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Kabylie:
les affrontements se poursuivent à Tizi Ouzou,
tandis que la gendarmerie tente de jouer l'apaisement
Le Nouvel
Observateur, 29 mai 2001
ALGER (AP)
-- Sans répit, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre
algériennes se sont poursuivis mardi matin dans différents quartiers
de la ville de Tizi Ouzou en Kabylie. Les brigades anti-émeutes répondent
à coup de grenades lacrymogènes et de canons à eau aux
jeunes manifestants qui les harcèlent en leur jetant tous les projectiles
qui leur tombent entre les mains. Pour sa part, la gendarmerie nationale a décidé
de faire un geste en relevant plusieurs de ses hommes dans la région.
Les rues de la plus grande ville de Kabylie sont dévastées. Des
barricades de fortune barrent de nombreuses rues du centre-ville et les façades
des immeubles portent les stigmates des affrontements de ces derniers jours.
Dans les wilayas (préfectures) de Bejaïa et Bouira, depuis lundi,
un calme des plus précaires et une tension extrême règnent
dans les différentes villes et villages encore groggy par les violentes
émeutes de ces derniers jours.
Dans toute la région de Kabylie, la circulation est difficile, gênée
par les nombreuses barricades érigées sur les routes pour ralentir
l'arrivée des renforts des différents services de sécurité.
Par ailleurs, pour tenter d'endiguer l'escalade de la violence dans la région,
après l'intervention dimanche du président algérien Abdelaziz
Bouteflika, la gendarmerie nationale, considérée par les manifestants
comme la principale responsable du drame en Kabylie, a décidé
de réagir.
Dans un communiqué rendu public mardi après-midi, le commandement
de la gendarmerie nationale a annoncé qu'il a procédé à
un vaste mouvement au sein du corps qui concerne les brigades situées
en Kabylie. Ces mesures de relève prises «dans le but de rétablir
la relation de confiance avec la population» et dictées par «un
souci d'apaisement et d'atténuation des traumatismes ayant affecté,
notamment, les familles de victimes», touchent au total 636 gendarmes.
Elles s'appliquent, d'après le communiqué, à deux commandants
de groupements, 13 compagnies de compagnie, sept adjoints au commandement de
compagnie, 45 chefs des brigades, 43 adjoints au chef de brigade et 526 gendarmes.
Tout en exprimant «ses regrets les plus profonds devant les conséquences
tragiques engendrées par les événements ayant affecté
la population des wilayas concernées», le communiqué précise
que ces déplacements de personnels «ont été portés
à la connaissance des autorités chargées des enquêtes»
et que les personnels «demeurent à leur disposition» pour
les besoins des investigations et recherche en cours.
Le parquet général près la cour de Tizi Ouzou avait précisé
lundi que le nombre total d'informations judiciaires ouvertes, en rapport avec
des décès de personnes, s'élève à 31 dossiers
rien que pour la région de Tizi Ouzou et ce à la date du 27 mai.
Il avait ajouté que «toute personne désirant porter plainte
pour des faits liés à ces incidents» peut le faire auprès
de la police judiciaire compétente ou du procureur de la République
de la juridiction compétente. AP
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