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Une
catastrophe criminelle
Par Abdelkrim Ghezali, La Tribune, 12 novembre 2001 La catastrophe de ce samedi noir est loin dêtre naturelle. Elle est la conséquence logique, prévisible et maintes fois annoncée, de lirresponsabilité des responsables politiques et des collectivités locales. Alger nest pas une ville construite sur le plat pour que la montée des eaux linonde. Le système dévacuation des eaux usées et de pluies est inopérant depuis longtemps. Le travail dentretien des égouts, qui devait se faire en été, na pas été fait. Qui en est responsable ? Des maisons sont construites sur les lits des cours deau partout à Alger. Qui a autorisé ces constructions ? Des maisons menaçant ruine depuis des lustres nont pas été évacuées à temps, au moment où il fallait le faire. Qui en est responsable ? La politique daménagement du territoire, de fluidité de la circulation routière, tant en ville quen dehors de la ville, relèvent de quelle compétence ? De celle du citoyens obligé dutiliser son véhicule quelle quen soit la raison ou des autorités nationales et locales ? Alger a été mise à nu ce samedi de lhorreur, de lhécatombe, de la honte nationale. Il ne sagit pas seulement de lincompétence des politiques, des faux élus et des vrais élus, mais de la cupidité des hommes en charge de gérer la cité et de préserver la sécurité des citoyens. Plus de trois cents Algériens sont morts noyés dans leur berceau quest Alger, comme des chiens, comme des moins que rien, parce que les responsables ne sen soucient guère. Les larmes de crocodile et la mine de circonstance ne trompent plus personne. 300 morts est un bilan de guerre messieurs les «responsables», un bilan dun massacre terroriste, un bilan de tremblement de terre, un bilan dune catastrophe qui dépasse la puissance de lHomme. Le drame dAlger risque de se reproduire à Constantine, Oran, Annaba ou dans une autre ville du pays, car toutes nos villes, tout notre pays, ne sont pas gérés, mais privatisés, travestis, clochardisés pour que règne lanarchie urbaine, bénéfique pour les prédateurs, les corrompus et les corrupteurs, les rapaces qui rodent autour des cadavres quils ont sur la conscience. Les magouilles de basses besognes sont le credo de ces responsables qui ne sont mus que par leurs intérêts personnels. La gestion de la cité ne représente pour eux quune aubaine pour senrichir. Il ne sagit pas de moraliser la vie publique pour sen débarrasser mais de rendre aux citoyens leur citoyenneté confisquée, recluse dans des discours démagogiques de marchands de sable, sans pignon sur rue. Ces discoureurs savent que personne ne les écoutent, même pas leur clientèle, mais ils sen accommodent parce quils sont convaincus que les Algériens sont incapables dagir, de leur tenir tête, de les démasquer. Parce quils sont convaincus que les Algériens ne sont capables que démeutes, de casse et de violence de rue qui ne paient pas, sans lendemain, ni nuisance pour leurs intérêts. Cest pour cette raison diabolique que les mouvements associatifs, syndicaux et partisans sont contrôlés, normalisés, mis au pas et orientés vers un seul objectif : la pérennité de lordre établi et du système des affaires et du business. La démocratie est un gros risque pour leurs affaires. Lindépendance de la justice est impensable. La représentativité dans les institutions de lEtat est une chimère. Lordre criminel durera et tuera encore des Algériens dune manière ou dune autre. Toutes les morts programmées se valent. A. G.
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www.algeria-watch.org
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