Le MSP déterre la hache de guerre

«Les autorités locales n’ont rien fait pour les citoyens et les chiffres sont erronés»

Par Mohamed Ouanezar, La Tribune, 28 novembre 2001

C’est par le biais d’une conférence de presse animée à Oran que le MSP entend se mettre de la partie et s’incruster dans le paysage ambiant, notamment après la longueur d’avance prise par le FLN dans le sens d’une mobilisation accrue en vue d’un élan de solidarité. Ainsi, pas moins de quatre députés MSP, en l’occurrence Soussi Mohamed, Makhlouf Benyamina, Hichour Mohamed et Bendiabdellah Azzeddine, se sont donnés le mot pour organiser une conférence de presse au sein de leur tout nouveau siège d’Oran.Les élus du cheikh Nahnah n’ont pas été tendres avec les autorités locales et nationales au sujet de la gestion des conséquences de la crise dues aux intempéries du 10 novembre dernier. Les députés ont ainsi prévenu contre une éventuelle «dégénérescence de la situation sur le plan social du fait de l’indifférence et du laxisme des autorités compétentes». Pour sa part, le député Makhlouf a déclaré que «le mécontentement des citoyens en mal de prise en charge est tel qu’il y a risque d’éclatement social» et de constater qu’«il y a absence totale des autorités locales sur le terrain. Nous avons demandé aux différents citoyens que nous avons rencontrés lors de nos différentes sorties sur le terrain des déplacements des responsables locaux, ils nous ont déclaré qu’ils n’ont vu personne», note-t-il encore. Le député Bendi a été, pour sa part, catégorique : «Le wali d’Oran n’a rien fait… Et notre but, ce n’est pas les sanctions individuelles.» On rapportera, à ce sujet, que «le wali a gêné voire paralysé toutes formes d’action de secours ou de solidarité en donnant des instructions strictes au Croissant-Rouge algérien et aux pompiers de ne bouger que sur son ordre». Les députés du MSP ont été unanimes à qualifier la décision du chef du gouvernement de donner pleins pouvoirs aux walis dans la gestion de la crise de désastreuse, jetant le doute sur les chiffres jusque-là fournis par le gouvernement au sujet de l’ampleur des dégâts.«Les chiffres communiqués par la wilaya au sujet des communes et des familles sinistrées sont complètement erronés et nous en avons les preuves», s’accordent à dire Bendi et Makhlouf. Allusion faite au rapport du ministère de l’Intérieur recensant une seule commune totalement sinistrée qui est Sidi Chahmi et neuf autres partiellement sans, pour autant, citer la commune d’Oran avec ses différents quartiers comme les Planteurs où des dégâts sont immenses, tout comme à Sidi El Houari d’ailleurs et d’autres quartiers lourdement touchés par les intempéries. «Bien que nous n’ayons pas des chiffres exhaustifs au sujet de l’état des lieux, ceux présentés par le wali ne reflètent nullement la réalité du terrain», notent-il.Le MSP, tout en évoquant les mesures d’interdiction des mouvements caritatifs et sociaux d’activité sur le terrain, a estimé que «ce sont ces dernières structures qui ont amassé le plus d’aides étrangères et nationales que le gouvernement avec ses moyens et ses structures». Les députés de l’ex-Hamas ont également attiré l’attention de Benflis sur l’apparition du phénomène des effondrements du vieux bâti et la nécessité de réfléchir à une politique pour parer à cela. Tout en insistant sur «l’absence de l’élément de confiance des institutions, de l’Etat, a tenu à saluer les efforts fournis par la presse dans la couverture de la crise».

M. O.

 

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