Bilans des inondations dans l'ouest du pays

Le Quotidien d'Oran, 11 novembre 2001

Mostaganem, Tlemcen et Saïda

Des inondations, des routes bloquées et des embarcations en difficultés

A Mostaganem, la situation générée par les intempéries qui ont affecté le nord du pays depuis vendredi dernier a été relativement moins dramatique.

Au bidonville de Kharouba, à la périphérie du chef-lieu de la wilaya, les éléments de la Protection civile, mobilisés depuis jeudi passé, sont intervenus dans la nuit de samedi à dimanche pour sauver des inondations, quelque 41 familles dont les baraques ont été envahies par les eaux pluviales. Les sinistrés ont été transférés vers des sites implantés à El-Arsa et Tijditt où des tentes et des couvertures leur ont été distribuées. Par ailleurs, sur la RN 17A reliant Mostaganem à Mohamadia, au lieu-dit «Les 7 marabouts», deux véhicules ont été récupérés et à hauteur de l’oued Sedaoua, un autre véhicule fut également retiré des eaux. A Ouréah, un blessé grave a été retiré et évacué vers l’hôpital de Mostaganem. En raison des intempéries, un accident de la circulation s’est produit dans la matinée de samedi, à Debdaba sur la RN 23 où un piéton a été mortellement percuté par un camion qui n’a pu freiner à temps. Aussi, on apprend auprès de la capitainerie que le remorqueur «Colonel Othmane» appartenant à l’entreprise Sotramo de Béthioua, ralliant sa base et en provenance de Petit Port, a subi de sérieuses avaries de machines alors qu’il était ce samedi matin, à quelque 7 miles marins (environ 14 km) au nord de Mostaganem, le contraignant à demander de l’aide. Le remorqueur Isser II fut dépêché à son secours et l’a remorqué en direction du port de Mostaganem. Dans la soirée du samedi, le ponton-grue a pris de l’eau, dans l’enceinte même du port et a failli couler si ce n’était la décision de la capitainerie de mettre à la disposition de son équipage des groupes moto-pompes pour le renflouer jusqu’au lendemain matin. De même, on apprend qu’un sardinier, le «Walid» immatriculé à Mostaganem a coulé dans la matinée du dimanche. Par ailleurs, il faut signaler qu’au cours de ces intempéries, le vent soufflant par rafales a atteint des pointes de 100 à 120 km/h alors que 29 mm de pluie ont été enregistrés entre vendredi et samedi et pas moins de 112 mm au cours des 24h qui ont suivi.

A Tlemcen, les équipes de la Protection civile ont, pour leur part, effectué plusieurs interventions répondant à de nombreux appels faisant suite à des inondations, particulièrement au niveau de la cité des 1060 logements à Mansourah et celle des 270 logements à Chetouane où l’accès aux rez-de-chaussées des bâtiments était pratiquement impossible, apprend-on auprès de la direction concernée. A la cité Pasteur, un incendie s’est déclaré ce samedi vers 6h du matin dans un bloc d’habitations à la suite d’un court-circuit dû à l’inondation de la cave, selon un témoin. Selon la même source, cette situation a eu pour effet d’entraîner un mouvement de panique chez les résidants et une coupure d’électricité dans la cité qui en restera privée pour un bout de temps, croit-on savoir. Par ailleurs, il faut signaler que les écoles avaient fermé leurs portes, que la circulation était très réduite et que les boulangeries avaient également baissé rideau en raison des coupures de courant. El-Medres restait l’unique endroit où l’on pouvait se procurer du pain traditionnel à 30 DA la miche. A Chetouane, il était impossible de marcher ou de circuler en voiture tant les rues étaient inondées par les eaux de pluies que les avaloirs et les égouts, bouchés d’ailleurs n’arrivaient plus à absorber. Un véritable torrent en furie se déversait à hauteur du siège de la mairie et au niveau du boulevard de Aïn Defla. Par ailleurs, les premières chutes de neige qui se sont abattues samedi dernier, en début de soirée, sur les hauts plateaux de la région de Saïda, ont été durement ressenties en raison de la brusque baisse de la température. Ces chutes de neige faisant la joie des enfants au lever du jour ont par contre entraîné des perturbations sur la trafic routier, plus particulièrement sur la RN 6 entre les localités de Timetlas et le chef-lieu de la wilaya de Saïda.

R. R

Relizane

Sept morts et une centaine de familles sinistrées

Si les grandes agglomérations de la wilaya de Relizane n’ont pas trop souffert des dernières pluies et des inondations qui ont suivi, les petites communes et notamment les douars ont été sérieusement touchés et on dénombre déjà 7 morts dont 5 ont péri dans les eaux au douar dit «Zenanba» dans la commune de Hamri, daïra de Djidiouia. Quatre de ces derniers, comptent parmi les membres de la famille Messaoudène et sont âgés respectivement de 6, 8, 11 et 92 ans.

L’autre victime est une femme de 45 ans dénommée Beldjilali Lalia. Un autre douar, celui de Ketatbia dans la commune de Ouarizane, daira de Oued-Rhiou a été le théâtre d’une intervention in extremis des équipes de la protection civile qui n’ont pu malheureusement sauver qu’un blessé grave, transporté à l’hôpital d’Oued Rhiou.

Le jeune Aïssat Mohamed (25 ans) a été retrouvé mort. La dernière victime compte parmi les habitants de Tamda à sidi M’hamed Benali, il s’agit du dénommé Seddiki M (40 ans). Par ailleurs et jusqu’à une heure tardive de la nuit d’hier une trentaine de familles ont été sauvées à la cité Satal, au nord de Relizane et évacuées vers l’école primaire du quartier par les équipes de la protection civile, aidées par les employés communaux.

De même, les habitants dont les demeures sont situées dans le lit de l’oued limitrophe de Zirarya ont été évacuées suite à la montée des eaux et l’effondrement de leurs gîtes, vers le haut de la berge où quelque 64 tentes ont été dressées pour les accueillir.

Quelque 150 interventions on été opérées par les équipes de la protections civile qui ont permis de sauver 27 personnes au douar «Merainia» situé sur la route de Belhacel et dont la majorité avait passé la nuit dans les eaux. Ils ont été hospitalisés, souffrant d’hypothermie tout comme l’ont été d’autres familles logées actuellement à l’école primaire de Bendaoud à l’ouest de Relizane.

Benelhadj Djelloul. B

Chlef

Six morts, quatre disparus et des régions isolées

Les pluies diluviennes qui se sont abattues vendredi et samedi sur la wilaya de Chlef ont causé des pertes humaines et d’énormes dégâts, à la suite des crues de plusieurs oueds. En effet on dénombre pas moins de six morts dont deux enfants à Taougrit, deux à Thalassa, un à Bouzghaïa et une fillette à Oum Drou, alors que cinq autres personnes ont été sauvées, in extremis à Sidi Okacha. Le même bilan fait état également de la disparition de quatre personnes dont trois se trouvaient à bord d’un véhicule Peugeot 404, emporté par les flots, dans la daïra de Aïn Tagourait, ainsi que onze blessés à la cité «d’urgence» de Ténès.

Selon une source digne de foi, ces derniers ont été pris de panique devant les eaux en furie. D’autre part, six ouvrages d’art ont été détruits et 315 habitations inondées, ont été évacuées dont 200 à la cité «Dehilis» de Ténès et le reste dans les localités de Abou El-Hassan, Thalassa, Zeboudja, Taougrit, Béni-Haoua et oued Fodda. Au niveau de cette dernière localité on signale 15 familles sinistrées, dont deux ont été relogées provisoirement dans le siège de la daïra.

On signale également des coupures de courant au niveau de six communes. Le relais de Bouamroud est inopérant ainsi que le poste radio de la station de Bissa, ce qui entrave les communications avec les daïras de Ténès, Béni-Haoua et Taougrit. Une équipe technique se trouvait hier sur site pour procéder aux réparations. En ce qui concerne les précipitations, la wilaya de Chlef a enregistré une moyenne de 78,5 mm, alors que certaines régions du nord ont enregistré 90 mm. De nombreux axes routiers ont été inondés et submergés par les eaux et la boue, notamment au niveau de la RN4. De nombreux arbres ainsi que des poteaux électriques ont été déracinés dans certaines zones du nord de la wilaya alors que dans le sud à l’exception de Sendjas et Boulefred, le reste de la région n’a pas enregistré beaucoup de dégâts. Une brigade a été mise sur pied par l’exécutif de wilaya pour sillonner l’ensemble du territoire de Chlef et s’enquérir de la situation. Des postes avancés d’intervention ont été également mobilisés dans les zones touchées. Ces opérations sont coordonnées par une cellule de crise au niveau de la wilaya. Les APC ont été instruites pour la prise en charge des sinistrés, comme à Sidi Okacha où ces derniers ont été installés dans des structures publiques.

K. A.

Tiaret

La tempête de neige fait quatre morts et sept blessés

La tempête de neige qui s’est abattue sur toute la région de Tiaret, dans la nuit de samedi à dimanche, a fait quatre morts et sept blessés, indique un bilan provisoire des services de la protection civile à Tiaret.

Parmi les victimes figure une enfant de cinq mois qui est morte dans l’effondrement d’une maisonnette dans un bidonville à Karman, dans la banlieue est de Tiaret. Quatre autres membres de sa famille, coincés sous les décombres, ont pu être sauvés in extremis.

Le corps sans vie d’une femme a également été retrouvé sous un monceau de neige au populeux quartier de Mezguida. La malheureuse n’avait pas réussi à rejoindre, de nuit, son domicile situé au bidonville ceinturant le quartier. Les deux autres victimes sont des hommes retrouvés ensevelis sous la neige tout près de la «ferme Benbelkacem», sur la route de Bouchekif. Les routes reliant Tiaret à des villes comme Frenda, Sougueur ou encore Rahouia, sur la route d’Oran, étaient, à hier dans l’après-midi, toujours coupées à la circulation, indique-t-on auprès des services de la protection civile à Tiaret. Les liaisons téléphoniques entre Tiaret et Alger, notamment, étaient totalement coupées jusqu’en début de l’après-midi d’hier.

A Tiaret, couverte d’un épais manteau neigeux, le spectacle était des plus apocalyptique: une ville plongée dans le noir, des rues inondées, des arbres déracinés par la violence du vent, des pylônes électriques arrachés.

Les établissements scolaires ont également été fermés aux élèves et les boulangeries sont restées fermées toute la journée de dimanche. Le gaz butane, le gasoil ou encore les bougies pour s’éclairer sont restés, eux aussi, introuvables et de longues chaînes de voitures ont été aperçues aux abords des stations-service.

El-Houari Dilmi

Mascara

Trois personnes emportées par les flots

Les récentes pluies qui se sont abattues sur la région de Mascara ont fait trois victimes et des dégâts matériels importants. Les trois personnes ont été emportées par les crues, dans différentes régions de la wilaya.

Lors de leur intervention, les éléments de la protection civile de Sig ont repêché, hier dimanche, le corps de la première victime. Il s’agit de l’homme qui a été emporté par les crues d’un oued dans la localité de Menaceria située dans la commune de Alaïmia. Le corps de la victime a été évacué vers les services de la morgue de l’hôpital de Sig. Les deux autres victimes, l’une âgée de 75 ans et l’autre 31 ans, ont été enregistrées respectivement à Tighennif et Souahlia (Zahana).

Pour cause d’intempéries, 21 familles sinistrées ont été enregistrées à Matmour et ont été recasées dans une école primaire en attendant leur relogement.

Khenouci Mostefa

AÏN TEMOUCHENT

Le corps d’une femme enceinte repêché

Après d’intenses recherches effectuées par les éléments de la protection civile au niveau de la commune de Oued Berkeche, ces derniers ont pu repêcher, ce dimanche, le corps de Mme Labed Amina, âgée de 25 ans, alors qu’une troisième personne, en l’occurrence M.Benaboura Mohamed, âgé de 45 ans, propriétaire du véhicule de marque Peugeot 404 bâchée emporté par les torrents, n’a pas encore été retrouvée et ce en dépit des recherches qui se poursuivent toujours.

En effet, la victime, une femme enceinte, a été repêchée à quatre kilomètres du lieu où se sont déclarées les crues, plus précisément du côté de Sidi Oudiaa. Les trois victimes, dont Mme Medjahed Yamina âgée de 53 ans, qui a pu être identifiée et repêchée des eaux torrentielles dès les premières heures des intempéries, se dirigeaient vers l’hôpital d’Aïn Témouchent pour un éventuel accouchement de la victime enceinte.

Cependant, en plus des deux morts et du disparu déplorés dans la localité de Oued Berkeche, le cheptel n’a pas été épargné par ces inondations. On signale, en effet, que 120 têtes de moutons et deux vaches ont été emportés par les crues à Aïn Témouchent, au niveau du site des 1.200 tentes occupées jadis par les sinistrés du séisme du 22 décembre 1999 et dont le propriétaire est originaire de Hassi El-Ghella.

D’un autre côté, les éléments de la protection civile ont pu sauver 150 têtes de moutons et six vaches du côté de Hassi El-Ghella, alors qu’au niveau du port de Béni-Saf, un bateau de pêche, sur le point de couler, a été sauvé de justesse grâce à l’intervention rapide des éléments de la protection civile, qui ont procédé à une opération de pompage d’une grande quantité d’eau qui s’y trouvait.

Des travaux pour le déblayage des routes se sont poursuivis depuis samedi et jusqu’à hier (dimanche). Ainsi, au niveau du point kilométrique 9 sur le CW 85 (Chentouf-Aïn Témouchent), les ouvriers communaux, les agents du filet social et ceux de l’emploi des jeunes de la commune de Chentouf ont réussi à rétablir la voie alors que les travaux pour la réalisation d’un petit ponceau, perturbés par les intempéries, ont repris.

Par ailleurs, l’électricité et le téléphone au niveau de cette commune ne sont pas encore rétablis en raison d’une panne signalée depuis le chef-lieu de wilaya. Chentouf a connu quelques dégâts matériels, notamment au niveau de son parc communal où la toiture a été endommagée par les vents violents.

Tandis que le curage de l’oued nécessite quelques jours. Actuellement, selon nos informateurs, 125 agents de la protection civile, dont cinq médecins, sont mobilisés.

Enfin, signalons que l’ensemble des autorités locales civiles et militaires ont sillonné les localités à haut risque à l’image de O/Berkeche, Terga, El-Malah et Chentouf.

S. A. Marouf

 

Retour

 

 

   
www.algeria-watch.org