Echauffourées après une manifestation monstre à Tizi Ouzou

TIZI OUZOU, Algérie (Reuters) - Des centaines de jeunes berbères ont affronté les forces de sécurité algériennes à coups de cailloux à Tizi Ouzou au terme d'une manifestation jusque-là pacifique qui avait rassemblé au moins un demi-million de personnes réclamant le retrait de la gendarmerie de Kabylie.

Policiers et gendarmes ont riposté à coups de grenades lacrymogènes en divers points de la ville où les échauffourées se sont produites. Les organisateurs de la manifestation ont déclaré que les heurts avaient fait au moins vingt blessés, la plupart intoxiqués par les gaz lacrymogènes. Les autorités n'ont pour l'instant pas confirmé ce chiffre.

Des centaines de milliers de Kabyles de toutes origines, montagnards, ouvriers, étudiants et citadins, habillés de leurs costumes traditionnels colorés ou à l'occidentale avaient auparavant manifesté à travers la ville pour réclamer le retrait de la gendarmerie de la principale région berbère d'Algérie.

Le Darak el Watani (gendarmerie nationale) est tenu pour responsable de la mort de plus d'une quarantaine de manifestants - jusqu'à 80 selon certains journaux - depuis le meurtre en garde à vue le 18 avril d'un jeune Kabyle dont la mort a déclenché une vague d'agitation dans cette région traditionnellement rebelle à l'est d'Alger.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait ordonné à une commission d'enquêter sur ces violences, tentant ainsi d'apaiser la colère de la population. Mais cette mesure a été jugée insuffisante par les médias indépendants, les partis d'opposition et les associations kabyles.

Les organisateurs estiment que la manifestation de ce lundi a rassemblé un million de personnes et les journalistes présents ont évalué la foule à au moins la moitié de ce chiffre. Il s'agit, quoi qu'il en soit, de la plus grosse manifestation en Kabylie depuis dix ans.

La marche elle-même, entre le campus de l'université de Hasnaoua, en périphérie de la ville, et le siège de la wilaya de Kabylie, s'est déroulée sans incident, policiers et gendarmes prenant soin de se faire discrets. Ce n'est qu'au moment de sa dispersion que des groupes de jeunes s'en sont pris aux forces de l'ordre.

 

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