FRONT DES FORCES SOCIALISTES
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Secrétariat national

Déclaration

La marche organisée le jeudi 14 juin 2001 à Alger a été sauvagement réprimée.

Le FFS condamne avec la plus grande fermeté l'usage de la force et de la violence que le pouvoir a pris le soin de « justifier » de façon machiavélique en actionnant certains groupes et leur faire commettre des actes de vandalisme et de pillage.

Cette technique, propre aux régimes néo-stalinien, vient d'être appuyée par des déclarations irresponsables de certains « partis », dont la promptitude à voler aux secours d'un pouvoir aux abois n'a d'égal que le mépris et l'arrogance qu'ils ont envers le peuple algérien.

L'objectif recherché n'est-il pas de discréditer toute action politique oppositionnelle et interdire aux Algériennes et aux Algériens le droit d'organiser des marches pacifiques, alors qu'ils ne disposent d'aucun recours face à l'impunité, la Hogra et l'injustice ? S'agit-il également de préparer l'opinion nationale et internationale à une répression à grande échelle destinée à « pacifier » le peuple Algérien et à « éradiquer » les cadres d'expression démocratiques, pacifiques et autonomes ?

L'adoption aujourd'hui par le Conseil de la Nation des amendements relatifs à la liberté de la presse et d'expression s'inscrit bel et bien dans cette perspective grave pour la cohésion nationale et l'intégrité physique des Algériennes et des Algériens.

La guerre contre les civils menée depuis au moins une décennie franchit une nouvelle étape extrêmement dangereuse pour la nation. L'irresponsabilité du chef de l'Etat et des tenants du pouvoir trouve dans la télévision « algérienne » son expression la plus perfide, et surtout la plus criminelle.

Le FFS considère que le pouvoir assume l'entière responsabilité des graves événements qui se sont produits lors de cette manifestation qui se voulait pacifique.

Le FFS dénonce fermement cette volonté scélérate, digne du colonialisme, d'opposer entre elles des populations ou des catégories sociales, par ailleurs totalement solidaires des revendications démocratiques exprimées tant au niveau national que local.

Le FFS met en garde le chef de l'Etat et les décideurs contre la tentation du pire, en jouant le pourrissement et en cherchant à isoler des populations, encourageant de la sorte les apprentis-sorciers dans leur entreprise de division.

C'est méconnaître les réalités du pays et ne pas mesurer l'ampleur du mécontentement populaire à l'échelle de toute une Nation.

Nulle Algérienne, nul Algérien, ne sera dupe des stratagèmes élaborés par le pouvoir et la police politique dans le but de faire diversion et détourner la volonté du peuple de recouvrir tous ses droits.

Le FFS exhorte la communauté internationale à prendre des initiatives urgentes en faveur du peuple Algérien dans son combat pour le recouvrement de son droit à l'autodétermination, et sa consécration définitive en instaurant la démocratie.

Le FFS appelle la population à faire preuve d'une extrême vigilance et à demeurer pacifiquement mobilisée pour faire du 5 juillet 2001 le début de la reconquête de sa souveraineté.

Alger, le 16 juin 2001

P/le Secrétariat national
Le Premier secrétaire
Ali Kerboua

 

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