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Syndicat
National des Avocats Algériens
La
justice mise à l'épreuve
La justice algérienne
à l'épreuve de la vérité sur :
§ Sa capacité à remplir la mission que la Constitution lui
a consacrée.
§ Son indépendance constitutionnelle.
§ Sa crédibilité.
§ Le sentiment de sécurité qu'elle est tenue d'inspirer et
de garantir aux citoyens.
Rappelons-nous les dossiers
noirs qui ont entaché la réputation de cette noble institution:
§ Tazoult (la grande évasion des condamnés à mort).
§ L'affaire Bensaâd.
§ L'affaire dite des "magistrats faussaires".
§ L'affaire des prisonniers asphyxiés dans un fourgon cellulaire
au cours d'un transfert d'une prison à une autre.
§ Du carnage de Berrouaghia et le silence coupable qui l'a entouré.
§ Le traitement douteux des dossiers des disparus, etc
Avec l'affaire Serkadji-bis,
la justice a une occasion propice et inestimable de se laver de toutes les récriminations
et toutes les critiques sont elle est l'objet durant la décennie écoulée.
Les deux carnages, de Serkadji
(plus de 100 morts) et de Berrouaghia (200 morts sauvagement exécutés,
égorgés, explosés ou brûlés vifs) ne sont
pas et ne doivent pas être traités comme des affaires banales de
droit commun et uniquement examinés au niveau local où ces drames
condamnables se sont déroulés.
Alors qu'à Berrouaghia, la justice a observé le black-out total
sur la gravité de l'événement, malgré une demande
pressante de la SNAA et de la LADDH, à Serkadji, elle a tout fait pour
calmer la psychose grandissante au sein de l'opinion et occulter la vérité
outre et contre la protestation des organisations de défense des droits
de l'homme et des avocats d'un grand nombre de détenus dont le sort n'était
pas connu après le drame.
Seules des déclarations cyniques et fallacieuses de Rezzag-Bara et des
autorités judiciaires, toutes compétences confondues, ont tenté
de donner une réponse aux appels et aux inquiétudes légitimes
des parents et avocats des détenus de la prison.
Le précédent procès portant le même nom avait déjà
révélé l'horreur du massacre et la légèreté
des investigations entreprises par toutes les institutions sécuritaires
ainsi que par l'Observatoire National des Droits de l'Homme (ONDH) ; lequel
violant le secret de l'information judiciaire, a même préjugé
et rendu publiques ses conclusions alors même que la justice continuait
à patauger dans l'enquête jusqu'à la veille du premier procès
en 1998.
Que restait-il à juger après cela ? Etait-il judicieux et sage
de s'abstenir d'exiger cette fois-ci le témoignage de Rezzag-Bara ? Même
question pour les autorités qui ont «enquêté »
sur le site, comme l'ex-ministre de l'Intérieur Chérif Méziane,
qui avait, en son temps, promis de rendre public son rapport ? ? Ou l'ex-ministre
de la justice, Mohamed Téguia et l'ex-procureur général
Abdelmalek Sayeh qui étaient sur les lieux et avaient participé
à la tentative de médiation ? ? ? Le juge d'instruction, quant
à lui, a été unanimement accusé par les prévenus,
lors du premier procès, d'avoir usé de violence et de menaces
pendant les interrogatoires auxquels il a procédé (en cagoule).
N'était-il pas recommandé de les faire déposer comme témoins
? ? ?
IL appartient au Peuple d'apprécier, puisque la justice est rendue en
son nom !
L'Histoire jugera.
Alger le 28 mars 2001.
Me Mahmoud Khelili.
algeria-watch
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