes. Jeudi, le mécontentement avait gagné la capitale, Alger, où des centaines de milliers de Berbères avaient défilé au cri de "pouvoir assassin", pour protester contre la répression des émeutes en Kabylie, qui a fait jusqu'à 80 morts selon certains journaux. Le gouvernement a reconnu que les forces de sécurité avaient tué 52 manifestants en réprimant ces émeutes. Le colonel Hallab a par ailleurs accusé les islamistes d'infiltrer les manifestants kabyles dans la province de Tizi Ouzou pour attiser les affrontements. "Nous avons des informations
selon lesquelles, dans les villes de Larbaa Nath Irathen et Azazga, des terroristes
ont infiltré les manifestants pour les pousser à l'affrontement
avec les brigades de la gendarmerie", a-t-il affirmé, rappelant:
"Nous ne considérons pas les manifestants comme des ennemis contrairement
aux terroristes (terme utilisé par les autorités pour désigner
les islamistes armés)".
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www.algeria-watch.org
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