Un mur de soutènement sera «collé» à leurs locaux

Des commerçants sinistrés de Bab El-Oued sommés de quitter les lieux

Par Djamel Zerrouk, Le Jeune Indépendant, 7 mai 2002

Une dizaine de commerçants de Khaled-Dekkar, une rue de Bab El-Oued fortement touchée par les inondations du 10 novembre 2001, viennent d’être invités par la wilaya d’Alger à quitter immédiatement leurs locaux. Motif invoqué : construction à proximité desdits locaux d’un mur de soutènement dont le rôle est de servir de barrage en cas d’éventuelles inondations. Pour le collectif des commerçants, il s’agit là d’une décision arbitraire d’autant plus que l’infrastructure en question consiste à «murer» carrément leurs commerces. Ils s’indignent en outre sur le fait que Nourani les aient rassurés, au lendemain de la catastrophe, en promettant que leur place sera toujours «chez eux» à Bab El-Oued. «Il nous a même octroyé une aide de 80 000 dinars afin de réhabiliter nos locaux», souligne le porte-parole des commerçants, M. Djoghlaf. Un déplacement sur les lieux nous a permis effectivement de vérifier les dires des commerçants sinistrés qui s’interrogent sur les dessous d’une décision prise «à la hâte» et qui, selon eux, n’a fait l’objet d’aucune réflexion sérieuse. «Nous ne sommes pas contre l’édification d’un mur de soutènement si ce mur a pour rôle d’assurer la sécurité des gens. Seulement, il existe d’autres solutions comme celles qui ont été proposées par le bureau d’études étatique, le CNERU», révèle M. Djoghlaf. Selon notre interlocuteur, le CNERU, concernant l’édification de ce mur, a proposé cinq variantes, mais, en aucun, il n’a avancé celle consistant à «coller» le mur à même les locaux. «Le wali n’a pas tenu compte de l’avis des experts. Il a opté pour sa variante à lui, et elle nous est fatale», soupire-t-il.

Les mêmes propos seront d’ailleurs exprimés par M. Daghfali, propriétaire d’un café, qui dit avoir réhabilité son local pour 60 millions de centimes. «Et voilà qu’on nous demande de quitter les lieux. C’est une injustice», dit-il, dépité. Contacté par nos soins, le directeur de la construction de la wilaya d’Alger estime que ses services n’ont pas d’autre choix que d’ériger le mur à proximité des locaux en question. «Je comprends la colère des commerçants, mais nous n’y pouvons rien», a ajouté M. Marès. Rejetant les locaux de substitution qu’ils considèrent comme de véritables «cagibis» et sans commune mesure avec la valeur réelle de leurs biens, les commerçants sinistrés de la rue Khaled- Dekkar ne comprennent pas pourquoi le wali s’obstine à ne pas les recevoir. «Que M. Nourani daigne nous écouter. Nous ne demandons pas la lune !» D. Z.

 

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