Grève et marche des fonctionnaires de Béjaïa

La contestation gagne les administratifs

B. B., Le Jeune Indépendant, 6 juin 2001

Plus de 10 000 fonctionnaires des différents secteurs de la wilaya ont sillonné, hier, les principales artères du chef-lieu pour soutenir les revendications soulevées lors des derniers événements. La foule a démarré du Théâtre régional de Béjaïa pour atteindre, en fin de parcours, le siège de la wilaya. Les banderoles portées par les marcheurs expriment l’adhésion totale des fonctionnaires au mouvement de contestation dans la région : «Halte à la répression», «Non à la hogra», «Tamazight langue nationale et officielle.»

Les manifestants dénoncent le «hacèlement des fonctionnaires» et réclament «une administration au service du peuple, et non [aux ordres] du pouvoir occulte». Un autre carré a brandi un slogan qui ne peut passer inaperçu : «La Kabylie offre le prix Nobel de génocide et de la dictature au président Bouteflika.» Les fonctionnaires n’ont pas cessé de crier leur colère. Arrivant à la caserne de la brigade de gendarmerie, la tension est montés d’un cran. «Ulac smah ulac», «Irehab aïnani, houa eddark el watani», scandent les manifestants. Au siège de la wilaya, la foule, sous un soleil de plomb, criait : «Imazighen»,

«Y en a marre des généraux». A l’issue du rassemblement, une délégation, dont le père de la victime Karim Yahia Chérif, a remis une plate-forme de revendications au premier responsable de la wilaya. Les fonctionnaires réclament «le départ immédiat et inconditionnel des renforts des services de répression stationnés dans l’enceinte des administrations, le statut de martyrs pour les victimes des événements, le retrait inconditionnel des amendements du code pénal et la non-marginalisation de la Kabylie. Notons, par ailleurs, que l’ensemble des administrations publiques ont suivi le mot d’ordre de grève générale.

 

 

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