| |
|
Le texte du discours
du président Bouteflika, le 27 mai
"Depuis que l'Islam
illumine les quatre coins de l'Algérie, que les
Algériens se sont imprégnés de ses préceptes de
tolérance, qu'ils ont
adopté la langue du Coran comme langue du savoir et de la culture, et
que
les comportements individuels et collectifs se sont inspirés des nobles
valeurs musulmanes.
L'Algérie a contribué
à l'enrichissement de l'éminente civilisation
musulmane, voire de la civilisation humaine, par l'apport remarquable de
ses penseurs et savants émérites qui se sont distingués
dans tous les
domaines du savoir et de la connaissance. La contribution de l'Algérie
à
cette renaissance scientifique, o combien féconde, a été
rendue possible
par son inébranlable unité religieuse et nationale, cette unité
qui n'a
jamais fléchi et qui ne s'est jamais démentie même aux plus
sombres
tournants de notre histoire, l'Algérien ayant de tout temps veille, avec
un
soin jaloux, sur cette unité religieuse nationale qui lui est sacrée.
C'est par la grâce
de tous ces facteurs, que l'Algérie n'a jamais connu de
fanatisme idéologique étroit, de luttes ethniques ou de passions
confessionnelles. L'Algérie est restée, et restera par la grâce
de Dieu une
entité civilisationnelle incarnant fidèlement les propos de Dieu
le
tout-puissant "parmi ses signes, la création des cieux et de la
terre et la
différence de vos langues et de vos sortes en quoi résident des
signes pour
ceux qui savent".
La société
algérienne a un tissu social et culturel riche et dense à
l'image de son immense variété géographique et économique,
c'est dans cette
diversité que réside le secret de sa force, de sa cohésion
et de son
équilibre. Sa diversité est de celles qui sont synonymes de richesse,
de
complémentarité et d'unité, de celles qui excluent les
divergences, les
exclusions et les séparations. Ne dit-on pas que les troncs les plus
vigoureux, et les racines les plus profondes se reconnaissent à leurs
branches lourdes et nombreuses qui tirent leur substance d'une terre
fertile arrosée de la sève de l'unité ?
C'est par l'union, la cohésion
et l'harmonie de ses rangs, que l'Algérie a
pu conserver sa souveraineté entre les mains de ses enfants, malgré
l'importance des secousses et la terrible réalité des périls
et des
épreuves qu'elle a endurés.
En ces circonstances douloureuses,
où l'Algérie est traîtreusement
poignardée alors qu'elle cherchait à alléger son fardeau,
et ou elle fait
face à un complot ourdi de l'intérieur et de l'extérieur
visant à
déstabiliser le peuple Algérien tout entier, et poursuivant des
visées
criminelles qui alarment et inquiètent les martyrs d'hier et d'aujourd'hui.
Notre foi et notre croyance,
au moment où nous nous apprêtons à commémorer
l'anniversaire de la naissance du prophète Mohamed, le sceau des messagers
de Dieu sur terre, est le ciment indestructible de notre cohésion et
notre
bouclier protecteur contre lequel viendront s'échouer toutes les ondes
néfastes et qui réduira à néant toutes les tentatives
vaines et futiles.
Notre foi inébranlable
a été notre source d'inspiration pendant la longue
nuit coloniale jusqu'à notre libération. Elle le restera tant
qu'il y aura
un ciel au-dessus de nos têtes et de la terre ferme sous nos pas. Dieu
n'a-t-il pas uni nos coeurs et ne nous a-t-il pas armes d'une foi
inébranlable pour nous protéger de la division. Le très
haut n'a-t-il pas
dit : "puisqu'il a mis entre leurs cours tellement d'affinités,
qu'au prix
de tous les trésors de la terre, tu ne pourrais les lier ainsi, mais
c'est
bien Dieu qui les rend affinitaires, lui tout-puissant et sage..."
L'homme ne saurait défaire
ce que Dieu a uni, car sa volonté s'impose à
tous. L'Algérie bien que blessée aujourd'hui, demeurera, par la
grâce du
tout-puissant, sous sa très haute protection. Nul doute que sa miséricorde
habitera le cour de chaque citoyen, qui unit dans une même ferveur l'amour
de Dieu et de son pays, et qui fait le bien envers sa société
et ses
concitoyens, car Dieu protège les âmes charitables et bienfaisantes.
Par delà, les résultats
bénéfiques qui en sont attendus, une rencontre
scientifique et religieuse de ce type, offre l'occasion d'un examen de
conscience critique éloigne de toute complaisance.
L'occasion de dresser un
bilan de nos actes, en nous armant des principes
de notre religion, et en transcendant la réalité actuelle pour
tenter de
nous rapprocher des nobles enseignements et du comportement constructif idéal.
Nous devons rectifier notre
perception de la réalité de notre civilisation
et prendre la mesure de ce qui doit être fait pour améliorer cette
situation. Nous sommes une société résolument tournée
vers le progrès et,
en tant que telle, nous nous devons de tenir compte de la vitesse
étourdissante à laquelle évolue le monde qui nous entoure.
Nous ne devons pas oublier,
un seul instant, que nous sommes parties
prenantes d'une lutte de civilisation inégale, et rester profondément
conscients que la mondialisation est une réalité incontournable.
Nous
devons tenir compte de sa logique et de lourdes pressions qu'elle exerce,
sans pour autant nous détourner de notre quête, celle qui recherche
des
moyens d'interaction positifs sur l'autre, une saine ouverture vers l'autre
afin de tirer un profit judicieux de ses précieuses possessions, en nous
armant de patience et en persévérant dans la défense de
notre bien, de
notre bon droit qui n'admet ni discussion ni négociation.
Notre siècle des
technologies et de la planification scientifique en toutes
choses et pour tout, ne laisse nulle place au doute, à l'hésitation
et à
l'improvisation la ou il s'agit de dresser des ambitions et des plans pour
l'avenir.
Il y a lieu toutefois,
de tenir compte d'une réalité fondamentale, en
l'occurrence que notre attachement à notre foi et la fierté légitime
que
nous tirons de notre héritage culturel et de notre civilisation, ne
sauraient, en aucune manière, être synonymes de rigidité,
d'inertie, de
repli sur soi et d'isolement pas plus que d'aveuglement ou de laisser
aller. Notre conviction qu'il faut s'adapter à la logique du siècle
ne
signifie pas ignorer notre être profond et le laisser se dissoudre dans
l'autre ou accepter de douter de la vérité de Dieu sur terre.
Un grand
penseur Fukuyama a annoncé la fin de l'histoire et l'inéluctable
rencontre
des sociétés humaines au terme de leur destin et de leur évolution
selon le
modèle de civilisation occidentale, et que toutes les philosophies,
croyances et systèmes allaient sombrer dans l'oubli.
Ces prédictions
sont restées sans effet sur nos convictions et notre
croyance, à nous autres musulmans, en la nécessité d'oeuvrer
à faire
triompher les principes de justice, de liberté, d'égalité,
de sécurité et
de paix entre tous les peuples du monde dans un climat de coopération,
d'échange, de dialogue entre civilisations humaines, conformément
au verset
"humains, nous vous avons créés d'un mâle et d'une
femelle. Si nous avons
fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre connaissance
mutuelle. Le plus digne au regard de Dieu, c'est celui qui se prémunit
davantage".
Cet examen de conscience
scrupuleux peut nous révéler des contradictions à
la base de notre réalité civilisationnelle et nous inciter à
les dépasser.
Quiconque prend la peine d'examiner la situation des musulmans en général,
constatera des contradictions affligeantes à plus d'un titre et dans
des
domaines divers. Les sociétés occidentales s'emploient intelligemment
et
adroitement, au jour d'aujourd'hui, à dépasser leurs vives divergences
historiques, qui se sont nourries, des siècles durant, de rancours, de
haines et de disputes. Elles s'emploient résolument à fortifier
la cohésion
de leurs rangs pour se doter de la force nécessaires pour asseoir leur
domination. Les sociétés musulmanes, par contre, se replient,
au nom de la
religion et de l'histoire, sur tous les vecteurs d'union et de force.
Ce faisant, elles mettent
à jour une contradiction criante entre d'une
part, l'élévation de leurs croyances religieuses, leur force numérique,
la
vastitude de leur territoire, la richesse de leurs ressources et d'autre
part, leur sous-développement et leur faiblesse.
De surcroît, ces
sociétés sont tiraillées entre l'authenticité et
la
modernité, et donc entre le respect des convictions, de l'héritage
et de
l'appartenance civilisationnelle, et la nécessité de s'amarrer
au
développement, à l'évolution et au renouveau imposes par
la logique de
notre siècle.
Il est certain que cette
conciliation nécessaire entre l'authenticité et la
modernité peut aisément trouver son expression au plan théorique,
la
société musulmane peut rester attachée à l'Islam,
ses valeurs constantes et
ses principes pérennes comme le faisaient nos ancêtres, tout en
vivant à
l'air de son temps et au rythme de ce siècle marque par les changements
et
les évolutions successives générées par la science
et la technologie, en
planifiant son présent et son futur aussi précisément que
les autres
nations développées.
En d'autres termes, il
s'agit pour cette société de faire, en toute
lucidité, une distinction entre les constantes et les variables dans
le
cours de son existence. Elle doit rester fermement attachée aux sources
originelles en veillant avec un soin jaloux aux constantes aussi pérennes
que la croyance qui les a engendrées. Elle doit, dans le même temps,
s'ouvrir, en souplesse, aux variables en considérant qu'il s'agit
simplement de pratiques, modalités et moyens que doit acquérir
toute
génération désireuse de s'exprimer avec son époque
et son temps.
Bien évidemment,
cette conciliation n'est réalisable aussi aisément qu'en
théorie. La société appelée à la concrétiser
ne part pas, en effet, d'une
situation civilisationnelle appropriée mais d'une réalité
chargée d'une
part, des séquelles du sous-développement et d'autre part, de
la logique
imposée par la lutte pour la croissance et l'accomplissement de l'être.
La sagesse est l'objet
de la quête du croyant, il la cueille partout ou
elle se trouve. Ce sage hadith a été adopte par les premiers musulmans
comme précepte éducatif fondamental dans l'attitude à l'égard
des talents
et des génies. L'oeuvre de création humaine, en général,
loin de tout
complexe ou appréhension. Ils ont pris connaissance du savoir et des
connaissances de l'autre mus par un esprit d'ouverture, le sens de la
modestie et de nobles valeurs morales, celles-là mêmes que recommande
notre
religion. En effet, la transmission du savoir est un principe cardinal en
Islam qui rejette tout monopole ou enfermement. Il appartient donc aux
musulmans de chercher à bénéficier du savoir et du talent
de leurs enfants
ou qu'ils se trouvent.
Nul n'ignore que les jeunes
sont les premiers concernes par les résultats
de ces colloques, car ils sont les architectes et les défenseurs de
l'avenir. Une telle réunion est l'occasion de leur rappeler que l'Algérie
est leur patrie et que l'édification de leur pays ne peut se faire que
par
le savoir et le travail, que la croyance religieuse, quelle que soit sa
vitalité et sa force, ne saurait suffire à elle seule et qu'elle
doit
reposer sur une pensée éclairée par le savoir et la sagesse.
L'Islam est un climat civilisationnel
sain, ou s'épanouit la générosité du
cour, ou se fortifie la morale, ou l'être se purifie et ou le sens civique
se nourrit en permanence de la pensée qu'éclaire le livre saint
et les
préceptes du prophète que le salut de Dieu soit sur lui.
Il m'est agréable
d'être parmi vous à l'occasion de ce colloque qui rend
hommage à ceux qui ont bien du mérite, nos honorables cheikhs
qui président
aux destinées des zaouias et des écoles Coraniques, que Dieu leur
rende au
centuple leurs bienfaits, qu'il leur prête longue vie et rehausse leur
mérite. Elle est également l'occasion de récompenser les
étudiants
émérites, qui ont appris le Coran, et qui se sont distingues dans
cet art
difficile.
L'Algérie a, de
tout temps, accorde une attention particulière au Coran et
aux gens du Coran, elle, qui dès les premiers pas du message du prophète
a
été un espace de rayonnement islamique fécond ou les sciences
du Coran et
de la sunna ont prospère, elle, qui a de tout temps enseigne à
ses enfants
les sages préceptes et les valeurs pérennes de notre Coran.
Cette authenticité
religieuse a été, à chaque étape et à travers
les
générations qui se sont succédées, approfondie et
affermie par les éminents
oulémas algériens, qui ont gagne la considération et le
respect des oulémas
de l'orient et de l'occident, grâce aux écoles de renom qu'ils
ont créées
et qui ont donné à l'Algérie une place de choix.
Pour conclure, j'ai le
plaisir d'annoncer la création du prix algérien de
récitation du Coran et de revivification du patrimoine musulman, la
création d'un institut Islamique des sciences des lectures Coraniques,
pour
exprimer la fidélité des algériens à l'Islam, qui
a transmis le message de
Dieu par le sceau de ses prophètes, cette religion à laquelle
les fidèles
ont adhéré sous la poussée de la foi sans nulle hésitation
ou réserve. Ils
ont participe à sa diffusion sur terre ils en ont fait un bouclier
protecteur, dans leur lutte et leur résistance et ils ont triomphe dans
un
passe récent. Ce bouclier, qui renforcera leur unité et préservera
leur
intégrité et assurera l'équilibre de leur évolution
à la lumière des
principes de liberté, de justice et de concorde.
Mais les termes de justice,
de liberté et de concorde eux-mêmes n'ont plus
beaucoup de sens alors qu'une patrie importante du pays vit une douloureuse
épreuve d'ou la justice, la liberté et la concorde sont absentes.
C'est la
jeunesse algérienne toute entière qui souffre, tant il est vrai
que le cour
des enfants d'un pays, aussi grand soit-il, bat toujours au même diapason.
La jeunesse de Kabylie,
si fière si valeureuse, si dévouée et intrépide
à
la fois, est une partie importante de l'Algérie dont elle ne peut se
passer
et qui ne peut se passer d'elle. Dieu a dit "nous vous éprouvions
au point
de reconnaître parmi vous ceux qui font des efforts et les patients".
Nous
avons enduré la dure épreuve du terrorisme, et voici qu'un autre
malheur
vient s'abattre sur nous cause directement ou indirectement, publiquement
ou secrètement. Nous nous en remettons à la justice divine au
nom des
martyrs d'hier et tout récents d'hier.
J'ai annonce la création
d'une commission d'enquête nationale présidée par
le Dr Mohand Issad, qui est totalement indépendante. Il est libre de
choisir les membres de la commission, libre de la gérer comme il l'entend,
il jouit de toutes les prérogatives nécessaires, il peut convoquer
et
interroger qui il veut, au moment oú il le souhaite, là où
il le désire et
comme il l'entend. Il peut s'aider et s'appuyer sur toutes les institutions
de l'état, son rapport sera rendu public dans son intégralité
afin que les
instances judiciaires et légales prennent toutes les mesures qui s'imposent
à l'encontre des auteurs qui ont allume et attise la flamme de la discorde,
des sanctions rigoureuses en rapport avec les dépassements, quelle que
soit
leur origine, seront appliquées.
Pour ce qui est de la commission
parlementaire, qui relève du pouvoir
législatif, nous ne doutons ni de son intégrité ni de sa
crédibilité. En ma
qualité de garant de la constitution, je veillerai à ce qu'il
soit tenu
compte de toutes les mesures proposées par les deux commissions, nationale
et parlementaire.
Par ailleurs, il appartient
à la justice de jouer le rôle fondamental qui
lui échoit, dans toute sa plénitude. Les responsables nationaux,
chacun,
dans son domaine de compétence, doivent suivre les secteurs en prise
directe sur les événements, les suivre directement et veiller
à la
rectitude du comportement, dans la gestion et le soutien des familles
affligées, la santé pour les questions sanitaires, l'enseignement
dans le
domaine éducatif, la solidarité en matière de solidarité,
et toutes autres
mesures pénales et administratives propres à rétablir la
confiance et
restaurer la quiétude.
Il n'ya pas lieu de s'étonner
ou d'hésiter un seul instant devant ce que
nous dicte la conscience, la constitution, la souveraineté populaire
et
l'unité nationale.
L'Algérie appartient
aux Algériens, à tous les Algériens. Ils y ont des
droits et elle a envers eux des obligations. Le respect des droits et
obligations ne saurait exister l'un sans l'autre.
Je me suis engage solennellement,
et je ne suis pas de ceux qui renient
leurs engagements, à ce que les questions culturelles et linguistiques
soient prises en considération dans le cadre d'une révision
constitutionnelle. En disant cela, je reste convaincu que le référendum
risque d'être injuste en ne prenant pas en compte l'ensemble des aspects
que soulève la question identitaire.
La constitution, qui est
la loi fondamentale du pays, prendra toutefois en
considération, les divers aspects de cette question et les traitera de
manière à préserver toutes les spécificités
des Algériens, et à garantir,
dans le même temps, la cohésion sociale et la consolidation des
constantes
nationales.
Toutes les autorites concernees
doivent proteger les personnes integres qui
se presenteront devant ces commissions, pour temoigner en toute confiance,
sincerite et loyauté. Les victimes seront prise en charge, leurs familles
seront soutenues et nous reflechirons dans le cadre de nos coutumes, et les
lois de la republique aux moyens de reparer les dommages et les prejudices
subis.
En ce qui concerne l'examen
du baccalauréat, que ceux qui se sentent en
mesure d'affronter les épreuves des examens le 9 juin prochain, le fassent,
quant aux autres, ceux qui ont subi les atteintes de ces tristes
evenements, et Dieu est clément et misericorDieux, ils auront l'occasion
de
le faire, à titre exceptionnel au mois de septembre, à une date
qui sera
convenue directement avec les interessés pour qu'il soit possible à
l'université d'accueillir les laureats dans les meilleures conditions
possibles.
Cette session spéciale,
ne concerne naturellement que les régions touchées
par les événements douloureux, qui ont meurtri chaque Algérien
jaloux de
son pays, qu'il soit à l'est, à l'ouest, au nord ou au sud. Certes,
nous
mettons l'accent sur certaines décisions, notamment celles concernant
les
commissions d'enquête, mais qui oserait mettre en doute la crédibilité
d'un
Mohand Issad et jeter la suspicion sur son intégrité et sa volonté
de
parvenir rapidement à la vérité quoiqu'il en coûte.
Des torrents ont déferlé
sur l'Algérie, des rumeurs ont été distillées, des
forces malveillantes ont été mobilisées à l'intérieur
et à l'extérieur pour
exacerber les sentiments, attiser les emotions, semer la discorde et la
confusion. Il faut dénoncer les intermédiaires, il faut que cesse
de couler
le sang des Algériens, qu'ils soient simples citoyens ou agents de l'état.
Il faut que prévale le respect de la loi, si nous aspirons à un
état de
droit. Il ne sert à rien de dégrader les biens publics qui sont
ceux de la
collectivité nationale, ceux du peuple tout entier.
Toutes les solutions sont
possibles, rien n'est impossible aux bonnes
volontés lorsque s'unissent les efforts des hommes et des femmes désireux
de mettre un terme à une tragédie révoltante qui attire
sur notre pays la
raillerie, la joie maligne et le sarcasme des autres.
Ne voyez-vous que certains
désirent porter atteinte à l'unité nationale,
l'unité du peuple et l'intégrité territoriale?
Ne voyez-vous pas tous
les jours que certains mettent à profit des
circonstances confuses pour commettre toutes sortes de vols, de pillages et
de rackets?
Ces événements
ont pris un cours qui véhicule à l'extérieur, l'image d'un
pays qui ne réjouit pas les regards, et qui, à l'intérieur,
plonge les
enfant de ce pays dans les affres d'un désarroi o combien profond, après
que tous, hommes et femmes vous ayez pu réunir les conditions d'une
concorde civile, voire d'une réconciliation nationale, et que vous avez
tous participe, les femmes comme les hommes, dans une très large mesure,
au
retour des choses à la normale, pour que l'Algérie reprenne sa
place dans
le concert des nations. Vous vous êtes mobilises pour un nouveau saut
qualitatif à portée sociale et économique de nature à
redonner vigueur et à
faire renaître l'espoir.
Nous sommes Algériens,
nous avons nos spécificités dont les racines
remontent loin dans le passe. Nous aspirons à la modernité et
à la
modernisation. Si nous sommes résolus à régler nos problèmes
nous-mêmes.
Nulle force ne pourra entamer notre résistance et notre capacité
à prendre
notre envol et à nous élever et nous imposer partout ou nous le
voudrons et
quand nous le voudrons.
Je ne doute pas un seul
instant que la colère cédera le pas au
nationalisme, que Dieu étendra sa vaste miséricorde sur la peine
et la
souffrance des victimes et que nous parviendrons à les surmonter en nous
aidant les uns et les autres.
Jeunesse d'Algérie,
il n'y à pas place au désespoir et à la crainte de
l'avenir, l'avenir du pays est prometteur, il sera comme vous le voudrez,
prospère si vous le désirez, triomphant si vous le voulez, résistant
à
toutes les épreuves et en sortant à chaque fois plus fort et plus
déterminé.
Je ne tiendrais pas un
langage aussi direct, à la place qui est la mienne,
si je n'étais conscient de la gravite de la situation, de la sensibilité
des événements et de la difficulté de l'heure. Mon Dieu
soyez témoin que
j'ai dit ce que je savais, que j'ai fait tout ce que je pouvais pour tenir
mes engagements, mon Dieu soyez témoin en ces moments douloureux et
troublants, que je resterai fidèle aux engagements que j'ai pris devant
vous envers le peuple, et que je ferai la lumière, toute la lumière
sur la
vérité, toute la vérité, dès que les données
auront toutes été réunies et
que le flou aura été dissipé.
Jeunesse d'Algérie,
votre patrie vous interpelle de toutes ses blessures,
de toutes ses victimes, soyez à la hauteur des événements
avec
l'engagement, la sérénité, la sagesse, la tolérance
qui vous caractérisent.
Que Dieu nous assiste pour
le bien du peuple et du pays. En disant cela, je
prends à témoin le peuple algérien tout entier, de Tebessa
à Maghnia,
d'Alger à Tamanrasset, de Bejaia et Tizi-Ouzou à Adrar, Ouargla
et Djanet,
et je prends à témoin l'opinion publique internationale, que j'ai
pris en
considération toutes les revendications raisonnables, que je me suis
engagé
à sanctionner tous les dépassements, et que je suis résolu
à mettre un
terme à toutes les provocations.
Retour
algeria-watch
en francais
|
|
|