Conseil des ministres

Effacer les traces des inondations

Ahmed Sakhri, Le Quotidien d'Oran, 24 novembre 2001

Les effets des inondations du 10 novembre dernier et l’avancement enregistré dans la négociation avec l’Union Européenne et l’OMC, tout comme l’assainissement du contexte économique et le nucléaire, ont été parmi les dossiers inscrits à l’ordre du jour du Conseil des ministres de mercredi dernier.

En premier lieu, le ministre de l’Intérieur a fait un bilan des secours prodigués aux victimes des intempéries, pour que le conseil en arrive à la conclusion «que la seule préoccupation devrait aller vers la mobilisation de tous les moyens et de toutes les énergies pour sauver ce qui peut l’être en vies humaines», sans pour autant préciser si des espoirs sérieux de retrouver des survivants subsistent toujours. La reconstruction des infrastructures détruites et la prise en charge des sinistrés sont d’autres objectifs déclarés par le gouvernement, sans qu’aucune échéance n’en soit fixée pour effacer complètement les effets de cette catastrophe naturelle, mais aucune décision n’a été prise pour sanctionner les responsables des dérives connues lors de l’opération d’acheminement des secours.

Néanmoins, le conseil semble pressé de redonner «au plus vite» à la vie son cours normal. Le bilan de la catastrophe n’est, quant à lui, toujours pas établi mais dans l’intervalle, le gouvernement compte orienter les aides nationales et internationales vers les secteurs les plus prioritaires, reconnaissant de fait les insuffisances enregistrées dans le domaine.

Un compte spécial sera également ouvert au Trésor pour orienter ces aides exclusivement à la reconstruction des zones sinistrées et ce, au moment où le conseil des ministres rejette «le recours à toute mesure contraignante, pour laisser le champ libre aux gestes volontaires de solidarité des entreprises publiques et privées», sans que le communiqué du Conseil des ministres ne révèle si des actes de solidarité obligatoire ont été relevés. A côté de ces décisions, le président de la République a donné instruction pour que tous les moyens matériels et financiers soient dégagés «pour effacer toute trace» de la catastrophe naturelle, tout en prenant connaissance du fait que 2.224 familles ont été relogées à travers 14 wilayas, dont 930 à Alger exclusivement. Toujours dans la chapitre de la solidarité, le Conseil des ministres a entendu une communication de Djamel Ould Abbas, Ministre de la Solidarité, à propos de l’opération Meidat El-Hilal, à l’occasion du mois de Ramadhan et à laquelle a été allouée une enveloppe de 522 millions de DA, contre 422 millions l’année dernière. Toutefois, cette initiative n’a pas drainé un grand soutien de la classe politique, notamment de certains partis islamistes qui y voient d’un mauvais oeil l’accaparement des aides aux nécessiteux par l’Etat, fermant ainsi un peu plus le champ d’activité des associations caritatives chapeautées par ces partis. Au cinquième jour du mois de Ramadhan, 453 points de restauration ont été ouverts, alors que 319.531 couffins ont été distribués et 898.388 repas servis. Il a été donné de constater, dans ce chapitre, que des améliorations ont été obtenues par rapport à l’année dernière.

Outre l’aide aux nécessiteux, le Conseil des ministres a aussi examiné un projet de loi relatif à la promotion et à la protection des handicapés, alors que l’effort doit être orienté vers l’amélioration des structures d’accueil, tout en prenant d’autres mesures pour faciliter leur insertion dans la vie économique. La fonction publique est particulièrement visée par les consignes du Conseil des ministres, car elle doit mettre en place «des mesures impératives» relatives à l’aménagement des conditions d’emploi.

En tout état de cause, le gouvernement est conscient que seule une reprise économique durable pourrait contribuer à la sortie de la crise actuelle et améliorer enfin les conditions de vie des citoyens, au niveau social et économique, et ce, conformément aux objectifs du plan d’aide à la relance économique. D’ailleurs sur ce dernier plan, il a été procédé à un bilan sur la conduite des négociations avec l’Union Européenne, en vue de la conclusion de l’accord d’association avant la fin de cette année. Les négociations avec l’OMC ont été aussi évoquées dans la communication du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem.

D’ailleurs, le président de la République avait pris l’engagement avec le président de la Commission européenne, Romano Prodi, de parvenir rapidement à la finalisation de cet accord, bien que certains dossiers ne soient pas encore clôturés. L’Algérie veut, à travers ces deux instruments, accélérer le processus de son adhésion à la mondialisation et sortir de l’isolement dans lequel elle s’était confinée, car elle reste le seul pays méditerranéen à ne faire partie d’aucun regroupement régional ou mondial, handicapant de la sorte ses échanges économiques avec d’autres pays étrangers. Dans la perspective de la signature de l’accord d’association, l’Algérie, a rappelé Belkhadem, est sur le point de parachever les discussions sur le volet commercial, alors que des progrès restent à faire dans le domaine de la justice et des affaires intérieures. D’autre part, le conseil a entériné le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et la ratification, sous réserve, de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.

Le conseil a aussi examiné les modalités de libéralisation du marché du tabac, comme il a ratifié des conventions de coopération avec les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Plusieurs prêts ont aussi été ratifiés par le conseil.

 

 

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